Par Dominique Chouvet, Cecilia - Mis à jour le
Monterey
La ville de Monterey est une excellente étape entre San Francisco et Los Angeles, si vous avez décidé de faire ce trajet en longeant la côte Pacifique. Avec environ 29.000 habitants, elle a beau être une petite ville, elle abrite, avec ses alentours, de nombreux points d'intérêt et de très belles vues sur l'océan.
Monterey occupe en effet une position privilégiée, en bordure directe de l'océan Pacifique, sur une péninsule rocheuse battue par les vents qui referme au Nord la grande baie de Monterey Bay. Toute la côte est protégée au sein de Monterey Bay National Marine Sanctuary, une réserve marine qui s'étend sur près de 16.000 km², de Rocky Point jusqu'à Cambria.
Cette richesse se voit à l'œil nu depuis la côte. Des loutres de mer flottent sur le dos, enroulées dans le kelp pour ne pas dériver, aussi bien à Lovers Point que devant Old Fisherman's Wharf. Des phoques et des otaries se prélassent sur les rochers ou sur les quais, et selon la saison, des baleines grises en hiver puis des baleines à bosse en été remontent parfois si près du rivage qu'on peut les apercevoir sans sortir en bateau.
Sur terre, deux arbres résument à eux seuls la végétation si particulière de la péninsule. Le cyprès de Monterey, sculpté par le vent en silhouettes tourmentées et aplaties comme celle du célèbre Lone Cypress, est devenu rarissime à l'état sauvage : il ne subsiste naturellement qu'à deux endroits au monde, Point Lobos et Cypress Point à Pebble Beach.

Histoire
Avant l'arrivée des Espagnols, le peuple Rumsien, l'une des nations Ohlone, vivait sur cette côte depuis des millénaires. En 1542, l'explorateur Juan Rodríguez Cabrillo longe la zone sans repérer la baie. Il faudra attendre 1602 pour que Sebastián Vizcaíno y entre réellement et la baptise en l'honneur du vice-roi de Nouvelle-Espagne. Mais l'histoire de Monterey commence vraiment le 3 juin 1770, quand Gaspar de Portolá et le père franciscain Junípero Serra y fondent le Presidio de Monterey ainsi que la deuxième mission de Haute-Californie, avec une soixantaine de colons espagnols. Une chapelle de terre et de boue marque alors la première présence européenne permanente sur ce site. La mission elle-même est déplacée à Carmel dès 1771, mais le Presidio reste. Sa chapelle est reconstruite en adobe en 1773, détruite par un incendie en 1789, puis rebâtie en pierre en 1795 : la Royal Presidio Chapel, dessinée par l'Académie de San Carlos de Mexico et élevée sous la direction du maître maçon Manuel Ruiz, avec une main-d'œuvre en grande partie amérindienne. Elle a survécu à une attaque de pirates en 1818 et reste aujourd'hui la seule chapelle de presidio encore debout à son emplacement d'origine en Californie.
Monterey devient capitale de la Californie dès le milieu des années 1770, et le restera sous les trois drapeaux qui se succèdent sur la côte : espagnol, mexicain, puis américain. Sous la période mexicaine, la ville se dote de la Custom House, considérée comme le plus ancien bâtiment gouvernemental encore debout en Californie. Le 7 juillet 1846, le commodore John Drake Sloat hisse le drapeau américain sur Monterey et prend possession de la Haute-Californie au nom des États-Unis. 3 ans plus tard, en 1849, la première constitution de Californie est rédigée à Colton Hall. Ll'État est officiellement créé en 1850. Le vieux centre historique, connu sous le nom de Path of History, permet aujourd'hui de retracer ces trois époques à travers ses bâtiments d'adobe.
Au tournant du 20ème siècle, c'est la pêche à la sardine qui fait la fortune de Monterey, en particulier le long de Cannery Row, où la Hovden Cannery ouvre en 1916. L'industrie s'effondre brutalement dans les années 1950 avec la disparition des bancs de sardines, un déclin que John Steinbeck a rendu célèbre. La dernière conserverie ferme en 1973, et le bâtiment de la Hovden Cannery finit racheté par Stanford University. C'est sur cet ancien site industriel qu'ouvre, le 20 octobre 1984, Monterey Bay Aquarium, financé au départ par la fondation Packard pour un coût de construction de 55 millions de dollars. Plus de 10 000 visiteurs se pressent dès le premier jour, et l'aquarium a depuis accueilli plus de 70 millions de visiteurs.
Cette histoire maritime tient beaucoup à la baie elle-même. Monterey Bay National Marine Sanctuary protège une zone océanique de près de 15.783 km², qui s'étend en moyenne jusqu'à 30 miles au large et longe 276 miles de côte, de Rocky Point jusqu'à Cambria. Certains fonds y atteignent près de 3886 mètres de profondeur. Sous la surface se cache Monterey Canyon, l'un des plus grands canyons sous-marins d'Amérique du Nord : environ 153 kilomètres de long depuis Moss Landing, des parois hautes d'1,6 kilomètre par endroits, et une profondeur qui rivalise avec celle du Grand Canyon. Il aurait été creusé par des courants de turbidité et serait le vestige d'un ancien fleuve qui drainait autrefois la Central Valley. Cette proximité avec un océan aussi profond explique aussi le brouillard matinal qui enveloppe régulièrement la péninsule de Monterey, avant de se dissiper en cours de journée.
Pour les amateurs de sport automobile, Laguna Seca, aujourd'hui WeatherTech Raceway, mérite qu'on s'y attarde. Le circuit ouvre en 1957 pour un coût de construction de 1.5 million de dollars, dans le comté de Monterey, près de Salinas. Il mesure aujourd'hui 3.6 kilomètres. Son virage le plus célèbre, le Corkscrew, aux virages numérotés 8 et 8A, fait chuter la piste de 18 mètres sur une pente atteignant 18% à son point le plus raide : c'est à la fois le point culminant du circuit et sa seule zone ombragée, très prisée du public lors des événements. Le circuit a accueilli au fil des décennies l'USRRC, le Can-Am, le Trans-Am, l'IMSA GT, le Champ Car, l'American Le Mans Series, le championnat du monde de Superbike, le MotoGP et le Rolex Monterey Motorsports Reunion. Il reste associé à l'un des dépassements les plus célèbres de l'histoire du CART, quand Alex Zanardi est passé par l'extérieur du Corkscrew pour doubler Bryan Herta en 1996. La piste a été entièrement refaite en 2023.
Situation
Monterey se situe 120 miles au Sud de San Francisco, sur la route CA1. Voir le plan de situation de Monterey.
Prévoir environ 2 heures pour faire le trajet Monterey-San Francisco. Si vous venez de Los Angeles, préférez rejoindre Monterey par la CA1, l'une des plus belles routes de Californie, plutôt que par les Interstates (même si vous mettrez plus de temps). Si vous comptez poursuivre au Sud vers Big Sur, sachez que des portions de la CA1 ferment régulièrement pour cause d'incendie ou d'éboulement selon les saisons : mieux vaut vérifier l'état de la route en temps réel avant de partir.
