
PARTIE 1
Spoiler
La liste des inscrits est déjà longue comme un jour sans pain, et nos espoirs de réussite quasiment nuls. Mais qui ne tente rien, n’a rien.
La réponse est prévue pour le premier Février, et c’est aussi le jour des inscriptions pour Coyote Buttes South (pour le mois de Mai).
Donc, même si j’obtiens le permis pour CBN, je m’inscrit aussi pour CBS.
Le premier Février, vers 18h00, et comme attendu, je reçois une réponse négative du BLM pour « The Wave », et à 20h00 pétante, après avoir rafraîchi la Page, je commence mon inscription pour le permis de CBS. Seulement, j’habite à la campagne, et ma connexion est lente. Au moment de payer le permis, PAF, trop tard, toutes les places sont attribuées. Autant vous dire que j’avais le moral dans mes chaussettes de rando. Les points d’orgue de ce roadtrip, venaient en l’espace de 2h00, de s’évanouir.
Pascale, elle, encaisse le coup sans broncher, et me dit d’aller voir sur le site de Dreamland (une compagnie de guides) ce qu’ils proposent comme excursions sur le secteur des Vermilion Cliffs.
En cherchant, ils peuvent organiser une journée à White Pocket, site accessible sans permis, mais seulement avec un 4x4 haut sur pattes.
Je leur envoi donc un mail, en leur expliquant les déboires de la journée, et en leur demandant leurs disponibilités pour les 3 jours que nous passons à Kanab.
Je reçois le lendemain une réponse, me disant que oui, ils peuvent organiser une excursion vers White Pocket, mais aussi, si je suis intéressé, pour le Dimanche 26 Mai, ils ont de prévu un autre tour :
-Si obtention d’un permis commun par Dreamland/ journée « The Wave »
-Si pas de permis pour CBN, tentative d’obtention du permis pour CBS : journée combo CBS/ White Pocket.
Si pas de permis pour CBS, juste journée White Pocket.
Je recommence à vivre, et ni une ni deux, nous inscrits pour cette journée. Je signe en ligne une décharge pour le permis de CBN ( comme quoi je ne peux en aucun cas, le Samedi 25 Mai, participer de mon côté au tirage au sort), et je règle la moitié de la somme.
A ce moment là, une petite idée germe au fond de mon esprit tortueux :
-Imagine que tu fasse CBS et White Pocket avec Dreanland, que le lendemain tu tentes ta chance pour CBN, que tu gagnes, et bien le Mardi, tu fais « The Wave ». Ce serait le top hein !!
La réponse bientôt…
Sur soi-même, on en apprend tout les jours.
A condition de gratter le vernis qui recouvre l’apparence de ce que l’on laisse paraître, et surtout de ses certitudes.
Moi je dis ceci, Moi j’ai vu cela, Moi j’ai tout fait… Moi je, Moi je…
Pas besoin d’aller voir un Psy devant un tel spectacle. D’office, il te remet à ta place, d’office, tu sais qui tu es.
Je savais que cette journée serait riche émotionnellement , la plus forte de tout le parcours.
Ais-je une sensibilité plus accrue que d’autre à la nature qui nous entoure ? Certainement.
J’aurai pu y rester des heures, je pourrai y retourner de nombreuses fois.
Un peu lourd comme entrée en matière de cette merveilleuse journée, n’est ce pas ?
Pourtant, je ne vous livre que mon ressenti, ma perception.
Aurait-elle été différente si les personnes qui nous ont accompagnées ce jour là, n’étaient pas venues chercher les même choses que nous, aurait-elle été différente si nous n’étions venus ici que pour accrocher un « autre lieu » à un tableau de chasse ? Je ne sais pas.
Alors, qu’ais-je appris que je ne sache déjà sur moi-même ?
Désolé, mais je le garde pour moi. Par pudeur.
Et si je n’ai qu’un seul souhait, ce serai de pouvoir y retourner un jour, mais c’est un souhait égoïste, alors, si je n’en fais qu’un, ce serai celui que vous, vous y aller ou y retourner un jour.
Mais au fait, vous ais-je dit où je vous emmène aujourd’hui ?

