Les mauvaises terres des Badlands et les routes à lacets de Custer, avons sillonné
L'âme de la nation américaine au Mount Rushmore, du doigt, avons touché
A Fort Laramie, d'un pan de l'histoire de la conquête de l'Ouest, nous sommes imprégnés.
Scène 1 : Où l'on n'en a pas marre des fossiles !
Après notre dernière pause "point de vue" au Big Badlands Overlook, il nous reste un ultime arrêt à faire dans le parc national des Badlands... Pour cela, nous prenons la direction du Ben Reifel Visitor Center, situé à proximité de l'entrée Sud du parc, Interior Entrance.
Vous l'avez compris, nous allons faire valider les activités de Junior Ranger des Badlands
(quand je vous ai relaté la fin de notre J22, j'avais oublié de préciser qu'en arrivant au Cedar Pass Logde, nous étions allés retirer les livrets au Visitor Center qui se trouve à côté, et que nous avions fait les activités tranquillement ce soir-là).
Mais ça n'est pas tout ! En effet, si vous vous souvenez, au ranch, les enfants avaient travaillé sur le livret de Junior Paleontologists qu'ils avaient eu à Dinosaur. Ce livret-là était assez conséquent, avec beaucoup plus d'activités à faire qu'un livret "classique"... Le badge de Junior Paleontologist se mérite, apparamment !
C'est donc avec l'espoir de repartir avec deux nouveaux badges que nous pénétrons dans le Visitor Center, quelques minutes avant les douze coups marquant la mi-journée...
Devinette pour les plus perspicaces d'entre vous, amis roadtrippeurs : qu'est-ce ce qui ne va pas sur cette photo ?
Le Ben Reifel Visitor Center comprend, outre la traditionnelle salle dédiée à présenter la géologie, la faune et la flore du parc, une salle dédiée aux travaux des paléontologues qui travaillent dans le parc national et ses environs. En bons Junior Paleontologists que nous sommes (enfin, surtout les Loulous !

), nous commençons par aller y faire un tour.
Nous ne nous attendons pas à grand chose en pénétrant dans cette salle, mix savant entre un laboratoire et un musée. Nous pensons juste avoir l'occasion d'admirer quelques fossiles... Mais nous avons la chance de tomber sur des paléontologues du National Park Service en plein travail !

Nous entamons la discussion avec l'un d'eux et lui demandons de nous en dire un peu plus sur son travail. Le monsieur, très sympa, nous explique ce qu'il est en train de faire et accepte que nous le prenions en photo en train de travailler.
Le personnel du labo oeuvre à nettoyer patiemment des fossiles à l'aide d'instruments ressemblant à ceux d'un dentiste...
Voici le résultat de leur minutieux travail !
Certains fossiles plus fragiles, comme ce crâne de félin à dents de sabre, nécessitent même un environnement aseptisé...
Au final, vous savez quoi ? Nous avons trouvé cette visite très intéressante et très vivante (ce qui, admettez-le, est paradoxal quand il s'agit de fossiles !

).
Scène 2 : Où l'on se demande si on va toucher le jackpot Junior Rangeresque !
Après avoir définitivement bouclé la boucle du "tour des dinosaures" que nous avions entamée à Dinosaur NP et poursuivie au Thermopolis Dinosaur Center, nous pouvons aller voir si les Rangers estiment que les loulous ont gagné le droit d'être gratifiés du titre Junior Paleontologist !
La Ranger qui nous accueille est assez surprise de nous voir en possession de livrets de Junior Paleontologists, et nous demande où nous nous les sommes procurés. Elle nous explique que ça n'est pas courant de voir des gens avec ce type de livret. A ce moment-là, je vous avoue avoir une petite appréhension pour les enfants : peut-être n'a t'elle pas de badge de Junior Paleontologists ?
La Ranger a du pain sur la planche avec quatre livrets à valider. Au bout de longues minutes de vérifications, et d'un questionnement en règle des enfants pour vérifier que ce sont bien eux qui ont rempli les livrets, elle a l'air satisfaite de leur travail.
Elle nous dit de patienter quelques minutes, nous tourne le dos, et s'en va fouiller dans des tiroirs qui se trouvent derrière elle. Elle n'en sort rien.