Côté stationnement, la ville gère une trentaine de parkings représentant environ 3.500 places hors voirie, avec des tarifs qui varient beaucoup selon le quartier et l'heure. Pour qui préfère éviter les frais, plusieurs rues résidentielles offrent du stationnement gratuit : David Avenue et les rues numérotées de Pacific Grove, à 15 ou 20 minutes à pied de l'aquarium, ou encore Ocean View Boulevard entre les rues 2 et 7. Ces emplacements se remplissent vite en milieu de matinée les week-ends chargés, et il faut surveiller les panneaux qui imposent parfois de déplacer son véhicule à heure fixe.
La ville met à disposition un trolley gratuit qui circule tous les jours de 10h à 18h, du week-end de Memorial Day (fin mai) à Labor Day (début septembre), avec un passage toutes les 10 à 15 minutes, et qui Old Town, Fisherman's Wharf, Cannery Row et Monterey Bay Aquarium.
Temps de visite
On peut facilement consacrer une journée entière à la visite de la ville et des curiosités autour, mais mieux vaut avoir une idée du temps que prend chaque étape avant de construire son programme.
Monterey Bay Aquarium se visite sans contrainte de durée imposée : la dernière entrée se fait une heure avant la fermeture, et vous pouvez ressortir puis revenir dans la journée avec le même billet, pratique pour une pause déjeuner. Comptez 2 à 3 heures pour une visite standard, et jusqu'à 5 ou 6 heures si vous voulez tout prendre le temps de voir en famille. Pour éviter l'affluence, mieux vaut arriver dès l'ouverture ou après 15h.
La 17-Mile Drive demande de son côté entre 2 et 4 heures pour la boucle complète, en comptant les arrêts photo aux points de vue les plus connus comme Bird Rock, Seal Rock, Cypress Point ou The Lone Cypress.
Le reste de la ville, entre Cannery Row et Fisherman's Wharf, se parcourt en 20 à 30 minutes de marche et complète bien le programme.
En combinant tout cela, votre journée sera bien remplie. Si vous préférez prendre votre temps plutôt que d'enchaîner les visites, étaler le programme sur deux jours est une option confortable, notamment si vous voulez profiter aussi de Cannery Row ou de Carmel-By-The-Sea sans être pressé.
À voir, à faire
Visualisez l'ensemble des points d'intérêt présentés ci-dessous sur cette carte.
Monterey
Old Monterey / Alvarado Street
Old Monterey désigne le centre historique de la ville, le quartier né autour du Royal Presidio à partir des années 1820, quand les habitants ont commencé à s'installer hors des murs du fort espagnol. Alvarado Street en est l'artère principale : elle traverse le quartier du Nord au Sud, entre Custom House Plaza et Franklin Street, et concentre l'essentiel des commerces, des restaurants et des grandes adobes historiques de Path of History. C'est par cette rue que l'on entre naturellement dans le Monterey d'autrefois, avant de partir vers Fisherman's Wharf ou Cannery Row.
Le cœur historique de Monterey ne s'est pas figé en musée : Alvarado Street est une rue vivante, où les tuiles jaunes du Path of History passent devant des vitrines de boutiques, des terrasses de restaurants et plus de 400 commerces qui occupent aujourd'hui le tissu urbain né au 19ème siècle. La rue tiendrait son nom de Juan Bautista Alvarado, ancien gouverneur de la Haute-Californie, même si ce lien reste rapporté par les commerçants du quartier plutôt que confirmé par une source officielle de l'État. Ce qui est établi, en revanche, c'est que dans les années 1820, les habitants de Monterey ont commencé à s'étendre hors des murs du Royal Presidio, ouvrant des rues et des commerces qui ont posé l'empreinte urbaine que l'on reconnaît encore aujourd'hui.
On marche ici sur les traces de Path of History, dont les médaillons au sol relient les grandes adobes du quartier : Colton Hall, Larkin House, Cooper-Molera Adobe, Stevenson House, Custom House et California's First Theatre se succèdent à quelques minutes de marche les unes des autres.
Entre deux arrêts historiques, Alvarado Street s'anime avec ses propres adresses : Revival Ice Cream pour une crème glacée artisanale, Rosine's Restaurant qui sert une cuisine américano-italienne depuis 1986, Alejandro's pour une cuisine mexicaine plus travaillée, ou Ad Astra Bread Co, une boulangerie au levain qui propose aussi des cours. The Hot Spot Studios accueille ceux qui veulent essayer la poterie, la peinture ou la fabrication de bougies, tandis que Adventures by the Sea loue vélos et kayaks pour prolonger la visite vers le sentier côtier. Golden State Theatre, salle de spectacle historique dont la date de construction varie selon les sources, complète ce tableau d'un quartier qui a su garder une vraie vie de centre-ville plutôt que de se transformer en décor figé.
Chaque mardi de l'année, Alvarado Street se ferme à la circulation entre Del Monte Avenue et Pearl Street pour Old Monterey Marketplace, un marché fermier qui existe depuis 1991. De 16h à 19h d'octobre à avril, et de 16h à 20h de mai à septembre, on y trouve des produits biologiques et certifiés, de l'artisanat venu d'horizons variés, une offre de restauration internationale, une boulangerie et de la musique live. La rue sert aussi de scène aux grands rendez-vous communautaires de la ville, du défilé du 4 juillet à l'illumination du sapin de Noël.
Monterey State Historic Park
Monterey State Historic Park n'est pas un parc au sens habituel du terme, mais un parcours à ciel ouvert d'environ 2.7 miles, appelé Path of History, qui traverse le vieux Monterey de bâtiment en bâtiment, chacun raconté par ses propres médaillons jaunes incrustés dans le trottoir. On peut suivre l'ensemble du tracé, mais la plupart des visiteurs choisissent une sélection de bâtiments plutôt que la totalité du parcours, quitte à y revenir. Pour s'orienter, mieux vaut se procurer la carte et le livret gratuits proposés sur place, à l'extérieur de Pacific House Museum, entre Fisherman's Wharf et Portola Hotel.
Custom House Museum, sur Custom House Plaza, fait souvent office de porte d'entrée naturelle au parcours, avec sa vue dégagée sur le port. Construite en 1827 puis agrandie en 1846 par Thomas O. Larkin, qui lui a ajouté un second étage et une véranda périphérique, cette maison reste le plus ancien bâtiment gouvernemental de toute la côte Ouest. Sous l'administration mexicaine, c'est là que se percevaient les droits de douane, principale source de revenus de la région à l'époque ; c'est aussi devant elle que le drapeau américain a été hissé en 1846, lors de la révolte du Bear Flag. Tombée en mauvais état au fil du siècle, elle a été restaurée à partir de 1900 par les Native Sons of the Golden West, un chantier achevé en 1917, avant d'être classée National Historic Landmark en 1960. Elle abrite aujourd'hui un musée et sert de centre d'accueil pour les visiteurs du parc.
À deux pas, Pacific House Museum occupe une adobe à deux étages bâtie en 1847, qui a traversé les usages avec une belle constance dans le changement : entrepôt de l'US Navy pendant l'occupation américaine, puis tribunal, pub, bureau de journal et même église selon les époques. Le département California State Parks y expose aujourd'hui des artefacts amérindiens, rassemblés au deuxième étage, et le bâtiment donne accès à un Memory Garden dont le nom cache une histoire plus rude qu'il n'y paraît : des combats entre ours et taureau s'y organisaient autrefois, un divertissement typique de la Californie mexicaine.
