Wormsloe State Historic Site
Situé à une dizaine de milesau Sud de Savannah, sur Isle of Hope, Wormsloe State Historic Site constitue une étape marquante pour quiconque souhaite explorer les racines coloniales de la Géorgie au-delà des simples livres d'histoire. Ce domaine vous offre une immersion privilégiée dans un environnement naturel préservé, typique du Lowcountry, où les marais salants côtoient une forêt maritime dense. Bien plus qu'une simple promenade, c'est une porte d'entrée essentielle pour comprendre l'implantation des premiers colons sur cette côte sauvage, le tout dans un cadre paysager d'une beauté brute et particulièrement soignée.
Le site correspond à une ancienne plantation, et sa visite permet de comprendre comment ce lieu a traversé les périodes coloniale puis américaine, entre vie quotidienne, agriculture et organisation sociale de l'époque. C'est aussi un endroit chargé d'histoire au sens très concret, parce que le parcours met en perspective plusieurs siècles d'occupation du même domaine, avec des traces et des récits qui donnent du relief à ce que vous voyez sur place.
Mais Wormsloe est surtout connu du grand public pour son image la plus iconique : une longue et magnifique allée de chênes qui donne immédiatement le ton dès l'arrivée. Si vous cherchez une visite facile à intégrer à un séjour à Savannah, c'est un endroit où vous pouvez à la fois profiter d'un décor spectaculaire et replacer ce paysage dans le contexte d'une ancienne plantation.

