Jour 2 : dimanche 31/07
Jet-lag oblige, j’ai émergé aux alentours de 4h00, la nuque en sueur.
Mon frère a émergé environ quelques minutes après.
Je lui demande s’il se sent d’attaque pour un lever de soleil. Une heure de route pour aller à Tipsoo Lake. Il acquiesce.
On se met en route vers 4h45. Sortir nous a fait un bien fou. Il fait frais !
Une heure de route selon Waze.
On se lance sur la route dans l’obscurité, qui n’a pas duré bien longtemps. J’avais vu sur internet que Stevens Canyon Road était en travaux, c’était pas une blague. Le goudron était transformé en piste de cailloux à plusieurs endroits.
Le jour se lève progressivement.
Je priais pour qu’un animal ne déboule pas devant nous. Mais à part un jeune cerf planté au milieu de la route à 500m de l’arrivée, on n’a rien vu.
On est arrivé avec 5 minutes de retard sur le lever de soleil. Fichu feu rouge de circulation alternée.
J’ai fait l’erreur de me garer au parking en bas de la route car j’avais peur qu’il n’y ait pas de place sur les parkings le long de la route. Dommage, il y avait de quoi faire...
J’ai commis également une belle erreur en courant comme un dératé jusqu’au point de vue. A froid et avec l’altitude, j’ai mis un bon moment à récupérer mon souffle.
Mais la vue valait bien ça.
Inconvénient d’avoir un lac au premier plan, les moustiques. On était entre 8 et 10 personnes à admirer la vue, et tout le monde portait une veste avec une capuche pour se protéger un minimum.
Le lever de soleil passé, on prend la route de Sunrise Point.

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On n’a pas trop apprécié ce point de vue… parce que la route et surtout le parking sont de trop.
On grignote 3-4 barres énergétiques comme petit déjeuner, et on continue jusqu’au bout de la route.
On a entamé notre marche pour Dege Peak à 7h00.

On est les seuls à partir sur la droite. Tout le monde part vers les autres sentiers sur la gauche.
La randonnée commence doucement.
On se retourne souvent pour admirer le panorama et voir le parking se remplir lentement mais surement.
On traverse 2 ou 3 petits névés sur le chemin, et quelques courants d’air sur la crête qui font du bien, car la chaleur monte elle aussi lentement mais surement.
Les derniers 400m sont en revanche bien plus raides. On arrive au sommet vers 8h30 avec un panorama à 360°.
Le parking de Sunrise Point où on était 1h30 plus tôt.
L’intérêt de faire cette randonnée le matin, c’est qu’on a le soleil dans le dos pour admirer la montagne. La lumière est parfaite( et qu'on ne souffre pas de la chaleur)
On reprend la route du parking 15 min plus tard, en ne croisant seulement qu’un ranger et 5 ou 6 randonneurs. Quasiment personne ne faisait cette randonnée, et on se sentait seuls au monde.
Une fois revenus au parking (plein à craquer), on récupère 2-3 barres à grignoter et on cherche quoi faire.
Je n’avais noté que Dege Peak comme randonnée à faire dans le coin.
On essaye d’aller jusqu’à Shadow Lake. J’ai bien dit essayer car on s’est engouffré sur un sentier qui ne nous a mené qu’à une route de service qui nous a ramené au parking.
On décide de partir et de retourner à Paradise.
Arrivés à la guitoune qui permettait d’accéder à la zone de Sunrise, il y avait une file d’attente ahurissante d’au moins 2 km pour y rentrer !

