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Wupatki National Monument

Au Nord de Flagstaff, sur un plateau ouvert au vent que dominent au Sud-Ouest les San Francisco Peaks, plusieurs villages de pierre s'élèvent sur les affleurements rocheux. Ils ont été bâtis au 12ème siècle par les ancêtres des peuples Pueblo, au point de rencontre des cultures Cohonina, Sinagua et Kayenta, et Wupatki National Monument protège ces vestiges depuis 1924.

Lorsque Sunset Crater entra en éruption, vers 1085, ces terres étaient déjà cultivées depuis des siècles. De nouvelles communautés s'y établirent au début des années 1100. La mince couche de cendres, qui retenait l'humidité du sol, les attira sans doute, tout comme un climat un peu plus humide qu'aujourd'hui, favorable au maïs, aux haricots et aux courges.

À cette époque, quelque 2000 personnes vivaient dans un rayon de 80 kilomètres autour de Wupatki Pueblo, le plus grand village de la région. Il comptait plus de 100 pièces et abritait une centaine d'habitants vers 1182. C'était le cœur d'un réseau d'échanges qui s'étendait sur des centaines de kilomètres. Vers le milieu des années 1200, une longue sécheresse poussa les habitants au départ, notamment vers l'Est et les actuelles Hopi Mesas. Leurs descendants, Hopi et Zuni, considèrent toujours ces lieux comme habités par la mémoire de leurs ancêtres.

Wupatki NM
Wupatki NM (Nate Loper, Flickr - CC BY 2.0)

Histoire

Les villages de pierre que protège Wupatki National Monument furent élevés au 12ème siècle par les ancêtres des peuples Pueblo actuels, dont les Hopi et les Zuni, que les archéologues désignent sous le nom d'Ancestral Puebloans. Ces villages, appelés pueblos, ne représentent pourtant que la période la plus visible d'une présence humaine bien plus ancienne. Des chasseurs parcouraient déjà ce plateau voilà plus de 13.000 ans. Durant la période archaïque, entre 8000 et 500 avant notre ère, de petits camps saisonniers servaient de bases pour la chasse. Vers 550 de notre ère, les premiers cultivateurs s'établirent dans Wupatki Basin. Ce plateau, culminant à 1500 mètres d'altitude, s'incline doucement vers la vallée de Little Colorado River. Ses terres sont creusées dans le grès rouge de Moenkopi et ponctuées de mesas basses coiffées de basalte. Plus au Sud, autour de l'actuelle ville de Flagstaff, d'autres communautés travaillaient la terre depuis près de 400 ans lorsque survint l'événement qui allait redessiner le peuplement de la région.

Wupatki Pueblo
Wupatki Pueblo (Jeff Hollett, Flickr)

Vers 1085, Sunset Crater, situé à une vingtaine de kilomètres au Sud-Ouest, entra en éruption. Ce cône de scories, l'un des quelque 600 volcans du champ volcanique de San Francisco, projeta un panache de cendres à quelque 8 kilomètres d'altitude et des fontaines de lave hautes de plus de 260 mètres, puis recouvrit de lave et de cendres environ 2300 km². Les cultivateurs les plus proches durent quitter leurs champs. En une génération, de nouvelles communautés s'installèrent au Nord-Est du volcan, dans Wupatki Basin. Là, une mince couche de scories couvrait désormais les sols. Elle jouait sans doute le rôle de paillis, retenant l'humidité et freinant l'évaporation, alors que plus près du cratère, au-delà d'une trentaine de centimètres de dépôts, aucune culture ne pouvait plus pousser. Le climat du 12ème siècle, un peu plus frais et plus humide qu'aujourd'hui, entretenait aussi des sources d'eau plus généreuses.

Wupatki National Monument
Wupatki National Monument (Dirk Hofmann, Flickr - CC BY-NC 2.0)

Ces terres fertiles attirèrent alors plusieurs peuples dans la région. Les archéologues distinguent trois traditions culturelles, et ce secteur est le seul connu du Sud-Ouest où leurs traces se mêlent sur plusieurs sites. Les Cohonina, branche occidentale de la culture Patayan, vivaient à l'Ouest des San Francisco Peaks. Les Sinagua étaient des cultivateurs installés initialement plus au Sud, chassés de leurs champs par l'éruption, et qui sont également à l'origine des habitations de Walnut Canyon et de Montezuma Castle. Leur céramique brune, l'Alameda Brown Ware, domine à Wupatki Pueblo, signe que le grand village fut d'abord le leur. Enfin, les Kayenta, ancêtres puebloans venus du Nord, ont laissé une céramique grise, la Tusayan Gray Ware, la plus répandue sur l'ensemble du monument.

Toute leur vie s'ordonnait autour de l'eau. Il ne tombe guère plus de 200 millimètres de pluie par an, pour l'essentiel durant les orages de juillet à septembre. On cultivait le maïs, les haricots et les courges, sur les plateaux, au creux des washes et sur des terrasses à flanc de colline. Pour bâtir, les habitants n'avaient qu'à se baisser. Le grès de Moenkopi, fracturé lors du soulèvement du plateau, se débite naturellement en blocs plats et réguliers, comme des briques, qu'ils liaient d'un mortier d'argile.

Wupatki Pueblo fut édifié entre 1100 et 1190 environ sur un affleurement de grès rouge, et devint la plus grande structure dans un rayon de 80 kilomètres. Le pueblo comptait plus de 100 pièces étagées sur trois niveaux au plus haut. Une centaine de personnes y vivaient vers 1182. À ses pieds s'étendaient une vaste salle communautaire circulaire et un ball court de type hohokam, construit plus tard. Le pueblo était aussi le principal centre d'échanges de la région. Des grelots de cuivre et des aras du Mexique y parvenaient, ainsi que des coquillages du Golfe de Californie et de la turquoise venue du Nord.

