Cap au large, moussaillons !
Nous nous sommes couchés pas trop tard hier soir, et ce matin, nous sommes en forme lorsque le réveil sonne à 7h. Nous petit-déjeunons dans l'appartement de choses achetées au supermarché la veille et nous préparons tranquillement à quitter, déjà, notre resort idyllique...
Aujourd'hui, la journée va être dédiée à la découverte des Keys. Ce soir, nous serons à Key West !
A 8h30, la
voiture est chargée, notre check-out est fait, et nous faisons route vers le John Pennekamp Coral Reef State Park un peu plus au Nord. J'ai prévu d'y faire une sortie en bateau à fond de verre pour aller voir les récifs coralliens qui se trouvent au large. Le départ du bateau est prévu à 9h15, et la sortie en mer doit durer 2h30.
A 9h, nous arrivons au parc. Pas le temps de traîner, nous nous dirigeons rapidement vers le point de vente.
Une affiche nous informe des conditions météo de la matinée. A priori, au large, il va y avoir du vent et des vagues assez hautes...

Il est conseillé à ceux qui sont sujets au mal de mer de prendre de la Dramamine...
Je vous avoue que nous ne sommes pas des habitués des sorties en bateau : je ne sais pas trop si nous sommes sujets au mal de mer ou pas...

Dans le doute, Chéri-chéri et moi décidons d'investir dans les pastilles de Dramamine vendues au guichet... Tout le monde en prend une. Allez hop ! Nous sommes parés.
Pas le temps de traîner à prendre des photos, il est 9h15 et le bateau s'apprête à lever l'ancre. On n'attend plus que nous !
Nous prenons place à bord. Les fameux fonds de verre, qui doivent nous permettre d'admirer coraux et poissons au large, sont situés des deux côtés du navire et tout le monde peut se répartir uniformément tout autour, d'autant plus que nous ne sommes pas très nombreux à bord (pas plus d'une trentaine de personnes).
Bon, pour l'instant, il n'y a pas grand chose à voir...
Un petit coup de sirène et... vogue la galère !

Derrière nous, le Visitor's Center du State Park s'éloigne.
Très vite, la mangrove s'offre à nous.
Louloutte prend place à l'avant du bateau.
Mes hommes, eux, préfèrent dominer la situation, pendant que notre guide nous explique tout une tas de choses passionnantes sur l'écosystème et les animaux de la mangrove...
C'est intéressant, oui... pour qui maîtrise l'anglais ! Chéri-chéri et les loulous sont rapidement largués, et je vous avoue que je déconnecte assez vite du discours également, préfèrant me laisser aller au charme de cette balade plutôt que d'écouter le monsieur...
Il faut dire que je ne suis pas très sensible à son humour et à ses blagues un peu
vaseuses à mon goût (gageons qu'il a été contaminé par l'environnement qu'il nous décrit

)...
Nous sommes tous ravis d'être là et cette sortie en mer se présente sous les meilleurs auspices ! J'ai vraiment hâte de découvrir les fonds marins et les récifs coralliens.
J'en profite pour voler quelques photos à mes enfants, qui, à l'avant du bateau, apprécient de humer l'air marin.
Alors que nous quittons la mangrove et faisons cap au large, la mer se fait un peu plus forte et le bateau commence à tanguer davantage.
Derrière nous, les habitations des Keys s'éloignent inexorablement...
Nous passons des marqueurs, tous occupés.
Alors que nous sommes presque arrivés à destination, on sent que le vent se renforce...
Nous commençons même à avoir du mal à tenir sur nos deux jambes !
Nous avons atteint le récif corallien. Le capitaine met le moteur du bateau au ralenti, et on nous rapatrie tous à l'intérieur, car, avec la houle, il devient dangereux de rester à l'avant du bateau. A l'arrêt, le bateau tangue énormément...
Sous l'océan...
A l'intérieur du bateau, tout le monde a désormais le nez rivé sur les fonds de verre. L'excitation est palpable...
Une dame, apparemment prise du mal de mer, sort à l'arrière du bateau, suivie de près par son mari... puis par ses enfants. Il est vrai que le bateau, à l'arrêt, bouge toujours beaucoup, et je commence à me sentir légèrement nauséeuse... Je regarde ma petite famille, et ils ne font pas les fiers non plus.

Il faut dire qu'avec la tête vers le bas pour regarder au fond de l'eau, notre posture n'est pas vraiment idéale pour lutter contre le mal de mer...
Pendant ce temps, sous le fond de verre, on aperçoit quelques coraux. Des poissons vaquent à leurs occupations, nullement gênés par la présence du bateau au-dessus d'eux (du moins, en apparence...).
Très sincèrement, je ne sais pas si c'est le fond de verre qui floute la scène, ou si les coraux sont endommagés, mais je suis un peu déçue... je m'attendais à plus de couleurs, à plus de poissons, à plus de... tout !
J'ai à peine le temps d'être déçue quand je remarque d'autres personnes qui quittent la pièce pour aller prendre l'air. Les gens ont tous plus ou moins le teint verdâtre... Très vite, il y a beaucoup plus de monde à l'extérieur du bateau qu'à l'intérieur... Une dame d'équipage fait des aller-retours pour fournir les gens en sacs à vomito... C'est encourageant !
Un coup d'oeil à mes ouailles me confirme qu'ils commencent à virer au vert également, et j'avoue ne pas me sentir bien vaillante non plus. Nous finissons par faire comme les autres et allons prendre "le frais" à l'arrière du bateau. La Dramamine, prise un peu tard, n'aura servi à rien...
Comme je me sens un peu moins mal que le reste de la famille, je fais un ou deux allers-retours à l'intérieur du bateau, histoire de profiter quand même de ce pour quoi nous sommes là... mais je ne tiens pas plus de 2 ou 3 minutes à l'intérieur à chaque fois.
De toutes manières, globalement, ça n'est pas bien folichon...
J'aurais quand même vu passer une tortue de mer, gracieuse et majestueuse sous nos pieds.
(Comme je n'ai malheureusement pas réussi à la prendre en photo, vous devrez me croire sur parole !

