Par Dominique Chouvet, Fred - Mis à jour le
Petrified Forest National Park & Painted Desert
Le Nord-Est de l'Arizona se compose de paysages désertiques et sauvages, mais cache aussi quelques belles merveilles naturelles qui sauront récompenser les voyageurs qui oseront s'aventurer dans ces contrées inhospitalières. Petrified Forest National Park en est la plus belle preuve.
Ce parc national, créé par Theodore Roosevelt en 1906, couvre près de 900 km², et abrite, couchés dans la poussière, des une forêt de troncs d'arbres, qui se sont mués en pierre depuis plus de 200 millions d'années. Dans le secteur Nord du parc, on découvre Painted Desert, une mer de collines nues qui affichent des couleurs chatoyantes, striées de bandes de rouille, de rose, de gris-bleu et de violet pâle, comme les échantillons d'un nuancier géant.
L'ensemble des paysages que vous découvrirez ici remonte au Trias, bien avant les premiers dinosaures. Les arbres abattus par le vent, la foudre ou les crues ont été ensevelis sous des sédiments et des cendres volcaniques, dont la silice a peu à peu transformé le bois en pierre. Ces mêmes terrains expliquent l'étonnante palette de couleurs de Painted Desert : oxydes de fer pour les rouges, les orangés et les roses, manganèse pour les gris et les bleus.
Les hommes ont eux aussi laissé leur marque dans ces contrées arides, avec plus de 13.000 ans d'histoire et plus de 800 sites archéologiques et historiques : ruines de villages indiens, pétroglyphes... La mythique Route 66 passait par ici au milieu du siècle dernier, et il est encore possible de voir un tronçon originel de la Mother Road.

Situation
Petrified Forest National Park se situe à l'Est de l'Arizona, le long de l'Interstate 40, tout près de Holbrook. Voir le plan de situation de Petrified Forest NP.
Le parc est constitué de deux grands secteurs, Nord (Painted Desert) et Sud, séparés par l'Interstate 40. Petrified Forest NP dispose de deux entrées :
- l'entrée Nord, qui correspond à la sortie 311 de l'Interstate I40 et qui donne directement accès au secteur Nord du parc, aussi appelé Painted Desert.
- l'entrée Sud, qui se situe le long de la route US180, entre Holbrook et St. Johns, permettant d'explorer le secteur Sud du parc, qui abrite les fameux troncs de bois pétrifiés.
Les deux secteurs sont reliés et parcourus par une petite route, Petrified Forest Road, jalonnée de nombreux points de vue et départs de petites balades.
L'entrée dans Petrified Forest National Park (et Painted Desert) est payante : 25$ par véhicule (voiture ou camping-car), valable 7 jours consécutifs. Le pass America the Beautiful est bien évidemment accepté.
Petrified Forest NP est ouvert toute l'année, mais n'est accessible qu'en journée, de 8h à 17h. En dehors de ces horaires, la Petrified Forest Road est fermée, rendant l'accès au parc impossible.
Le parc compte trois Visitor Centers : Painted Desert Visitor Center, situé à l'entrée Nord, Painted Desert Inn National Historic Landmark, en plein cœur du secteur Nord et Rainbow Forest Museum, au niveau de l'entrée Sud. Vous y trouverez informations, livres, souvenirs et toilettes. Seul Painted Desert Visitor Center compte un restaurant et une station-essence.
Avertissement : gardez-vous bien de rapporter en souvenir un fragment de bois pétrifié prélevé dans le parc lors de votre visite. Le geste est interdit (multiplié par des milliers de touristes, le site serait rapidement dévasté) et les Rangers veillent !
Temps de visite
Une demi-journée suffit pour visiter la totalité de Petrified Forest NP. Selon votre itinéraire, entrez par le Sud ou le Nord et réalisez le trajet jusqu'à la sortie en vous arrêtant au niveau des points de vues qui jalonnent le parcours.
À voir, à faire
Visualisez l'ensemble des points de vue et randonnées présentés ci-dessous sur cette carte.
Petrified Forest NP - Secteur Sud
La Petrified Forest Road sillonne le secteur Sud de Petrified Forest National Park, reliant la route US180 au secteur Nord. Tout au long de celle-ci, vous pourrez admirer de magnifiques paysages et découvrir plusieurs secteurs regorgeant de bois pétrifié.
Les sites listés ci-dessous sont présentées dans le sens Sud > Nord.
Rainbow Forest Museum

Rainbow Forest Museum, situé à la porte d'entrée Sud du parc, est un arrêt des plus intéressants à faire si vous voulez en apprendre plus sur l'histoire de la région et sa géologie. Avant d'aller marcher au milieu des troncs pétrifiés, vous y apprendrez d'où ils viennent : d'une forêt disparue depuis plus de 200 millions d'années, et dont les fossiles de ses habitants, reptiles géants compris, sont exposés ici.
Le bâtiment a une longue histoire. Au départ, il n'y avait là qu'une cabane de bois et de papier goudronné, plantée près de l'emplacement actuel du musée. En juin 1931, un contrat de 210094$ est attribué pour construire un bâtiment administratif, trois résidences et un hangar à outils. Le projet est suivi de près par Thomas C. Vint, architecte paysagiste en chef, et par son assistant Herbert Krienkamp, qui supervise le chantier. Les travaux sont achevés le 22 décembre 1931, et six jours plus tard, un groupe de 18 personnes de la compagnie ferroviaire Santa Fe est le premier à franchir le seuil de la salle d'exposition.
Il s'inscrit dans la tradition rustique des architectes de l'époque : du grès local, taillé et assemblé à la manière de la maçonnerie des Ancestral Puebloans, si bien que l'édifice semble avoir poussé de la même terre que les ruines du parc. Rien de monumental ici, mais une pierre qui s'accorde au paysage au lieu de lui faire concurrence. Le bâtiment a longtemps abrité l'administration du parc.

À l'intérieur, tout tourne autour du Trias supérieur. Les vitrines et les squelettes présentent les animaux et les plantes dont les fossiles ont été découverts dans le parc. Le plus spectaculaire est le diorama sur le Placerias, un grand herbivore à quatre pattes muni de deux fortes défenses, le Postosuchus, cousin bipède des crocodiles, et les aetosaures cuirassés, dressés devant une fresque de Margaret Colbert. Un squelette de ptérosaure complète le tableau. Une salle de projection, une librairie, une boutique et le point d'information tiennent le reste du bâtiment. Le site est ouvert de 8h à 17h toute l'année, sauf à Thanksgiving et à Noöl.

Enfin, le musée est le point de départ de trois courtes balades : Giant Logs Trail, une boucle qui se trouve juste derrière le bâtiment, et Long Logs Trail et Agate House Trail qui partent tous deux du parking.
Giant Logs Trail
(0.4 mile (0.6 km) (boucle) | 20 minutes | Facile)
Giant Logs Trail est la plus courte des balades du secteur de Rainbow Forest Museum, et l'une des plus généreuses en artefacts et en couleurs. Longue de quelques centaines de mètres seulement, cette boucle en forme de papillon contourne une colline où se concentrent quelques-uns des plus gros et des plus colorés des troncs pétrifiés du parc, avec Old Faithful, le plus massif de tous, en point d'orgue.
Le départ se trouve juste derrière Rainbow Forest Museum. Le sentier est asphalté mais ponctué de plusieurs volées de marches, avec des pentes qui montent par endroits jusqu'à 19%. Le dénivelé total reste modeste, une dizaine de mètres. Onze arrêts numérotés jalonnent la boucle, et un dépliant est disponible au musée.