Wupatki Pueblo
Wupatki Pueblo (dolanh, Flickr - CC BY-NC-SA 2.0)

D'autres villages furent élevés dans les environs, tous à la fin du 12ème siècle. Wukoki Pueblo, dont le nom hopi signifie "grande maison", couronne un bloc de grès isolé et se voit de loin dans la plaine. Nalakihu Pueblo, "la maison hors du village", fut bâti à la fin des années 1190 au pied de Citadel Pueblo, qui occupe le sommet d'une butte de basalte et comptait au moins 50 pièces. Citadel Pueblo est le seul pueblo du monument où le basalte noir se mêle au grès. Plus à l'Ouest, Lomaki Pueblo, "la belle maison", aligne 9 pièces construites dans la dernière décennie du siècle, au bord d'une étroite faille du plateau. Ces villages ne sont que les plus visibles des quelque 2700 sites archéologiques recensés sur le monument. Les plus nombreux sont de simples abris de champ d'une seule pièce, les plus grands une dizaine de pueblos de plus de 20 pièces. Par endroits, on compte près de 40 sites au kilomètre carré, une densité qui n'a d'équivalent qu'à Mesa Verde NP.

Wukoki Pueblo
Wukoki Pueblo (© Dominique Chouvet, roadtrippin.fr)

L'occupation des lieux ne dura guère plus d'un siècle et demi. Vers le milieu des années 1200, une sécheresse prolongée frappa la région. Les habitants quittèrent alors les villages, dont une partie s'installa à l'Est, sur les actuelles Hopi Mesas. Leurs descendants, Hopi et Zuni, n'ont pourtant jamais tenu ces lieux pour abandonnés. Pour les Hopi, ceux qui ont vécu et sont morts ici en restent les gardiens spirituels, et des membres de plusieurs clans, dont ceux de l'Ours, de l'Eau ou du Serpent à sonnette, y reviennent encore. Dans la seconde moitié du 19ème siècle, des familles Navajo s'établirent à leur tour sur ces terres, aujourd'hui voisines de la Navajo Nation.

Les ruines entrèrent dans les récits américains en 1851, lorsque l'expédition Sitgreaves les décrivit pour la première fois. En 1896, l'ethnologue Jesse W. Fewkes fouilla une partie de Wukoki Pueblo. Le 9 décembre 1924, le président Calvin Coolidge créa Wupatki National Monument en vertu de l'Antiquities Act afin de protéger Citadel Pueblo et Wupatki Pueblo. Les poutres prélevées en 1926 et 1927 par Andrew E. Douglass et Harold S. Colton permirent de dater les constructions par dendrochronologie. Puis le Museum of Northern Arizona dégagea environ 37 pièces de Wupatki Pueblo en 1933 et 1934, et 18 autres en 1952 et 1953, enfouies sous 3 à 4 mètres de décombres. Aujourd'hui, 13 tribus amérindiennes sont officiellement associées au monument, qui a célébré son centenaire en 2024.

Situation

Wupatki National Monument se trouve au Nord de l'Arizona, à une cinquantaine de kilomètres à vol d'oiseau au Nord-Est de Flagstaff, en bordure de la route US89, qui relie Flagstaff à Cameron puis à Page. Voir le plan de situation de Wupatki NM.

Le parc est accessible par deux entrées, Sud et Ouest, que l'on atteint au départ de la route US89.

  • Pour atteindre l'entrée Sud, de Flagstaff, prendre la route US89 en direction du Nord. Après 12 miles, tourner à droite pour suivre la Sunset Crater Wupatki Loop Road (FS545), qui part plein Est. La route s'élève à travers les pins ponderosa, traverse Sunset Crater Crater Volcano National Monument et rejoint ensuite l'entrée Sud de Wupatki NM, au bout de 21 miles.
  • L'entrée Nord se trouve à 26 miles au Nord de Flagstaff, le long de la route US89. Tournez à droite sur la Sunset Crater Wupatki Loop Road (FS545) pour entrée directement dans la section Ouest du parc.

Les deux entrées sont reliées entre elles par la Sunset Crater Wupatki Loop Road, une route à double sens qui décrit une grande boucle de 35 miles de long à l'Est de la route US89. Cette route traverse Wupatki National Monument, permettant d'accéder aux multiples pueblos qui parsèment le parc, et dessert également Sunset Crater Volcano National Monument.

Si vous faîtes le trajet entre Flagstaff et l'entrée Est de Grand Canyon National Park ou Page, vous pouvez donc facilement faire un détour par la Sunset Crater Wupatki Loop Road afin de visiter Wupatki National Monument et Sunset Crater Volcano National Monument. La boucle ne rallonge alors le trajet que d'une vingtaine de miles par rapport à un trajet directement par la route US89.

L'entrée dans Wupatki National Monument est payante et permet d'accéder également à Sunset Crater Volcano National Monument. L'entrée coûte 25$ par véhicule, valable 7 jours consécutifs. Le pass America the Beautiful est bien évidemment accepté.

Le parc est ouvert toute l'année. La Sunset Crater Wupatki Loop Road est ouverte jour et nuit, mais les sentiers et pueblos ne sont accessibles que du lever au coucher du Soleil.

