Jour 3 : lundi 01/08
Le réveil est une nouvelle fois très matinal, même si je me réveille un peu plus tard que la veille… un peu avant 5h00.
Je m’y attendais. Il m’avait fallu au moins 3 nuits pour ne pas me réveiller trop tôt les fois précédentes.
Je tue le temps sur internet le temps que le réveil sonne.
On avait trouvé hier soir un endroit où prendre le petit-déjeuner, à Morton à 1h de route en direction du Mt St Helens.
Mais ça n’ouvrait qu’à 8h00.
On a pris notre temps pour être sur la route à 7h00
Un timing quasi-parfait. On est arrivés à 7h58.
Aaaaaaaahhhhhhhhh le retour des petits-déj américains… Que c’est bon.
On quitte ensuite la ville de Morton, dont l’activité principale de la ville est l’exploitation forestière, pour le Mt St Helens.
On a croisé énormément de panneaux sur la route durant ce séjour concernant les élections de mi-mandat à la fin de l’année.
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Petit aparté politique, mais ce qui nous a le plus marqué par rapport à notre précédent voyage, et les médias en France en parlaient, c’est la scission entre deux parties de la population.
Autant au
Wyoming ou au Montana, pas de distinction, ils sont tous pro-Républicains à 200%.
Mais en
Washington et Oregon, la différence entre ville et campagne est hallucinante !
On le verra plus tard à Portland et
Seattle, dans ces grosses villes, c’est
black lives matter et signes LGBT affichés partout, bref le côté tout à gauche du parti démocrate.
Dans les campagnes de ces deux États, c’est exactement l’inverse.
Des drapeaux et pancartes devant les maisons affichant les slogans de campagne de Trump « Make America Great Again » et «Keep America Great », mais également des pancartes Trump 2024, et surtout énormément de pancartes "Trump Won ! "
On est même tombés sur deux pancartes ce matin là qu’on n’a pas eu le temps de photographier. La première disant que Biden était un incapable et le pire président de l’histoire du pays, et la deuxième avec une offre d’emploi pour aller le liquider.
On pourrait en rire, mais entre le fait que les tensions soient tellement exacerbées chez eux (comme chez nous d’ailleurs), que Trump passe son temps à jeter de l’huile sur le feu, que Biden ne peut pas s’empêcher de parler de Trump même sur des sujets n’ayant aucun rapport, et avec le fait que tout le monde peut posséder des armes de guerre chez soi, ça pourrait très mal se passer dans les années à venir…
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La route est longue pour arriver jusqu’à Johnston Ridge Observatory.

On ne croise quasiment personne au point qu’on commence à se demander si on ne sera pas seuls à l’arrivée…
On finit enfin par en voir le bout, où le parking est loin d’être plein. Un bus et une petite dizaine de voitures.
L’arrivée sur l’observatoire nous en met plein la vue.
Le Mount Saint Helens en impose !
On l’oublie souvent, mais le Mt Rainier et tous les principaux sommets situés sur l’axe nord-sud de la Chaine des Cascades entre la Colombie Britannique et le nord de la
Californie sont tous des volcans.
Et le Mt St Helens est là pour nous le rappeler avec son trou béant.
On est restés un petit ¼ heure là haut, car de gros nuages arrivent. On se prendra quelques gouttes juste après avoir quitté le parking.

Quand on s’arrêtera à un ou deux points de vue, on réalise qu’on est partis juste à temps, car ce n’était plus 2-3 gouttes qui tombaient au loin…
On arrive vers l’Interstate 5 pour aller à Portland, mais on veut d’abord faire le plein d’essence avant de s’y engager.
On est tombés sur 2 stations qui n’avaient que des bornes automatiques fonctionnant par carte.
En désespoir de cause, on est allé dans une station Shell juste avant d’atteindre l’autoroute où on pouvait payer en cash.
C’était la première fois après 2 road-trips précédents qu’on comparait les prix du gallon entre les stations.
Et bien on s’est rendu compte au cours du voyage que les stations Shell sont... les plus chères
Et également que l’essence était globalement la plus chère dans l’Etat de
Washington, et que le Montana avait les prix les plus bas que nous ayons vu.
Le dollar et l’euro étant à 1 pour 1, on avait juste la conversion litre/gallon à faire. On est à environ 1.5€ le litre là-bas.
Je me suis amusé à reprendre une fois rentré en France le tableau que j'avais tenu concernant les dépenses d'essence lors de notre précédent roadtrip.
Malgré le gros SUV qu'on avait, c'était très rare qu'on dépense plus de 50$ pour un plein.
Cette année, le plein de notre
voiture nous revenait toujours au dessus des 60$.
On descend jusqu’à Portland sur une I5 où la circulation est très dense.
On traverse Portland avec ses enchevêtrements de jonctions d'autoroutes
On se rend d’abord au siège mondial de Nike dans l’ouest de l’agglomération.
On s’est pris un bon coup de chaud en sortant de la
voiture. On est redescendus quasiment au niveau de la mer en altitude et on arrivait sur la fin d’une vague de canicule (j’avais vu en France avant de partir qu’il faisait plus de 38°C trois jours plus tôt), mais il faisait encore plus de 30 cet après-midi.