Le premier arrêt pose la question qui brûle toutes les lèvres : comment un arbre devient-il pierre ? Il y a environ 216 millions d'années, ces arbres sont tombés dans une rivière, puis ont été enfouis sous des sédiments et de la cendre volcanique. Une eau souterraine chargée de silice et de minéraux a ensuite remplacé le bois peu à peu, jusqu'à ce que toute la matière végétale d'origine disparaisse.

Un peu plus loin, une plaque rend hommage à Stephen T. Mather, premier directeur du National Park Service. Au troisième arrêt, vous marchez sur l'ancien lit de cette rivière : des galets arrondis restent pris dans la roche, un conglomérat que vous pouvez toucher du bout des doigts.
Vient ensuite le temps de lever les yeux. Du quatrième arrêt, une plateforme de grès domine les bâtiments de Rainbow Forest, parmi les plus anciens du parc, et une photo d'époque permet de comparer le décor d'hier et celui d'aujourd'hui.
Au cinquième arrêt, les strates de la mesa qui borde le sentier se lisent comme les pages d'un livre : les bandes bleu-violet sont d'anciennes plaines d'inondation boueuses, le sommet est coiffé d'un grès clair, bien plus jeune, et le sol sous vos pieds est celui d'un lit de rivière de 216 millions d'années.
Au sixième arrêt, le point culminant de la boucle permet de découvrir Old Faithful. Ce tronc de 11 mètres de long, presque autant qu'un autobus, pèse environ 44 tonnes, et sa base mesure près de 3 mètres de large. C'est le tronc le plus massif du parc. Il porta d'abord les noms de The Monarch et de Major Domo, avant que l'épouse du surintendant ne le rebaptise, à la fin des années 1920, d'après le fameux geyser de Yellowstone NP. La foudre l'a frappé et fracturé en 1962, et le parc l'a réparé et soutenu par un mur. Albert Einstein et son épouse l'ont visité le 1er mars 1931, et l'arrêt vous invite à refaire la célèbre photo.

Les derniers arrêts demandent de regarder de plus près. Au septième stop, sur un tronc à droite du sentier, des galeries de la largeur d'un doigt sont les traces laissées par des insectes et d'autres arthropodes. Au huitième arrêt, les collines grises qui s'étendent en contrebas sont des badlands, une roche tendre que l'eau lave et creuse sans cesse. Tout semble sec, et pourtant, de nombreux chenaux emportent le sol en permanence.
Le neuvième arrêt montre, sur un gros tronc au bord du chemin, le moignon d'une racine pivotante : preuve que ces géants étaient des conifères, dans un monde d'avant les fleurs, peuplé de fougères arborescentes et de ginkgos.

Au dixième arrêt, vous comprendrez pourquoi tant de troncs semblent sciés en tronçons réguliers : personne n'a manié de tronçonneuse. Le poids des couches de terre sous lesquelles ils étaient enfouis les a écrasés, et le quartz, qui ne se brise pas selon ses faces cristallines, casse selon la section la plus courte, comme un morceau de craie.
L'ombre est quasi absente sur le sentier et les températures en été dépassent régulièrement les 38°C : il est préférable de faire cette balade (comme les autres d'ailleurs) le matin ou en fin d'après-midi. Gardez de l'eau avec vous, même pour une courte boucle. De la mi-juin à la fin septembre, la saison de la mousson apporte des orages violents l'après-midi. Restez sur le sentier, et n'emportez pas le moindre fragment de bois.

Agate House Trail
(2 miles (3.2 km) (aller-retour) | 1 heure | Facile)
Agate House Trail est une promenade modeste, mais sa destination n'a pas d'équivalent dans le parc : une petite maison amérindienne dont les murs sont faits de bois pétrifié. Ce n'est pas le site le plus spectaculaire de Petrified Forest National Park, mais l'idée seule est irrésistible : des Ancestral Puebloans ont bâti leur foyer avec les arbres de pierre qu'ils avaient sous les pieds.
Le sentier part du parking de Rainbow Forest Museum. Il longe Petrifed Forest Road sur environ 200 mètres, franchissant Jim Camp Wash, puis file plein Sud en suivant une ancienne route. Le chemin reste presque plat, et c'est un paysage de désert d'altitude qui vous accompagne : sol de cailloux, herbe rare, quelques cactus. Les collines grises des badlands sont parsemées de gros troncs, parmi les plus longs et les plus colorés du parc.
Au bout de 1.5 kilomètre de marche, le pueblo de Agate House apparaît comme une petite construction de pierre de couleur, posée au milieu de la plaine. Vous ne pouvez pas y entrer, mais l'admirer de l'extérieur suffit pour apprécier le travail des bâtisseurs et la matière : des murs entiers faits de ces cristaux de quartz teintés qui, ailleurs, jonchent le sol. Les murs sont fragiles, ce qui explique que le site soit interdit d'accès au public.

Les archéologues pensent que ce petit pueblo a été habité peu de temps, il y a environ 700 ans. Il compte huit pièces, et on y entrait par le plafond. Ses murs, épais d'environ 30 centimètres, sont faits de blocs de bois pétrifié de taille moyenne à grande, liés par un mortier de boue et calés avec des fragments plus petits. Il s'agissait probablement d'une résidence familiale à l'année, installée près de terres cultivables et de gisements de bois pétrifié. Les couleurs, du rouge au bleu en passant par l'orange, viennent des impuretés piégées dans le quartz, comme le fer et le manganèse. Le pueblo est inscrit au National Register of Historic Places depuis 1975.

Une précision : ce que vous verrez a été en grande partie reconstruit. Les ouvriers de la Civil Works Administration ont relevé la strucutre pendant l'hiver 1933-1934, sous la direction de l'archéologue Cornelius B. Cosgrove Jr., et le résultat n'est pas une réplique fidèle de l'original.

Le retour s'effectue par le même chemin. Il est possible, et même recommandé, de combiner cette balade avec Long Logs Trail, pour une boucle de 4.2 kilomètres au total.
Long Logs Trail
(1.6 mile (2.5 km) (boucle) | 1 heure | Facile)
Long Logs Trail est l'un des endroits du parc où le bois pétrifié se montre le plus à profusion. Au pied de badlands gris et violets, un ancien embâcle de troncs s'étale sur le sol, entassé comme au lendemain d'une crue, à ceci près que la crue date de plus de 200 millions d'années. C'est l'une des plus grandes concentrations de bois pétrifié du parc, avec certains de ses plus longs troncs.
Le parcours commence au parking de Rainbow Forest Museum. Le début de la balade est identique à Agate House Trail : suivez Petrified Forest Road, traversez le pont enjambant un wash et partez en direction du Sud. Suivez une ancienne route en légère montée, au milieu d'un désert d'herbe rare et de cailloux. Cette approche n'a rien de spectaculaire, même si l'on y croise déjà quelques morceaux épars de bois pétrifié. Au bout de cette ancienne route asphaltés, s'ouvre une boucle de 800 mètres environ, qui s'enroule autour d'un massif de badlands.

