J6 : Dimanche 13 Août – Edge of too more haut
Yosemite National Park
Nous nous réveillons assez tôt ce matin avec l’objectif de quitter l’hôtel à 7h30. Un petit déjeuner dans la chambre à base de pain de mie, de miel de la vallée de Yosemite et de céréales et on rassemble nos affaires. Avant de quitter la chambre on fait une photo (ci-dessous) de la rivière qui passe juste au pied de notre terrasse, dans la brume matinale, c’est sublime. Le check-out est rapide et nous partons avec seulement quelques minutes de retard sur le planning. J’attendais cette journée avec impatience puisque Yosemite est un des sites qui me fait le plus rêver, je suis donc au taquet.
Nous pénétrons dans le parc et on prend rapidement la direction de Bridalveil Falls que nous avons rapidement aperçu hier. Il y a peu de monde mais la brume et la luminosité n’étant pas excellente, on décide de ne pas faire la courte balade prévue pour aller admirer cette cascade. On enchaine donc avec Tunnel View mais là encore, la vue n’est pas du tout dégagée et même si cela donne une atmosphère plutôt agréable, le rendu photo est pauvre. On décide donc de continuer vers notre premier trail qui doit nous mener de Taft Point à Glacier Point avec l’idée d’éventuellement revoir Tunnel View et Bridalveil en redescendant si la brume se dégage d’ici à cet après-midi.
On se gare au départ de Taft point, il reste encore pas mal de place vu qu’il est encore tôt. D’après les renseignements glanés ici même, et notamment grâce à Olivier qui a fait ce trail, on compte sur une navette pour nous ramener de Glacier Point à Taft Point. Nous commençons notre trail et on se dit rapidement que l’air a une drôle d’odeur. Ça sent la fumée de cheminée et le pin, on ne fait pas tout de suite la relation avec la brume toujours présente malgré l’altitude. Qu’importe, on est rapidement distrait par les écureuils et le début du trail en sous-bois est très agréable. On croise quelques randonneurs mais vraiment très peu et bien souvent on aura le sentiment d’avoir le parc pour nous tout seul. On croise aussi une biche et un cerf, le spectacle est envoutant, les garçons sont aux anges, moi aussi.
Nous rejoignons Taft point sans difficulté (le chemin est plutôt descendant jusqu’ici) en compagnie d’une autre famille française. Le site est juste vertigineux, au sens propre. Moi qui pensais ne pas avoir le vertige, je suis mal à l’aise devant le vide qui est à nos pieds. Je me dit d’ailleurs que c’est pas cool parce que j’ai toujours l’ambition de faire l’Angel’s Landing et du coup je flip un peu pour l’avenir. En tout cas, c’est magnifique même si à cause de la brume qui est en fait de la fumée, on ne voit pas très loin et la vue sur la vallée si impressionnante depuis ce site est du coup un peu gâchée. Bon en fera des photos sympas quand même mais pas celles qu’on croyait.
Après une petite pause on repart un peu sur nos pas puis on bifurque en direction de Glacier Point. Le trail est très agréable avec plein de point de vue sur la vallée. Ça monte, ça descend, c’est ludique. On perd un moment le sentier fléché mais on suit une trace bien distincte et on retrouvera le sentier normal un peu plus loin. Il nous faudra en tout environ 4h à un rythme tranquille (c’est le premier) pour boucler ce trail que je recommande vraiment. Nous voilà à Glacier Point, il y a nettement plus de monde et les garçons commencent un peu à râler et je remotive tout le monde en disant qu’on va rapidement retrouver notre voiture et les sandwichs. Un ado repu c’est pas toujours drôle mais un ado avec l’estomac vide ça peut carrément devenir dangereux. Je vais rapidement faire quelques photos mais là encore, la fumée est très présente. On aura confirmation de nos suppositions en voyant les panneaux sur les incendies. J’interroge un ranger à ce sujet et il me confirme que trois incendies sont en cours dans une autre vallée mais que les vents depuis quelques jours poussent la fumée dans la vallée qui nous concerne….c’est pas de bol. J’avoue que ça m’a bien frustré et je commence à me dire que nous sommes maudits. Après le Golden Gate, Yosemite. Je me reprends rapidement en me disant que de toute façon le trail était top donc, telle Laurie, j’adopte la positive attitude (on a des références de mélomane ou on n’en a pas…).
Nous partons en quête de la fameuse navette qui doit nous redescendre et là je comprends assez vite que y’a un truc qui cloche. Je n’en vois nulle part. On cherche un peu, on trouve bien des arrêts mais pas de navettes. Un troupeau de chinois attend auprès d’un des arrêts, je tente une approche auprès d’une bête isolée et lui demande dans mon plus bel anglais d’Oxford s’ils attendent également la navette. Elle part limite en courant se réfugier derrière une camarade et me regarde avec une angoisse perceptible comme si j’avais annoncé que je voulais envahir le Manchourie pour en faire une prairie géante d’élevage de lamas (rien à voir avec Serge ni Bernard). Bref, je capitule assez vite sentant bien que je n’obtiendrais aucune assistance des sino-stressés. A la fameuse question « quand est-ce qu’on mange », j’esquive le sujet, je feinte et riposte à base de barre de céréales tout en continuant de chercher si oui ou non il y a des navettes. Je vois une voiture de ranger, j’en profite pour me renseigner. La sentence tombe, les navettes ne sont mises en place que les jours de très fortes affluences et il n’y en aura pas aujourd’hui. Et comment je fais pour retrouver ma voiture et de quoi nourrir mes gamins qui sont à deux doigts d’attaquer les pneus de la voiture du ranger ? Réponse limpide…. « vous refaite le chemin par lequel vous êtes venu ou à pieds par la route mais c’est plus dangereux. Have a good day ! »
Solution rejetée à l’unanimité du conseil d’administration express qui s’est réuni sur le parking de Glacier Point. On passe en mode roumain et on commence à chercher des voitures susceptibles de nous ramener à la nôtre. Par chance on trouve rapidement un type sympa qui fait des navettes en pick-up pour déposer des clients d’un départ de trail à un autre. Il nous propose gentiment de nous ramener au parking où notre voiture nous attend. Vu la distance, on est super content parce que même par la route c’est effectivement dangereux (pas mal de virage à l’aveugle et route assez étroite), ça ne présente aucun intérêt, c’est de la forêt autour, et c’est looooooooong surtout quand on a l’estomac vide et déjà 4H de rando dans les pattes. A peine arrivés on se jette sur nos sandwichs comme la vérole sur le bas clergé. Miam !
