Jour 15 : samedi 15/06
Lever 6h ce matin-là.
Le temps de ranger nos affaires, on quitte
Kanab vers 6h45 direction
Page.
Le seul point positif de ce changement de fuseau horaire est qu’on est arrivé à
Page peu de temps après avoir quitté
Kanab. On a roulé un peu plus d’une heure et on est arrivé vers 7h00.
On fait un arrêt à Wahweap Overlook où le soleil termine de se lever en arrière-plan du lac Powell.
Ça doit avoir de la gueule au lever de soleil. Mais à cette heure là, on est complètement à contre jour ce qui gâche un peu le plaisir
On fait ensuite un arrêt au barrage, où on ne rencontre absolument personne à part les gardes du barrage (lourdement équipés et armés) qui lèvent les différentes barrières pour permettre aux touristes d’accéder au site.
On va ensuite déjeuner tranquillement. Nous avons rendez-vous pour le tour à
Lower Antelope Canyon pour 9h45.
Mon portable finit par se mettre au réseau et à l’heure d’
Arizona au bout d’une heure. Mais le portable de mon frère refuse de changer d’heure automatiquement (ce qui aura son importance pour la suite

)
On se met ensuite en quête d’un ATM.
On trouve une Bank of The West qui a comme logo celui de la BNP ! On avait déjà vu une agence identique à
Jackson Hole et ça nous avait surpris.
Et bien c’est la seule banque qui ne nous a pas pris une petite commission au passage. Et aucun d’entre nous n’était à la BNP en France.
On arrive sur le parking de
Lower Antelope Canyon vers 9h00 et on se dirige vers la guitoune pour récupérer nos billets.
On nous dit alors qu’on a droit de ne rien prendre avec nous hormis un appareil photo une bouteille d’eau si on le souhaite.
Même la sacoche en bandoulière avec
passeport, portefeuille et téléphone n’est pas autorisée.
J’ai récupéré portefeuille et
passeport avec moi. Il ne doit pas y avoir beaucoup de car-jacking dans le coin, mais on n’est jamais trop prudent.
Commence l’attente, et l’appréhension.
Pourquoi l’appréhension ? Parce qu’il y a à côté de nous une colonie de chinois et on craint d’être dans leur groupe…
Puis arrive un homme avec une espèce de foulard qui lui recouvrait le visage façon bédoin dans le désert.
C’est un navajo, qui s’adresse à sa collègue dans la guitoune lui demandant si elle n’a pas quelques personnes en attente. Elle nous désigne du doigt.
Il vient vers nous et nous dit qu’il n’a que 2 personnes pour son tour et nous propose de commencer immédiatement avec lui.
Dilemme.
Commencer plus tôt que prévu en ayant une luminosité moins bonne que notre tour prévu 1/2 heure plus tard, où de faire le tour avec les chinois…
Après une concertation express, on décide de le suivre.
On se retrouve donc avec un couple d’allemands, et notre guide Kevin.

Il y a quand même une sacrée file d’attente avant de descendre dans le canyon.
Mais une fois à l’intérieur, ça va quand même mieux.
C’est certes une fourmilière humaine comme à Upper, mais étant donné que tout le monde va dans le même sens et qu’on ne croise pas les groupes précédents/suivants, Lower est bien plus supportable.
Concernant les guides navajos, nous étions tombés il y a deux ans sur un guide franchement pas appréciable.
Mais on fait un jackpot avec celui que nous avions cette année.
Super sympa, racontant plein d’anecdotes sur le lieu et l’histoire Navajo (son grand-père avait fait partie des Wind Talkers durant la seconde guerre mondiale dans le Pacifique), et surtout bien marrant.
Il ne connaissait qu’un mot en allemand, c’était l’équivalent du « Ouistiti » en français quand il prenait des photos pour les allemands.
Par contre il n’aimait pas trop les chinois. Certains du groupe derrière nous, qui n’avaient rien à faire de ce que leur guide racontait, avaient remarqué que nous étions très peu nombreux, et donc qu’il y avait plein d’espace libre pour prendre des photos accrochés à notre groupe.
Notre guide les a sèchement repris (après quelques sommations polies que ces ****** ignoraient royalement) en leur ordonnant de rester en arrière vers leur guide.
Les couleurs n’étaient pas top au début mais allaient de mieux en mieux au fil des minutes.