Les troncs sont alors partout, empilés les uns sur les autres, privés de leurs branches arrachées par le courant, dont les nœuds gardent la trace. Beaucoup sont brisés net, en tronçons réguliers qui semblent coupés à la scie : le quartz, dur et cassant, s'est fracturé sans effort. Les couleurs viennent des impuretés piégées dans la pierre : le fer, le carbone et le manganèse composent des rouges, des orangés, des cannelles, parfois des reflets d'améthyste violette ou de citrine jaune. Posés devant les collines pastel des badlands, ils composent un tableau que le parc ne répète nulle part ailleurs.

Pour comprendre ce que l'on voit, il faut remonter au Trias. Ces arbres, des conifères qui s'élevaient à près de 60 mètres de hauteur, poussaient près d'un réseau de rivières plus vaste que tout ce qui existe aujourd'hui sur Terre, sous un climat tropical humide, dans une région proche de l'équateur. Les arbres morts sont tombés dans l'eau et se sont accumulés dans d'anciens chenaux, en tas denses. Enfouis, ils ont été remplacés par de la silice grain à grain, puis l'érosion les a ressortis de terre, car ils résistent mieux que les sédiments qui les entouraient. Deux des troncs de Long Logs Trail mesurent plus de 40 mètres.

Une fois la boucle réalisée, vous pouvez retourner au parking, ou mieux, poursuivre votre chemin vers Agate House, pour réaliser une randonnée de 4.2 kilomètres au total.
Crystal Forest Trail
(0.75 mile (1.2 km) (boucle) | 30 minutes | Facile)
Crystal Forest Trail est l'une des meilleures occasions de se plonger dans l'un des plus importants dépôts de bois pétrifié que Petrified Forest NP compte. Cette courte boucle d'un peu plus d'un kilomètre serpente au milieu de collines ondulées de badlands gris et violets, au milieu de troncs d'une telle intégrité qu'on les croirait fraîchement abattus. C'est l'un des sentiers les plus fréquentés du parc, avec raison.

Le départ de Crystal Forest Trail se situe le long de la Petrified Forest Road, à 6 miles au Nord-Est de Rainbow Forest Museum. Le sentier est asphalté, avec un dénivelé d'une dizaine de mètres au total. Quelques passages raides franchissent des ravines : rien de bien méchant.

Après quelques mètres parcourus, un abri offre un premier coup d'œil sur les badlands. Le nom de Crystal Forest promet des cristaux, et il ne ment pas tout à fait. Les troncs contiennent du quartz limpide, de l'améthyste violette, de la citrine jaune et du quartz fumé, les plus gros cristaux se formant dans les fissures et aux endroits où le bois se décomposait. Mais ne cherchez pas une forêt scintillante : les cavités des troncs abritaient jadis du quartz clair et de l'améthyste, et la plupart des plus beaux spécimens ont disparu. Avant que le site ne soit protégé, collectionneurs et bijoutiers ont fait exploser des troncs entiers à la recherche d'améthyste et emporté de l'agate pour en faire des bijoux. Il en reste de petits cristaux, qu'il faut chercher de près et que le Soleil bas fait scintiller.

Le sentier décrit ensuite une boucle qui se parcourt dans n'importe quel sens. On découvre des prairies et badlands jonchés de bois pétrifié. Au loin, les collines bleu-violet de Blue Mesa se détachent sur l'horizon. La partie la plus éloignée de la boucle réserve les plus grands troncs, les restes d'une forêt qui se dressait ici iy a plus de 200 millions d'années. Leurs couleurs vont du rouge au jaune, au vert, au brun, au blanc et au noir, grâce aux impuretés piégées dans le quartz, comme le fer, le carbone et le manganèse.

L'ombre est quasi absente et aucun point d'eau n'est présent au parking : prévoyez de l'eau et privilégiez les premières heures du matin ou la fin d'après-midi pour explorer le secteur. Ces moments de la journée offrent, en plus, une lumière plus douce, qui fait ressortir les couleurs et les cristaux.

Jasper Forest

Un peu plus de 7.5 miles au Nord de Rainbow Forest Museum, une petite route quitte Petrified Forest Road et part en direction de l'Ouest pour atteindre Jasper Forest. Le spot est constitué d'un point de vue qui surplombe une véritable mer de fragments de troncs pétrifiés.

Ces troncs sont les vestiges d'une forêt qui recouvrait les lieux il y a 216 millions d'années. Ce bois pétrifié, qui se situait sur les mesas environnantes, a été libéré par l'érosion et a roulé jusqu'au fond de la vallée. Ce processus n'est pas fini : la pluie des moussons arrachent environ 6 mm de roche chaque année, de sorte que de nouveaux segments sortent encore de la terre.

Il y a plus d'un siècle, l'endroit portait un autre nom : First Forest. Dans les années 1890 et au début des années 1900, les touristes descendaient du train à Adamana, la gare la plus proche, et prenaient la route en chariot. La première accumulation de bois pétrifié qu'ils rencontraient était celle-ci. La visite guidée coûtait 4$ par personne.
Un monument faisait alors la fierté du site : Eagle Nest Rock, un hoodoo coiffé de grès, posé sur des couches plus tendres, que l'on atteignait par une route construite au début des années 1930 par le Civilian Conservation Corps. Dans la nuit d'un hiver particulièrement humide, en janvier 1941, la base fragile du rocher n'a plus pu porter son chapeau : le hoodoo s'est écrasé au fond de la vallée.

Un autre repère, Snow Lady, a disparu de la même façon, victime de l'érosion. La route, elle, a survécu un temps. Elle a été fermée le 8 octobre 1965 pour freiner le vol de bois pétrifié.
Agate Bridge

Quelques centaines de mètres après Jasper Forest, toujours le long de la Petrified Forest Road, vous pourrez découvrir Agate Bridge, un tronc pétrifié, que l'érosion a transformé en pont naturel : celle-ci a creusé le grès surlequel le tronc reposait, jusqu'à le laisser suspendu au-dessus d'un ravin, comme une passerelle naturelle.

Il a été bétonné dans les années 1920 pour le sauvegarder, et cela gâche un peu ma magie du site. Mais l'histoire de cet artefact, l'un des plus célèbres du parc depuis toujours, mérite bien le court détour.
Le tronc mesure un peu plus de plus de 30 mètres de long, pour 1.2 mètre de diamètre. Il enjambe un ravin de 12 mètres de large et 5 mètres de profondeur. Les deux extrémités du tronc restent enchâssées dans le grès où il a été enseveli. Il vient du banc de Flattops One, dans la formation de Chinle, un grès du Trias vieux de plus de 200 millions d'années. Comme le bois pétrifié résiste mieux à l'érosion que la roche qui l'entoure, l'eau de pluie a creusé le ravin dessous, jusqu'à le suspendre. Par temps de pluie violente, une petite cascade s'y forme. Ses couleurs viennent du quartz, blanc à l'état pur, des oxydes de manganèse, qui donnent du bleu, du violet, du noir et du brun, et des oxydes de fer, du jaune au rouge en passant par le brun.