Histoire
Bien avant l'arrivée des Européens, l'Isle of Hope a été habitée pendant des millénaires par les Amérindiens, comme en témoignent les nombreux dépôts de coquilles d'huîtres et les outils datant de l'ère paléoindienne (jusqu'à 13000 av. J.-C.) retrouvés sur place. À proximité de Savannah, les Bilbo Mounds (tumulus de terre) prouvent une présence humaine organisée dès 3500 av. J.-C. Au 16e siècle, lorsque les premiers missionnaires espagnols explorent la région, l'île est occupée par diverses communautés, dont les Guale et les Yamacraw. Si les Espagnols tentent une brève colonisation en 1526 et établissent des missions en Floride, ils ne s'installent pas durablement près de Wormsloe, laissant la zone sous l'influence des tribus locales jusqu'à l'arrivée des Anglais.
La fondation de la Géorgie et l'arrivée de Noble Jones
L'histoire moderne de Wormsloe débute véritablement avec la fondation de la colonie de Géorgie. En 1733, James Oglethorpe et les premiers colons anglais débarquent à Savannah pour créer une zone tampon entre la Caroline du Sud britannique et la Floride espagnole. Parmi eux se trouve Noble Jones, médecin et charpentier, qui devient rapidement un officiel clé de la colonie. En 1736, il loue 500 acres (environ 200 hectares) sur Isle of Hope et commence la construction d'une maison fortifiée en tabby (un mélange de chaux, d'eau, de sable et de coquilles d'huîtres). Ce fort, achevé en 1745, servait de poste de défense stratégique contre les incursions espagnoles, notamment durant la guerre de l'Oreille de Jenkins (1739-1748), à laquelle Jones participa activement. Il nomme sa propriété "Wormslow", probablement en souvenir d'un lieu proche de ses origines familiales à la frontière du Pays de Galles.
L'ère de la plantation et l'esclavage
Au départ, la charte de la colonie de Géorgie interdisait officiellement l'esclavage, mais, très vite, de nombreux colons font pression pour faire lever cette interdiction, en affirmant qu'il leur serait impossible de faire prospérer leurs terres sans main-d'œuvre asservie. Dans cette période "entre-deux", l'exploitation de Wormsloe repose déjà sur un système de contournement : des propriétaires de Caroline du Sud louent des personnes réduites en esclavage à des colons géorgiens, ce qui permet de mener des travaux lourds tout en restant, techniquement, dans les limites de la loi locale. À Wormsloe, cette main-d'œuvre louée est utilisée notamment pour construire la maison fortifiée de Noble Jones, mais aussi pour transformer un terrain largement boisé en domaine exploitable : défrichement, mises en culture, entretien et récoltes, et même creusement d'un réseau complexe de fossés de drainage, dont une partie existe encore sur la propriété et aide à comprendre comment on "façonnait" ces paysages côtiers au 18ème siècle.
En 1749, lorsque l'interdiction est finalement levée, la situation bascule : Noble Jones achète alors des personnes réduites en esclavage, et le fonctionnement de la plantation s'inscrit durablement dans l'économie esclavagiste qui marque tout le Sud. À partir de là, Wormsloe se développe sur le long terme grâce au travail forcé, au point que, sur plusieurs générations et jusqu'à la Guerre de Sécession, le domaine fait travailler plus de 1500 personnes asservies au fil des décennies. Dans le même temps, l'exploitation cherche sa voie : les premières tentatives autour des arbres fruitiers, du mûrier (lié aux projets de production de soie encouragés par les autorités) et de l'indigo ne donnent pas les résultats espérés. Jones fait venir du bétail depuis la Caroline du Sud pour diversifier les activités. Le fait que ces essais soient mitigés n'empêche pas le domaine de s'étendre, car Noble Jones acquiert de nombreuses terres et occupe des fonctions importantes dans la colonie (arpenteur, juge, officier de milice, législateur), ce qui consolide l'assise foncière et politique de la famille, même si Wormsloe n'est pas, en soi, une exploitation "facilement rentable".
Au 19ème siècle, le domaine s'oriente davantage vers le coton, avec une organisation plus "industrielle" sous George Jones, le fils de Noble, qui fait construire une nouvelle maison en 1828 et s'appuie sur des innovations comme l'introduction de machines à vapeur dans le processus de production. Cette période correspond aussi à l'accumulation de la richesse familiale : l'inventaire de sa succession mentionne une valeur élevée, associée à de vastes terres et à des dizaines de personnes asservies, ce qui illustre la violence économique du système. Au milieu du siècle, lorsque George Frederick Tilghman Jones (fils de George, qui adoptera ensuite le nom De Renne) prend une part active dans l'aménagement de Wormsloe, l'organisation matérielle de la vie sur la plantation devient plus visible et plus structurée : huit cabanes d'esclaves sont construites et disposées en double rangée, avec la maison d'un contremaître à une extrémité, formant un "village" placé entre les espaces de travail et les zones plus sauvages du domaine. Chaque cabane est associée à une petite clôture, un jardin "de cuisine" et quelques poules, et le rythme de vie est épuisant et très contrôlé : travail dans les champs de coton et les bâtiments agricoles la majeure partie de la journée, puis, quand cela reste possible, chasse, pêche et entretien de petits jardins le soir et le dimanche.
Guerre de Sécession et renouveau
Durant la Guerre de Sécession (1861-1865), la famille De Renne fuit les combats et la propriété fut fortifiée par les Confédérés avant d'être confisquée par l'Union. Après la guerre, la famille récupéra le domaine. Les anciens esclaves, désormais libres, continuèrent souvent à y vivre comme métayers. À la fin du 19ème siècle, la plantation se transforma : une laiterie commerciale fut créée et les jardins furent aménagés dans un style anglais pour attirer les touristes. C'est à cette époque, en 1893, que Wymberley Jones De Renne, fils de George Frederick Tilghman Jones, fit planter la célèbre allée de plus de 400 chênes de Virginie qui accueille aujourd'hui les visiteurs.