Juste à côté, California's First Theatre occupe une adobe construite en 1846-1847 par Jack Swan. À l'origine pension de famille et taverne qui logeait des baleiniers de passage, elle s'est peu à peu transformée en salle de spectacle où se jouaient des mélodrames, ce qui lui vaut aujourd'hui son statut de premier théâtre de Californie.
Non loin, First Brick House, bâtie en 1847 par Gallant Duncan Dickenson, revendique un autre genre de record : celui de première maison en brique cuite de l'État, une technique de construction américaine qui a marqué durablement l'architecture locale. Elle a ensuite servi de résidence privée, puis de siège à une opération de chasse à la baleine, avant de devenir un restaurant espagnol ; on peut aujourd'hui y voir des expositions et une cuisine restaurée.
L'histoire de la chasse à la baleine à Monterey se lit surtout à Old Whaling Station, une adobe construite en 1847 par David Wight, qui s'est directement inspiré de sa maison ancestrale écossaise pour dessiner la façade. L'activité baleinière proprement dite n'y a démarré qu'en 1855, quand le bâtiment est devenu à la fois siège de la compagnie et logement pour ses employés, avant de faire aussi office d'auberge. Un détail suffit à raconter cette histoire mieux qu'un long discours : l'allée qui mène à l'entrée est entièrement pavée de vertèbres de baleine.
Colton Hall Museum reste sans doute l'adresse la plus chargée de sens du parcours. Achevé le 8 mars 1849 en pierre blanche locale, ce bâtiment a été érigé par le Révérend Walter Colton, aumônier de l'US Navy devenu premier alcalde américain de Monterey entre 1846 et 1849, pour servir à la fois d'école publique et de salle de réunion municipale. C'est entre ses murs que s'est tenue, du 1er septembre au 15 octobre 1849, la convention constitutionnelle qui a rédigé la première Constitution de Californie, réunissant 48 délégués sous la présidence de Robert Semple.
Classé California Historical Landmark depuis 1934, Colton Hall fonctionne aujourd'hui comme musée municipal, avec une reconstitution de la salle de convention et des documents et artefacts originaux de 1849 encore exposés. La visite se fait gratuitement, tous les jours de 10h à 16h, au 570 Pacific Street, dans un bâtiment accessible aux personnes à mobilité réduite.
Deux maisons-musées se visitent uniquement avec un guide, le vendredi et le samedi. Larkin House, au 464 Calle Principal, est une adobe à deux étages en brique de terre construite à l'époque mexicaine pour Thomas Oliver Larkin, seul et unique consul américain en Californie mexicaine. Elle a servi de résidence et de magasin avant de devenir résidence consulaire, et son architecture est considérée comme le prototype du style Monterey Colonial, un modèle qui a ensuite essaimé dans toute la région. On y visite aujourd'hui un intérieur meublé d'époque et d'antiquités, lors de visites de 45 minutes à 11h30 et 14h00, en petits groupes de 10 personnes, sans réservation nécessaire.
Stevenson House, au 530 Houston Street, doit son nom à l'écrivain Robert Louis Stevenson, qui a séjourné dans cette adobe à deux étages alors qu'elle fonctionnait comme pension de famille sous le nom de French Hotel, avant de redevenir une série de résidences privées. Le musée qu'elle abrite aujourd'hui, consacré aux souvenirs et objets liés à l'écrivain, se visite selon les mêmes horaires que Larkin House, à 10h00 et 15h30, également en groupes limités à 10 personnes et sans réservation.
Le parcours se referme, ou plutôt culmine, à Royal Presidio Chapel, aujourd'hui cathédrale San Carlos Borromeo. Bâtie en grès et achevée en 1795 pour remplacer une première structure en adobe de 1773 détruite par un incendie, elle adopte le plan basilical rectangulaire classique de l'architecture coloniale espagnole, avant d'être modifiée vers 1858 par l'ajout de transepts et de vitraux gothiques qui lui donnent son plan en croix actuel. Avec son unique étage et demi et sa tour-clocher carrée à deux niveaux, elle reste le plus ancien bâtiment en pierre de Californie et la seule chapelle de presidio encore debout sur son emplacement d'origine dans tout l'État.
Classée National Historic Landmark en 1961, elle est aujourd'hui la plus petite cathédrale catholique des États-Unis continentaux, et l'église en activité continue la plus ancienne de Californie sur un même site : elle reste ouverte au culte et accueille les visiteurs entre deux offices.
Presidio of Monterey Museum
Perché au-dessus de Lighthouse Curve, avec la baie et le port de Monterey qui se déploient en contrebas, Presidio of Monterey Museum raconte une histoire que Path of History l'effleure à peine : celle du site militaire qui a précédé, accompagné et suivi la ville civile. L'endroit reste discret, presque confidentiel, mais ceux qui poussent la porte du Building 113 en ressortent souvent surpris par la richesse de ce qu'ils y ont trouvé.
Le site du Royal Presidio de San Carlos de Monterey a été fondé en 1770, mais le musée situe la présence humaine sur ces lieux sur une période bien plus longue, de l'ordre de 7000 ans. Depuis 1902, le terrain sert de base d'entraînement à l'armée américaine, une continuité militaire que l'exposition permanente déroule des populations autochtones jusqu'aux périodes espagnole et mexicaine, puis jusqu'à aujourd'hui. Une fresque amérindienne accueille les visiteurs dès l'entrée, suivie d'une vidéo de 1938 consacrée à la vie quotidienne du poste de cavalerie alors installé ici. On y croise des mannequins en uniforme d'époque, des Marines de 1846 à l'infanterie de 1902, jusqu'aux uniformes de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, l'un d'eux équipé d'une selle McClellan de 1928. Le musée expose aussi des armes de la période, fusils à baïonnette et mitrailleuses Browning de 1917, ainsi que des canons de la Guerre de Sécession installés à l'extérieur, des photographies de soldats et des affiches de recrutement d'époque. Une partie de l'exposition retrace enfin l'histoire de l'Army Language School, ancêtre du Defense Language Institute toujours installé sur le Presidio aujourd'hui, un fil qui relie directement le passé militaire du site à sa vocation actuelle.
Comptez entre 30 minutes et une heure pour la visite, un peu plus si vous poussez jusqu'au monument extérieur situé à proximité, d'où la vue sur la baie s'ouvre pleinement. L'entrée est gratuite, avec une boîte à dons à disposition, et le musée fonctionne grâce à une équipe de bénévoles qui connaissent bien leurs collections. Il est géré en partenariat entre la ville de Monterey et le Presidio of Monterey, et ouvre ses portes le samedi et le dimanche de 10h à 16h. La fréquentation reste faible, ce qui en fait une étape agréable pour qui cherche à sortir un moment de l'agitation de Path of History.
- Corporal Ewing Road
- Du samedi au dimanche, de 10h à 16h
- Gratuit
- monterey.gov
Old Fisherman's Wharf
Old Fisherman's Wharf est le quai historique du port de Monterey, planté dans le prolongement du centre-ville, juste au Nord de Custom House Plaza et à quelques minutes à pied de Alvarado Street. Il s'avance directement dans la baie, avec Cannery Row visible un peu plus loin sur la gauche en regardant vers le large. C'est le point de départ le plus simple pour une sortie en mer, une dégustation de fruits de mer ou une balade jusqu'à Wharf II, sa structure jumelle plus à l'Est du port.