Dès les débuts du parc, Agate Bridge était l'un des arrêts les plus populaires. On l'appelait alors Natural Bridge, et il ornait cartes postales, affiches et livres. À la fin du 19ème siècle, le paléobotaniste Lester Ward le qualifie du "tronc pétrifié le plus célèbre du monde". Il le décrit en 1899 comme une passerelle que n'importe qui pouvait traverser sans difficulté. Les visiteurs ne s'en privaient pas : il existe sans doute des milliers de photos de vacanciers posant sur Agate Bridge, aujourd'hui interdit d'accès. Une légende veut qu'un cowboy ait un jour parié qu'il ne pouvait pas le traverser à cheval, et qu'il ait gagné.

La crainte de l'effondrement du tronc a conduit à plusieurs interventions. Des contreforts de maçonnerie sont construits sous le tronc vers 1903. Des piliers de béton les remplacent en 1911, puis une poutre en béton en 1917. Pendant plus de cent ans, le parc a choisi de laisser ce dispositif tel qu'il avait été construit. Aujourd'hui, la poutre est vue comme un artefact qui illustre l'évolution de la philosophie du National Park Service : on laisse désormais Agate Bridge et sa poutre s'éroder à leur rythme, sans chercher à entretenir la structure.
Blue Mesa

Blue Mesa s'élève au-dessus d'une plaine pourpre striée de ravines sinueuses, et ses flancs s'ornent de bandes bleues, violettes et grises. Pour profiter du spectacle, une petite route scénique, Blue Mesa Scenic Road, quitte la Petrified Forest Road au niveau du mile marker 15, entre The Tepees et Agate Bridge, grimpe au sommet de la mesa et décrit une boucle de 3.5 miles jalonnée de points de vue. Même si vous ne comptez pas marcher, ce détour est incontournable : c'est l'un des plus beaux coups d'œil sur les badlands du parc. Elle se trouve entre The Tepees et Agate Bridge.

Du haut de la mesa, les belvédères embrassent le paysage, les badlands rayés de bleu, de violet, de gris et de pêche. Regardez le bord de la mesa : quelques hoodoos s'en détachent peu à peu, car un grès dur coiffe des matériaux tendres qui s'érodent dessous, jusqu'à ce que le rebord s'effondre et que l'escarpement recule.

Cette roche tendre est de la bentonite, une argile issue de cendres volcaniques altérées. En absorbant l'eau, elle peut gonfler jusqu'à huit fois son volume sec, puis se rétracte et se fissure en séchant. Ce va-et-vient accélère l'érosion et empêche presque toute végétation de s'installer, d'où l'aspect nu et lunaire de ces collines.

Sous vos yeux, Sonsela Member de la formation de Chinle, vieux d'environ 215 à 219 millions d'années, se lit en trois étages. En bas, près de la base de la mesa, Camp Butte Bed est un grès d'un blanc éclatant. Au milieu, Lot's Wife Bed alterne des argilites bleues, grises et violettes avec de petits grès gris et blancs. Au sommet, Jasper Forest Bed est fait de grès blancs à stratification oblique et de conglomérats parsemés de galets roulés par l'eau. C'est cette dernière couche qui contient les troncs pétrifiés que l'on voit sortir de la colline autour de Blue Mesa. Le même grès coiffe Agate Mesa et la mesa au Nord de Rainbow Forest.

Les couleurs de ces couches racontent un paysage d'il y a plus de 200 millions d'années. Elles correspondent à d'anciens sols, dont la teinte dépend de la hauteur de la nappe phréatique à l'époque : quand elle était proche de la surface, le manque d'oxygène réduisait le fer des sols en nuances verdâtres ou bleuâtres, tandis que les sols rouges se sont formés là où elle descendait plus bas, laissant le fer s'oxyder, c'est-à-dire rouiller. Dans la partie Nord de Painted Desert, la nappe était basse, signe d'un climat plus sec aux sols bien aérés.

Blue Mesa a aussi son histoire. On appelait ce lieu Blue Forest, un nom que John Muir lui-même aurait donné. Le paléontologue Charles Lewis Camp y exploitait plusieurs carrières de fossiles dans les années 1920 et 1930, et la zone de Blue Forest et de Newspaper Rock a été ajoutée au monument le 14 novembre 1930.
Blue Mesa Trail
(1 mile (1.6 km) (boucle) | 30 minutes | Moyen)
Blue Mesa Trail est une petite balade qui explore le flanc Nord-Ouest de Blue Mesa, pour vous plonger dans un labyrinthe de badlands bleutés, parsemé de troncs pétrifiés : un décor sans équivalent ailleurs dans le parc.
Le départ du sentier se trouve le long de Blue Mesa Scenic Road, à mi-parcours de la petite boucle. Le trail commence presque sagement, à plat, puis la mesa se dérobe sous vos pieds : une descente raide, en lacets, vous dépose en une trentaine de mètres de dénivelé au creux des collines. Le revêtement alterne asphalte et gravier. Gardez cette pente en tête, car si elle se descend sans effort, il faudra la remonter au retour.

Au pied de la mesa, la boucle serpente entre des dômes d'argile bentonitique rayés de gris, de bleu, de pourpre et de pêche. De près, la surface surprend : plissée, craquelée, elle évoque une peau d'éléphant. C'est la signature de la bentonite, qui gonfle en absorbant l'eau puis se rétracte et se fissure en séchant. Ces boues se sont déposées il y a environ 220 à 225 millions d'années, au Trias supérieur, dans des fleuves sinueux et des marécages, et la mousson les grignote aujourd'hui d'un demi-centimère tous les ans.

Dans ce paysage froid, le bois pétrifié fait figure de braise. Les troncs sont moins nombreux qu'à Long Logs Trail ou à Giant Logs Trail, mais leurs ocres, leurs oranges et leurs rouges claquent contre le bleu des pentes, et certains reposent en équilibre précaire au pied d'un talus. Les paléontologues ont aussi exhumé ici de nombreux fossiles de plantes et d'animaux, dont de délicates fougères.

Prévoyez de l'eau, un chapeau et de vraies chaussures. Le sentier n'offre aucune ombre en dehors d'un petit abri du départ, et l'été les températures dépassent régulièrement 35°C. Les couleurs sont les plus vives en début de matinée ou sous un ciel voilé. Le plein soleil de midi les délave. Après la pluie, l'argile devient glissante, et les orages d'après-midi de la mousson (de juin à septembre) sont à surveiller. Restez sur le sentier, ne grimpez pas sur les collines et ne repartez avec aucun morceau de bois pétrifié.

The Tepees

Entre Newspaper Rock et Blue Mesa, le désert plat se plisse soudain en une armée de cônes. The Tepees ne demandent aucun effort pour les découvrir : un point de vue aménagé au bord de la route, quelques panneaux et les collines qui surgissent au bord de l'asphalte, rayées de gris, de bleu, de pourpre et de vert.

