Alors que j'arrive à la voiture, je peine à enlever ma veste et poser mes affaires sans que tout ne s'envole
Je décide de manger un petit quelque chose dans la voiture, afin de voir si mes intestins sont prêts à tolérer de la nourriture. Bien que ce matin j'étais dans l'idée de faire une journée un peu plus calme afin de me reposer, je n'ai pas envie de quitter ce parc qui m'émerveille. Ainsi, je décide de tester l'Angel Palace trail.
Cette marche permet d'accéder à un panorama exceptionnel surplombant le Kodachrome Basin.
Un bassin fait référence à la totalité de la superficie des terres, qui draine les précipitations et l'eau issue de la fonte des neiges dans un plan d'eau. Les falaises et les mesas autour du parc agissent comme un entonnoir géant pour collecter toute l'eau dans le bassin et la condenser dans les washs et ruisseaux qui alimentent la rivière Paria. Le bassin de Kodachrome est relativement petit, mais l'eau y coulant rejoint la rivière, qui draine quant à elle une bien plus grande surface. Finalement, la rivière Paria et tous ses affluents se rassemblent pour se jeter dans le fameux fleuve Colorado !
La montée se fait assez rapidement, et est donc un peu rude pour ceux qui n'ont pas l'habitude ou n'ont pas une grande condition physique.
Pour ma part, je ne rencontre pas de difficulté particulière, et mon repas semble bien tenir dans mon ventre.



Une fois en haut, on peut explorer la zone à travers plusieurs sentiers et bras de sentiers qui avancent jusqu'aux bords des falaises rocheuses. Celles-ci ont d'ailleurs l'air assez friables et je suis étonnée de la liberté qui est laissée à tous de s'y aventurer comme bon leur semble. D'ailleurs, preuve que l'humain ne manque pas toujours de bon sens, je ne verrai personne prendre de risques inconsidérables en s'approchant dangereusement du précipice




Au départ, je m'aventure sur quelques-uns de ces bouts de sentiers, tout en restant à une distance raisonnable du bord, puis je me contenterai de faire la boucle à l'intérieur des terres, ne faisant les petits détours que lorsque la perspective qu'ils pourraient offrir semble réellement alléchante. Il y a un peu plus de monde sur cette randonnée, sans pour autant que cela ne soit gênant. J'aurai même l'opportunité de prendre un groupe d'amis en photos. Je trouve ça génial de voir qu'autant de personnes déjà bien adultes (pour ne pas dire "des vieux" sinon je vais me faire taper



Après avoir terminé ma découverte de la zone, je me dirige vers le retour en cherchant à emprunter un autre sentier. Je suis les cairns présents sur le chemin, mais ceux-ci se font de plus en plus rares et je me retrouve dans une zone un peu difficile et sauvage. Je pense m'être égarée des sentiers officiels, et plutôt que de risquer de faire trop de dégâts sur les sols de cette belle nature, je décide de revenir sur mes pas et tenter de retrouver mon chemin. Je ne sais pas si mes yeux m’ont fait défaut ou si les indications n'étaient pas claires, mais je finirai par remonter jusqu'au plateau pour recommencer la descente par le même chemin qu'à l'aller
Lors du retour, alors que j'en suis aux 2/3 de la descente, je croiserai un trio de femmes peinant à monter. L'une d'elles semble être déjà bien essoufflée, et elles me demanderont si c'est encore loin. Comment dire... un peu ?
De mon côté, je suis contente d'arriver à la voiture parce que mon ventre recommencer à glouglouter. Décidément, il m'embête quand même assez aujourd'hui ! Je retourne donc à la laverie/toilettes, qui sont d'ailleurs très beaux
Je me repose pendant un moment dans la voiture avant d'envisager la suite de cette journée. Malgré les inconvénients du jour, je n'ai pas envie de quitter ce parc alors qu'il reste tant à y voir. Je prends la décision d'aller faire le petit bout de piste jusqu'à The Sentinel.
La piste est en état assez moyen, avec de gros trous et pas mal de cailloux. Heureusement, la pluie a été bien absorbée, de sorte que la terre est quasi-sèche. Cela me permet de m'aventurer sans risque de m'enliser sur le chemin, même avec ma petite voiture. Je roule doucement pour ne pas prendre de risques et en profite pour faire la causette aux habitantes du coin. Pas mal comme environnement de vie ! Meuh-ouais, elles n'ont pas l'air plus exaltées que ça


