Suite de la journée...
Cet aprèm, le ciel devient menaçant… Il fait gris et on entend le tonnerre au loin…
On veut quand même aller voir le General Sherman Tree. C'est l'arbre à un seul tronc le plus imposant du monde, il est ainsi considéré comme l'organisme vivant le plus imposant qui existe de par les 1 487 m3 de son tronc. Son âge est estimé à environ 2 200 ans.
Sur le parking il a du monde, clairement c’est l’attraction de la zone ! Pas grave, on trouve une place facilement et c’est parti pour une petite marche toute en descente (il faudra remonter tout ça après !) d’une quinzaine de minutes. On passe près d’arbres toujours aussi impressionnants, beaucoup de gens ne s’arrêtent même pas, eux ils veulent voir « The General Sherman »… Oui ben nous on a le temps, on a pris les vestes avec car on sent bien que le pluie peut arriver d’une minute à l’autre, alors on profite !
Arrivés en bas, à gauche on part pour le Congress Trail, à droite pour Sherman. On ne va pas tenter le trail car on veut encore faire Big Trees Trail ensuite, donc vers Sherman.
C’est drôle, les panneaux sont disposés tout autour de l’arbre mais certains à une bonne distance, pour permettre de l’observer de loin et de le prendre en photo. Mais au milieu des autres séquoias géants, il y a de quoi se tromper et on verra beaucoup de familles toutes contentes de poser devant un séquoia pensant que c’était « Lui »… mais c’était celui d’à côté ! Non, on ne se moque pas !
On croisera beaucoup de Français ici d’ailleurs alors que jusque-là pas trop… Bizarre…
Bon, on laisse tomber l’idée de faire une photo devant l’arbre avec le panneau, trop de monde, tout le monde se passe les appareils photos et c’est vraiment le bordel… Tant pis, on l’a vu, il est impressionnant mais comme ça fait 2 jours qu’on se balade au milieu de ces géants, l’effet n’est pas le même… Ok c’est le plus gros mais franchement ça ne doit pas se jouer à grand-chose… Esthétiquement, sa cime est morte, il ne grandit plus, à mes yeux ce n’est pas le plus beau… Bref… On attaque la remontée sous quelques gouttes de pluie… Montée certes pas très longue, mais on se rend vite compte qu’on est en altitude et le souffle est quand même plus court que d’habitude !
C'est celui du milieu, avec tout le monde devant !
Et coucou toi !
Le ciel est toujours menaçant mais à part quelques gouttes, ça va. On va donc encore faire le Big Trees Trail, boucle de 1,5km autour d’une clairière. Cet endroit est également fréquenté par les ours mais clairement en cette fin d’aprem, avec le monde qu’il y a, on y croit absolument plus… Il faut se résoudre à une évidence : point d’ours cette année pour nous ! Nous nous rattraperons sur les baleines !
Nous faisons donc le Big Trees Trail, petite boucle bien sympa avec beaucoup de panneaux explicatifs sur les séquoias, les conditions nécessaires à leur croissance, l’impact des incendies : les séquoias survivent aux feux, ils en ont même besoin pour germer !
« En effet, un séquoia adulte se trouve protégé par une véritable carapace : son écorce fibreuse spongieuse, disposée en bandes verticales, atteignant 50cm d’épaisseur, recouvrant le tronc mais aussi la base des grosses branches. Véritable amiante naturelle, cette écorce amortit considérablement le feu et empêche la destruction du cœur de l’arbre, vital pour sa survie. Un séquoia incendié met des semaines à brûler et il est capable de se remettre de blessures profondes en reconstituant son écorce par-dessus celles-ci. Certains très vieux arbres portent ainsi, enfouis sous leur écorce des traces anciennes d’incendies majeurs.
La litière accumulée au sol se consume même pour un incendie limité ce qui favorise l’installation des plantules de séquoias ; les cendres et charbons de bois issus de la combustion apportent une importante quantité d’éléments minéraux propices notamment à la croissance des plantules germées ; ainsi, on a constaté que la survie de jeunes plants sur un sol enrichi par un incendie était sept fois plus élevée 35 ans après cet incendie ! Enfin, l’effet le plus inattendu concerne les cônes et les graines.
Les graines, petites (moins de 1 gramme, ce qui laisse rêveur quand on sait le « monstre » qui peut en résulter !) portent deux petites ailes. Quand elles tombent au sol, elles peuvent germer immédiatement ; si les conditions ne sont pas réunies (notamment une certaine humidité au sol et surtout l’absence de lumière), elles entrent en dormance pouvant attendre près de dix ans ; mais un incendie les détruira facilement. Des cônes mûrs tombent aussi au sol avec une partie de leurs graines mais eux aussi seront brûlés quand la litière d’aiguilles se consumera.
Les cônes en forme de tonnelet cachent en fait une « botte secrète » : ils sont formés de grosses écailles très dures, ligneuses, très serrées et soudées entre elles par de la résine ; on parle de cônes sérotineux. Entre les écailles se trouvent les graines : elles ne peuvent être libérées que si les écailles s’écartent. Les cônes verts mettent deux ans à mûrir leurs graines. Certains sèchent alors et s’ouvrent un peu libérant quelques graines puis se refermant, pouvant ainsi persister pendant vingt ans. Mais ils ont la particularité unique de pouvoir aussi rester verts et de garder des graines viables pendant de nombreuses années. A l’occasion d’un incendie violent, la chaleur qui monte jusque dans les cimes va alors faire fondre la « colle » entre les écailles ; dès la fin de l’incendie, dans les jours qui suivent, il s’en suit une « pluie » de graines intactes (un arbre peut porter plus de 2000 cônes contenant chacun 200 graines) qui arrivent sur un sol nu et enrichi en cendres, à la lumière ! »
Et toutes les conditions sont alors réunies !
Rocher contre séquoia...
Une petite dernière...
Voilà, notre découverte de Sequoia NP se termine, ce parc est vraiment très beau, moins fréquenté que son voisin Yosemite mais très loin d’être déserté par les touristes !
Nous rejoignons Exeter en faisant cette fois l’arrêt photo devant le panneau du parc…
C’est fini pour la partie montagne de notre roadtrip, demain on change d’ambiance et on gagne l’océan Pacifique et San Francisco ! Hâte d’y être !
A bientôt
Emmanuelle