Deux aires de stationnement, North Pullout et South Pullout, permettent de s'arrêter le long de la Petrified Forest Road pour contempler ces dômes colorés tranquillement. Ce sont les premiers visiteurs du parc qui ont vu des tipis dans ces collines coniques. Pourtant, les tipis ne font pas partie de la culture de cette région, et certains Navajos reconnaissent plutôt dans l'une de ces collines la silhouette d'un hogan.

The Tepees appartiennent au Blue Mesa Member de la Chinle Formation, qui n'affleure nulle part aussi bien qu'ici. Des boues se sont déposées il y a 220 à 225 millions d'années, au Trias supérieur, dans un monde de fleuves sinueux et de marécages que l'on compare aux régions tropicales actuelles. Elles ont formé d'épaisses couches de mudstones gris, bleus, pourpres et verts, entrecoupées de quelques bancs de grès, dont le plus marquant est Newspaper Rock Sandstone. Cette argile tendre, de la bentonite née de cendres volcaniques altérées, fond sous les pluies de mousson et se sculpte en cônes. Les couches bleues sont le témoignage d'un sol longtemps gorgé d'eau, les couches rouges indiquent une forte présence de fer. L'effet est maximal en fin d'après-midi, quand la lumière rasante fait ressortir chaque bande.

À l'Ouest, au-delà de The Tepees, un petit affleurement raconte un chapitre plus ancien : Mesa Redondo Member, la plus ancienne couche de Chinle Formation visible dans le parc, déposé il y a 225 à 227 millions d'années. Ses siltstones rouge sombre et ses conglomérats sableux sont couronnés d'une couche dure mouchetée de jaune, de rouge et de pourpre. Cette couche correspond aux plaines d'inondation qui bordaient les chenaux de grès du Shinarump Member, que l'on voit en dehors du parc, entre Holbrook et Joseph City.
Le secteur est aussi riche en fossiles de plantes : feuilles de conifères, tiges de prêles et pollen y ont été retrouvés dans le Blue Mesa Member.
Newspaper Rock

Newspaper Rock désigne un groupe de blocs de roche qui porte plus de 650 pétroglyphes. Le site se trouve au bout d'une petite route qui part de la Petrified Forest Road, à mi-chemin entre The Tepees et l'Interstate 40. Un court chemin conduit du parking à un belvédère, le seul endroit d'où l'on peut observer les gravures. Il n'en a pas toujours été ainsi : un sentier à escaliers menait autrefois à une plate-forme tout près des blocs. Après l'effondrement d'une partie de la falaise dans les années 1980, ce sentier a été fermé et remplacé par le belvédère actuel. Le site est inscrit au National Register of Historic Places depuis le 12 juillet 1976.

Les pétroglyphes que vous pouvez voir sont l'œuvre des Ancestral Pueblos, qui vivaient, cultivaient et chassaient le long de Puerco River il y a 650 à 2000 ans. Certains habitaient peut-être Puerco Pueblo, le village voisin, occupé aux 13ème et 14ème siècles. Pour graver ces dessins et ces formes, ils piquetaient la roche afin d'ôter le vernis du désert, cette patine sombre qui recouvre la pierre, laissant ainsi apparaître la roche claire dessous. On distingue entre autres des silhouettes humaines, des animaux (comme des oiseaux ou des lézards) et des spirales.

Inutile de chercher un récit : il n'y en a pas de linéaire, et ces signes ne représentent ni sons ni lettres. Les Zuni et les Hopi y reconnaissent aujourd'hui des symboles de famille ou de clan, des significations spirituelles, des événements historiques ou astronomiques. Certains marqueraient aussi des limites de territoire ou des routes de migration.

Depuis le belvédère, les gravures restent à distance. Des longues-vues sont installées gratuitement. Si vous avez des jumelles, emportez-les : on s'arrache les longues-vues quand il y a du monde.
Puerco Pueblo Trail
(0.3 mile (0.5 km) (boucle) | 20 minutes | Facile)
Puerco Pueblo est l'un des rares villages Ancestral Pueblo de Petrified Forest NP que l'on visite facilement. Un sentier, court et plat, glisse entre des murs de grès que des mains ont dressés il y a plus de 600 ans.
Le site se trouve au mile marker 11, à 17 miles de l'entrée Sud, juste avant que la Petrified Forest Road ne traverse Puerco River. Le sentier, large, pavé et dépourvu d'ombre, démarre à l'extrémité Sud du petit parking aménagé sur place.

La boucle se déroule au milieu des vestiges d'un ancien village Pueblo. Les murs que vous longez, consolidés pour résister au temps, ne sont qu'une fraction du site : le reste sommeille sous les gravats et la végétation. À mi-parcours, un ancien check station construit par le Civilian Conservation Corps abrite aujourd'hui un petit musée, avec des expositions sur la culture et l'histoire du lieu. Des panneaux jalonnent le sentier.

Le village comptait plus de 100 pièces de plain-pied, bâties autour d'une place rectangulaire avec des blocs de grès taillés à la main, les murs extérieurs enduits de plâtre. Les habitants s'en servaient pour dormir comme pour stocker leurs récoltes, et plusieurs kivas, des chambres cérémonielles creusées dans le sol, abritaient leurs rituels. Les murs extérieurs n'avaient ni porte ni fenêtre : on entrait par des échelles qui passaient par-dessus le mur et gagnaient les toits de rondins, de branchages et de boue. Au Nord de la Puerco River, les plaines inondables et les terrasses permettaient de cultiver maïs, haricots et courges. Le village a atteint son apogée vers 1300, avec environ 200 habitants, puis ses occupants l'abandonnent peu à peu, faute de pouvoir s'adapter au changement de climat de la fin du 14ème siècle. Vers 1380, il est presque vide. Le site garde une grande importance culturelle pour les Hopi et les Zuni.
À l'extrémité Sud de la boucle, ouvrez l'œil : des pétroglyphes se laissent voir tout près du chemin. L'un d'eux, une spirale gravée sur un rocher, est un calendrier solaire. Pendant environ deux semaines autour du 21 juin, vers 9 h, un rayon de soleil se glisse le long du rocher voisin et descend jusqu'au centre de la spirale. Un panneau explique le phénomène quand aucun ranger n'est là.