Wupatki National Monument dispose d'un Visitor Center, situé dans la section Est du parc, à proximité de Wupatki Pueblo. Le bâtiment date de Mission 66, le programme de modernisation des parcs nationaux, et fut achevé en 1967. Son hall reprend la forme ronde d'un hogan Navajo. Il abrite des expositions consacrées aux peuples de Wupatki, présentant des objets mis au jour lors des fouilles du secteur, comme des céramiques ou pointes de flèches.

Visitor Center
Visitor Center (© Depositphotos.com)

Wupatki National Monument ne dispose d'aucun hébergement ni camping.

Temps de visite

La visite de Wupatki National Monument, combinée avec celle de Sunset Crater Volcano National Monument tout proche, peut être réalisée en quelques heures. Le site n'a pas la majesté des ruines de Mesa Verde National Park, mais si vous faites la route de Flagstaff vers Grand Canyon National Park ou la ville de Page et que vous avez un peu de temps, autant faire le détour.

À voir, à faire

Visualisez l'ensemble des points de vue et randonnées présentés ci-dessous sur cette carte. Les points d'intérêt sont présentés d'Est en Ouest.

Wupatki Pueblo

(0.5 mile (0.8 km) (boucle) | 45 minutes | Facile)
Wupatki Pueblo
Wupatki Pueblo (Dirk Hofmann, Flickr - CC BY-NC 2.0)

Si vous arrivez de Sunset Crater Volcano NM et accédez au parc par son entrée Sud, Wupatki Pueblo sera votre premier contact avec les vestiges des anciennes civilisations Pueblo que l'on peut découvrir dans Wupatki National Monument.

Wupatki Pueblo est le plus vaste ensemble du parc et le plus grand pueblo isolé du Nord de l'Arizona. Cette structure massive de grès rouge, qui comptait à son apogée 104 pièces, s'élève sur un affleurement rocheux au-dessus d'une vaste prairie. Vers 1180, aucun bâtiment ne l'égalait à 80 kilomètres à la ronde. Village, centre d'échanges et lieu de cérémonies, il réunit en un seul site tout ce qui fait l'intérêt de Wupatki NM : si vous ne deviez voir qu'un pueblo dans le monument, ce serait celui-ci.

Wupatki Pueblo
Wupatki Pueblo (Dirk Hofmann, Flickr - CC BY-NC 2.0)

Le site se trouve juste derrière le Visitor Center, dans la partie Est du parc. Un sentier part à l'arrière du bâtiment et réalise une boucle de 800 mètres qui fait le tour complet du pueblo. Jusqu'au point de vue dominant le pueblo, l'allée est bétonnée. Au-delà, elle se poursuit sur un granite décomposé et compacté, bien damé mais parfois en pente, avec plusieurs volées de marches à certains endroits. La balade est facile, comptez 30 minutes à un rythme tranquille, ou 45 minutes en suivant le livret Wupatki Pueblo Trail Guide (en vente à la boutique), qui commente une vingtaine d'arrêts numérotés le long du sentier.

Après quelques pas depuis le Visitor Center, on atteint un point de vue qui embrasse d'un seul regard l'ensemble du village avant qu'on ne s'en approche. Au premier plan, le bloc principal épouse l'affleurement de grès et monte jusqu'à trois étages en gradins. Une cinquantaine de mètres plus au Nord se dressent d'autres constructions, et une grande kiva circulaire s'ouvre entre les deux ensembles.

Wupatki Pueblo
Wupatki Pueblo (Matthew Dillon, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Wupatki Pueblo s'est construit par étapes. Les poutres datées par dendrochronologie s'échelonnent de 1106 à 1220, et la plupart se regroupent autour de 1137, 1160 et 1190. Ces trois vagues de construction correspondent peut-être à l'arrivée successive de nouveaux clans. Les bâtisseurs commencèrent par construire des pièces adossées à l'affleurement, puis le village gagna vers l'extérieur et en hauteur. Il finit par former 2 blocs allongés, une unité Sud et une unité Nord, reliés par des rangées de pièces jamais fouillées, sur une emprise d'environ 3700 m². Vers 1182, au plus fort de l'occupation, 85 à 100 personnes vivaient ici, avant d'être abandonné au milieu des années 1200.

Wupatki Pueblo
Wupatki Pueblo (Matthew Dillon, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Le sentier descend ensuite pour rejoindre le pueblo, et la masse du bâtiment, pièce après pièce, se fait sentir. L'architecture des bâtiments tire parti du lieu avec une remarquable économie de moyens. Fracturé lors du soulèvement du plateau, le grès de Moenkopi se débite naturellement en blocs plats et réguliers. Les maçons s'en sont servis comme de briques, l'affleurement lui-même servant d'épine dorsale au bâtiment, et quelques galets de basalte se glissent dans les assises. Les murs sont doubles, deux parements de pierre liés au mortier d'argile enserrant un cœur de blocage, et atteignent par endroits 2 mètres de haut. Au Nord et à l'Ouest, des murs hauts et aveugles arrêtaient le vent, tandis que les pièces en terrasses du Sud et de l'Est captaient le Soleil d'hiver. Aucune porte extérieure ne s'ouvrait au niveau du sol.

Wupatki Pueblo
Wupatki Pueblo (Jeff Hollett, Flickr)

Les toits ont disparu, mais on sait comment ils étaient faits : des poutres de pin ponderosa, essence absente aujourd'hui des environs, recouvertes de perches croisées ou de roseaux, puis d'herbe et de boue. Ces toits plats recueillaient l'eau de pluie, que l'on dirigeait vers des jarres. Dans l'une des sections, 2 poutres sont restées en place depuis plus de 800 ans. Plus loin, une pièce conserve son foyer et son système de ventilation : une tranchée bordée de pierres amenait l'air frais, qu'une dalle dressée déviait au-dessus du feu, et la fumée s'échappait par le toit. D'autres pièces, plus petites, servaient au stockage et à la mouture. Les metates encore visibles servaient à broyer le maïs, les pignons, les graines d'herbes sauvages et les baies de genévrier.