Au 20ème siècle, malgré les difficultés économiques de la Grande Dépression, la famille réussit à conserver le domaine. Elfrida De Renne Barrow, fille de Wymberley Jones De Renne, créa la Fondation Wormsloe pour préserver l'héritage historique du site. En 1973, la majeure partie de la propriété fut transférée à l'État de Géorgie et ouverte au public en tant que site historique d'État. Un fait unique demeure : les descendants directs de Noble Jones conservent toujours la propriété de la maison familiale et d'environ 20 hectares de terrain privé au cœur du site. Ils y résident encore aujourd'hui, perpétuant une occupation familiale ininterrompue depuis près de trois siècles.
Situation
Wormsloe State Historic Site occupe la partie Sud de Isle of Hope, une île (ou presqu'île, selon le niveau des marées) typique de la plaine côtière de Géorgie, située à une dizaine de miles au Sud de Savannah. Voir le plan de situation de Wormsloe State Historic Site.
Ce bout de terre est littéralement encerclé par un environnement aquatique complexe, bordé à l'Est par Skidaway River et au Sud-Ouest par Moon River. Le site est donc totalement immergé dans un paysage de marais salants, offrant une atmosphère maritime très marquée alors même que vous n'êtes qu'à une courte distance de la ville.
L'accès au parc est simple depuis le centre-ville de Savannah. Situé à seulement une quinzaine de minutes de route, le site se rejoint via Skidaway Road qui relie directement l'île à la ville. L'adresse exacte est le 7601 Skidaway Road à Savannah. Une fois arrivé, vous trouverez sans difficulté un grand parking aménagé situé le long de Skidaway Road.
Le point de départ de la visite est le Visitor Center moderne (construit en 2024) et bien équipé. Vous y trouverez toutes les informations nécessaires pour organiser votre découverte des lieux, ainsi que des toilettes et une boutique de souvenirs proposant livres et objets liés à l'histoire locale.

Wormsloe State Historic Site, géré par Georgia Department of Natural Resources, est ouvert tous les jours, de 9h à 16h45. Côté tarifs, comptez 12$ pour un adulte, 5.75$ pour les jeunes de 6 à 17 ans et 3.25$ pour les enfants de moins de 6 ans.
La découverte du parc s'effectue à pied. Cependant, l'une des attractions principales, la majestueuse Live Oak Avenue, s'étire sur plus de 2 kilomètres avant d'atteindre le cœur historique du domaine, où se trouve notamment le musée. Pour parcourir cette allée, le parc met à disposition une navette gratuite qui effectue des rotations (toutes les demi-heures) entre le Visitor Center et le musée. C'est une option flexible très pratique : vous pouvez choisir de faire l'aller-retour en navette ou, au contraire, en marchant pour profiter de l'allée sous tous les angles, ou, bien évidement, de combiner les deux (aller à pied et retour en navette, par exemple).
Temps de visite
Pour profiter pleinement de Wormsloe State Historic Site sans avoir l'impression de courir, il est conseillé de moduler la durée de votre visite en fonction de votre intérêt pour la marche et l'histoire. Une visite standard d'environ 2 heures est généralement suffisante pour découvrir l'essentiel. Ce laps de temps vous permet de parcourir la célèbre allée de chênes (à parcourir à pied, au moins dans un sens), de visiter le petit musée situé au coœur du domaine.
Si vous êtes amateur de nature ou de randonnée légère, prévoyez plutôt 3 heures sur place. Ce temps supplémentaire vous donnera l'occasion d'emprunter Wormsloe Historic Site Trail, un sentier facile qui s'enfonce davantage dans la forêt maritime et permet de découvrir les vestiges du fort en tabby et de jeter un coup d'œil aux reconstitutions de la vie des colons. C'est aussi une excellente façon de s'imprégner de l'ambiance paisible du Lowcountry, d'observer la faune locale et d'apprécier la diversité des paysages.
À voir, à faire
Visualisez l'ensemble des points d'intérêt présentés ci-dessous sur cette carte.
Live Oak Avenue
(1.3 mile (2 km) (aller) | 45 minutes | Facile)
Véritable emblème de Wormsloe State Historic Site, Live Oak Avenue est sans conteste l'image la plus diffusée du parc et l'une des allées les plus photogéniques de tout le Sud-Est américain. Dès le premier regard, cette longue percée rectiligne captive par sa majesté : plus de 400 chênes de Virginie (Live Oaks), plantés à intervalles réguliers, forment une voûte naturelle impressionnante qui filtre la lumière du Soleil. Leurs branches tortueuses, lourdement drapées de mousse espagnole qui ondoie au moindre souffle de vent, créent une atmosphère à la fois feutrée et spectaculaire, typique du charme gothique du Sud.