Après Puerco Pueblo, la Petrified Forest Road traverse Puerco River et continue plein Nord pour passer par dessus une voie de chemin de fer, exploitée par la BNSF Railway. La ligne a été construite au début des années 1880 par la compagnie Atlantic and Pacific Railroad, qui reliait Albuquerque à Needles, en Californie, via Flagstaff, avant de passer dans le giron de la compagnie Atchison, Topeka and Santa Fe Railway. Elle fait aujourd'hui partie de Southern Transcon, l'axe de BNSF entre Chicago et la Californie du Sud, et reste une artère très chargée : plus de 80 trains par jour.
La Petrified Forest Road continue ensuite plein Nord pendant encore 4 miles avant de rejoindre l'Interstate 40, qu'elle franchit grâce à un pont pour rejoindre le secteur Nord du parc (Painted Desert).
Petrified Forest NP - Secteur Nord (Painted Desert)
Le secteur Nord de Petrified Forest National Park permet de contempler une partie des paysages que cache Painted Desert. Ce que vous verrez ici ne représente qu'une infime fraction de Painted Desert, une immense zone aride composée de badlands colorés, qui s'étire sur 190 kilomètres de long et 100 kilomètres de large entre Petrified Forest National Park et Tuba City. L'essentiel se trouve en dehors de Petrified Forest NP, dans les terres isolées de la Navajo Nation.
Les couleurs si particulières de ce désert sont celles de Chinle Formation, un empilement de strates de siltstone, de mudstone et de shale déposé au Trias supérieur, il y a plus de 200 millions d'années, par un immense système fluvial. Mises à nu, ces roches tendres cèdent facilement face à l'érosion de l'eau, qui les taille en collines, mesas et buttes.
Ce secteur du parc est parcouru par la Petrified Forest Road, qui court sur le sommet d'une mesa et ne s'en éloigne guère : elle en suit les rebords, s'en écarte un instant, puis s'y recolle. Le tracé est ponctué de nombreux points de vue qui permettent de contempler Painted Desert qui se déroule en contrebas, sur des kilomètres.
Tiponi Point

Tiponi Point est le premier point de vue que vous rencontrerez le long de Petrified Forest Road, 0.5 mile après avoir passé Painted Desert Visitor Center. Plus modeste que les points de vue qui suivent, il remplit pourtant sa mission, celle de planter le décor avant que les panoramas ne s'enchaînent.

Devant vous, des collines arrondies, des mesas à sommet plat et des buttes sculptées par l'érosion s'étendent, parées de rose, rouge, brun et orange. La lumière rasante du début de matinée et de la fin d'après-midi accentue les couleurs et la beauté du paysage.

Tatáypi Point

Coincé entre Tiponi Point et Tawa Point, Tatáypi Point est un petit point de vue qui offre une vue large : au pied du rebord, les badlands rouges de Chinle Formation, et vers l'Est, de vastes prairies qui s'étalent à perte de vue. Son nom, en hopi, veut dire "belle vue", et c'est exactement ce qu'on y vient chercher, sans s'y attarder.
Ce point de vue a une particularité : il ne repose pas sur Chinle Formation, mais sur du basalte noir appartenant à Bidahochi Formation. Déposée il y a 4 à 8 millions d'années, cette formation est faite de sédiments de lacs éphémères et de cendres d'éruptions, et son basalte coiffe la roche rouge et la protège de l'érosion.

De l'autre côté du point de vue, on aperçoit les mudstones gris-violet de Owl Rock Member de Chinle Formation. Un petit muret y borde l'aire d'arrêt, où poussent deux espèce d'arbustes : le skunkbush, qui se pare de fleurs jaunes au printemps et vire au rouge en automne, et le pale wolfberry, dont les baies comestibles du printemps sont à laisser à la faune.
Tawa Point

À Tawa Point, situé 1.5 mile de l'entrée Nord, juste après Tiponi Point, les badlands de Chinle Formation déroulent leurs rayures. Avec Kachina Point, Tawa Point est l'un des points de vue les plus colorés, les plus spectaculaires de Painted Desert. On comprend ici qu'il a été facile de trouver un nom aussi évocateur à ce parc.
C'est ici que l'on découvre les strates les plus jeunes de la formation : Owl Rock Member, vieux d'environ 205 millions d'années, fait de mudstones rose orangé entrecoupés de fines couches dures de calcaire, et parsemé de lentilles de sélénite, un gypse laissé par d'anciens lacs évaporés. En fin d'après-midi, la lumière rasante ravive ces roses.

Le point de vue est également le point de départ Est de Painted Desert Rim Trail, un sentier qui longe la rim de la mesa pour rejoindre Painted Desert Inn.

Painted Desert Inn

Painted Desert Inn est un magnifique bâtiment, posé au bord de la mesa, avec une vue incroyable sur les badlands de Painted Desert, et qui a fait office, depuis sa construction il y a plus de 100 ans, de relais de la Route 66, d'hôtel, de restaurant et de galerie d'art. L'édifice est aujourd'hui un musée et un National Historic Landmark. Avec ses murs de pierre de plus de 60 centimètres d'épaisseur et son toit plat, il se tient au bord du vide comme une petite forteresse de terre, face à des kilomètres de badlands.

L'histoire de Painted Desert Inn commence avec Herbert Lore, qui obtient une concession ici en 1924 et bâtit un premier édifice de deux étages en pierres locales et en bois pétrifié. Construit le long de la National Old Trails Highway, qui devient en 1926 la Route 66, il nomme son auberge Stone Tree House, qui accueille les voyageurs souhaitant se restaurer ou passer la nuit. En 1936, il cède son auberge au National Park Service.
Le bâtiment ne tient pas longtemps. Il repose sur un sol de bentonite, une argile qui gonfle à l'humidité et se rétracte au sec, et ses murs se lézardent. Le Civilian Conservation Corps le réhabilite donc entre 1937 et 1940, d'après les plans de l'architecte Lyle Bennett. Le style Pueblo Revival, inspiré de l'architecture des villages amérindiens du Sud-Ouest, s'impose à cette occasion. Les plafonds sont refaits avec des rondins de bois, et les sols reprennent des motifs Navajo. L'auberge rouvre le 4 juillet 1940, puis ferme en octobre 1942, la guerre ayant tari le tourisme.

Painted Desert Inn renaît en 1947, quand la Fred Harvey Company reprend son exploitation. Cette compagnie, qui tenait alors la plupart des hôtels et restaurants des grandes étapes ferroviaires de l'Ouest, confie la décoration à Mary Jane Colter, déjà célèbre pour ses bâtiments au Grand Canyon. Elle fait venir l'artiste hopi Fred Kabotie, qui peint en 1948 les fresques de la salle à manger. Elles évoquent Tawa, l'Esprit du Soleil des Hopi, la danse du bison et les semailles. Dans la salle du comptoir, une verrière de verre peint y laisse tomber une lumière colorée, entre motifs pueblo et décors de poterie.
La suite est moins heureuse. Le siège du parc déménage en 1963 vers Painted Desert Community Complex, à l'entrée Nord du parc et l'auberge ferme. Livrée à elle-même, elle manque d'être démolie. Elle est sauvée en 1976 en étant inscrite au National Register of Historic Places. Le statut de National Historic Landmark suit en 1987. Une réhabilitation menée entre 2004 et 2006 lui rendra son aspect d'origine.

Aujourd'hui transformé en Visitor Center et petit musée, vous pouvez parcourir l'intérieur du bâtiment librement. La visite permet de découvrir les anciennes salles du restaurant, les fresques, les lustres en fer-blanc et même un pétroglyphe de puma gravé dans la pierre. Une boutique occupe une partie des lieux, et l'on y sert des glaces en été. Le bâtiment est ouvert de 9h à 16h.

Painted Desert Inn constitue également le point de départ Ouest de Painted Desert Rim Trail, un sentier qui longe le bord de la mesa pour rejoindre Tawa Point.

Kachina Point

Juste derrière Painted Desert Inn, un court chemin pavé mène jusqu'à Kachina Point, un belvédère dominant Painted Desert, C'est l'un des meilleurs endroits du parc pour admirer et photographier Painted Desert. Rien ne vient interrompre le regard : les badlands rayés de rouge, d'orange, de rose et de gris descendent jusqu'aux plaines arides.