Wupatki Pueblo
Wupatki Pueblo (NPS)

Le village que l'on découvre a été largement consolidé. En 1933 et 1934, le Museum of Northern Arizona en dégagea environ 37 pièces, et 18 autres en 1952 et 1953. Dans les années 1930, des rangers logeaient même dans des pièces reconstruites, pour un loyer de 10$ par mois. La plupart de ces reconstructions furent ensuite retirées, quand la politique du parc passa de la restauration à la simple préservation. Le mortier visible aujourd'hui est en grande partie moderne, et les murs sont stabilisés chaque année.

Wupatki Pueblo
Wupatki Pueblo (Jeff Hollett, Flickr)

En contrebas du pueblo, une kiva, une salle communautaire, dessine un grand cercle de pierre de 13 mètres de diamètre, bordé d'une banquette. Elle rappelle les great kivas des Ancestral Puebloans, mais aucune trace de toit ni des aménagements de sol propres aux kivas n'y a été relevée, et elle était sans doute à ciel ouvert. Sa fonction exacte reste incertaine. Elle accueillait probablement danses, cérémonies et rassemblements, peut-être aussi des échanges, et sa position en contrebas permettait à tous de voir et d'entendre. Fouillée en 1933 et 1934, elle fut alors en partie reconstruite.

Kiva
Kiva (NPS)

Le sentier gagne ensuite l'extrémité Nord de la boucle, où s'étend le ball court. Ce terrain ovale de 31 mètres de long sur 24 mètres de large est enclos d'un mur de 1.8 mètre de haut. Les ball courts de ce type, hérités du monde mésoaméricain, abondaient entre 750 et 1200 dans le Sud de l'Arizona, chez les Hohokam, mais ils restent rares dans le Nord. Celui de Wupatki NM se distingue en outre par sa maçonnerie de pierre, quand les autres étaient le plus souvent de simples levées de terre. Construit tard dans l'histoire du village, il servait peut-être à des jeux, à des cérémonies, ou de réservoir après les orages, et témoigne des liens tissés avec des régions lointaines. Il fut fouillé et en grande partie reconstruit en 1965.

Ball court
Ball court (Dirk Hofmann, Flickr - CC BY-NC 2.0)

À quelques pas, le blow hole surprend davantage. Par une étroite ouverture cerclée de maçonnerie et protégée d'une grille, la terre semble respirer. Une faille presque verticale a tranché, voilà 80 à 40 millions d'années, quelque 90 mètres de calcaire de Kaibab et de grès de Moenkopi.

Blow hole
Blow hole (NPS)

L'eau souterraine a ensuite dissous le calcaire et ouvert un dédale de fissures, trop étroites pour être explorées, dont le volume est estimé à environ 200 millions de m³ d'après le débit d'air. Quand la pression atmosphérique baisse, le réseau expire un air frais. Quand elle remonte, il aspire. Par une journée d'été dégagée, le blow hole souffle ainsi le jour et inspire la nuit, assez fort pour qu'on sente nettement le courant en tendant la main. Les peuples de la région lui donnent un nom lié au vent : "maison du vent" pour les Hopi, les Navajo et les Paiute du Sud, "là où l'on sent le souffle de la Terre-Mère" pour les Zuni. Dégagé en 1965 lors de la fouille du ball court, il fut alors entouré de la maçonnerie actuelle.

La boucle remonte ensuite vers le Visitor Center en longeant l'autre flanc du pueblo, devant des portes murées et des pièces jamais fouillées. Ces vestiges ne sont pas des ruines abandonnées. Pour les Hopi et les Zuni, ceux qui ont vécu et sont morts ici restent les gardiens spirituels du lieu, et Wupatki demeure un site sacré pour les 13 tribus qui lui sont traditionnellement associées. Restez sur le sentier, ne grimpez pas sur les murs et laissez en place tesson ou pierre. Venez de préférence tôt le matin : le sentier n'offre aucune ombre, et en été le vent et la chaleur s'y font vite sentir.

Wupatki Pueblo
Wupatki Pueblo (Jeff Hollett, Flickr)

Wukoki Pueblo

(0.3 mile (0.5 km) (boucle) | 20 minutes | Facile)
Wukoki Pueblo
Wukoki Pueblo (Dirk Hofmann, Flickr - CC BY-NC 2.0)

Isolé au milieu de la plaine, Wukoki Pueblo dresse sa tour de grès rouge au sommet d'un bloc de grès de la même couleur, si bien que la maison semble prolonger la roche qui la porte. On l'aperçoit de très loin, et l'archéologue Jesse Walter Fewkes, qui fouilla le site à la fin du 19ème siècle, comparait le pueblo à un vieux château. Plus modeste que Wupatki Pueblo, il compte parmi les constructions les mieux conservées du parc, et sa silhouette reste l'une des plus nettes de toute la région. Le choix d'un tel emplacement reste en partie inexpliqué, mais la vue y fut sans doute pour beaucoup. Du sommet du rocher, le regard porte au Sud-Ouest jusqu'aux San Francisco Peaks, et au Nord et à l'Est jusqu'à la vallée de Little Colorado River.