J'arrive devant l'impressionnant monolithe qui se dresse majestueusement à une cinquantaine de mètres du sol, au beau milieu de nulle part. Malgré la curiosité qu'il représente, je dois bien avouer être moins charmée par celui-ci que par les paysages découverts précédemment

Sur le chemin inverse, je croise un RV qui brave la piste. J'espère qu'il n'y a rien qui ne craint la casse dans l'habitacle vu comme il tangue et subit les multiples chocs des pierres clairsemant la route de terre
De mon côté, j'ai le choix entre quitter le parc, après toutes ces visites optionnelles déjà auto-accordées, ou pousser encore un peu. Je décide de gagner le parking de Shakespeare Arch et Sentinel trail. Je me dis que la partie du trail jusqu'à Shakespeare Arch est assez courte et me permettrait de clore la visite du parc sur une touche sympathique.
Je me gare et débute la randonnée d'un pas rapide.

Dès le début, je vois qu'il est possible de réaliser de nombreux petits A/R pour atteindre des points de vue différents sur le parc. J'imagine que vous commencez à me connaître, et je ne peux résister à la tentation de m'y aventurer



Je poursuis mon chemin en résistant tout de même à l'appel de ces détours qui sont décidément bien nombreux, jusqu'à arriver à l'emplacement de l'arche. Celui-ci est indiqué par un petit écriteau, mais je n'arriverai pas à le trouver
Ici, le dessus qui ce serait écroulé ?


Je prends la "déception" comme excuse pour ne pas faire demi-tour et au contraire continuer la boucle





De retour au parking, j'ai un peu froid. J'étais en effet partie sans veste, pensant ne faire qu'un petit bout de trail et ayant tout de même mon gros sweat-shirt. Pourtant, avec le soleil déclinant, les températures baissent en conséquence, alors qu'il n'a déjà pas fait bien chaud au cours de cette journée.
Je suis déçue de ne pas dormir dans le parc et hésite vraiment à attendre le coucher du soleil qui doit sublimer encore plus les paysages déjà magnifiques. Je décide tout de même de commencer à être raisonnable, d'autant plus que j'ai déjà profité bien plus que prévu de ce petit parc. Je garde l'idée d'y camper un jour dans un coin de ma tête.
Après quelques miles, alors que je suis sur la route de sortie du parc, une grosse averse se met à tomber. Il était finalement temps que je quitte le parc, et la pluie emportera avec elle mon petit regret de ne pas passer la nuit sur place.
Je file vers Panguitch où j'ai réservé un motel pour la nuit. Sur le chemin, le panneau indiquant la direction de Bryce me fait de l'œil, mais je me fais violence, j'ai besoin de repos ! J'arrive devant le motel aux alentours de 18 heures. Le check-in est rapide et je prends possession de ma chambre. Celle-ci est immense ! Je dispose en effet de 2 pièces avec chacune un lit double, ainsi qu'une salle de bain correcte. Je profite de l'espace pour laver un peu de linge dans le lavabo. C'est ce que je ferai régulièrement durant le séjour. N'ayant pas emporté beaucoup de vêtements, il est plus pratique de les laver au fur et à mesure que d'attendre de ne plus rien avoir et perdre du temps à trouver une laverie pour faire tourner une demi-machine, pas top pour l'impact écologique. Pour faire sécher le tout plus vite, et parce que les températures ne sont pas des plus élevées, je décide d'allumer le chauffage. Au bout de 5 minutes, l'alarme incendie de la chambre se met à hurler. Pourtant, pas de fumée, pas d'odeur, rien...
En arrivant, la réceptionniste m'avait donné des bons de réduction pour un rodéo ayant lieu ce soir en ville, mais étant contre ce type d'exploitation animale, je décide de ne pas m'y rendre. En plus, j'ai un autre objectif pour ce soir : essayer de trouver une carte mémoire pour mon Reflex. En effet, ce matin, j'ai à nouveau rencontré un souci d'encodage des photos sur une nouvelle carte



