Jour 7 – 22 avril
Petit throwback à la veille au matin : alors que je venais de faire les courses et regagnais la
voiture, une femme m’aborde sur le parking du Walmart. Elle me demande si je suis Témoin de Jéhova. Alors que je lui réponds par la négative, elle semble contente et me demande quelle est ma couleur préférée. Intriguée, je lui réponds que c’est le rouge. Elle farfouille quelques secondes dans une grande enveloppe qu’elle a dans la main et me tend un petit sachet contenant une croix en tissu rouge. J’imagine que c’est parce que nous sommes le dimanche de Pâques, je ne suis pas croyante, mais j’apprécie le geste et je la remercie. Elle me demande ensuite si je viens de
Californie - à cause de la plaque d’immatriculation de ma
voiture – (ça me fait plaisir aussi qu’elle n’ait pas relevé mon accent) et lorsque je lui réponds que non, que je viens de France, elle me fait un grand sourire. ‘’Oh my god, can I hug you?’’ J’accepte, puis elle m’explique qu’une de ses tantes était en partie française. Elle me souhaite un bon voyage et nous repartons chacune de notre côté.
Ce matin, je me réveille assez tôt, le ciel commence à peine à s’éclaircir. J’ai eu froid durant la nuit, et effectivement ce matin les températures ne sont pas très élevées, un petit 4°C. Je décide de prendre directement la
voiture et de mettre le chauffage à fond. Je vais jusqu’au parking de West Fork, qui est encore fermé. Le tarif d’entrée pour un
voiture est assez cher (11$ si mes souvenirs sont bons), tandis que si on rentre à pied, il est de seulement 2$. Comme en arrivant j’avais repéré un emplacement le long de la route, je fais demi-tour et m’y gare. Cela rajoute une centaine de mètres à la randonnée, autant dire rien du tout. J’arrive pour la seconde fois à la barrière d’entrée et j’hésite, car un panneau indique qu’il y a de la neige et de la glace présentes et qu’une partie du trail est dangereuse... Une dame qui dort dans un
camping-car à l’entrée vient me voir et me demande si j’ai besoin d’aider pour payer, je lui dis que j’hésite à faire la randonnée à cause de la pancarte. Elle me dit que même s’il y a peut-être encore un peu de glace le trail devrait être largement faisable. Je la remercie, m’acquitte du droit d’entrée, elle me souhaite une bonne randonnée "you're in for a few miles!" et je débute la marche. Je suis en t-shirt, pull et veste. Le trail est encore à l’ombre, le soleil commence seulement à percer et je suis sous une épaisse couche d’arbres.
Je passe à travers les vestiges d’habitations en ruines dont on voit encore les contours et des restes de cheminées. Il y a également une maison à flanc de falaise assez inhabituelle, puisque toutes les autres structures faisaient partie du Mayhem lodge, qui date du début du 20ème siècle.
Je suis seule au monde, ayant pour unique compagnie les bruits de la forêt qui s’éveille – ou s’endort – ainsi que les craquements des branchages sous mes pas. Le début du trail est bien indiqué et j’arrive rapidement à la rivière, que je vais longer et traverser jusqu’à ce que j’atteigne le point d’orgue de la randonnée, une paroi rocheuse formant un subway. Je prends vraiment mon temps et je profite de la nature. Je prends parfois quelques détours pour faire des photos, je sais qu’au retour, il y aura du monde et qu’il serait beaucoup plus difficile d’avoir des photos sans personne. Je fais attention, lorsque je traverse la rivière, à ne pas glisser pour ne pas me mouiller les pieds vu les températures
Après une bonne heure et demie de marche, j’arrive à la destination finale. Le soleil éclaire maintenant le fond du canyon et illumine le subway humide, c’est magnifique. Le bruit de l’eau qui coule, les oiseaux qui piaillent, les jeux de lumière à travers les branchages et la multitude d’étincelles de lumière sur l’eau rendent l’atmosphère féerique.
Je trouve un passage où je peux traverser la rivière pour m’approcher de la paroi du subway et je m’éclate pendant une bonne demi-heure à faire des photos et à simplement profiter du lieu.
Les rares photos, prises avec mon téléphone
Après cette pause, je reprends mon sac et entame le retour. Quelques minutes plus tard, je croise un premier groupe qui me demande si c’est encore loin. Je suis contente d’avoir pu profiter du lieu toute seule car je vais croiser pas mal de monde sur le retour. Je fais quand même quelques photos, maintenant que les roches sont éclairées par le soleil. Je retrouve le parking après 3h30 de marche, ravie de cette randonnée matinale !
Je regagne la
voiture, le parking est plein et d’autres voitures sont garées le long de la route, aux rares endroits autorisés. J’ai eu de la chance de venir si tôt !
Je prends cette fois-ci la route vers Tlaquepaque Arts and craft village au cœur de
Sedona.
Ces petites rues pavées pittoresques ont été imaginées par Abe Miller. Les murs de stuc ornés de lierre s’entrecroisent entre les sycomores et abritent de nombreuses petites boutiques d’art. L’idée de Miller était de recréer un endroit transmettant la joie des communautés mexicaines à travers l’art et la famille. Tlaquepaque signifie d’ailleurs « meilleur de tous » en ancienne langue aztèque.