)
Lorsque je reviens à l'extérieur, je constate que Louloutte va de plus en plus mal. Je vais chercher un petit sac auprès de la charmante employée de bord, très compatissante, qui continue ses allers-et-venues entre les touristes malades, distribuant ici et là sacs à vomito, pastilles de Dramamine, bouteilles d'eau... La dame nous suggère d'aller sur le pont supérieur où nous sentirons moins les vapeurs de gasoil du bateau.
Chéri-chéri et Loulou ne font pas les fiers, mais résistent vaillamment. Louloutte, elle, est au plus mal (je vous passe les détails, vous avez compris l'idée...). De verdâtre, elle est passée au stade livide. Je regarde ma montre et me dis que nous ne devrions pas tarder à faire demi-tour. Lorsque le bateau prendra de la vitesse, le roulis s'arrêtera, et ça devrait commencer à aller mieux...
Puis Louloutte m'appelle d'une toute petite voix, et me dit qu'elle a des fourmis dans les doigts. Jusqu'ici, j'étais restée assez zen, mais à ce moment-là, franchement, je commence à paniquer... je n'y connais pas grand chose en mal de mer, mais des fourmis dans les doigts, ça ne me dit rien de bon.
Je me rue sur l'employée de bord, qui ne chôme décidément pas avec tous ces malades, et lui décris la situation. Elle m'explique que c'est tout simplement un symptôme d'un mal de mer intense, et de ne pas m'inquiéter outre-mesure. (Elle est gentille, elle ! Et si c'était sa fille, qui avait des fourmis dans les doigts et le teint quasi-transparent ?

) La seule chose que l'on puisse faire à ce stade, c'est de donner de l'eau à boire à Louloutte.
Au bout de plusieurs minutes qui nous auront semblé une éternité, le bateau redémarre et reprend la direction des terres... Il prend de la vitesse, et le tangage cesse enfin !
Chéri-chéri et Loulou sont rapidement opérationnels à nouveau. Quant à Louloutte, la sensation de fourmis dans ses doigts s'atténue peu à peu. Apparemment, cela lui a fait du bien de boire de l'eau.
Nous recroisons les mêmes vigies qu'à l'aller... ils n'ont pas le mal de mer, eux !
Alors que nous arrivons en vue de la mangrove, Louloutte commence à reprendre quelques couleurs...
Nous n'aurons jamais été aussi contents d'arriver en vue de la terre ferme !
Enfin, ça y est, nous sommes de retour sur le plancher des vaches. Le calvaire de Louloutte va pouvoir se terminer... Elle est l'une des premières à sauter du bateau et à mettre pied à terre.
Je remercie chaleureusement la "garde-malade", qui ne se l'est franchement pas coulée douce sur le bateau, et rejoins le reste de ma troupe sur le quai...
A l'heure du bilan, on pourra dire que cette sortie en mer aura été un échec total !
Sous l'océan 2
Nous nous posons un peu sur un banc à l'ombre pour nous remettre de nos émotions... Au bout de quelques minutes, Louloutte se sent bien mieux.
Avant de quitter les lieux, nous décidons d'aller faire un petit tour à l'intérieur du Visitor's Center.
Tiens, il abrite un aquarium !
La conclusion est amère : finalement, ça n'était pas la peine de se rendre malade dans le bateau à fond de verre, alors qu'il suffisait de venir ici admirer la faune sous-marine !
Il paraît que c'est coloré, les fonds marins... Je sais pas où était passée la couleur, tout à l'heure, sous le bateau à fond de verre...
Un petit aquarium démontre les dégâts engendrés par les activités humaines sur les fonds marins et les coraux... Ca doit être au-dessus de ça qu'on est passés tout à l'heure, nous !
Même la mangrove et le hammock, on les voit bien mieux que depuis le bateau !
Allez, c'est pas tout ça, mais il est midi et, remis de nos émotions, nous commençons à avoir faim. Nous remontons en
voiture et quittons le John Pennekamp Coral Reef State Park.
Un Burger King se trouve à proximité. A l'unanimité, nous décidons d'y déjeuner ce midi. Quoi de mieux qu'un bon Whopper Cheese pour nous remettre sur pied ?
Après un repas qui aura pour mérite principal de finir de nous remettre de nos émotions de la matinée, nous prenons la route des Keys en direction du Sud. Je ne peux toujours pas dire que je sois sous le charme de cette route, pour l'instant...

Attendons de voir ce qu'elle donne plus au Sud...
Au fur et à mesure que nous avançons vers le Sud, les dégâts laissés par Irma deviennent plus apparents...
[...]
Je vous dis à très vite pour la suite et la fin du récit de cette journée !