Elle disparaît dans un bureau, revient, discute avec une collègue, redisparaît dans un autre bureau...
Je vous avoue que nous commençons sacrément à angoisser... Tout ce boulot pour repartir bredouilles ???
Mais finalement, la Ranger revient les mains pleines de choses qu'elle cache à notre vue. S'ensuit le traditionnel serment la main levée. La scène est la même à chaque fois : les parents la larme à l'oeil, les enfants heureux et fiers... La Ranger sort ce qu'elle a rapporté : et là c'est le jackpot ! Tout d'abord, elle donne à chacun des enfants une carte postale de National Fossil Day.
Evidemment, elle leur remet à chacun un badge de Junior Rangers des Badlands, mais en plus de ça, elle leur donne un bel écusson en leur expliquant que c'est un bonus offert pour leur travail exceptionnel.
Et ça n'est pas tout ! En récompense de leur boulot acharné en tant que mini-paléontologues, les loulous remportent un magnifique badge de Junior Paleontologist !
Après avoir chaleureusement remercié la Ranger, c'est les mains chargées de tous ces prix à la valeur inestimable que nous quittons le Ben Reiffel Visitor Center.
Scène 3 : Où à l'Interior, c'est pas très Scenic, quand même !
Nous remontons en voiture et prenons la direction de la sortie Sud du parc... Il est plus de midi trente, et après notre matinée sportive, nos estomacs vides commencent à se rappeler douloureusement à notre souvenir, et nous n'avons plus du tout de provisions !
Notre priorité va donc être de déjeuner... Les enfants auraient bien envie d'un burger-frites (tiens, ça m'aurait étonnée, ça !

). Je leur dis qu'on va s'arrêter au premier bled sur notre chemin, Interior, qui se trouve à quelques kilomètres de là, à la sortie du parc.
Une fois la limite Sud du parc franchie, nous sommes à l'affût d'une enseigne de MacDo, Burger King ou autre Wendy's... Rien. Nous passons quelques maisons éparses... Mais où est donc Interior ?
Au bout de plusieurs minutes, le GPS nous force à nous rendre à l'évidence : nous avons dépassé Interior. Il n'y avait donc RIEN à Interior. Pas l'ombre d'un fast-food ou d'un magasin.
Rien.
Nada. Nani mo. Nenio. Nichego. Nichts. Niente. Ništa. Nothing. Nunda di. (C'est dingue, toutes ces langues pour lesquelles le mot Rien commencence par le son N !
Allez, un deuxième petit jeu : trouvez les langues citées !)
Pas grave ! Sur ma carte routière (hé oui, même si nous avons un GPS, la vaillante survivante de 1993 que je suis passe son temps en roadtrip le nez scotché à une carte routière