Il y règne effectivement une ambiance particulière, le lieu est très beau et coloré. Un musicien nous offre une superbe mélodie sur une petite place. Je m’assieds à l’ombre des arbres à côté de la fontaine et profite de l’endroit. La température est bien remontée et les couches de vêtement du début de matinée se sont depuis longtemps envolées.
Je décide ensuite de reprendre la
voiture pour visiter le centre de
Sedona (le parking de Tlaquepaque est réservé aux visiteurs du lieu. Je ne sais pas comment/s’ils vérifient, mais je ne veux pas gruger).
Sedona dispose de plusieurs parkings gratuits et j’ai de la chance, une place se libère justement sur l’un deux alors que j’y entre.
Sedona offre une grande variété de formations de grès rouge appelées les « roches rouges de Sedona. La ville a été baptisée d’après Sedona Miller Schnebly connue pour son hospitalité et son activité, qui était la femme du premier receveur des postes de la ville.
Située dans le désert de Sonora, ce qui fait la célébrité de la ville sont ses roches formées d’une épaisse couche de grès rouge et orange que l’on trouve uniquement à proximité de la ville.
L’histoire de Sedona n’est pas sans tâches. En effet, en 1876 les Indiens de la tribu des Apaches Yavapai ont été déplacés de force de Verde Valley. Entre les centaines de morts et les survivants qui ont été internés pendant 25 ans, seuls 200 personnes sont revenues dans la vallée en 1900.
Aujourd’hui, Sedona est considérée comme une capitale du New Age au États-Unis, et toute une industrie touristique spécialisée dans ce courant spirituel s’est développée. Cet engouement est notamment dû à la présence de Vortex spirituels dans la zone des canyons de Bell Rock, Cathedral Rock et Boynton Canyon.
Les différentes boutiques de pierres, cristaux, souvenirs et arts s’enchaînent. On voit partout des pubs proposant de prendre une photo de votre aura, de vous tirer les cartes, etc. On voit qu’un vrai business s’est développé autour du mouvement New-Age, et bien que celui-ci doit avoir des fondements basés sur de réelles croyances, aujourd’hui, il est bien difficile de ne pas sourire face à certaines publicités.
La prochaine étape de la journée est l’Amitabha Stupa et Peace park, un lieu de méditation et de spiritualité.
Situé à la base de la thunder Mountain, c’est un lieu riche en énergie et propice à la transformation spirituelle et à la guérison à travers l’extraordinaire architecture du Stupa, selon la culture bouddhiste. L’amiatabha Stupa tire son nom du Buddha Amitabha : le buddha de lumière infinie. White Tara Stupa, de White Tara, la Buddha féminine est l’incarnation de la longue vie et de la compassion.
Je me gare sur le petit parking et j’entame la petite montée. De nombreux fanions sont suspendus un peu partout, c’est très joli et je me laisse porter par l’ambiance du lieu. On marche sur des sentiers délimités par des petites pierres, entourés de plantes et d’arbres. J’arrive au niveau du Stupa, où des chaises sont à disposition pour celles et ceux qui voudraient méditer. On y trouve également des ‘’moulins à prière’’ (je n’ai pas retenu le nom et je n’ai malheureusement plus de photos des panneaux explicatifs).
Pour ceux qui le souhaitent, il est possible de marcher autour du Stupa, ou des moulins à prière, dans le sens des aiguilles d’une montre, au moins trois fois, tout en récitant un mantra ou en faisant des prières à destination de ses proches, du monde, au tout autre être. On peut aussi tout simplement s’asseoir et envoyer de bonnes ondes et des sentiments de compassion et d’amour pour tous.
Libre à chacun d’y croire ou non. Personnellement, je ne suis pas de confession bouddhiste, mais j’ai beaucoup aimé le lieu et on voit que les pratiquants et bénévoles y sont vraiment attachés.
Il est temps pour moi de repartir après cette pause méditative. Je me rends cette fois-ci au dernier arrêt de la journée, un spot donné par une dame au Visitor Center pour un sunset sans trop de monde. J’y arrive un peu tôt, il n’est que 16h, et je décide de me poser un peu sur les bancs de pique-nique qui sont couverts. C’est à ce moment-là que je me rends compte que toutes les photos prises depuis la veille au soir n’ont pas été encodées correctement et sont donc illisibles. Ayant déjà rencontré ce problème l’année dernière, j’ai peu d’espoir quant à une possible récupération des photos perdues (ce qui se confirme). Je suis dégoûtée, surtout pour les photos de la randonnée du matin, d’autant plus que je n’ai pas pris de photos avec mon téléphone. Heureusement que les souvenirs sont là… Sur le moment ça me met un petit coup au moral et je n’ai plus très envie de me promener aux alentours. Je me pose donc et décide de prendre un apéro anticipé en attendant le sunset.
Celui-ci se révélera être absolument magnifique, avec les nuages qui s’embrasent au-dessus des roches. Je suis quasiment seule, je profite du moment.