Cette allée, qui s'étire du Nord au Sud, se trouve à 200 mètres à l'Ouest du Visitor Center. Plusieurs options s'offrent à vous pour la rejoindre et la contempler.
- Emprunter une navette gratuite qui part du Visitor Center et qui rejoint Wormsloe Historic Site Museum en empruntant Live Oak Avenue sur toute sa longueur. Notez que la navette n'effectue aucun arrêt sur le trajet, et que ce n'est donc pas le meilleur moyen de profiter du spectacle.
- Ppour en profiter pleinement de Live Oak Avenue, il est impératif de la parcourir à pied, au moins sur un trajet (aller ou retour). C'est en marchant sur le long chemin de terre bordé de ses magnifiques arbres que vous prendrez vraiment la mesure de ce "tunnel de verdure" et que vous pourrez réaliser vos plus beaux clichés.
- Si la marche n'est pas votre fort mais que vous souhaitez quand-même profiter un peu de la perspective sur cette longue ligne droite de verdure, vous pouvez rejoindre l'extrémité Nord de l'allée à pied au départ du Visitor Center (un peu moins de 300 mètres à parcourir). De même, si vous empruntez la navette pour rejoindre le musée, vous n'aurez qu'à marcher une cetnaine de mètres depuis le point de dépôt pour retrouver Live Oak Avenue et admirer la vue depuis son extrémité Sud.

Notez qu'auparavant, il était possible d'emprunter cette allée mythique avec son propre véhicule, mais pour des raisons de préservation et de tranquillité, l'accès aux voitures individuelles est désormais interdit, et c'est tant mieux pour la qualité de la visite.

Live Oak Avenue se distingue par sa rigueur géométrique absolue : une ligne droite parfaite qui semble ne jamais vouloir finir, s'étirant sur 2 kilomètres. Ce tracé rectiligne crée une perspective fuyante vertigineuse, attirant irrésistiblement le regard vers l'horizon. C'est cette symétrie implacable, encadrée par la nature exubérante, qui donne au lieu sa force visuelle unique.

Comme suggéré, pour saisir toute la magie de l'endroit, il est impératif de prendre le temps de parcourir Live Oak Avenue à pied. C'est en marchant que vous pourrez apprécier le détail de chaque arbre : des troncs massifs, rugueux et sombres, ancrés dans le sol depuis plus d'un siècle, qui témoignent de la résilience de cette essence face aux tempêtes côtières. Leurs écorces crevassées racontent une histoire silencieuse, et le calme n'est rompu que par le chant des oiseaux ou le bruissement des feuilles, offrant une parenthèse de sérénité totale à quelques kilomètres de la ville.

Contrairement à ce que leur taille imposante pourrait laisser croire, ces arbres ne datent pas de la fondation coloniale du site. Ils ont été plantés au début des années 1890 (vers 1893) par Wymberley Jones De Renne, arrière-etit-fils de Noble Jones, qui souhaitait redonner du lustre à la propriété familiale et aussi célébrer la naissance de son fils Wymberley Wormsloe. L'allée s'étire sur une longueur exceptionnelle de 2 kilomètres, ce qui en fait la plus longue de ce type au monde.
Au-dessus de vos têtes, le spectacle est tout aussi saisissant. Les énormes branches charpentières s'élancent horizontalement avec une vigueur incroyable, se rejoignant souvent au centre de l'allée pour former une véritable voûte, une canopée dense qui filtre les rayons du Soleil en un jeu d'ombres et de lumières mouvant. Cette architecture naturelle crée un tunnel de fraîcheur, particulièrement appréciable lors des chaudes journées géorgiennes, et donne l'impression d'être infiniment petit sous cette cathédrale de bois vivant.

L'omniprésence de mousse espagnole (Spanish moss) ajoute la touche finale à ce tableau des plus romantiques. Drapant généreusement chaque branche, ces guirlandes grisâtres pendent parfois jusqu'à quelques mètres du sol, ondulant au gré de la brise marine. Elles confèrent à l'ensemble une atmosphère mystérieuse, presque irréelle, qui fait le bonheur des photographes amateurs et professionnels. Que ce soit pour une photo posée au centre de l'allée ou pour capturer les textures des chênes en gros plan, chaque angle offre une composition naturelle d'une beauté à couper le souffle.