On a commencé à s’avancer un peu. Chaque batiment a un nom de sportif en fonction du département/sport concerné.
Michael Jordan pour le basket, Tiger Woods pour le golf, McEnroe pour le tennis, Ronaldo (le gros) pour le foot... mais on est très vite tombé sur un employé qui, après nous avoir demandé dans quelle branche on travaillait, et voyant qu’on n’avait aucun lien avec le sport, nous a poliment fichu dehors.
On traverse la ville pour se rendre à notre
motel qui se situait de l’autre côté de la rivière.
On prend nos quartiers dans la chambre qui est 3x plus vaste que celle des 2 nuits précédentes.
J’avais choisi ce
motel pour son prix et sa localisation. Car il avait l’avantage de se trouver à l’intersection de 2 lignes de tramway.
Sauf qu’on s’est rendu compte une fois sur place que c’était également un bruyant inconvénient à cause du bruit que faisaient les tramways lorsqu’ils passaient sur les voies perpendiculaires…
Personnellement, je n’avais pas eu envie d’aller à Portland. Mais mon frère tenait absolument à y aller car une de ses (anciennes) collègues lui avait assuré que c’était une ville formidable et hyper sympa.
J’avais eu beau chercher sur internet quoi voir dans cette ville, mais excepté les brasseries, je n’avais rien trouver à part quelques infrastructures ou bâtiments.
On se trompe de tramway en voulant se rendre en ville. Je voulais partir au sud pour ensuite traverser à pied Burnside Bridge pour arriver en plein Old Town.
Au lieu de ça, on a pris le Steel Bridge, qui est le plus vieux pont levant du pays, qu’on avait pris en
voiture 1/2h plus tôt. Tant pis.
On est descendus au premier arrêt Old Town / Chinatown.
Et là, malgré la chaleur étouffante, ça a été la douche froide…
Mon frère a résumé la ville en une phrase : belle de loin mais loin d’être belle.
J’avais pour ma part un mot pour la résumer : unsafe.
Nous n’avons croisé dans le Old Town quasi exclusivement que des sans-abris et des toxicos !
En descendant du tram au début, on se dit qu’on est tombé sur la mauvaise rue, et qu’à la suivante ce sera moins craignos.
Mais au bout de la 4ème rue à aller dans un sens ou dans l’autre, toujours le même constat…
Alors est-ce qu’on est tombé le mauvais jour de la semaine ? Peut être est-ce plus animé le week-end ? Est-ce que la situation s'est fortement dégradée depuis la crise covid ?
On avait l’impression de revivre notre expérience à
Venice Beach, qu’on avait vu une première fois un week-end 5 ans plus tôt où il y avait un monde fou et où les sans-abris étaient ultra-minoritaires et se tenaient tranquille.
On y était retournés en 2019 en milieu de semaine où il y avait beaucoup moins de monde et où les sans-abris étaient moins en minorité et beaucoup plus présents et agressifs pour certains.
Mais cet après-midi à Portland, on n’était pas en minorité, on était seuls au monde…
On a croisé aucun touriste dans la vieille ville ! Et on sentait bien les regards braqués sur nous à de nombreux moments.
On a rangé très vite les appareils photos dans les sacs à dos et utilisé les téléphones pour les photos.
On est remonté jusqu’à la gare du Union Station.
On est ensuite descendus jusqu’à Burnside Bridge.
C’est dommage car l'architecture des bâtiments de la vieille ville sont sympas.
Mais à même pas 17h00, on avait qu’une envie : trouver une brasserie pour manger et oublier, et ne plus trainer en ville.
On se dirige vers la brasserie 10 Barrel, à l’ouest du old town
En chemin, une fois après avoir passé North Park Blocks, l’ambiance a changé d’un coup.
Quasiment plus de homeless et on croise de nouveau des gens "lambdas"…
On arrive devant la brasserie qui est… fermée le lundi.
Pourtant j’avais bien vérifié plusieurs semaines avant en regardant les différentes brasseries de la ville les jours de fermeture. Et je me rappelle que beaucoup de brasseries étaient fermées le lundi, mais pas celle-là.
On en tente une deuxième sur ma liste, la brasserie Von Erbert.
Bingo, elle est ouverte !
Hormis une impossibilité d’accéder au menu avec nos téléphones français qui se faisait par un QR code qui a forcé les serveurs à ressortir des menus papiers du fond d’un tiroir, on a passé un bon moment.
On a repris un tramway qui nous a déposé devant notre
motel à 20h00.
Moi qui tiquais quand je faisais mes repérages sur internet devant les horaires de fermeture des brasseries (ils tiraient tous le rideau à même pas 22h), je n'imaginais pas un instant qu'on serait de retour à cette heure-là...
Je spoile la suite, mais je ne surprendrai personne si je dis que Portland a été le plus gros flop du voyage. On n’a heureusement pas rencontré pire…
