Jour 6 : 04/07/2018
La nuit …dans un tipi c’est :
La nuit est chaude,
Elle est sauva-age,
La nuit est belle
Pour ses otages.
En tant que parents responsables, inquiets de la survie de l’espèce

, nous avons alimenté le feu toute la nuit pour notre progéniture confortablement enfouis dans les sacs à viande

.
Ah c’est sympa la vie d’aventurier (punaise c’est pire que les nuits après accouchement

).
Bien évidemment est arrivé le moment fatidique que je redoutais tant : le temps d’aller changer l’eau des olives

… et là hors de question que je m’aventure seule hors de la tente au milieu d’ours, d’orignaux, d’araignées et consorts

. Je réveille l’Homme qui venait vaguement de tomber de fatigue pour qu’il m’accompagne (on m’a dit à la mairie pour le meilleur et pour le pire et comme dans la vie y’a pas que le cul

(ni les lapins bleus

)…) et bien…) on prend la lanterne et tournez c’est la fête, bras dessus dessous, on se dirige vers les toilettes communes

.
L’Homme me propose d’éclairer les WC à la lanterne, « Que nenni, lui répondis-je, je ne veux absolument pas savoir quelle bestiole me regarde

».
Retour au bercail, enfilage de sac à viande et endormissement…jusqu’à ce que je sente sur l’infime partie de mon corps resté hors de protection, une sensation humide

…
Punaise un ours

! Non. Mon mari

? Non plus. La pluie fait des claquettes sur le tipi. Impeccable, manquerait plus que la neige comme ça on aura fait le Vivaldi du tipi

.
Bon 5h du mat, j’ai des frissons (chanson de vieux par excellence

), l’Homme est debout et moi aussi (puis pas moyen de candycrucher puisque walou réseau

).
Enfin l’Homme… je ne l’ai pas tout de suite reconnu

. Il semblerait que durant l’attaque des Sith moustiques, Comte Dooku bibite ait tenté de lui ôter non pas un bras mais un morceau de chair sur la joue

(la preuve à l’appui).
On se dirige vers la salle d’accueil sous une pluie fine. Les animateurs sont déjà sur le pont, dans les autres tipis, ça pionce sec.
On discute avec eux de leur boulot, de la vie, de tout. C’est bien sympa.
On commence à préparer le petit déjeuner : café, thé, réchauffage de pancakes, de muffins.
On retourne chercher les enfants, accompagnés par nos copains les moustiques. On mange tout ensemble (enfin certains dorment encore) et on regarde tomber la pluie.
Une fois tout rangé, on attend le bateau qui doit nous emmener à l’auberge. C’est à ce moment exact, qu’une chavagne nous tombe dessus

. On est tous esquichés sous un petit abri avec nos valises.
« C'est une belle journée
Je vais me coucher
Une si belle journée… »
Bon, on embarque et nous voici revenu au point de départ (et on rigole bien en regardant ceux qui partent maintenant au tipi, vont être dans la bouillasse et les moustiques

).
On nous informe que les chambres ne sont pas prêtes (nickel, je pue le boucané et je vais rester comme ça toute la journée

) mais qu’il y a des douches communes au 1er pour se laver et des serviettes à disposition (enfin cachées dans un placard mais j’ai trouvé

).
Nous voilà donc au milieu du hall où Churchill et Roosevelt arrivaient en grande pompe en train de sortir culotte propre, soutif, et autres articles utiles quand on a choisi de ne pas séjourner dans un camp de nudistes

.
Bien évidemment, c’est avec cet attirail que nous arpentons les couloirs pour trouver les fameuses douches, tout en croisant d’autres clients au nez froncé (quoi vas-y dis-le que je pue et je te fracasse

).
Après une bonne douche réparatrice, on décide de faire une petite balade et de se diriger vers le barbecue géant de midi. Oui mais il a plus et :
Faudrait des bottes de caoutchouc
Pour patauger dans la gadoue, la gadoue, la gadoue
Et bien figurez-vous qu’ici, sont comme Free, z’ont tout compris

: bottes imprimé militaire, poncho camouflage. On est beau, j’ai l’impression qu’on vient d’intégrer les commandos marine ou les fusco

.
On prend la carte, et sac à dos, sac à dos, allons y let’s go…
Oui mais saloperie de moustiques

, des nuées encore.
La balade se fait au pas de course et je vous prie de croire que ça ronchonne sec (j’ai même entendu des grossièretés dans les rangs

).
Du coup, on arrive au barbecue à 11H30, mais las de nos pérégrinations, nous nous asseyons sur le ponton et attendons l’ouverture du buffet.
Vu notre arrivée tôtive

, nous avons choisi notre table au soleil (qui n’est pas mort

) et nous sommes rués sur le repas comme des hyènes affamées.
Au menu : soupe d’épinards, pulled pork et patates, brownie, café
C’est très agréable et les moustiques sont partis se reposer

.
Le retour est plus joyeux (ventre plein+ mort des moustiques = joie totale

). On peut enfin intégrer notre chambre. On se pose un peu avant… pour se réveiller 2H plus tard

!!
La vie d’indien Innu c’est fatigant…
La pourvoirie dispose d’une mangeoire à ours sur son domaine. L’Homme propose donc d’y aller en
Kayak pour voir si y'a Amandine et Bouba (de loin hein

). Encore une fois, on visualise la carte et hop dans la rabaska.
On pagaie, on pagaie
Où t'as mis la pagaie
Sous le grand sapin
Et les ours ils l'ont mangé
Et on peut plus pagayer (adaptée d’une chanson de colo)
Et bien tourne vire, pas moyen de trouver l’endroit … pas d’ours

.
Au final, nous nous baignons et regagnons les berges de l’auberge.
Après vérification de la carte, il semblerait que la mangeoire à ours était bien plus loin que ça et que moi j’aurais pas voulu continuer en disant que « N’importe quoi on avait vachement pagayé et qu’on allait jamais avoir assez de force pour revenir ». Pas mon genre…

, ou autre chose en tête ?
On se prépare ensuite pour le repas semi-gastronomique du soir (bon on fait pas la pépette vu la horde d’assoiffés de sang qui nous attend dehors

).
Le repas est excellent (potage, entrée, plat, dessert, café).
Puis, vite, vite on rejoint le feu de camp pour une veillée sur les expressions québécoises. On y retrouve les autres Marseillais (on n’est pas nombreux, y’a eu pas mal d’abandons après les tipis

). C’est très sympa, on échange nos expressions.
Et puis vient le temps d’aller caler l’orignal.
Demain on retrouve la civilisation et le WIFI

.
Cette parenthèse nature a été très sympathique (merci Laurence pour l’adresse

).