Tout commence sur le parking de Dreamland. Le hangar qui sert de base arrière et de bureau, se situe à quelques miles à la sortie de Kanab, en direction de Page.
Nous y sommes pour 8h30. Le départ est fixé à 9h00.
Nous y faisons la connaissance de Baylie, notre guide , qui aura la lourde tâche de nous conduire, nous faire à manger, nous expliquer, nous montrer tout ce qu’il faut voir. Je la remercie encore pour sa bonne humeur, son attention, son extrême patience, et du temps passé (11heures) du départ au retour à Kanab.

Après avoir rempli les dispenses, nous rencontrons DJ, un grand Gaillard Hollandais très sympa. Il nous accompagnera, ainsi que Liz et Peter, un couple d’Américains, eux aussi sympathiques.
Nous les récupérons sur le parking du BLM, puis prenons la direction de Fredonia.
Petit arrêt au Jacob Lake, puis au niveau de la House Rock road, Baylie enquille la piste.
Elle est plutôt en bon état cette piste, et, plus loin, nous nous arrêtons à Condor View.
Nous ne les verrons pas ces fameux condors.



La piste qui mène à CBS est plus technique, sablonneuse, avec par endroit un peu de franchissement. Elle nécessite un 4x4 haut sur pattes.
Après environ 1 heure, nous arrivons sur le parking de Cottonwood Cove. Il est 11h30, et Baylie, après consultation, prépare le repas. Simple, mais en quantité largement suffisante pour rassasier 6 estomacs.
De ce petit parking, où seul un autre véhicule est garé, nous apercevons déjà les buttes de Coyote, et savons que la journée sera magnifique.
Après avoir mangé, nous nous engageons à la queue leu leu derrière Baylie sur le petit chemin sablonneux qui mène aux buttes. 15 minutes sont nécessaires pour y arriver. DJ, lui, est passé en tête du convoi, alors que je traîne derrière, à m’imprégner du paysage. Je joue encore avec mon impatience, retardant au maximum l’impact visuel.
Et puis, c’est le choc, la claque, qui te laisse sans voix, les yeux grands ouverts, comme pour tout absorber, tout retenir.
Mais où sommes nous ?
Cet endroit existe t-il vraiment ?
Les roches se disputent à coup de strates bizarres et de couleurs improbables.
Irréel, fascinant.
Dans un premier temps, je suis incapable de prendre des photos. Es ce que ma caméra enregistre ? Je ne sais plus.
Me fondre, et ne faire qu’un…
Puis revient le moment de reposer pieds sur terre, et d’immortaliser le temps et l’espace.
Pourtant, je ne ferais pas tant de photos que cela. Je veux me souvenir, sans avoir recours à une carte mémoire, de ces rochers, ces piscines pleines de vie, ces couleurs, de cette dimension immense, et cependant si concentrée, de cette force exprimée, et cependant si fragile…
Vue du parking de Cottonwood. Le soleil, pour l’instant brille, mais il est accompagné de vent.

Sur le chemin qui mène à CBS, en arrière plan, on distingue les sommets enneigés du Grand Staircase Escalante.

Son bleu se détache de la couleur sable.

On approche.

La voila la claque.
Me fondre...

Lignes de vie.

Buttes magiques.

Potholes vivante.



Crème glacée, vanille, café, fraise…



Virage de gouaches.


Strates de sable.



Nature vivante.


Champignons complexes.



Pink river.

Dragon Chinois.


Sculpture à la Dali.



Vague de strates.


Reflet irréel.

Gardien d’un autre âge.


Jupiter.


Au bout de 2h00, Baylie nous regroupe. Elle veut nous montrer une dernière merveille avant de partir.
Comme je filme, elle demande à nos compagnons de journée, s’ils veulent bien me laisser entrer le premier, et après leur accord, je franchis avec beaucoup de précaution les quelques mètres qui me sépare de la petite vague de Cottonwood Cove.
Instant en dehors du temps.






(Allez voir la vidéo, elle est
Puis, c’est l’heure de quitter ces lieux.
Alors, une dernière photo.

Après 2h30 de visite, nous sommes de retour au véhicule.
Baylie, constatant que nous avons passé plus de temps que prévu sur le site, nous demande si nous avons quelque chose de prévu pour ce soir. Il nous reste un site à explorer, et elle sait que le temps de le rallier, et de le visiter, la journée n’est pas encore finie.
Mais tous on s’en fout de la soirée.
On est là, et on a toute la vie...
La vidéo sur Cottonwood cove.
A+