Painted Desert Rim Trail
(1 mile (1.6 km) (aller-retour) | 30 minutes | Facile)
Painted Desert Rim Trail relie Tawa Point et Painted Desert Inn. C'est une balade courte, qui suit le rebord même de la mesa, à l'endroit où le plateau bascule dans les badlands.
Vous pouvez réalisé l'aller-retour au départ de n'importe quelle extrémité, mais Tawa Point est peut-être le point de départ le plus pratique. Après avoir profiter de la vue du viewpoint, parcourez le sentier jusqu'à Painted Desert Inn, pour découvrir ce splendide bâtiment. Après avoir complété la visite par un petite détour jusqu'à Kachina Point, revenez à Tawa Point par le même chemin.

Le sentier n'est pas goudronné. Il suit un sol de terre et de gravier, avec quelques traverses de drainage, et se faufile dans le petit bois de genévriers et de cliffroses qui souligne le rebord. La pente moyenne reste douce, avec quelques rampes plus raides, et le dénivelé total ne dépasse pas une quinzaine de mètres. La lumière et le décor changent à chaque détour. Les panneaux d'interprétation qui jalonnent le parcours vous aident à lire le paysage.

La vue permet de contempler les différentes strate de Chinle Formation, des boues de plaine inondable déposées il y a plus de 200 millions d'années, au Trias. Le fer contenu dans ces boues, s'il a été exposé à l'air, s'est oxydé pour teindre la roche en rouge. Sinon, noyées continuellement sous la nappe phréatique, les strates affichent des couleurs vertes et bleues. Le matin et en fin d'après-midi sont les moments à privilégier, la lumière rasante creuse les reliefs et fait ressortir les teintes.
Hózhó Point

Hózhó Point se trouve entre Painted Desert Inn et Pintado Point, au but d'une petite route partant de Petrified Forest Road. Même s'il ne rivalise pas avec les grands points de vue voisins, ce spot a une histoire que les autres n'ont pas.
Ce point de vue a changé de nom récemment. Avant, il s'appelait Chinde Point. Chindi désigne en navajo le fantôme laissé par un mort, l'esprit mauvais, la possession : un mot que beaucoup de visiteurs jugeaient déplacé pour un belvédère. Le parc l'a donc remplacé, après avoir consulté son personnel amérindien et les bureaux de préservation Navajo, Hopi et Zuni. Hózhó exprime l'inverse : en Navajo, il est synonyme de beauté, de bien-être, d'harmonie.

De Hózhó Point, vous pourrez voir une falaise de basalte noir qui déroule des coussins de lave arrondis, comme des sacs de pierre empilés. Ces formes naissent quand une éruption se produit sous l'eau : la surface se fige aussitôt, le cœur continue de gonfler. Ici, la lave a coulé dans un lac, il y a 4 à 8 millions d'années, et elle repose sur le rouge de Chinle Formation. Entre les deux couches, une discordance efface près de 200 millions d'années.
C'est sur cette pente qu'a été trouvé Chindesaurus bryansmalli, en 1984. Son nom d'espèce fait référence au paléontologue Bryan Small. Ce dinosaure était un carnivore bipède de la taille d'une dinde, l'un des deux seuls dinosaures découverts dans le parc après plus de 150 ans de recherches. L'autre est Coelophysis, dont on retrouve des squelettes partiels de plusieurs individus.

Petrified Forest National Park est surtout célèbre pour ses reptiles et ses amphibiens du Trias supérieur. Dans les mares et les rivières de cette plaine d'inondation vivaient des phytosaures, prédateurs ressemblant à des crocodiles dont les narines s'ouvraient presque entre les yeux, des métoposaures, grands amphibiens qui atteignaient 1.8 mètre, et un requin d'eau douce d'environ 1 mètre. De nouvelles espèces s'ajoutent à cette liste depuis un siècle. Le paysage rouge, aride et désertique que vous avez devant vous était alors un monde grouillant de vie...

Pintado Point

Pintado Point est un petit belvédère qui permet de comprendre un peu mieux la géologie de la région. Il y a 4 à 8 millions d'années, du Miocène supérieur au début du Pliocène, un vaste système de lacs éphémères couvrait une grande partie du Nord-Est de l'Arizona. Rivières et lacs y déposaient limon, argile et sable, qui forment la base de ce que l'on appelle aujourd'hui Bidahochi Formation. Tout autour, des volcans crachaient cendres et laves, certains tout proches, d'autres aussi lointains que le champ volcanique du Sud-Ouest du Nevada. Beaucoup ce ces volcans provoquaient des éruptions phréatomagmatiques : quand le magma rencontrait une nappe phréatique ou un lac, l'éruption devenait explosive.

Quelques millions d'années d'érosion ont presque effacé Bidahochi Formation à l'intérieur du parc. Il reste des cônes de scories et des maars, ces cratères à fond plat, à peu près circulaires, nés d'une explosion. Le conduit de l'un d'eux affleure sur le rebord du Painted Desert, près de Pintado Point. Regardez vers le Nord-Ouest : Hopi Buttes, visibles depuis les points de vue du Nord, couvrent environ 2.500 km². Leurs quelque 300 évents, semés comme par une volée de plomb, forment l'une des plus grandes concentrations de maars du monde. Les coulées de lave résistantes, comme Pilot Rock ou Hopi Buttes, protègent de l'érosion les dépôts tendres du lac qui reposent dessous.
Tournez-vous ensuite vers l'Ouest : par temps clair, on distingue San Francisco Peaks, à plusieurs dizaines de miles de là. Ce sont les plus hauts sommets d'Arizona, des volcans en activité il y a moins d'un million d'années.

Les Espagnols ont compté parmi les tout premiers Européens installés dans le Sud-Ouest américain. Les premières explorations espagnoles, dès le 16ème siècle, cherchaient surtout des routes entre les colonies du Rio Grande et la côte du Pacifique. Au bord de cette mer de badlands et de mesas colorés, un explorateur espagnol, Coronado, aurait baptisé la région El Desierto Pintado, le désert peint, en 1540.
Nizhoni Point

Nizhoni Point, dont le nom signifie beau en Navajo, constitue le premier d'une série de 3 points de vue qui s'enchainent sur moins de 1 kilomètre, le long de la Petrified Forest Road. Faisant face au Nord, vous pourrez clairement distinguer les badlands rouges surmontés d'une couche de basalte noir, et la frontière entre les deux se lit d'un coup d'œil, nette comme un trait de crayon.
Cette frontière a un nom : une discordance. Entre le rouge et le noir, des couches de roche manquent, soit que le dépôt se soit interrompu, soit que l'érosion les ait arrachées. C'est un peu un livre dont des pages ont disparu : on voit qu'il manque quelque chose, mais on ne saura jamais ce qui y était écrit. Les roches rouges de Chinle Formation se sont déposées il y a plus de 200 millions d'années. Le basalte de Bidahochi Formation date de moins de 20 millions d'années. Entre les deux, il manque donc près de 200 millions d'années de géologie.
Whipple Point

Whipple Point suit Nizhoni Point. Ici, le regard porte vers Pintado Point et Pilot Rock, tous deux coiffés du basalte noir de Bidahochi Formation au-dessus des strates rouges de Chinle Formation.
Le nom du point rappelle le lieutenant de l'armée américaine Amiel Whipple. En 1853, il dirigea une expédition du gouvernement chargée de reconnaître le premier tracé de chemin de fer transcontinental vers le Pacifique, le long du 35ème parallèle, non loin d'ici. Le paysage de Painted Desert l'impressionna. Un membre de l'expédition, Balduin Möllhausen, topographe, dessinateur, artiste et naturaliste, a livré le premier récit publié sur le bois pétrifié trouvé dans la région.