Un lever de soleil avec la roche
Notre guide nous indiquait les bonnes prises de vue pour avoir certains éléments dont l’angle faisait ressortir des animaux, comme Bruce, le requin du Monde de Nemo.
Alors autant on avait tous vu le requin, autant des fois quand il nous indiquait des animaux/formes, on avait l'impression qu'il fallait avoir fumé un calumet avant de regarder
Mais l’hippocampe dessiné par la roche à la fin du canyon est sans aucun doute le chef d’œuvre du site !
Une fois sorti, il fait bien plus chaud que lorsque nous étions rentrés 45 minutes plus tôt.
Une bouteille d’eau par personne nous attend à l’arrivée. Et quand on voit la montagne de bouteilles entreposée, ils doivent avoir des actions dans cette marque !
Après avoir dit au revoir à notre guide, on retourne dans la fournaise qu’est devenue la
voiture, et on se rend tranquillement à
Horseshoe Bend.
Et là, surprise, un parking magnifique y a poussé depuis la dernière fois. Payant naturellement, mais ça ne nous choquait pas.
Ce qui nous choquait en revanche, c’était les herses installées aux sorties afin que les véhicules ne passent par-là afin d’y rentrer sans payer.
On trouve une place facilement, et on se lance à l’assaut de la petite marche qui mène au point de vue.
Alors cette fois-ci, ce ne sont pas les touristes inconscients qui y allaient sans eau avec des enfants qui nous choquaient, mais ceux qui y allaient avec des chiens et qui ne réalisaient pas que le sable qui chauffait au soleil leur brulait les coussinets.
Un gros berger allemand serrait les dents pour y arriver (et on voyait bien qu’il souffrait, mais il restait digne), mais les plus petits s’arrêtaient net à mi-chemin et se mettaient à l’abris du peu d’ombre que laissaient les arbustes sur le côté. Et leurs couillons de maitres qui tiraient sur la laisse en leur ordonnant d’avancer.
En revanche il y en avait qui n’avaient pas besoin de laisse pour avancer, c’était les chinois.
Je trouve ça dingue comment
Horseshoe Bend les attire comme ça.

Naturellement, une fois arrivé au bout, il y a un monde fou (et la moitié sont des chinois qui se contre foutent des autres et restent plantés à prendre leurs photos).
Mais bon, j’ai fini par prendre mon panorama.
On a fini par retrouver nos amis les bêtes dans les sacs à dos de leurs maitres.
Mais comme il y a deux ans, on ne s’attarde pas. Trop de monde.
On retourne à la
voiture et on continue plein sud.
On fait un arrêt à
Grand Canyon Vista Point situé au bord de la 89 avant la descente où on distingue le début du
Grand Canyon.
On fait un petit détour par Navajo Bridge que je tenais absolument à voir.
L’eau du Colorado est magnifique.
Puis on prend pour de bon la route du
Grand Canyon.
On arrive à la guitoune vers 15h, et on s’arrête à Desert View Watchtower.
Personnellement je n’attendais quasiment rien du
Grand Canyon durant la journée.
C’était la troisième fois que j’y allais et j’avais moyennement apprécié les fois précédentes.
Mais après avoir dormi à
Tusayan il y a 10 ans et avoir raté le Sunset à cause d’un orage, après avoir attendu des heures que le soleil se couche il y a 2 ans et qu’on l'avait raté, lassés d’attendre ; je ne venais que pour les coucher et lever de soleil.
N’espérez pas trouver de photos du Canyon, durant l’après-midi, je n’ai quasiment rien pris parce que je trouve le lieu incroyablement surcoté durant la journée.
Je n’arrive absolument pas à accrocher. L’arrière-plan change rarement, on a aucun point de repère pour mesurer l’immensité de la chose, et surtout je trouve les couleurs assez bof en journée.
Il y a l’effet Waouh ! quand on arrive, mais l’effet beauté qu’on peut avoir devant
Bryce où le
Yosemite n’arrive en revanche absolument pas.
On s’arrête à Grandview Point en chemin si je ne dis pas de bêtise, avant d’arriver au grand parking bondé du Visitor Center.
On déambule tranquillement le long du Canyon, où on croise un sacré paquet de français.
Il y a beaucoup de monde (samedi oblige…).
Puis au bout d’un moment, on finit par trouver notre petit coin idéal.
Un banc, un arbre avec une belle branche pour y accrocher la
GoPro, et un bel espace pour moi et mon trépied.
On est resté planté là jusqu’au coucher du soleil, en tuant le temps comme on pouvait (le scénario à notre sauce d’un épisode d’Esprits Criminels avec un Park Ranger serial killer qui se servait du Canyon et des animaux pour dissimuler ses crimes, est la seule chose dont je me rappelle).
Puis enfin, le soleil commence à décliner, le canyon commence à changer de couleur.
Puis les nuages s’en mêlent, laissant passer les rayons de temps en temps.
Les couleurs sont de plus en plus vives.
On est resté quasiment jusqu’au bout.
Le Sunset rattrape largement mon opinion du Canyon.

Comme quoi on a bien fait de prendre notre temps avant d’y venir. Et pourtant l’attente fut longue.
Maintenant, on prend rapidement la route de
Tusayan. Faut pas trop trainer avant d’aller se coucher car le Sunrise nous attend demain.
On dort au
Grand Canyon Plaza Inn, dont l’unique panneau qui annonce l’
hôtel au bord de la route est numérique et n’indique l’
hôtel que 10 secondes avant de passer à autre chose. On a tourné en rond 10 minutes avant d’en trouver l’entrée.
On avait 2 lits doubles et un lit d’appoint, qui était encore plié en deux quand on entre dans la chambre. On a failli s’enfoncer la tige en métal dans l’œil en débloquant le système qui maintenait fermement le lit…
On sort manger un peu avant 21h dans le noir total au Wendy’s à côté de l’
hôtel.
Pour moi, l’
Arizona est le parfait exemple que le maintien du changement d’heure est nécessaire.
Eux qui sont toujours à l’heure d’hiver, le soleil se lève à 5h tapante, et il fait nuit noire à 21h.
En juin.
On se couche vers 22h30 et on met tous nos réveils pour 4h00.