Wukoki Pueblo
Wukoki Pueblo (Nate Loper, Flickr - CC BY 2.0)

Wukoki Pueblo se trouve dans la partie Est du monument, à 2.5 miles à l'Est du Visitor Center. Quelques centaines de mètres avant celui-ci, une petite route se détache de la Sunset Crater Wupatki Loop Road et file sur 2.5 miles à travers la prairie. La tour grandit peu à peu à l'horizon, puis la route s'achève sur un parking, à quelques mètres des ruines du pueblo.

Wukoki Pueblo
Wukoki Pueblo (© Fred, roadtrippin.fr)

Du parking, un sentier rejoint en quelques minutes la base du rocher, d'où quelques marches munies d'une main courante permettent d'accéder à l'intérieur du pueblo. Une boucle fait le tour de l'affleurement, sur un sol de scories meubles avec quelques passages raides le long des faces rocheuses. Elle permet de découvrir l'édifice sous tous ses angles. En tout, la balade ne dépasse guère 400 mètres et demande un quart d'heure, davantage si l'on prend son temps.

Wukoki Pueblo
Wukoki Pueblo (Dirk Hofmann, Flickr - CC BY-NC 2.0)

Tout l'intérêt du lieu tient à l'accord entre la roche et la construction. Le piédestal appartient à la formation de Moenkopi, des grès rouges déposés dans l'eau au Trias, voilà quelque 240 millions d'années. Ses couches régulières se débitent naturellement en blocs plats, de véritables briques que les bâtisseurs n'eurent qu'à détacher et à empiler. Les murs reprennent ainsi la couleur, le grain et le litage du rocher sur lequel ils reposent, et l'œil peine à dire où finit l'un et où commence l'autre.

Wukoki Pueblo
Wukoki Pueblo (Matthew Dillon, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Les dalles de grès étaient liées par un mortier de terre prise sur place. Un enduit de boue recouvrait ensuite les murs, dedans comme dehors : il isolait les pièces et les protégeait de la pluie. Il a disparu depuis longtemps, laissant à nu la maçonnerie rouge que l'on admire aujourd'hui.

Le cœur de l'édifice est une tour de trois étages, haute de près de 6 mètres et de plus de 9 mètres avec sa base rocheuse. Elle se dresse sur le côté Est de l'affleurement. L'ensemble comptait 8 pièces, dont 6 ou 7 servaient sans doute d'habitation à deux ou trois familles. Fewkes y reconnut aussi 2 pièces cérémonielles rectangulaires, mais aucune kiva souterraine. Les toits reposaient sur des poutres d'épicéa et de sapin, des essences d'altitude probablement portées à dos d'homme depuis les pentes des San Francisco Peaks, et la tour conserve encore quelques poutres d'origine.

Wukoki Pueblo
Wukoki Pueblo (Jason Woodhead, Flickr - CC BY 2.0)

Au pied de la tour, au Sud, s'étend une plaza ouverte que fermait un parapet en demi-cercle. Cet espace servait aux activités de tous les jours : on y façonnait la poterie, on y tressait les paniers, on y préparait les repas.

Wukoki fut habité du début des années 1100 au milieu des années 1200, à la même époque que Wupatki Pueblo, tout proche. En 1896, Fewkes en fouilla une partie et y mit au jour une céramique finement décorée, un bracelet de coquillage et des pendentifs d'oreille en pierre incrustés d'une mosaïque de turquoise. Ces objets, œuvre d'artisans habiles, ont aidé à préciser qui vivait là et à quelle époque.

Wukoki Pueblo
Wukoki Pueblo (Dirk Hofmann, Flickr - CC BY-NC 2.0)

Le nom même du pueblo a une histoire. En 1891 et 1893, Fewkes séjourna à Walpi, sur l'actuelle réserve Hopi, où on lui raconta l'origine du clan du Serpent. Venu de Tokonave, près de Navajo Mountain, le clan se serait arrêté à la "grande maison" de Wukoki avant de gagner Walpi. Fewkes crut retrouver ce lieu parmi les ruines de l'actuel monument. Il donna d'abord le nom de Wukoki, "grande maison" en hopi, à l'ensemble du secteur, puis au plus grand pueblo. Ce dernier prit pourtant le nom de Wupatki, qui devint en 1924 celui du monument, et le nom de Wukoki passa à cette ruine.

Si la tour tient encore debout, c'est aussi grâce à près d'un siècle de travaux. En 1941, le National Park Service posa des étais, des cales et des étançons de bois. Les murs que l'on voit sont donc ceux d'origine, consolidés mais non reconstruits.

Wukoki Pueblo
Wukoki Pueblo (© Dominique Chouvet, roadtrippin.fr)

Il est possible d'entrer dans le pueblo : un escalier mène au cœur de l'édifice, où l'on circule entre les murs de quelques pièces. Baissez la tête en passant, car les portes sont très basses. Ne grimpez pas sur les murs et ne vous y asseyez pas, ce qui accélère leur érosion, et laissez en place les tessons qui affleurent au sol. Venez de préférence en fin de journée ou au lever du Soleil, quand la lumière rasante avive le rouge des murs, et prévoyez de quoi vous couvrir : seul sur sa butte, le pueblo est entièrement exposé au vent.

Wukoki Pueblo
Wukoki Pueblo (Dirk Hofmann, Flickr - CC BY-NC 2.0)

Doney Mountain Trail

(1 mile (1.6 km) (aller-retour) | 30 minutes | Facile)
Doney Mountain Trail
Doney Mountain Trail (jb10okie, Flickr - CC BY-ND 2.0)

Au centre du parc, se dresse Doney Mountain. Ce cône de scories allongé, aux pentes arrondies de cendres rouges et noires, est né voilà quelque 70.000 ans d'une éruption le long de la faille du même nom. Il doit son nom à Ben Doney, prospecteur et pilleur de ruines de la fin du 19ème siècle. Un court sentier en gravit le flanc jusqu'à un belvédère qui embrasse d'un seul regard les San Francisco Peaks, Painted Desert et les terres de Wupatki NM.