À l'extrémité Nord de l'allée, au bord de Skidaway Road, se dresse l'imposante Historic Entrance Gate. Ce portail historique est la plupart du temps fermé et vous ne pourrez donc pas le franchir depuis l'intérieur du parc pour admirer sa façade et saisir la vue iconique qu'il offre sur Live Oak Avenue. De plus, il est interdit de se garer devant pour ne serait-ce que prendre une photo.

Pour comtempler ce magnifique élément d'architecture avec l'llée en toile de fond, il vous faudra, depuis le Visitor Center, remonter à pied Skidaway Road sur environ 300 mètres. C'est un petit détour indispensable si vous souhaitez capturer la façade monumentale du site telle qu'elle accueillait les invités au début du 20ème siècle.
Ce magnifique portail ne sert pas uniquement de décor : il agit comme un véritable cadre de tableau qui met en scène la perspective infinie des chênes. Son architecture classique et massive contraste avec la luxuriance végétale environnante.

Si vous observez attentivement la structure, vous remarquerez deux dates gravées dans la pierre, qui résument à elles seules la portée symbolique du lieu. La première, 1733, commémore l'arrivée de Noble Jones en Géorgie aux côtés de James Oglethorpe, marquant la fondation de la lignée. La seconde, 1913, correspond à l'année d'érection de cette arche. Elle fut commandée par Wymberley Jones De Renne pour célébrer la majorité de son fils, Wymberley Wormsloe.

Lors de votre déambulation sur Live Oak Avenue, vous remarquerez probablement un autre portail, situé dans la section Sud, côté Est de l'allée. Il marque l'entrée du domaine privé. C'est une particularité unique de Wormsloe : le site n'est pas seulement un musée à ciel ouvert, c'est aussi, encore aujourd'hui, une résidence familiale. Derrière les arbres, bien à l'abri des regards, se dresse la maison de plantation (construite au 19ème siècle), où vivent toujours les descendants directs de Noble Jones. Cette continuité familiale ininterrompue depuis près de 300 ans est rarissime aux États-Unis.

Au terme des 2 kilomètres de marche (ou de navette), l'allée débouche sur le cœur historique du parc, où se trouvent Wormsloe Historic Site Museum et plusieurs sentiers de balade, permettant notamment de découvrir Tabby Ruins et Colonial Life Area.

Wormsloe Historic Site Museum

Situé au cœur du parc, à l'extrémité Sud de Live Oak Avenue, Wormsloe Historic Site Museum constitue une halte courte mais indispensable pour comprendre ce que vous voyez. Ne vous attendez pas à un immense complexe muséal : c'est un espace à taille humaine, conçu pour donner des clés de lecture historiques avant d'explorer les vestiges extérieurs.

L'exposition permanente met en lumière l'histoire coloniale de la Géorgie à travers le prisme de la famille Jones. Vous y découvrirez une collection d'objets archéologiques retrouvés sur le site même lors des fouilles : fragments de poteries, outils, boucles, boutons d'uniformes ou encore vaisselle d'époque. Ces artefacts, bien que modestes en apparence, racontent concrètement la vie quotidienne, le commerce et les échanges culturels entre colons, soldats et populations amérindiennes au 18ème siècle.

Le musée propose également un film d'une quinzaine de minutes. Prenez le temps de le regarder : il résume efficacement la fondation de la colonie par Oglethorpe, le rôle de Noble Jones en tant que défenseur militaire face aux Espagnols, et l'évolution de la plantation. C'est une excellente introduction visuelle qui permet de mieux imaginer à quoi ressemblait la vie dans ce milieu hostile et marécageux il y a trois siècles, bien loin de la promenade bucolique d'aujourd'hui.

Wormsloe Historic Site Trail
(1 mile (1.6 km) (boucle) | 45 minutes | Facile)
Wormsloe Historic Site Trail est une courte et jolie boucle qui relie les principaux points d'intérêt historique du parc, et offre également plusieurs points de vue sur les marais entourant l'île.
Le départ du trail se fait aux abords musée. Le sentier se dirige vers le Sud et progresse dans une forêt maritime épaisse, typique de la côte géorgienne.