Dès que vous posez le pied sur les planches de Old Fisherman's Wharf, l'odeur d'embruns et de poisson grillé vous rappelle que Monterey a d'abord vécu de la mer avant de vivre du tourisme. Le quai le plus ancien du port, construit à la fin du 19ème siècle pour le transport de marchandises, a été racheté par la Ville de Monterey en 1913 puis reconverti au fil des décennies aux besoins de l'industrie de la sardine, avant de devenir la promenade touristique animée qu'on connaît aujourd'hui, reconstruite à plusieurs reprises.
À quelques centaines de mètres, Wharf II, ouvert en 1926, occupe la position la plus à l'Est du port et garde, lui, une vocation nettement plus professionnelle : quatre grossistes en poisson y opèrent encore, aux côtés d'une ferme d'ormeaux commerciale et du Monterey Peninsula Yacht Club. Une promenade de pêche publique de 213 mètres permet de taquiner le poisson sans licence, comme sur l'ensemble des quais et jetées publics de Californie.
Sur Old Fisherman's Wharf proprement dit, l'ambiance est tout autre : restaurants de fruits de mer serrés les uns contre les autres, marchés aux poissons, boutiques d'art et de souvenirs, et départs de sorties en mer, qu'il s'agisse de pêche sportive, de balades commentées dans le port ou d'excursions vers le large pour observer les baleines. On aperçoit souvent des otaries qui se prélassent non loin des pontons, visibles depuis les tables en terrasse de plusieurs restaurants.
Impossible d'évoquer le Wharf sans parler de Clam Chowder. Le restaurant Old Fisherman's Grotto s'est imposé comme une référence locale, avec une soupe épaisse et crémeuse et une spécialité maison, le Clambake Chowder Bread Bowl, qui associe palourde, crabe et crevettes gratinés au parmesan dans une miche de pain évidée.
D'autres tables tirent aussi leur épingle du jeu : Paluca Trattoria pour une cuisine italienne, Cafe Fina et Domenico's on the Wharf pour des fruits de mer plus raffinés, Rockfish Harbor Grill, Abalonetti Bar & Grill pour ses calmars, ou encore Sandbar & Grill, installé sous le quai et plébiscité par les habitués. Certains visiteurs trouvent l'accueil un peu pressant, avec des rabatteurs qui distribuent des échantillons gratuits pour attirer le client, mais les restaurateurs s'en défendent et récusent l'image de piège à touristes qu'on prête parfois au lieu.
À l'écart de l'agitation du quai, Fisherman's Shoreline Park offre un espace plus calme en bord d'eau, sans que ses aménagements précis soient à ce jour bien documentés. Comptez-le plutôt comme une pause tranquille avant ou après la visite du Wharf que comme une destination en soi.
Cannery Row
Cannery Row, située en front de mer, à environ un kilomètre au Nord-Ouest de Old Fisherman's Wharf en longeant l'océan, doit son nom, et sa légende, à l'industrie de la sardine qui a fait vivre Monterey pendant la première moitié du 20ème siècle, avant que John Steinbeck n'immortalise cette rue de conserveries dans son roman éponyme. Aujourd'hui, les usines ont cédé la place aux boutiques et aux restaurants, mais le décor garde des traces de cette double mémoire, industrielle et littéraire, qu'on prend plaisir à débusquer entre deux vitrines.
Au 800 Cannery Row, une petite structure en bois nichée près de l'aquarium abrite Pacific Biological Laboratories, l'ancien laboratoire du biologiste marin Ed Ricketts, véritable ami de Steinbeck et inspirateur du personnage de Doc dans le roman. Sa statue se dresse un peu plus loin, le long du Monterey Bay Coastal Recreation Trail, en direction du centre-ville.
La figure la plus marquante du quartier reste cependant le monument dédié à Steinbeck lui-même, sur Steinbeck Plaza : une sculpture en bronze de Steven Whyte, dédicacée le 26 février 2014 à l'initiative de Ted Balestreri, met en scène l'écrivain entouré de huit autres personnages, dont Ed Ricketts, un pêcheur chinois, des ouvriers de conserverie et Dora Flood, une figure locale connue pour avoir aidé les plus démunis pendant la Grande Dépression.
Un autre monument, un buste en bronze installé près de Prescott Street, rend hommage à Ricketts, à des ouvriers de la pêche et à quatre personnalités ayant contribué à la renaissance du quartier.
Le visage commercial de Cannery Row a lui aussi changé de nature au fil des décennies : le site de l'ancien Wing Chong Market abrite désormais Kristonio's, tandis que celui du La Ida Cafe est devenu Austino's Patisserie. On y compte aujourd'hui une bonne dizaine de restaurants, des plus simples comme Fish Hopper ou Louie Linguini's aux tables plus soignées comme The Sardine Factory, plusieurs profitant d'une vue directe sur la baie.
Les boutiques d'antiquités et d'huiles gourmet voisinent avec des galeries d'art, des salles de dégustation de vin, un labyrinthe de miroirs et des escape rooms, de quoi occuper une bonne partie de l'après-midi. Pour la lumière la plus dégagée sur la baie, septembre et octobre restent les mois les plus sûrs. Au printemps, ce sont les fleurs sauvages qui donnent son charme au quartier, à condition de prévoir une petite laine, le brouillard matinal n'étant jamais bien loin sur cette portion de côte.
Lovers Point Park & Beach
À la limite de Monterey et de Pacific Grove, Lovers Point Park déploie sa pelouse et ses affleurements rocheux directement sur l'océan, à l'angle d'Ocean View Boulevard et de la 17th Street. Sur environ 1.8 hectare, se concentre une belle diversité d'usages : plages de sable, une jetée en béton qui s'avance dans la baie, un terrain de beach-volley, une piscine pour enfants, un restaurant, The Beach House, un snack-bar, des aires de pique-nique et un parking. On y loue aussi vélos et kayaks pour prolonger la balade le long de la côte.
La faune marine constitue sans doute le principal atout du site : loutres de mer et otaries s'y observent régulièrement, et les bassins de marée qui se découvrent à marée basse abritent des étoiles de mer que petits et grands prennent plaisir à chercher. Protégé du vent et de la houle, l'endroit compte parmi les meilleurs spots de la côte pour le snorkeling ou pour simplement suivre les loutres à la palme, combinaison néoprène recommandée tant l'eau reste fraîche toute l'année.
La location de kayak, autour de 30 dollars par personne et par jour, reste un bon moyen d'explorer la baie de plus près. Le parc se prête aussi bien à la natation, au surf, à la planche à voile, à la plongée sous-marine et à la pêche dans les zones désignées qu'à une simple course à pied ou une sortie à vélo le long du front de mer.
Malgré son nom romantique, l'ambiance de Lovers Point est plutôt familiale et détendue que propice aux tête-à-tête ; l'origine exacte de ce nom, en revanche, ne semble consignée nulle part de façon officielle. En fin de journée, le coucher de Soleil depuis la jetée ou la plage est souvent présenté comme le meilleur moment pour profiter du lieu, une alternative plus simple et plus rapide que la fameuse 17-Mile Drive pour qui cherche un beau panorama sans prendre la voiture. Le parc accueille aussi chaque année la Pacific Grove Summer Lights Celebration et reste, sans surprise vu le cadre, un lieu très recherché pour les mariages.