Doney Mountain Trail part de Doney Picnic Area, le long de Sunset Crater Wupatki Loop Road, à 5 miles à l'Ouest du Visitor Center. Le chemin s'élève d'abord en pente douce sur une fine terre noire, puis la montée se raidit sur le flanc du cône. Là, les scories roulent sous le pied, et quelques marches de bois retiennent le sol dans les passages les plus pentus. Le dénivelé ne dépasse pas 60 mètres. On monte entre les genévriers, les buissons de saltbush et de rabbitbrush, ponctués au printemps de globemallows orangées. Des panneaux jalonnent la montée. Ils évoquent l'écologie du lieu, les 2 petites ruines préhistoriques que l'on longe, liées aux champs cultivés en contrebas, et la figure de Ben Doney. Celui-ci guida l'archéologue Jesse Walter Fewkes vers les pueblos du secteur, vendit les objets qu'il y exhumait et chercha de l'or dans ces collines : l'une de ses anciennes fouilles se voit encore au bord du sentier.

Doney Mountain Trail
Doney Mountain Trail (Shepard4711, Flickr - CC BY 2.0)

Le sentier débouche sur un col entre 2 sommets, où un banc fait face au panorama. Une table d'orientation nomme chaque repère. À l'Ouest, les San Francisco Peaks barrent l'horizon, dominés par Humphreys Peak, le plus haut sommet de l'Arizona avec 3851 mètres. Au Nord-Ouest s'étend la vaste surface plane de Antelope Prairie. Au Nord et à l'Est, la vallée de Little Colorado River s'ouvre sur les teintes pastel de Painted Desert, tandis qu'au premier plan les cônes de scories et les coulées de lave noire parsèment la prairie.

Ce paysage s'explique depuis le belvédère. Doney Mountain s'est formée le long de la Doney Mountain Fault, une cassure orientée Nord-Est qui, avec l'East Kaibab monocline, a soulevé le plateau de 150 à 215 mètres au-dessus de la vallée de Little Colorado River. Le magma est remonté par cette fissure en une série d'évents alignés, d'où la forme allongée du cône, et 2 coulées de basalte s'en sont échappées vers l'Est, sur près de 800 mètres, jusqu'à l'emplacement actuel du Visitor Center. Vers le Nord-Est, les Doney Cliffs prolongent la faille sur plus de 6 kilomètres, en falaises de calcaire gris et de grès clair. Prévoyez de bonnes chaussures pour les scories instables, de l'eau, et évitez le sommet, totalement exposé, lors des orages qui éclatent souvent l'après-midi de juillet à septembre.

Citadel Pueblo & Nalakihu Pueblo

(0.5 mile (0.8 km) (aller-retour) | 30 minutes | Facile)
Nalakihu Pueblo
Nalakihu Pueblo (NPS)

Dans la partie Ouest du parc, une butte isolée porte sur sa table de lave noire les murs de Citadel Pueblo. Avec une cinquantaine de pièces, c'était le deuxième village du monument par la taille, après Wupatki Pueblo. À son pied, à une cinquantaine de mètres au Nord-Est, Nalakihu Pueblo aligne ses quelques pièces de grès rouge. Les deux pueblos formaient, du début des années 1100 au milieu des années 1200, le cœur d'une communauté agricole très active.

Le site se trouve au bord de la Sunset Crater Wupatki Loop Road, à 4 miles de l'entrée Ouest et à 10 miles du Visitor Center. Un parking est aménagé le long de la route, point de départ de la petite balade qui permet de découvrir de plus près les deux pueblos.

Citadel Pueblo & Nalakihu Pueblo
Citadel Pueblo & Nalakihu Pueblo (NPS)

Le sentier atteint rapidement Nalakihu Pueblo. Ce petit pueblo, dont le nom signifie "la maison hors du village" en Hopi, fut construit en 3 phases à la fin des années 1190. Il comptait 10 pièces au rez-de-chaussée et 3 ou 4 à l'étage, et abritait sans doute une seule famille sur plusieurs générations. Ses murs de grès sont rayés de lits de basalte noir, probablement posés pour la solidité plus que pour l'ornement. Les murs intérieurs étaient enduits, les murs extérieurs laissés nus. Les fouilles y ont mis au jour des portes en T, des foyers, une fosse de stockage en forme de jarre et les trous d'ancrage d'un métier à tisser. Une crémation de type hohokam témoigne aussi des influences qui se croisaient à Wupatki.

Nalakihu Pueblo
Nalakihu Pueblo (NPS)

Nalakihu Pueblo a aussi une histoire plus récente. Le Museum of Northern Arizona fouilla le site en 1933, puis ses murs furent remontés et ses toits restaurés. De 1933 à 1953, le pueblo servit de quartier général et de centre d'accueil du parc. En 1953, on retira toits et murs reconstruits, et Nalakihu Pueblo retrouva la hauteur de murs atteinte lors des fouilles, celle que l'on voit aujourd'hui.