), je vois qu'il y a un autre bled plus loin, Scenic. Allons y faire un tour !
Nous arrivons en vue d'un panneau qui indique qu'il faut bifurquer à gauche pour Scenic. C'est ce que nous faisons...
Ca n'est pas très engageant, tout ça...
Euh... pas engageant du tout, même !
Tiens, Tatanka, ça nous rappelle des souvenirs, ça !
Mais ça ne nous donne pas à manger. Continuons !
C'est étrange, il n'y a personne dans les rues de ce bled... Enfin, les rues, il faut le dire vite... les chemins caillouteux serait plus approprié !
Oh, je vois un magasin, là : le Longhorn Store... Ouais, bein... il ne m'a pas l'air ouvert, le magasin !...
Poussons un peu plus loin... Voilà le saloon ! Le Longhorn Saloon (ils ont l'air de bien aimer les
longhorns, dans ce bled...)
Fort photogénique, ce Longhorn saloon... mais fort fermé, également !
Il semblerait que la ville de Scenic ait hésité à se nommer Longhorn. En effet, je vous présente : le Longhorn Appliance Store !
Hé bien, on a comme qui dirait un petit souci... Dans la famille des
TrouDuCulLand, il semblerait que Scenic se pose en vainqueur incontesté et incontestable !!!
Nous faisons le tour de la ville, et nous devons bien admettre qu'en termes de "fails improvisatoires", celui-là est pas mal... Après Interior, où nous n'avons rien trouvé qui ressemble de près où de loin à un endroit où l'on puisse se restaurer, nous voici à Scenic, ville morte... Dans la voiture, c'est le dépit total... Les enfants meurent de faim (et Loulou dé-tes-te, mais dé-tes-te vraiment, avoir faim !!!), et Chéri-chéri doit être en train de maudire intérieurement mon manque d'organisation...
Nous repassons devant le Tatanka Trading Post.
Tout à l'heure, un pickup était garé devant. C'est maintenant une voiture qui se trouve là. Une affichette verte avec un "Open" écrit à la main est placardée sur la porte... Chéri-chéri arrête la voiture et pendant que tout le monde m'attend à l'intérieur, je vais aux renseignements...
L'intérieur n'est vraiment pas engageant. C'est tout sombre, et il faut monter un escalier. Une mamie indienne se tient derrière une caisse, dans un capharnaüm sans nom... Il semblerait qu'on vende absolument de tout, au Tatanka Trading Post ! De tout, sauf... de quoi manger !
Je demande à la mamie s'il y a un resto dans le coin. D'un air peu engageant, elle me répond que non, et me demande ce que je cherche dans son magasin... Croyez-le ou non, chez elle, pas de barres chocolatées, de boissons softs, de sodas, rien de tout ça... Heureusement, alors que je m'apprête à déclarer forfait et à lui acheter une carte postale en désespoir de cause, j'avise quelques minuscules paquets de pretzels et de chips. C'est toujours ça !
Je jette mon dévolu sur quatre paquets, donne à la mamie une quantité de dollars absolument disproportionnée par rapport à la taille de mes sachets, et sors du Trading Post sans demander mon reste...
C'est tout dépités que nous quittons Scenic en mangeant les quatre pretzels et les cinq chips qui se battent en duel dans nos sachets rikikis...
Scène 4 : Où ça va de mal en pis...
Vous savez quoi, amis roadtrippeurs ? La route droite et plate entre Scenic et le bled suivant sur la SD-44 W nous a semblé longue, bien longue... d'autant plus que la visibilité était mauvaise, très mauvaise... et que l'horizon était soudain devenu gris, extrêmement gris...
L'air semblait chargé de choses toxiques, comme si un gros nuage de pollution avait enveloppé toute la région, des centaines de kilomètres à la ronde.
Vous avez déjà connu ça, la boule d'angoisse qui vous saisi l'estomac quand vous avez l'impression que quelque chose ne tourne pas rond ? Chéri-chéri et moi l'avons tous les deux eue cette impression, sur cette route...
Bref, le bled salvateur, pour notre estomac, ça a été Green Valley. Imaginez une famille de roadtrippeurs français s'arrêtant à la première station service qu'elle trouve sur son chemin, et s'engouffrant dans le
convenience store à la recherche de quelque chose à manger, sans manquer de remarquer la forte odeur de fumée dans l'air !
Nous jouons de chance sur ce coup-là, car le
convenience store a un petit stand "fast-food" où nous pouvons acheter des hot-dogs. Il y a également quelques chaises et deux tables, et nous mangeons donc là, dans le magasin de la station service ! La loose totale !
En payant notre festin, je demande au gars à la caisse s'il en sait plus sur le nuage dans lequel nous nous trouvons, et sur cette troublante odeur de fumée dans l'atmosphère. Il me répond que les vents ramènent les fumées de plusieurs incendies monstrueux qui font actuellement rage dans le Montana et au Canada, et que c'est très angoissant pour tous les gens du coin : ils n'ont jamais vu ça !
Nous ne nous attardons pas, et prenons la route de Custer. Je ne prends aucune photo en route, non seulement parce que je trouve que les paysages ne sont pas terribles, mais parce qu'en plus, le coeur n'y est pas, avec cet air enfumé et embrumé tout autour de nous...
Deux heures quinze après avoir quitté les Badlands, nous voici enfin arrivés en vue du fameux Crazy Horse et de notre destination du jour, Custer.
L'air est toujours aussi crado et je me sens vraiment très angoissée...