Une fois sustentés (aucun rapport avec une activité de camping), nous reprenons la route pour redescendre dans la vallée. J’ai encore 2 trails à mon programme mais je sens bien que c’est pas gagné pour vendre cet ambitieux projet à ma progéniture. On s’arrête comme prévu à Tunnel view pour voir si c’est plus dégagé que ce matin. Effectivement c’est légèrement mieux mais ça reste bof par rapport aux photos que j’ai pu voir ici même.
On continue donc vers Yosemite Village et on galère un peu pour trouver une place où se garer afin de récupérer une navette, bien présente cette fois, qui doit nous déposer au départ du trail pour Vernall Falls. Mes notes indiquent un dénivelé raisonnable mais j’omets de dire aux garçons que j’ai un peu converti à ma faveur les feet en mètres…on verra une fois lancé. Y’a presque autant de monde que sur l’autoroute A10 un jour de départ en vacances, d’ailleurs le sentier est entièrement bitumé (et donc accessible aux personnes à mobilité réduite, pour ça les américains sont très forts !). Dès le départ du trail on croise 2 jeunes randonneuses qui se font prendre en photo devant la borne des indications des distances des trails. En écoutant la conversation, je comprends qu’elles viennent de finir le John Muir Trail….210 miles, oui, oui….Respect.
Pour ce qui nous concerne, on démarre et ça grimpe, ça grimpe encore, et pour finir ça grimpe toujours. Du coup plus ça grimpe plus ça ronchonne, j’avoue que je commence aussi à en avoir plein les pattes et on est content d’arriver au pied des jolies chutes d’eau de Vernall Falls. Chouette trail même si très fréquenté et assez pentu si on a déjà fait un trail le matin.
On redescend, inutile de dire que j’aurai bien du mal à vendre mon troisième trail (Mirror Lake) et je suis également content de m’arrêter là d’autant qu’on a un peu de voiture à faire pour rejoindre le Bug Rustic Mountain, notre étape du soir. Après une pause carburant à prix d’ami dans la vallée (4$40 le gallon soit le double de ce que j’ai payé la veille à Sunnyvale), on arrive à notre camping où nous attend notre mobile-home ultra cosi (avec salle de bain commune sur 2 mobile-homes). Vraiment très sympa comme adresse, on a beaucoup aimé. On a même pu faire une petite partie de ping pong, le site est calme, le personnel ultra cool. Il y a une cuisine accessible pour se faire à manger (on y fera le petit dej) et tout est fait pour que les gens puissent être à l’aise. Un de nos coups de cœur au niveau logement.
Le soir nous décidons de profiter du resto qui semble bien côté. La carte est un peu food-bio ce qui semble prometteur, ça change des burgers. Je ne saisis pas tous les intitulés sur la cartes et on choisit des menus un peu à l’aveuglette. Mon fils se retrouve avec une sorte de spécialité de Louisianne (du poulpe très amer ?) mais vraiment très particulière…j’ai choisi du poulet à l’indienne avec du quinoa. Franchement, c’est original mais on ne se régale pas. Je troque l’assiette de mon fils avec la mienne car il n’aime pas du tout son plat. Faut reconnaitre que c’est pas très agréable. Bref, l’adresse est sympathique, mais on aurait dû rester sur du plus basique. Au final on s’est pas régalé et c’était loin d’être donné. Un petit fail sans grande conséquence pour finir la journée.
Avant d’aller faire dodo, je fais une pause en terrasse près de l’accueil pour profiter du wifi et donner quelques news à la France et notamment à la maman des garçons. Je me retrouve à côté d’un jeune groupe de français et on échange sur nos parcours et nos impressions. Un petit moment convivial, ça m’a fait du bien de causer avec d’autres adultes. Partir seul avec ses enfants c’est cool mais parfois les conversations sont assez limitées. Pendant ce temps les gars ont filé au mobile-home. Je ne vois pas trop le temps passer à discuter et quand je retourne au mobile-home, je me retrouve à la porte….les gars ne répondent pas alors que je martyrise la porte, je les vois par la fenêtre, ils dorment tout habillé sur leur lit. Heureusement, à force d’insister, mon grand se réveil et m’ouvre enfin…ouf, j’ai cru que j’allais dormir dans ma voiture moche. Une très belle journée qui nous donnera très envie de revenir à Yosemite. Quelle magnifique vallée!