Point Pinos Lighthouse
Posé à la pointe de la péninsule, sur le terrain du golf municipal de Pacific Grove, Point Pinos Lighthouse veille sur cette portion de côte depuis plus d'un siècle et demi, avec l'allure trapue et le charme un peu suranné des phares de style Cape Cod en pierre. La construction de ce phare s'est étalée de 1853 à 1855, pour une mise en service le 1er février 1855. Pacific Grove le présente comme le plus ancien phare en activité continue de toute la côte Ouest : celui de l'île d'Alcatraz l'avait précédé de huit mois seulement, mais a été remplacé en 1909, ce qui laisse à Point Pinos le titre de doyen encore en service à son emplacement d'origine.
À l'intérieur, la lentille de Fresnel de troisième ordre, fabriquée en France dans les années 1850, reste la pièce maîtresse de la visite, même si la source lumineuse a depuis été modernisée : une lampe LED de 200 watts, installée à environ 27 mètres au-dessus du niveau de la mer, porte aujourd'hui jusqu'à environ 27 kilomètres par temps clair.
La visite permet de parcourir la cuisine historique au rez-de-chaussée, les quartiers des gardiens meublés à l'étage, et un petit musée au sous-sol qui présente les mécanismes du phare, cartes et documents d'époque. Un panneau vitré au 3ème étage permet d'observer le feu de près. Parmi les gardiens qui se sont succédé sur ce site, Emily Fish reste la figure la plus souvent citée, tant son passage a marqué l'histoire du phare. Les visites sont assurées par des bénévoles, dont la passion pour le lieu se ressent souvent dès les premières minutes, et durent en général autour d'une heure.
Le phare se visite le jeudi de 13h à 15h, ainsi que le vendredi, le samedi et le dimanche de 11h à 15h. L'entrée coûte 7 dollars par personne à partir de 18 ans, 3 dollars de 7 à 17 ans, et reste gratuite pour les moins de 7 ans. Une petite boutique de souvenirs et un sentier de promenade complètent la visite, à deux pas de la plage et des fairways du golf municipal.
- 80 Asilomar Avenue, Pacific Grove
- Du jeudi au dimanche, de 11h (13h le jeudi) à 15h
- 7$ pour les plus de 18 ans, 3$ pour les enfants de 7 à 17 ans
- pointpinoslighthouse.org
Monterey Bay Aquarium

Ouvert le 20 octobre 1984 sur l'initiative de quatre biologistes marins formés à Stanford et financé par un don personnel de 55 millions de dollars de David et Lucile Packard, Monterey Bay Aquarium s'est imposé au fil des décennies comme l'un des aquariums les plus réputés au monde, régulièrement distingué comme le meilleur aquarium des États-Unis. Son originalité tient à son système de pompage qui puise l'eau directement dans la baie de Monterey pour alimenter ses bassins, en particulier celui de Kelp Forest, ce qui en fait un prolongement quasi naturel de l'écosystème qu'il présente. L'établissement rassemble plusieurs centaines d'espèces marines, des milliers d'animaux au total, dans des bassins dont le plus grand, celui d'Open Sea, contient à lui seul plus de 4500 mètres cubes d'eau, derrière une paroi vitrée de plus de 27 mètres de large.
L'aquarium se trouve au 886 Cannery Row, en plein cœur du quartier du même nom, à quelques minutes à pied de Fisherman's Wharf en suivant le sentier côtier. Le stationnement reste le principal point de friction de la visite : les parkings les plus proches, comme Cannery Row Parking Garage sur Foam Street ou les lots de Irving Street et de Cannery Row, se remplissent vite le week-end et coûtent souvent une quinzaine à une vingtaine de dollars la journée. Une alternative gratuite consiste à se garer un peu plus loin sur Ocean View Boulevard, à Pacific Grove, et à rejoindre l'aquarium à pied par le sentier côtier, une marche agréable en bord de mer. Mieux vaut arriver dès l'ouverture, surtout le week-end, pour limiter à la fois la recherche de place et l'affluence à l'intérieur.
Les tarifs s'échelonnent entre 50 et 65 dollars selon l'âge : 65 dollars pour les adultes de plus de 18 ans, 50 dollars pour les jeunes de 5 à 17 ans et pour les seniors de 70 ans et plus, et l'entrée reste gratuite pour les enfants de moins de 5 ans.
L'achat en ligne à l'avance est vivement recommandé, sans être formellement obligatoire, et permet d'éviter l'attente aux caisses. La dernière entrée se fait une heure avant la fermeture. Le musée est ouvert tous les jours, de 10h à 17h, mais les horaires peuvent varier selon les saisons : mieux vaut vérifier le calendrier sur le site officiel.
Le parcours de visite s'articule autour d'une dizaine d'espaces. Kelp Forest reste la vitrine historique du lieu, un immense bassin traversé par une forêt de varech géant où évoluent sardines, requins léopards et poissons-loups, vue depuis plusieurs niveaux comme un plongeur le ferait.
Open Sea, le plus grand bassin de l'aquarium, met en scène thons, sardines en bancs et tortues marines derrière sa large paroi vitrée.
Monterey Bay Habitats explore les fonds sablonneux de la baie avec requins et mérous géants, tandis que Rocky Shore recrée le rythme des marées sur un rivage rocheux et que Sandy Shore & Aviary présente vasières, marais et oiseaux échassiers. Ces deux zones font partie de l'aile Ocean's Edge, qui abrite aussi deux bassins tactiles où petits et grands peuvent toucher étoiles de mer, oursins et autres invertébrés, dont un bassin dédié aux raies, Bat Ray Touch Pool.
La pieuvre géante du Pacifique occupe sa propre exposition, où l'animal impressionne autant par sa capacité à résoudre des labyrinthes que par son talent de camouflage.

Into the Deep entraîne les visiteurs vers les grands fonds, loin de la lumière du jour, pour montrer une vie marine étonnamment abondante là où on l'imagine peu.
Life on the Bay fait office de poste d'observation sur la faune de la baie elle-même, des loutres de mer aux baleines à bosse selon la saison.
Le bassin extérieur des loutres de mer reste l'une des étapes les plus attendues : plusieurs des pensionnaires ont été recueillis bébés, séparés de leur mère par les tempêtes hivernales, avant d'être élevés par l'équipe de l'aquarium dans l'idée de les réintroduire un jour dans leur milieu naturel.
Enfin, l'espace autrefois connu sous le nom de Splash Zone, dédié aux plus jeunes, est en cours de transformation en une nouvelle galerie baptisée Ocean in Motion, centrée sur un habitat de manchots africains agrandi et un récif corallien vivant animé par une machine à vagues, avec poissons-clowns, hippocampes et raies pastenagues.
Comptez 2 à 3 heures pour une visite standard, et jusqu'à 4 heures si vous voulez profiter des animations et des horaires de nourrissage avec des enfants. En sortant, en longeant la côte vers Pacific Grove, on peut encore observer à certaines périodes de l'année des phoques et des loutres évoluant librement, en écho direct à ce qu'on vient de voir en bassin.
On ne peut que recommander la visite : c'est l'un des aquariums les mieux conçus et les plus réputés au monde, et l'affluence qu'il attire, parfois contraignante le week-end, en dit long sur sa réputation.