Mais voyons si Crazy Horse parviendra à nous changer les idées !
Scène 4 : Où on fait un stop pour voir le Cheval Fou
Nous faisons donc un arrêt pour voir la fameuse statue du grand chef sioux Crazy Horse, mémorial dont la construction n'en finit pas depuis 70 ans qu'elle a débuté sur un sol considéré comme sacré par certains amérindiens...
En 1939, le sculpteur Korczak Ziólkowski (qui avait participé à la réalisation du Mont Rushmore pour le compte de son créateur, Gutzon Borglum), reçut une lettre du chef indien Henry Standing Bear, disant entre autres : "Mes camarades chefs et moi-même aimerions que l'Homme Blanc sache que l'Homme Rouge a de grands héros, lui aussi."
Ziólkowski démarra le chantier de taille de la montagne en 1948.
Ziólkowski mourut en 1982. Sa veuve Ruth, décédée en 2014, ainsi que sept de leurs dix enfants, sont restés très impliqués dans la poursuite de son travail, pour laquelle aucune date d'achèvement n'est encore fixée.
Le visage de Crazy Horse fut terminé et inauguré en 1998. Lorsque la sculpture dans son ensemble sera terminée, il s'agira de la plus grande sculpture au monde.
Outre la sculpture, le mémorial est également composé de l'Indian Museum of North America, et du Native American Cultural Center. Le complexe dans son ensemble est désormais la propriété de la Crazy Horse Memorial Foundation.
Lorsque j'avais préparé mon voyage, j'avais beaucoup hésité à inclure cette visite à mon roadbook. Après moult hésitations, découragée par le coût assez prohibitif de l'entrée, j'ai finalement décidé de faire juste un arrêt-photos devant le mémorial, mais de ne pas y entrer. Désolée pour les amérindiens et la Crazy Horse Memorial Foundation, nos deniers n'ont pas aider à financer l'avancement de la sculpture...
Alors que nous reprenons la route vers Custer, nous jettons un dernier petit coup d'oeil dans le rétro...
Nous nous arrêtons à nouveau un peu plus loin sur la route... On prend mieux la mesure de la tâche qu'il reste à accomplir !
Bref, c'est pas tout ça... L'air est toujours aussi gris. Apparemment, les Black Hills n'échappent pas à la pollution générée par les incendies qui font rage plus au Nord !
Scène 5 : Où l'on termine quand même bien la journée !
Peu après 15h, nous faisons notre check-in à notre hôtel, le Best Western Buffalo Ridge Inn où nous allons passer les trois prochaines nuits. Il s'agit d'un hôtel de chaîne sans prétention mais avec tout le confort nécessaire, très correct sans être extraordinaire.
Nous sommes tous épuisés, et personnellement, je suis un peu secouée par l'atmosphère enfumée. Nous nous posons dans notre chambre, et geekons un peu avant de ressortir pour profiter de la piscine et du jacuzzi de l'hôtel ! Une fin d'après-midi cool, à se détendre, ça fait du bien en cours de roadtrip !
Vers 19h, c'est fraîchement douchés, et pomponnés, que nous prenons la direction du centre-ville de Custer. Ce soir, nous avons rendez-vous un rendez-vous au sommet avec d'autres roadtrippeurs ! Et le ciel a retrouvé semble avoir retrouvé son bleu !
Nous avons de l'avance... mais les personnes que nous devons rencontrer en ont autant que nous

et nous tombons sur eux dans la rue, un peu avant l'heure de notre rendez-vous au Black Hills Burger & Bun Co. Avez-vous deviné de qui il s'agit ?
Hé oui, il s'agit de notre HPR38 national, et de son adorable femme Nicole ! Hubert et moi avions prévu ce rendez-vous de longue date, depuis que nous étions rendu compte que nos routes se croiseraient à Custer.
Séance photos obligatoire !
On jour au jeu des 7 différences ?
Nous nous baladons un peu dans les rues de Custer, puis nous rendons au restaurant. Ce soir, ça sera burger-frites pour presque tout le monde (Nicole préfère la salade pour une raison qu'elle vous expliquera, si elle le souhaite, dans le futur carnet d'HPR38 rédigé par elle-même !

).
Nous passons une charmante soirée en leur compagnie et échangeons bien sûr sur nos voyages et parcours. Entre Nicole et les enfants (surtout Louloutte), le courant passe instantanément !
Et je vais vous laisser sur cette photo du bison de Custer...
Dans le prochain épisode, nous arpenterons les routes du Custer State Park, et nous nous recueillerons à Mount Rushmore... J'espère que vous serez des nôtres !
