Jour 33 – Samedi 18 mai 2019
Ce matin, départ pour de nouvelles aventures en direction de
Snow Canyon. J’espère que le nom ne sera pas un mauvais présage, j’en ai assez de cette météo chamboulée.
Situé à environ 1 heure de route, ce petit parc d’état semble bien prometteur et j’ai hâte de le découvrir. Je prends donc la route sans tarder et sous un ciel bien chargé… d’ailleurs il ne faudra que quelques minutes pour que les essuie-glaces soient enclenchés à pleine vitesse.
En approchant, le ciel se dégage et un grand soleil illumine les alentours ; tout cela semble bien prometteur !
Je suis frappée par la richesse apparente de la petite ville de Santa Clara qui se trouve juste avant l’entrée du parc. Des murets immaculés, des portails blindés, du gazon en bordure de trottoir entretenu au millimètre près, des sculptures qui ornent les ronds-points.
Quelques minutes plus tard, j’arrive à l’entrée du parc et m’acquitte des $10 de droit d’entrée.
Dès le début, les paysages sont alléchants et j’ai envie de m’arrêter tous les 100 mètres. Je suis ravie de retrouver le soleil éclatant sur les roches rouge et oranges !
Plusieurs pétroglyphes peuvent être observés dans le parc, signe du passage des Amérindiens. Les Indiens Anasazi ont habité la région entre 200 et 1250. Ensuite, c’est au tour des Indiens Paiute de prendre possession du parc jusqu’au milieu du XIXe siècle. Alors qu’ils cherchaient du bétail perdu, les pionniers mormons ont redécouvert ce parc en 1850. Ouvert en 1962, il a été nommé ainsi pour Lorenzo et Erastus Snow, leaders pionniers de l’
Utah. De nos jours, le parc est utilisé pour de nombreux tournages tels que Butch Cassidy and the Sundance Kid, the electric horseman, ou encore Jeremiah Johnson.
Niché au milieu d’impressionnantes coulées de lave et de falaises de grès, l’environnement désertique de ce parc nous émerveille de ses couleurs flamboyantes. Ombres et lumières s’entremêlent à travers les parois des canyons, nous faisant profiter d’incroyables paysages.
La roche prédominante du parc est le grès navajo, signant les couleurs orangées et crèmes. Il y a 1,4 million d’années, puis il y a 27 000 ans seulement (enfin, tout est relatif), des cônes de cendres ont éclaté à proximité, provoquant une coulée de lave dans les canyons, que l’on observe encore aujourd’hui.
La vitesse est limitée à 25 mph pour protéger les tortues présentes dans le parc. Je guette sur le bas-côté, mais je n’en verrai aucune de toute la journée. Sans doute fait-il trop chaud pour elles. Oui, oui, j’ai bien écrit le mot : chaud !! Il est à peine 8 heures et je suis déjà en T-shirt, ça fait plaisir.
Je décide de me rendre directement jusqu’au parking le plus éloigné qui m’intéresse, pour pouvoir ensuite rouler toujours dans la même direction. Je me gare donc sur le parking du Lava Flow trail et débute le petit sentier balisé qui me permettra de découvrir les restes de lave de l’éruption volcanique d’il y a quelques milliers d’années.
J'ai déjà la tête qui tourne avec ces magnifiques paysages. Pourtant, on parle bien de laVe et pas de la beuh
La lave qui s'écoule, c'est cool une fois qu'elle n'est plus hot mais cool !
Il faut faire attention où l’on pose les pieds, car le sol est irrégulier, mais la marche de présente pas de difficulté particulière. J’arrive rapidement à une intersection : à droite Whiterocks qui mène, comme son nom l’indique, à des roches blanches surplombant le parc ; à gauche, je continue le Lava Flow trail comme prévu pour m’approcher des tunnels de lave.
Si, dès le début, je dérive du programme, ça promet pour le restant de la journée… En même temps, Whiterocks ne représente qu’un détour de 7km A/R et le parc vu d’en haut doit être sympathique. Je tergiverse pendant une dizaine de secondes, avant de suivre mon envie d’aller découvrir les dômes blanchis. En plus, je suis toute seule à déambuler dans la végétation, c’est agréable et je me sens apaisée par la douceur du soleil qui me réchauffe.
B(l)anco !
Je n’entends que le bruissement des buissons et les mouvements furtifs des animaux que je perturbe en passant. Je respire à plein poumons et essaye de m’imprégner du calme environnant pour apaiser mon corps et mon esprit que ressentent encore les tensions de la semaine passée. Je prends plaisir à faire cette randonnée et j’arrive très rapidement au pied des dômes rocheux, que je commence à contourner pour arriver dans l’amphithéâtre.