- 886 Cannery Row
- Tous les jours, de 10h à 17h
- 65$ pour les plus de 18 ans, 50$ pour les enfants de 5 à 17 ans
- montereybayaquarium.org
Croisière d'observation de baleines
Au large de Monterey, l'océan cache un atout que peu de destinations côtières peuvent revendiquer : un immense canyon sous-marin qui s'enfonce directement sous la baie, à quelques centaines de mètres seulement du rivage. Ce relief englouti attire une concentration de vie marine rare sur la côte Pacifique, et c'est précisément ce qui rend possible, presque toute l'année, l'observation de baleines et d'autres grands mammifères marins sans avoir à s'aventurer bien loin en mer.
De nombreuses compagnies proposent des sorties d'observation au départ de Old Fisherman's Wharf, embarquant chaque jour des dizaines de passagers sur des bateaux encadrés par des naturalistes ou des biologistes marins qui commentent la sortie en direct. Comptez environ 3 heures pour une sortie classique, un format que la plupart des opérateurs du quai proposent quotidiennement, matin et après-midi, à des tarifs qui tournent généralement autour de 65 à 80 dollars par adulte. Des formules plus longues existent aussi, en particulier les sorties spécialement dédiées aux orques, qui peuvent durer une journée entière et coûter le double.
Ce qui rend la zone si riche se joue sous la surface. Le canyon sous-marin de Monterey s'enfonce à proximité immédiate de la côte, avec des parois qui culminent par endroits à près de 1.6 kilomètre de hauteur, avant de continuer à descendre bien plus profondément vers le large, jusqu'à plus de 3600 mètres à son embouchure. Cette topographie favorise une remontée constante d'eaux froides et chargées en nutriments, un phénomène amplifié chaque année, de février à juillet, par un upwelling saisonnier qui nourrit le phytoplancton à la base de toute la chaîne alimentaire. Résultat : la baie concentre une biodiversité marine comparée par certains scientifiques à un véritable Serengeti sous-marin, avec plus d'une trentaine d'espèces de mammifères marins recensées.
Cette abondance se traduit par une diversité d'espèces observables tout au long de l'année, même si chacune a sa propre saison. Les baleines grises se voient surtout de décembre à mai, pendant leur double migration entre l'Alaska et le Mexique, avec un pic marqué en janvier-février puis en avril-mai. Les baleines à bosse, plus nombreuses et donc plus faciles à croiser, restent présentes une bonne partie de l'année, avec une activité particulièrement spectaculaire en été, sauts et claques de nageoire caudale compris. Les baleines bleues, elles, se font plus rares mais reviennent surtout entre juin et octobre, attirées par les bancs de krill.
Les orques constituent l'observation la plus recherchée et la plus imprévisible : une harde de transitoires fréquente la baie environ deux mois par an, généralement en avril et en mai, avec seulement quelques observations par semaine même en pleine saison, ce qui explique pourquoi certaines compagnies proposent des sorties d'une journée entière, spécifiquement organisées autour de cette période. En dehors des grandes baleines, on croise aussi très régulièrement des dauphins communs, des dauphins de Risso, des marsouins et, plus occasionnellement, des rorquals communs.
Toutes les compagnies opérant depuis Old Fisherman's Wharf appliquent la réglementation fédérale américaine de protection des mammifères marins, qui impose de maintenir une distance minimale de 100 yards, environ 91 mètres, avec toute grande baleine, et de limiter la vitesse des bateaux à proximité des animaux.
Quelques conseils pratiques avant d'embarquer : même en plein été, il fait frais en mer, et mieux vaut prévoir plusieurs couches ainsi qu'un coupe-vent, quel que soit le temps affiché à terre. Pour qui craint le mal de mer, il est conseillé de prendre un traitement une heure avant le départ, de rester sur le pont extérieur en fixant l'horizon plutôt que de descendre à l'intérieur, et de privilégier une collation légère avant l'embarquement. Réserver à l'avance reste recommandé, les places étant limitées et les meilleures sorties se remplissant vite en haute saison.
Autour de Monterey
17-mile Drive

Peu de routes en Californie concentrent autant de spectacle au mile carré que la 17-Mile Drive. Cette route scénique serpente à travers Pebble Beach et Del Monte Forest, sur la péninsule de Monterey, alternant falaises battues par le Pacifique, pinèdes odorantes et pelouses impeccables de propriétés qui comptent parmi les plus chères des États-Unis. On y croise aussi bien des phoques affalés sur les rochers que des greens mondialement connus du golf, et des villas dignes d'un magazine de luxe posées en surplomb de l'océan. C'est ce mélange, rare, de nature sauvage et d'opulence assumée qui fait la réputation de cette route.
La 17-Mile Drive forme une boucle à travers Del Monte Forest, entre Pacific Grove au Nord et Pebble Beach puis Carmel-by-the-Sea au Sud. Trois portes permettent d'y entrer :
- Pacific Grove Gate au Nord, sur Sunset Drive (36.613230,-121.932303),
- Carmel Gate au Sud, sur San Antonio Avenue (36.558789,-121.929047),
- et Highway 1 Gate, au croisement des routes CA68 et CA1 (36.574900,-121.913583).
Si vous venez de Monterey ou Pacific Grove, entrer par Pacific Grove Gate est le choix le plus naturel, et c'est d'ailleurs la porte la plus fréquentée. On peut alors parcourir la route dans le sens Nord-Sud, en longeant l'océan Pacifique, et ressortir côté Carmel, une option appréciée pour la façon dont elle enchaîne directement sur les rues de Carmel-by-the-Sea en fin de parcours. Si vous arrivez de Carmel ou de la Highway 1 par le Sud, l'entrée par Carmel Gate fonctionne tout aussi bien, dans le sens inverse.
La 17-Mile Drive est une route à péage. L'accès coûte 12.5 dollars par véhicule, et se paie à l'entrée. Les clients logés au Lodge at Pebble Beach, à l'Inn at Spanish Bay ou au Casa Palmero circulent gratuitement. La route est ouverte du lever au coucher du Soleil, avec des horaires pouvant être modifiés lors d'événements spéciaux. Seul détail curieux : les motos n'y sont pas autorisées, sans qu'aucune raison officielle n'ait jamais été communiquée.
Longue de 17 miles très exactement (son tracé a légèrement évolué depuis l'ouverture de la route en 1881), elle attire aujourd'hui plus de 1.5 million de visiteurs par an. Comptez entre 2 et 3 heures pour la parcourir, davantage si vous multipliez les arrêts aux 17 points officiels qui jalonnent l'itinéraire. De petites aires de stationnement permettent de s'arrêter à chacun d'eux sans difficulté. Un quart de la superficie de Pebble Beach reste un espace naturel préservé en permanence, avec plus de 40 kilomètres de sentiers accessibles à pied.
Tout au long du trajet, on peut apercevoir des cerfs broutant en lisière de forêt, des phoques et des otaries sur les rochers côtiers, des loutres de mer flottant sur le dos dans les criques, des pélicans plongeant en piqué et des cormorans séchant leurs ailes, et parfois, au large, le souffle d'une baleine. La route longe ou traverse aussi trois parcours de golf prestigieux, Pebble Beach Golf Links, Spyglass Hill Golf Course et The Links at Spanish Bay, ainsi que trois adresses hôtelières parmi les plus réputées de la côte californienne : The Lodge at Pebble Beach, The Inn at Spanish Bay et Casa Palmero.