Whipple a aussi donné le nom à la rivière saisonnière bordée de bois pétrifié, Lithodendron Wash, un wash souvent sec qui traverse le secteur Nord de Painted Desert et le divise en deux.
Lacey Point

Lacey Point est le dernier arrêt de la série. Son nom honore John Fletcher Lacey, représentant de l'Iowa, qui a joué un rôle décisif dans la création de Petrified Forest National Monument, avant que celui-ci ne soit élevé au rang de National Park.
Lacey est surtout connu pour le Lacey Act de 1900, qui protège la faune et la flore par un large éventail de sanctions civiles et pénales. Il fut aussi un défenseur des parcs nationaux et de l'Antiquities Act. Président du House Committee on Public Lands, il a présenté le texte final de cette loi, signée par Theodore Roosevelt le 8 juin 1906. Elle permet au président de proclamer comme monument national un site d'intérêt scientifique, et Petrified Forest en est devenu un le 8 décembre de la même année.

Entre 1857 et 1860, Edward F. Beale, explorateur, est engagé par le gouvernement américain pour reconnaître et construire une route suivant le tracé de Whipple, le long du 35ème parallèle. Dans le cadre d'une expérience de transport en milieu désertique, il utilisa alors des chameaux comme bêtes de somme. Convaincu de leur valeur, il ne parvint pas à convaincre le gouvernement d'investir, d'autant que la guerre de Sécession commençait. Certains animaux furent relâchés dans le désert, où ils alimentèrent des légendes pendant des années. D'autres furent vendus aux enchères pour porter le courrier en Californie, et un dernier groupe resta dans le ranch de Beale. Beale's Wagon Road est encore visible par endroits dans le Sud-Ouest. Le tronçon qui traverse Petrified Forest NP, un sillon creusé par les sabots de milliers d'animaux et les roues cerclées de fer de nombreux chariots, est inscrit au National Register of Historic Places depuis 1977.

Route 66

Lors de son long périple à travers les continent nord-américain, la Route 66 traversait la partie Est de l'Arizona ici, au Sud de Painted Desert. Hérité de la National Old Trails Highway, son tracé passait alors au Nord de Petrified Forest National Monument, établi en 1906. Les extensions du monument des années 1930 ont intégré Painted Desert et la Route 66 dans le périmètre.
Entre les localités de Chambers et de Holbrook, le tracé historique de la Route 66 traversait les étendues géologiques de Petrified Forest National Park et de Painted Desert. Sur cette section d'environ 50 miles, l'emprise de la Mother Road a presque intégralement disparu au profit de l'Interstate 40, achevée dans ce secteur au cours des années 60. Le bitume original, lorsqu'il n'a pas été physiquement retiré par les services de voirie, s'est dégradé sous l'action de l'érosion et de la progression de la végétation, finissant par s'ensevelir sous le sable et les sédiments argileux. Le passage de l'ancienne chaussée n'est désormais perceptible que par l'alignement de vieux poteaux télégraphiques et électriques en bois, qui servaient de points de repère structurels le long de la plateforme routière au milieu du siècle.

Afin de marquer l'emplacement exact où passait la Route 66, un monument commémoratif, Route 66 Monument, a été érigé le long de Petrified Forest Road, entre Lacey Point et l'Interstate 40. Ce site d'interprétation présente des éléments emblématiques de l'ère automobile du 20ème siècle, notamment une calandre de véhicule des années 1950 fixée sur un socle et la carcasse métallique d'une Studebaker de 1932.

La présence de cette berline d'avant-guerre, dont la structure en acier de 4.5 mètres de long est aujourd'hui oxydée, illustre la transition technique entre les premières pistes de terre et les routes revêtues qui ont favorisé l'essor touristique de l'Arizona. Un panneau explicatif détaille l'évolution du tracé et l'impact socio-économique de la route sur les communautés locales avant son déclassement.

À proximité de Tiponi Point, Pinta Road part en direction du Nord-Est, constituant l'un des rares segments physiques subsistants de la Route 66 dans cette zone protégée. Cette piste de terre, dont l'accès motorisé est strictement réglementé et interdit au public sans autorisation, correspond à l'alignement qui desservait autrefois Painted Desert Trading Post. Bien que la circulation y soit proscrite pour préserver l'intégrité du site archéologique et naturel, elle demeure un témoin du réseau secondaire qui maillait le désert avant la standardisation autoroutière.
Juste après cet hommage rendu à la Route 66, la Petrified Forest Road enjamble l'Interstate 40 pour rejoindre la section Sud de Petrified Forest NP et ses innombrables secteurs couverts de fragments de bois pétrifié.
Photos
Hébergements
Hôtels
Hôtels situés à Holbrook sur :
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Campings
Le parc ne dispose pas de camping.
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Météo
Altitude moyenne : 1660 mètres
| Donnée | Année | Janv. | Fév. | Mars | Avr. | Mai | Juin | Juil. | Août | Sept. | Oct. | Nov. | Déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température moyenne (°C) | 13 | 1 | 4 | 7 | 12 | 16 | 22 | 25 | 23 | 20 | 14 | 7 | 2 |
| Nombre de jours avec T° max > 32°C | 61 | 0 | 0 | 0 | 0 | 2 | 16 | 23 | 16 | 4 | 0 | 0 | 0 |
| Nombre de jours avec T° min < 0°C | 137 | 28 | 24 | 21 | 10 | 2 | 0 | 0 | 0 | 0 | 4 | 21 | 28 |
| Nombre de jours avec pluie | 59 | 5 | 4 | 5 | 3 | 3 | 2 | 8 | 9 | 6 | 5 | 4 | 4 |
Cartes
Carte interactive de Petrified Forest National Park & Painted Desert
Carte Petrified Forest National Park & Painted Desert
Liens
National Park Service - Petrified Forest National Park
Aux alentours
La visite de Petrified Forest NP & Painted Desert est une étape incontournable si vous faîtes un road trip sur la Route 66 en Arizona. Quelques miles à l'Est du parc, le long de l'ancien tracé de la Mother Road, on peut notamment découvrir Painted Desert Trading Post. Côté Ouest, on retrouve deux trading posts encore en activité : Painted Desert Indian Center et Stewart's Petrified Wood Shop.
Dans un rayon un peu plus large autour du parc, se trouve :
- au Nord, Canyon de Chelly National Monument,
- à l'Ouest, Meteor Crater.
Rédigé par Dominique Chouvet, Fred
Mis à jour le