Nalakihu Pueblo
Nalakihu Pueblo (Matthew Dillon, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Passé Nalakihu Pueblo, le sentier continue et gravit une petite pente pour atteindre le sommet d'une butte, où l'on découvre Citadel Pueblo. Cette butte est coiffée d'une coulée de basalte épanchée voilà environ 2.4 millions d'années, l'une des plus anciennes du monument, épaisse en moyenne de 12 mètres. Elle recouvre une mince couche de grès rouge de Moenkopi, posée elle-même sur le calcaire de Kaibab. Plus dure que les roches sédimentaires alentour, la lave a protégé ce qu'elle recouvrait pendant que l'érosion déblayait autour. La butte se dresse ainsi seule au-dessus des champs et des prairies, et les murs de Citadel Pueblo suivent fidèlement le contour de son rebord.

Citadel Pueblo
Citadel Pueblo (Dirk Hofmann, Flickr - CC BY-NC 2.0)

Citadel Pueblo fut bâti au début des années 1100. Il comptait au moins 50 pièces maçonnées, réparties presque tout autour d'une place centrale, où une dépression marque peut-être l'emplacement d'une kiva. Le bâtiment s'élevait probablement sur 2 étages. Sa façade Ouest, tournée vers la vallée cultivée, montre la maçonnerie la plus soignée du site. Citadel Pueblo n'a jamais été fouillé, mais ses murs ont été stabilisés à plusieurs reprises au cours du 20ème siècle. Aujourd'hui, un muret enserre un grand amas de pierres effondrées, et des blocs épars dévalent les pentes parmi les éboulis de lave.

Citadel Pueblo
Citadel Pueblo (Matthew Dillon, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Les bâtisseurs ont puisé les matériaux de construction dans les 3 roches que la butte et ses abords mettent à nu. Le basalte noir de la coiffe, que les oxydes de fer assombrissent, côtoie dans les murs le grès rouge sombre de Moenkopi et le calcaire blanc de Kaibab. Cette alliance de matériaux distingue Citadel Pueblo des grands pueblos de grès du Sud-Est du monument, comme Wupatki Pueblo et Wukoki Pueblo.

Le nom de Citadel évoque une forteresse, et les premiers guides du monument la décrivaient ainsi. Ils interprétaient les ouvertures hautes des murs comme des meurtrières pour les archers et les plus basses comme des bouches d'aération, et voyaient dans le pueblo un refuge. Les études plus récentes n'ont pas retenu cette lecture défensive, et la fonction exacte du village perché reste incertaine.

Tout autour s'étendaient les champs qui faisaient vivre la communauté. Des centaines de petits pueblos de 1 à 20 pièces parsèment les environs, avec des vestiges de terrasses, d'alignements de pierres, de bassins de captage et de petits barrages. L'analyse des sols a révélé qu'on cultivait ici le maïs, la courge et le haricot, mais aussi le tabac et le coton, qui était probablement une précieuse monnaie d'échange.

Vue de Citadel Pueblo
Vue de Citadel Pueblo (NPS)

Au Sud de la butte s'ouvre Citadel Sink, la plus grande doline du parc, une dépression à peu près circulaire d'environ 150 mètres sur 200. L'eau infiltrée dans les fractures du sol a dissous peu à peu le calcaire de Kaibab, élargissant des cavités dont le toit a fini par s'effondrer. Ses parois de calcaire gris pâle sont veinées de traînées rougeâtres, laissées par l'eau qui suinte du grès de Moenkopi au-dessus.

Vue de Citadel Pueblo
Vue de Citadel Pueblo (Matthew Dillon, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Du sommet de la butte, le regard porte à des dizaines de kilomètres dans toutes les directions. Le tour d'horizon est l'un des plus complets de Wupatki NM. Au Sud-Ouest, les San Francisco Peaks ferment l'horizon, couronnés par Humphreys Peak, le plus haut sommet de l'Arizona avec 3851 mètres, souvent encore enneigé à la fin du printemps. Plus près, O'Leary Peak, le cône sombre de Sunset Crater et une multitude de cônes plus anciens parsèment San Francisco Volcanic Field. Ces scories et ces coulées de lave, vieilles parfois de plus de 2 millions d'années, ont façonné tout le paysage de Wupatki.

Vue de Citadel Pueblo
Vue de Citadel Pueblo (Matthew Dillon, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Les prairies sont semées de milliers de genévriers, ces petits arbres trapus ramifiés formant des boules vert sombre. Vers le Nord et l'Est, le regard file au-dessus d'un haut plateau presque sans arbres jusqu'aux bandes pastel de Painted Desert, à la silhouette de Gray Mountain et aux mesas de la Navajo Nation. En contrebas, la vallée qui nourrissait Citadel Pueblo et Nalakihu Pueblo est piquetée de vestiges : au moins 8 villages se laissent deviner sur le rebord des mesas voisines, tous interdits d'accès.

Vue de Citadel Pueblo
Vue de Citadel Pueblo (© Dominique Chouvet, roadtrippin.fr)

Lomaki Pueblo & Box Canyon Pueblos

(0.5 mile (0.8 km) (aller-retour) | 30 minutes | Facile)
Lomaki Pueblo
Lomaki Pueblo (Matthew Dillon, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Au Nord de Citadel Pueblo, une longue fissure entaille le plateau de calcaire, une cassure presque rectiligne aux parois verticales que l'on nomme Box Canyon. Sur ses rebords, 3 petits pueblos se répondent : deux maisons jumelles, Box Canyon Pueblos, qui se font face de part et d'autre de la faille, et Lomaki Pueblo, "la belle maison" en Hopi, posté à son extrémité. Ce sont des constructions modestes, sans la majesté de Wupatki Pueblo ou Wukoki Pueblo. Mais nulle part ailleurs dans le monument l'histoire des hommes et celle de la roche ne se lisent aussi étroitement mêlées.