Le premier arrêt, Shepherd's Knoll, près de Highway 1 Gate, offre d'emblée une vue surélevée sur Monterey Bay qui donne le ton du reste du parcours. Son nom vient d'Abraham D. Shepard, un ancien cheminot, déformé au fil du temps en Shepherd's à la suite d'une faute de frappe sur une carte ancienne.
On atteint ensuite Huckleberry Hill, où la vue porte par temps clair jusqu'à Santa Cruz, par-dessus la canopée de Del Monte Forest. La colline doit son nom aux myrtilliers sauvages qui y poussent encore et qu'elle a longtemps abrités ; on raconte que Robert Louis Stevenson et John Steinbeck aimaient s'y promener.
Spanish Bay Beach vient rappeler que cette côte a une histoire bien antérieure au tourisme de luxe : c'est ici que des explorateurs espagnols auraient établi leur campement en 1769, en cherchant justement l'entrée de Monterey Bay. Un sentier en boardwalk permet aujourd'hui de longer la plage, et chaque soir au coucher du Soleil, un joueur de cornemuse s'y produit, un rituel devenu l'un des moments les plus populaires de la découverte des lieux.
Un peu plus loin, The Restless Sea porte bien son nom : à cause de rochers immergés sur lesquels les vagues viennent buter et se croiser, cette portion de côte, proche de Point Joe, est l'une des plus agitées de tout Pebble Beach, avec une écume qui change de forme presque en continu.
Point Joe doit son nom à un homme qui vivait au début du 20ème siècle dans une cabane de bois flotté, vendant des bibelots aux passants et gardant quelques chèvres. Le lieu a surtout une réputation plus sombre : par temps de brouillard, les courants et la configuration de la côte trompaient régulièrement les marins, qui confondaient ce point avec l'entrée de Monterey Bay, provoquant plusieurs naufrages historiques.
China Rock occupe l'emplacement d'un petit village de pêcheurs chinois installé là à la fin du 19ème siècle. Des traces de fumée de cuisson, vieilles de plus d'un siècle, seraient encore visibles sur certains rochers. L'endroit se prête bien à l'exploration des rochers et des bassins de marée qui se découvrent à marée basse.
Sur Bird Rock, l'un des meilleurs postes d'observation de la faune marine de toute la route, se rassemblent oiseaux marins, phoques communs et otaries. Jusqu'en 1930, le rocher était recouvert d'une couche de guano de pélicans et de cormorans épaisse de 1.2 à 1.5 mètre, récoltée à cette date pour servir d'engrais. Prévoyez des jumelles ou un téléobjectif si vous voulez vraiment en profiter.
Seal Rock, à l'embouchure de Seal Rock Creek, associe une petite plage, une aire de pique-nique et des bassins de marée. Sur les rochers voisins, des phoques se laissent régulièrement observer.
Non loin de là, vous pourrez aller voir Gingerbread House, une villa colorée officiellement appelée Casita de Lemos. Construite entre 1941 et 1944 par Pedro de Lemos, peintre, architecte et longtemps directeur de la galerie d'art de Stanford, c'est la seule maison de style Storybook de tout Pebble Beach, avec son toit très pentu qui imite des tuiles colorées alors qu'il s'agit en réalité de béton coulé et façonné à la main. Lemos ne l'a jamais achevée. La Pebble Beach Company l'a restaurée après en avoir fait l'acquisition en 1991.
D'avril à juin, Fanshell Beach Overlook surplombe l'un des principaux sites de mise bas des phoques communs de toute la Côte Centrale. La plage elle-même ferme alors au public pour protéger les jeunes, mais le point de vue en hauteur reste ouvert et permet d'observer la scène sans déranger les animaux.
Cypress Point Lookout est souvent considéré comme le meilleur point de la route pour admirer le coucher de Soleil, grâce à son orientation Sud-Ouest dégagée sur l'océan. Le spot est implanté au cœur d'un quartier de manoirs construits dans les années 1920, du temps où Del Monte Forest devenait déjà une adresse pour grandes fortunes.
À Crocker Grove poussent les plus grands et les plus vieux cyprès de Monterey encore debout dans toute la région. Cette réserve protégée un peu plus de 5 hectares et est gérée par le Del Monte Forest Conservancy. Elle constitue un exemple particulièrement bien conservé de forêt de cyprès de Monterey de première génération, entièrement native. Le lieu tient son nom de Charles Crocker, le magnat du chemin de fer à qui l'on doit l'Hotel Del Monte et le tracé original de 17-Mile Drive en 1881.
Vient alors The Lone Cypress, sans doute l'image la plus reconnaissable de toute la péninsule de Monterey. Cet arbre solitaire, planté à flanc de rocher au-dessus du Pacifique, aurait germé il y a plus de 250 ans, avant même la fondation des États-Unis. Depuis 1919, il sert de logo à Pebble Beach Resorts, Samuel F.B. Morse, le fondateur du domaine, l'ayant désigné comme l'incarnation idéale de Pebble Beach. La marque va jusqu'à le comparer aux pyramides d'Égypte ou à la Tour Eiffel. Sa rareté tient aussi à son espèce : le cyprès de Monterey ne pousse naturellement qu'à deux endroits au monde, ici même, entre Fanshell Beach et Pescadero Point, et de l'autre côté de Carmel Bay, à Point Lobos.
À Pescadero Point, les Ghost Trees méritent leur surnom : ces cyprès décolorés et tordus, blanchis par le sel et martelés par le vent, prennent des allures presque fantomatiques au-dessus de l'eau. L'endroit est aussi connu des surfeurs de grosses vagues, les houles pouvant y approcher les 15 mètres par gros temps, ce qui en fait un spot légendaire, réservé aux plus expérimentés.
Pebble Beach Visitor Center, ouvert récemment, retrace l'histoire de Pebble Beach et de sa transformation, d'un domaine forestier isolé jusqu'à la destination qu'il est devenue.
On longe ensuite Pebble Beach Golf Links, l'un des parcours de golf les plus célèbres au monde, qui a accueilli l'US Open en 2019 et le Women's Open en 2023. Le stationnement y est gratuit, et rien n'empêche de marcher jusqu'au 18ème trou pour observer les joueurs évoluer face à l'océan.
Ouvert en 1924, Pebble Beach Equestrian Center a accueilli les qualifications olympiques américaines d'équitation en 1960. Des balades guidées à cheval y sont proposées quotidiennement à travers Del Monte Forest, pour qui veut découvrir la région à un rythme différent.
Dernier arrêt du parcours, Ford Meadow rend hommage à Robert F. Ford, qui a vécu de 1907 à 1979 et fut l'un des donateurs du Del Monte Conservancy. Le lieu lui a été dédié le 26 août 1981.
La 17-Mile Drive vaut largement le détour, malgré son péage, tant la densité de paysages et de curiosités qu'elle concentre sur un tracé aussi court reste rare. Privilégiez l'après-midi : la brume marine, fréquente le matin sur cette portion de côte, a généralement eu le temps de se dissiper, laissant la lumière jouer pleinement sur les rochers et les cyprès. Le printemps et l'automne offrent statistiquement les ciels les plus dégagés, l'été apportant davantage de brouillard côtier malgré des températures plus douces. Prévoyez une veste, le vent y souffle fort et sans relâche, même les jours de beau temps.