En quelques minutes, on atteint les célèbres Tabby Ruins, l'un des points forts de la visite. Ces ruines sont les restes d'un établissement colonial construit pour surveiller et sécuriser cette portion stratégique de la côte, une maison fortifiée construite par Noble Jones, l'un des premiers colons arrivés en Géorgie en 1733 avec James Oglethorpe, et qui établit son domaine sur Isle of Hope.

L'édifice est généralement présenté comme achevé en 1745, après des années de travaux dans un contexte de tensions régionales. Sur place, on distingue les lignes au sol et des portions de murs encore debouts qui permettent de "lire" l'organisation de la construction, même si la maison a disparu depuis longtemps.
Ce qui rend ces ruines si particulières, c'est le matériau utilisé : le tabby. Il s'agit d'un type de béton ancien fabriqué en brûlant des coquilles d'huîtres pour produire de la chaux, puis en mélangeant cette chaux avec de l'eau, du sable, des cendres et d'autres fragments de coquilles. La fabrication du tabby était un processus exigeant, historiquement lié à un travail très pénible, notamment pour concasser et cuire les coquilles afin d'obtenir la chaux.

Sur la côte de Géorgie et de Caroline du Sud, ce procédé a été largement utilisé à l'époque coloniale, notamment parce que les ressources locales étaient abondantes et que les matériaux "classiques" comme la brique n'étaient pas toujours faciles à produire localement. En observant les ruines de près, vous remarquerez la texture très caractéristique du tabby, avec les coquilles visibles dans la masse.
Même en ruines, l'ensemble conserve une logique militaire très claire. Des études archéologiques décrivent une maison fortifiée organisée autour d'un plan compact, et l'on évoque aussi un mur d'enceinte d'environ 2.4 mètres de haut et des éléments défensifs comme des bastions, typiques des inquiétudes coloniales de l'époque.

Une petite boucle au départ des ruines vous permet ensuite de rejoindre Wormsloe Burial Ground. L'élément le plus marquant n'est pas une rangée de pierres tombales comme dans un cimetière classique, mais une imposante stèle commémorative posée pour signaler et préserver la mémoire d'un ancien lieu d'inhumation.

La stèle a été installée en 1875 par George Frederick Tilghman Jones, petit-fils de Noble Jones, afin de marquer l'ancien lieu de sépulture de Wormsloe et d'éviter que les tombes ne tombent dans l'oubli. Plusieurs membres de la famille sont enterrés dans ce lieu, et Noble Jones, mort en 1775, a d'abord été enterré ici avant que ses restes ne soient déplacés à Savannah.

Après être revenu à Tabby Ruins, suivez le sentier qui se dirige vers l'Ouest et longe les marais, que l'on découvre au gré de trouées régulières dans la dense végétation de la forêt, laissant apparaître les herbes hautes du marais et les chenaux qui se remplissent et se vident au rythme des marées.

On atteint rapidement une plateforme d'observation qui permet d'avoir une vue plus dégagée, sans être bloqué par la végétation. C'est un bon endroit pour s'arrêter et prendre le temps de repérer la faune la plus visible, en particulier les oiseaux, qui profitent de ce milieu nourricier.

Un peu plus loin, après avoir traversé un petit pont en bois, vous arrivez dans une zone plus ouverte, consacrée à la reconstitution de la vie coloniale sur la côte géorgienne. Cette partie du parcours, appelée Colonial Life Area, fonctionne comme un prolongement concret du musée.

L'élément central est une maison en wattle-and-daub, c'est-à-dire une construction en clayonnage et torchis, technique répandue dans les premiers temps de la colonie. L'intérêt est de visualiser des volumes et des matériaux légers, très différents de la solidité du tabby, et d'imaginer ce que pouvait être un habitat "de nécessité" dans un environnement humide et boisé. Selon les programmes et les périodes, cette zone peut aussi servir de décor à des démonstrations et à des animations liées aux savoir-faire coloniaux.

