Après quelques semaines d'absence, voici la suite !
Jour 23 – Mercredi 8 mai
Ce matin, je me réveille en douceur après une bonne nuit de sommeil au chaud. La météo s'annonce encore incertaine, avec un soleil timide mais des nuages noirs au loin. De plus, il a plu une bonne partie de la nuit, et le sol est encore bien mouillé. Mon programme du jour, qui était le combiné de slots canyons de Peek-a-boo et
Spooky Gulch ne sera pas possible. Je suis déçue parce que ces canyons me faisaient de l’œil depuis plusieurs mois, et je savais qu’ils représenteraient un challenge à faire en solo. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois !
Vu les températures, je n'ai pas très envie d'aller voir du côté de fall creek non plus. Avec les averses quasi constantes et l’humidité, j’avoue en avoir un peu marre de l’eau pour l’instant.
L'avantage de la région étant qu'il y a tout de même pas mal de choses à voir dans le coin. Je décide de me rendre directement à
Kodachrome, même si ce n'était prévu que pour demain.
Il est déjà 8 heures passé lorsque je prends la route et quitte
Torrey. Comme vous l'aurez compris lors mon épisode précédent, je ne recommande pas cette "ville". C'est mort, pas très beau et vraiment un passage étape plus qu'autre chose. Ne comptez pas non plus vous y ravitailler, il n'y a qu'une petite supérette bien coûteuse.
Je démarre la
voiture, mets le chauffage et c'est parti pour la fameuse route UT12. Les paysages sont encore enneigés, quels changements par rapport à 2017 !! D'ailleurs, le charme opère moins. Les arrêts se font en express car les parkings sont très humides avec la neige qui se transforme en gadoue. Il fait très froid, d'autant plus que le vent souffle et qu'il pleut, j'ai donc du mal à apprécier pleinement les paysages qui s'étendent sous mes yeux. Je ne suis pas venue ici en vacances d'hiver

Le temps étant de plus en plus couvert, avec l'horizon chargé de brume, je ne m'arrêterai pas à tous les points de vue. La prudence est également de mise sur la route afin de ne pas glisser sur les quelques plaques d'eau encore verglacée.
J'ai des souvenirs de mon passage ici avec Julia qui me reviennent, et sur le moment ça me manque de ne pas avoir ma partenaire de voyage, d'autant plus que nous nous étions arrêtées à la fameuse False Kiva Coffee House et qu'on avait adoré profiter de ce petit moment de détente en dégustant un bon café

. Par nostalgie teintée d'un peu de tristesse, je préfère ne pas m'y arrêter en solo cette fois-ci.
Je me rabats sur un café de station essence, et décide de sortir du classique café noir pour tenter le cappuccino toffee. Une horreur. Le liquide est épais, presque de la crème, ultra sucré : même dilué à l'eau le mélange n'est pas fameux. Tant pis, toutes les découvertes ne peuvent pas s'avérer être de belles surprises