Carmel-By-The-Sea
Carmel-By-The-Sea est un joli petit village où il fait bon flâner dans les ruelles. Posé entre pinèdes et falaises, à l'écart de l'agitation touristique de Monterey, il cultive depuis plus d'un siècle une allure de conte de fées assumée, faite de cottages aux toits pentus, de galeries d'art à chaque coin de rue et d'une plage de sable blanc qui referme la perspective d'Ocean Avenue. On y vient pour la promenade autant que pour les curiosités qu'il concentre sur une poignée de rues à peine.
Le village se trouve à quelques minutes seulement au Sud de Monterey, en suivant la Highway 1 puis en prenant la sortie Ocean Avenue, qui descend tout droit jusqu'au centre-ville et à la plage. Il touche directement Pebble Beach et la 17-Mile Drive, dont l'une des portes d'entrée se trouve à l'orée du village, ce qui permet d'enchaîner facilement les deux visites dans la même journée.
L'histoire de Carmel commence en 1888, quand Santiago J. Duckworth et Honoré Escolle rachètent 324 acres de terrain pour y lotir un village de villégiature. La Carmel Development Company voit le jour en 1902, et le Carmel Arts and Crafts Club en 1905, année où des écrivains comme Mary Austin et Jack London s'y installent. Le village attire alors une communauté croissante de peintres, d'écrivains et de poètes, au point de devenir, entre 1919 et 1948, la plus importante colonie d'artistes de toute la côte Pacifique. Carmel s'incorpore officiellement en ville le 31 octobre 1916, avec Alfred P. Frazer comme premier maire, mais garde depuis cette identité de village d'artistes plutôt que de banlieue balnéaire ordinaire.
Pour la petite histoire, Clint Eastwood a été maire de cette ville de 1986 à 1988. L'acteur s'était présenté par frustration après que ses propres projets de construction avaient été bloqués par la bureaucratie municipale, et il avait battu la maire sortante avec plus de 72% des voix. Son mandat a surtout servi à simplifier les procédures de permis de construire, à créer un parking touristique et à sauver Mission Ranch, une ancienne ferme du 19ème siècle promise à la démolition pour laisser place à des condominiums, qu'il a rachetée et restaurée. Le restaurant qui y est installé aujourd'hui, avec sa vue sur un pré à moutons et l'embouchure de la rivière Carmel, reste l'un des lieux les plus associés au passage de l'acteur dans la ville.
Ocean Avenue est l'épine dorsale du village, une avenue en pente douce qui descend depuis la Highway 1 jusqu'à la plage, bordée sur toute sa longueur de boutiques, de pâtisseries et surtout de galeries d'art, dont on dit qu'il en existe plus d'une centaine rien que dans le village, une densité rare pour une ville de cette taille. On y flâne sans but précis, entre vitrines de peinture, de sculpture et de bijoux, en profitant de l'architecture soignée qui a valu à Carmel sa réputation de village le plus photogénique de la côte.
Une bonne partie de ce charme tient aux Hansel & Gretel Cottages, ces petites maisons de conte de fées dessinées dans les années 1920 par Hugh Comstock. Il construit Hansel en 1924 puis Gretel en 1925, sur Torres Street, avec l'aide de son épouse Mayotta, créatrice de poupées, qui voulait un lieu à leur image pour exposer sa production. Le succès de ces deux premières maisons donne naissance à tout un style, aujourd'hui regroupé dans ce que l'on appelle Comstock Historical Hill District, une quinzaine de constructions aux toits très pentus, aux boiseries taillées à la main et aux cheminées de pierre, disséminées autour de Torres Street entre 5th et 6th Avenue.
Le passé religieux du village se lit à Mission San Carlos Borromeo de Carmelo, fondée en 1771 par le Père Junípero Serra, la deuxième des 21 missions de Haute-Californie. L'église en pierre que l'on visite aujourd'hui date de 1797 et mélange l'architecture coloniale espagnole avec des éléments amérindiens, arches courbes et épais murs d'adobe compris. Élevée au rang de basilique mineure en 1960, elle abrite la sépulture de Junípero Serra lui-même, mort en 1784 et enterré près de l'autel de la dernière église en adobe qu'il avait fait construire. On peut la visiter librement, en comptant une heure à une heure et demie pour en faire le tour avec le cimetière et la première bibliothèque publique de Californie qui s'y trouve.
Carmel Beach, en bas d'Ocean Avenue, referme la promenade sur une large plage de sable blanc encadrée de cyprès et de dunes. Les chiens y sont autorisés sans laisse tant qu'ils restent sous contrôle vocal, une rareté sur la côte californienne qui explique pourquoi tant de familles avec chien en ont fait leur rituel du soir. Au coucher du Soleil, une partie du village semble s'y donner rendez-vous, et il est même possible d'y allumer un feu de bois dans l'un des foyers mis à disposition par la municipalité au Sud de la 10ème Avenue, entre 16h et 22h.
Un peu à l'écart du centre, Tor House complète le tableau littéraire de Carmel. Le poète Robinson Jeffers l'a bâtie de ses propres mains à partir de 1919, pierre après pierre, avant d'ériger juste à côté Hawk Tower, sa tour de granit achevée en 1929, comme le rappelle l'inscription latine gravée sur ses murs. La maison ne se visite qu'en petit groupe, uniquement le samedi et parfois le vendredi, avec des départs toutes les heures de 10h à 13h ; on y grimpe jusqu'au sommet de la tour pour la vue sur l'océan, pendant que le guide raconte comment Jeffers a appris la pierre en la travaillant lui-même.
Carmel entretient aussi quelques particularités qui ne manquent jamais de surprendre les visiteurs. Jusqu'à très récemment, le village ne connaissait aucune adresse postale au sens habituel du terme : pas de numéros de rue, seulement des noms de maison, et un courrier que chaque habitant allait chercher en personne au bureau de poste, devenu de fait un vrai lieu de sociabilité. Le conseil municipal a fini par adopter un système de numérotation, désormais en vigueur, mais le courrier continue d'être distribué de la même façon, au bureau de poste plutôt qu'à domicile, et les noms de maison restent bien vivants dans les habitudes locales.
Autre curiosité, plus ludique que réellement appliquée aujourd'hui : une ordonnance des années 1960 limite toujours officiellement la hauteur des talons à 2 pouces sur la voie publique, à cause des trottoirs irréguliers soulevés par les racines d'arbres du village.
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Météo
Altitude moyenne : 8 mètres
| Donnée | Année | Janv. | Fév. | Mars | Avr. | Mai | Juin | Juil. | Août | Sept. | Oct. | Nov. | Déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température moyenne (°C) | 14 | 11 | 12 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 16 | 17 | 16 | 13 | 11 |
| Nombre de jours avec T° max > 32°C | 2 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 1 | 0 | 0 |
| Nombre de jours avec T° min < 0°C | 1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Nombre de jours avec pluie | 73 | 10 | 10 | 10 | 7 | 4 | 3 | 2 | 2 | 2 | 4 | 8 | 10 |
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Rédigé par Dominique Chouvet, Cecilia
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