Cornet glace vanille stria est là
Quelques personnes sont déjà sur place, arrivées par le parking dédié aux géants blancs. Des enfants jouent bruyamment et mettent leurs mains dans des petites marres où des têtards essayent de grandir

. Vite, je décide de fuir en prenant de la hauteur. Je m’approche d’un premier dôme incliné, avec sa géométrie en brainrocks, et commence mon ascension. Plus je prends de la hauteur, plus le vent se lève et éloigne les bruits d’en bas. C’est bon, j’ai échappé à la proximité des enfants, je peux à nouveau profiter !
Premier plan blanc, deuxième vague en arrière plan
Un blantation
Arrivée en haut, je découvre une très jolie vue sur le parc alentour, avec sa verdure qui contraste avec son aspect rocheux et sableux plus désertique.
Je prends le temps de me poser, à quelques mètres d’un corbeau qui m’observe de son œil bleuté. Je me mets à lui raconter ma vie, et mes ressentis des derniers jours. Je l’ennuie sans doute rapidement, car il prend son envol. Plus d’excuses de conversation animalière, je reconnais que je continue à me parler à moi-même. Je suis seule et personne n’en saura jamais rien, alors pourquoi se priver. Le vent emporte mes mots et sèche les quelques gouttes salées qui se sont échappées de mes yeux.
Le beau corps
Je frissonne. Mine de rien, malgré le soleil, l’altitude et le vent me donnent froid, signe qu’il est temps de redescendre. Je fais attention à mes pas, c’est que la pente est raide ! Heureusement, la composition en brainrocks aide, car l’enchaînement des petites crevasses permet d’assurer le pied.
Ne pas tomber, on ne veut pas se retrouver avec des cailloux dans le crâne
La route est toute tracée
Je retrouve rapidement l’amphithéâtre, que je m’empresse de fuir, une colonie de vacances y ayant élu domicile.
Un peu d'eau, mais c'est vague
Je refais le sentier en sens inverse, jusqu’à arriver à l’intersection initiale et continuer tout droit cette fois-ci, sur le Lava Flow trail. Il y a plus de monde maintenant, l’heure étant plus avancée et le trail plus emprunté. Néanmoins, rien de trop gênant, on est loin de se marcher dessus. Les promontoires rocheux blancs sont derrière moi, ceux orangés me font face. Autour de moi, des petits buissons apportent une jolie verdure au paysage. De temps à autre, des amas de lave noircie parsèment les alentours et ajoutent du contraste visuel, mais pas seulement : il faut faire attention où on marche, car une cheville peut vite se fouler sur le sol rendu instable par des cailloux de lave indépendants.
N’étant pas du tout équipée, je ne tenterai pas d’exploration de tunnels de lave et resterai bien sagement à la surface.
Ou encore mieux, je reprends de la hauteur en grimpant / escaladant un nouveau promontoire rocheux, offrant cette fois-ci une vue faisant face à la précédente. Un petit animal profite lui aussi paisiblement du paysage sans se laisser déranger par nous autres touristes.
Après avoir assouvi ma soif visuelle, il ne me reste plus qu’à rejoindre le parking. J’emprunte un sentier un peu différent qui me mènera rapidement à la
voiture. Ce qu’il fait chaud à l’intérieur de l’habitacle ! Il est temps de se reposer un peu, rien de mieux qu’une aire de pique-nique un peu plus bas sur la route. Le parc n’étant pas bondé, je trouve facilement une petite table ombragée et je m’installe avec les restes de pizza offerts la veille. Même froide, elle reste très bonne (ben quoi, la pizza froide n’est pas réservée aux lendemains de cuite !).
Je prends mon temps pour savourer le calme ambiant tout en réfléchissant au programme de l’après-midi. Quelques options s’éliminent d’elles-mêmes puisque la partie sud du parc, nommée Paradise Canyon, est quasiment entièrement fermée à cause de la ponte des tortues. Dans le roadbook j’avais noté Sand Dunes, mais je dois bien reconnaître qu’après
Great Sand Dunes et
White Sands, je n’ai plus très envie de faire des randonnées dans le sable. A l’inverse, Petrified Dunes a l’air sympathique : en effet, on peut visiter la zone très librement, la balade n’étant pas restreinte au chemin balisé. C’est décidé, let’s go !