Lomaki Pueblo
Lomaki Pueblo (Matt Kieffer, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Le site se trouve dans la partie Ouest du parc. C'est le premier site que l'on découvre en arrivant par l'entrée Ouest, à environ 4 miles de celle-ci et à 10 miles du Visitor Center. Peu avant d'arriver à Citadel Pueblo, une petite route quitte la Sunset Crater Wupatki Loop Road et part en direction du Nord. Elle mène rapidement à un parking. De là, un sentier de gravier grossier parcourt le secteur, avec quelques passages en pente raide. Il longe d'abord Box Canyon et ses 2 pueblos, puis suit le bord de la fissure jusqu'à Lomaki Pueblo.

Box Canyon Pueblo
Box Canyon Pueblo (Matthew Dillon, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Box Canyon n'est pas un canyon creusé par l'eau. C'est une fissure ouverte par les mouvements de l'écorce terrestre, dans le calcaire de Kaibab qui forme le sous-sol de toute la moitié Ouest du parc. Les tensions qui ont accompagné le volcanisme régional ont étiré la croûte et fendu la roche le long de ses diaclases. Ces earthcracks, nombreux dans le secteur, s'alignent sur la faille de Lomaki, orientée Nord/Nord-Est. Certains descendent à plus de 100 mètres, et l'un d'eux a été exploré jusqu'à 150 mètres de profondeur. Celui-ci s'étire sur près de 1.2 kilomètre, mais les éboulis et les sédiments l'ont en partie comblé. Ses parois ne dominent plus que de quelques mètres un fond de terre sombre, chargé des cendres et des lapilli de Sunset Crater que le vent et le ruissellement y ont déposés.

Box Canyon Pueblo
Box Canyon Pueblo (© Dominique Chouvet, roadtrippin.fr)

Les deux pueblos de Box Canyon se font face au bord de la fissure, comme pour en garder le passage. Assez petits, ils abritaient peut-être la famille élargie des habitants de Lomaki Pueblo. Leurs murs de pierre locale, consolidés en 1955 par l'archéologue Roland Richert, se confondent avec les bancs de calcaire gris pâle qui les portent. Il faut parfois un moment pour distinguer la maçonnerie de la roche.

Box Canyon Pueblo
Box Canyon Pueblo (Matthew Dillon, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Au bout du sentier, Lomaki Pueblo se dresse au bord même de la fissure, à l'aplomb de la paroi. Ses 9 pièces furent bâties dans la dernière décennie du 12ème siècle, avec des blocs de calcaire et de grès extraits sur place. Les murs, encore bien debout et percés de portes et de fenêtres, comptent parmi les mieux conservés du monument national. Un enduit les recouvrait peut-être, dedans comme dehors, mais il n'en reste aucune trace aujourd'hui.

Lomaki Pueblo
Lomaki Pueblo (Dirk Hofmann, Flickr - CC BY-NC 2.0)

Si Lomaki Pueblo tient encore debout, il le doit à près d'un siècle de soins. Jesse Walter Fewkes le releva et le photographia vers 1900. Les premières consolidations datent du début des années 1930. En 1941, des étais de bois soutinrent les murs les plus fragiles, puis on les remplaça en 1954 par des renforts métalliques dissimulés dans la maçonnerie.

Ces 3 maisons ne sont qu'une petite partie d'un vaste ensemble. Des dizaines de constructions entourent Lomaki Pueblo et Citadel Pueblo, des pueblos de 1 à 20 pièces dispersés sur les mesas voisines.

Lomaki Pueblo
Lomaki Pueblo (Matthew Dillon, Flickr - CC BY-SA 2.0)

Photos

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Hébergements

Hôtels

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Campings

Il n'y a pas de camping dans le parc, mais la Coconino National Forest proposent quelques campings :

NomEmplacementsTypeBranchementsPrix/nuitRéservation
Bonito Campground44campings-cars et tentesaucun22$non
Lockett Meadow Campground17tentesaucun14$non

Consultez la base de données de RoadTrippin.fr pour trouver un camping à Wupatki National Monument.

Météo

Altitude moyenne : 1494 mètres

DonnéeAnnéeJanv.Fév.MarsAvr.MaiJuinJuil.AoûtSept.Oct.Nov.Déc.
Température moyenne (°C)142691419242725221582
Nombre de jours avec T° max > 32°C81000042026219000
Nombre de jours avec T° min < 0°C10026191130000021326
Nombre de jours avec pluie49334322895433

Cartes

Carte interactive de Wupatki National Monument
Carte Wupatki National Monument

Liens

National Park Service - Wupatki National Monument

Aux alentours

Tout proche, au Sud, Sunset Crater Volcano National Monument, traversé également par la Sunset Crater Wupatki Loop Road, est le prolongement naturel de la visite de Wupatki National Monument. Sunset Crater, un cône de scories né de l'éruption de 1085 environ, domine de 300 mètres un chaos de lave noire.

Au Nord, la route US89 file vers Cameron et son Trading Post de 1916. De là, la route AZ64 longe la gorge de Little Colorado River et atteint, 25 miles plus loin, l'entrée Est de Grand Canyon National Park.

Au Sud, la route US89 rejoint Flagstaff, traversée par la Route 66. Une quarantaine de miles plus à l'Est, par l'Interstate 40, on découvre Meteor Crater, un immense cratère d'impact de météorite de 1.2 kilomètre de large et de 170 mètres de profondeur, vieux d'environ 50.000 ans.

À l'Est, sur les terres de la Navajo Nation, Little Colorado River plonge de 56 mètres à Grand Falls.

Rédigé par , Fred
Mis à jour le

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