.
Je retrouve quand même de beaux paysages
Les miles défilent, et j'arrive à destination en fin de matinée.
Kodachrome doit son nom à Kodak et à la National Geographic Society qui l’avait nommé ainsi à la suite d’un reportage photo réalisé dans le parc. Au départ, ce parc s’appelait d’ailleurs Chimney Rock SP, avant d’obtenir l’accord de Kodak pour donner son nom au parc que l’on connait aujourd’hui.
Ce parc est constitué de geysers pétrifiés qui sont devenus les colonnes ou cheminées que l’on observe aujourd’hui. On en compte officiellement 67 et certaines mesurent plus d’une dizaine de mètres. Ces conduites sédimentaires sont le fruit de plus de 180 millions d’années d’histoire géologique… avec peut-être par le passé une similitude avec Yellowstone puisque les cheminées sont les vestiges d’anciens geysers et sources chaudes qui se sont remplis de sédiments avant de se solidifier.
Les Amérindiens ont vécu dans la région avant que les éleveurs de bétails de la région n’utilisent le bassin comme pâturage au XXè siècle.
Je m'acquitte du droit d'entrée et prend directement la direction de Panorama trail. Mes intestins sont un peu en vrac, peut-être la faute du "café" ?. Je choisis cette randonnée car sa distance est modulable, en cas de besoin, je pourrai regagner la
voiture plus rapidement.
C'est tout de même la plus grande randonnée située dans la partie Ouest du parc. Celle-ci permet de voir de nombreux geysers pétrifiés et autres formations géologiques. Deux alternatives sont possibles :
- Avec un passage par Cool Cave (9.7km, 3h30) :
o Indian Cove : grotte naturelle avec des marques de mains
o Ballerina Spire : un des plus hauts monolithes du parc
o Hat shop : quel hoodoos allez-vous ramener chez vous ? Faites votre choix dans cette partie du parc !
o Secret Passage : ce passage n’a de secret que son nom, on y trouve de nombreux teepee
o Cool Cave : un superbe canyon aux parois hautes de plusieurs dizaines de mètres
- Sans le passage par Cool Cave (4.8km, 1h30)
o Panorama point : offre une vue panoramique (on n’aurait pas deviné) sur le parc
Le ciel reste mitigé, majoritairement gris avec quelques discrets rayons de soleil.
Parfois, on peut même dire qu'ils sont très discrets.
On ne peut pas dire que le temps soit Nickel-Chrome. On est d'acc o' d'acc ?
A peine ai-je démarré les premières minutes de marche qu'il commence à pleuvoir à grosses gouttes. Heureusement, celles-ci ne sont pas trop violentes, en tout cas pas suffisamment pour me tremper. Je croise quelques personnes qui font demi-tour juste après Indian Cave, mais j'ai envie de continuer.
Les belles gouttes d'eau sur l'objectif et la photo mal cadrée
Vue depuis l'intérieur de la cave. J'ai pas la même chez moi !
J'apprécie déjà beaucoup ce parc aux couleurs orangées qui sont resplendissantes dans cet environnement météorologique. Je m'équipe de mon superbe k-way et protège mon Reflex avec la casquette de marque signée Roadtrippin.
C'est ce que l'on appelle avoir des casquettes différentes !
Je suis seule sur le site - ou en tout cas je ne vois personne à l'horizon - ce qui me permet encore une fois de m'imprégner pleinement des lieux en toute tranquillité. La randonnée permet de se rapprocher au plus près des formations rocheuses, dont les noms sont inventifs. Je me prends même à apprécier les gouttes d'eau sur mon visage, et le vent qui vivifie le corps et l'esprit.
Je me sens bien. J'ouvre pleinement mon corps et mon esprit aux éléments de la nature, acceptant d'être infiniment petite à l'échelle de l'univers. C'est un beau moment
Je déambule parmi les formations rocheuses, y repérant des formes humaines ou animales. Mon esprit vagabonde au rythme de mes pas et des gouttes de pluies qui parsèment le chemin. Celles-ci semblent d'ailleurs se calmer petit à petit.
A la vie à la mort
Mes troubles intestinaux tiennent le choc, je décide donc de faire la boucle par Cool Cave. Assez petite de périmètre, c'est par sa hauteur que cette cave en impose. En effet, les murs s'élèvent sur plusieurs mètres et se referment, créant ainsi une chambre froide à l'écho mystérieux. Ce doit être une pause bien sympathique à l'abri de la chaleur pendant les mois d'été. Pour ma part je frissonne. Malgré l'exercice physique de la marche, les températures restent suffisamment fraîches pour avoir rapidement froid lorsqu'on ralentit le rythme.
Entrée de la grotte. Merci d'essuyer vos pieds.
Je redémarre pour rejoindre la boucle principale. En chemin, je croise un petit groupe d'amis que je dépasse. Je les entends commenter mon k-way et décide donc de m'arrêter pour entamer la conversation. Ils ont bien aimé l'inscription "The storm will pass" au dos du k-way.
https://store.twloha.com/collections/cl ... ain-jacket
Je leur explique qu'il vient de l'association TWLOHA (To write love on her arms), qui lutte contre le suicide. Ils sont très présents sur les réseaux et dans différentes manifestations, à la fois sur un plan prévention, et également pour de l'accompagnement et de l'écoute. Ils ont une boutique en ligne, dont tous les bénéfices sont reversés au développement de l'association. Ainsi, l'inscription "The storm will pass" est à prendre au sens littéral, mais également en signe d'espoir par rapport aux tempêtes intérieures que l'on peut traverser.
Ils semblaient assez intéressés par l'explication est ont demandé à prendre des photos de l'inscription et du nom de l'association. Ça fait toujours plaisir de pouvoir partager des informations sur des causes qui me tiennent à cœur et j'ai beaucoup apprécié ce moment d'échange. Comme quoi, la pluie a du bon !! Après ce moment fort sympathique, je continue la randonnée.
Le dernier objectif est d’atteindre Panorama point, afin de découvrir toute l’étendue du parc. Pour cela, en toute logique, il faut grimper un peu. L’air se refroidit encore, avec des grosses rafales de vent. Mieux vaut bien tenir ses affaires et être bien couverts car avec l’effort de la montée, on transpire.
J’atteins le sommet et la vue est exceptionnelle.

[
Il est temps d'entamer la descente, sous le vent. Je ne sortirai pas la grand'voile, par contre ma casquette a bien failli faire comme si elle quittait la terre pour prendre son envol et devenir lost anywhere in the USA. D'ailleurs, je re-croiserai le groupe d'amis de tout à l'heure et rattraperai un de leur chapeau qui a tenté de retrouver sa liberté.
Alors que j'arrive à la
voiture, je peine à enlever ma veste et poser mes affaires sans que tout ne s'envole. Les rafales de vent sont vraiment imprévisibles et le moins que l'on puisse dire c'est que ça décoiffe ! Heureusement que le roadtrip ne nécessite pas d'avoir un brushing parfait

.
Je décide de manger un petit quelque chose dans la
voiture, afin de voir si mes intestins sont prêts à tolérer de la nourriture. Vais-je pouvoir continuer la découverte du parc, ou bien le restant de l'après-midi se transformera en repos forcé ? La suite, au prochain épisode