Cette petite maison est ouverte à la visite et mérite que l'on s'y attarde. En pénétrant dans la pièce principale du rez-de-chaussée, vous découvrirez un espace de vie rustique dominé par une cheminée, élément central pour la cuisine et le chauffage. L'intérieur brut permet d'observer de près la technique de construction, où le mélange de boue et de fibres végétales remplit une structure en bois tressé, illustrant parfaitement la débrouillardise des premiers colons face aux ressources locales limitées.

Une petite échelle en bois, assez raide, invite les plus curieux à grimper vers l'étage supérieur. Juste sous les toits, cet espace exigu servait de chambre à coucher, offrant un peu d'intimité et de chaleur loin du sol humide. En vous tenant dans cette pièce mansardée, vous réaliserez concrètement la promiscuité et la simplicité extrême des conditions de logement de l'époque.

Vous trouverez également un espace lié à la forge, qui sert à illustrer les outils et techniques indispensables à la vie quotidienne au 18ème siècle. Là encore, le but n'est pas seulement de "montrer un atelier", mais de rappeler qu'une implantation coloniale repose sur la capacité à réparer, fabriquer, entretenir et s'adapter, surtout loin des grands centres.

Cette zone de reconstitution aide aussi à comprendre l'organisation spatiale d'un domaine colonial : les lieux de vie et de travail se répartissent entre clairières, lisières forestières et proximité des ressources, notamment les marais et leurs voies d'eau. Prenez le temps de faire le tour tranquillement, car c'est une portion où l'on apprend en se déplaçant, en comparant les structures, et en s'arrêtant sur les détails.

Après cette immersion, le retour vers le Visitor Center se fait par un chemin plus forestier, qui referme progressivement les perspectives. Vous marchez à nouveau dans une forêt maritime dense, dominée par un mélange d'essences côtières, avec une ambiance très différente de l'ouverture du marais.

Photos
Hébergements
Hôtels
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Campings
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Météo
Altitude moyenne : 4 mètres
| Donnée | Année | Janv. | Fév. | Mars | Avr. | Mai | Juin | Juil. | Août | Sept. | Oct. | Nov. | Déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température moyenne (°C) | 20 | 10 | 13 | 16 | 19 | 24 | 27 | 28 | 28 | 25 | 21 | 15 | 12 |
| Nombre de jours avec T° max > 32°C | 82 | 0 | 0 | 0 | 1 | 7 | 17 | 25 | 21 | 10 | 1 | 0 | 0 |
| Nombre de jours avec T° min < 0°C | 22 | 9 | 4 | 1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 2 | 6 |
| Nombre de jours avec pluie | 106 | 8 | 8 | 8 | 7 | 8 | 12 | 13 | 13 | 9 | 6 | 7 | 9 |
Cartes
Carte interactive de Wormsloe State Historic Site
Carte de Wormsloe State Historic Site
Liens
Georgia State Parks & Historic Sites - Wormsloe State Historic Site
Aux alentours
Wormsloe State Historic Site est à proximité immédiate de Savannah, la ville historique incontournable de la Géorgie. Vous pouvez y flâner le long de ses magnifiques rues ombragées, explorer les nombreux squares ombragés de chênes et admirer l'architecture antebellum parfaitement préservée.
À l'Est, en direction de l'océan Atlantique, deux sites majeurs méritent le détour. Fort Pulaski National Monument, situé sur Cockspur Island, est une étape saisissante, non seulement pour son architecture militaire massive en brique, mais surtout pour les traces bien visibles de l'histoire qu'il porte encore dans ses murs. Lors de la Guerre de Sécession, les canons rayés de l'Union ont littéralement transpercé ses murailles réputées indestructibles, laissant des impacts béants que l'on peut observer de près aujourd'hui.
Poursuivez ensuite votre route jusqu'à Tybee Island, la "plage de Savannah". Avec son phare emblématique, ses plages de sable fin et son ambiance décontractée, c'est l'endroit parfait pour conclure la journée par un bol d'air marin ou une baignade dans l'Atlantique.
Par dommm063
Mis à jour le 25 novembre 2025