On a bien fait d’arriver tôt.
Étant donné qu’on était arrivés trop tard la veille, et trop tôt ce matin, on tombe cette fois-ci sur un ranger présent dans sa guitoune afin de s’acquitter du pass. Mauvaise surprise, on nous refuse le paiement en cash. Carte bleue uniquement.
Je rouspète un peu, car je n’avais droit qu’à 10 transactions en $ sans frais, et ça m’énervait de gaspiller une cartouche pour quelque chose qu’on pouvait payer en espèces.
Rien à faire. Ils avaient dû se faire braquer, car le cash n'était pas proscrit dans les autres parcs où nous avons été.
On retombe sur les travaux rencontrés plus tôt dans la matinée. On a croisé un groupe de six ou huit Chevrolet Corvettes toutes récentes qui roulaient à 2 à l’heure la boule au ventre sur les portions où le goudron avait été enlevé.
On est revenus à Paradise un peu avant midi, où on était bien contents de loger sur place car le parking principal était plein et des voitures étaient garées sur les bords de routes plusieurs centaines de mètres avant d’y arriver.
On recharge les bouteilles d’eau avec de l’eau fraiche, et on achète un petit quelque chose à manger avant de partir.
Je ne sais pas ce qui m’a choqué le plus. Leurs sandwichs immondes que je n’ai même pas pû finir, ou leurs viennoiseries industrielles sous plastique à un prix démesuré…
On part à l’assaut du Skyline Trail à 13h00 après s'être tartinés de crème solaire.
Le début du trail nous a cassé les jambes et le souffle d’entrée.
Une pente raide à plus de 10% qui montait dans l’axe de la montée. Pas de lacets pour adoucir la pente. Et il faisait bien 30°C en plein soleil.
En fait on a fait la bêtise de suivre les panneaux marqués Skyline Trail alors qu’il nous suffisait de prendre la direction de Myrtle Falls et de partir à gauche sur Waterfall Trail pour retrouver le Skyline Trail en marchant un peu plus mais sur une pente beaucoup moins raide.
On voit bien que la randonnée est populaire vu le monde qu’il y avait.
La montée est raide, mais moins qu'au début.
Le Mt St Helens
On commence à frôler de gros névés, puis à devoir les traverser. On se fait doubler par des skieurs de randonnées qui montaient bien plus haut que le Trail pour dévaler la montagne en ski.
L'âme d'enfant revient toujours dans la neige
On assiste assez incrédules de voir des gens qui n’ont qu’une petite bouteille d’eau par personne, vide assez rapidement, la remplir avec de la neige ramassée sur le bas-côté.

Et pas forcément de la neige d'un blanc immaculé...
Comme disait mon frère, certains ont dû passer une bonne nuit après ça...
Les montées dans la neige sont plus compliquées qu’on ne le pense. D’ailleurs le nombre de personnes diminue grandement à partir de là. On regrette presque de ne pas avoir de bâtons.
On a l’impression que la montée ne se termine jamais. A chaque fois qu’on se dit qu’on y arrive, un virage, et ça monte encore au loin…
Alors qu'on se sent sans cesse à la fois proche et éloigné de la montagne.
On a mis plus de 2 heures pour atteindre Panorama Point… qui n’est même pas le point culminant du trail comme je le pensais ! On a encore continué à monter un bon 1/4h après avoir quitté le point de vue pour atteindre le top des 500m de dénivelés.
Allez encore un effort !

Mais le panorama (comme son nom l’indique) vaut le coup.
On se met enfin à descendre ! Il était temps car on commence à taper le fond de nos bouteilles d’eau.
Les névés sont encore plus grands de ce côté-là. On voyait certains couper « à travers champs » en quittant le sentier pour descendre dans les névés.
Les skieurs de randonnée bien au dessus de nous.
On continue sur le sentier, mais on doit également traverser des névés à certains moments, et la descente est plus casse-gueule que la montée. On a alors suivi les traces et fait comme les autres. Assis dans la neige, et on s’est laissé glisser comme sur une luge. Qu’est-ce que c’était rafraichissant !

On l’a fait 3x sur le chemin.
On était au dessus des chèvres 20 min plus tôt, mais elles étaient encore cachées à ce moment
Le trail remonte un peu sur la fin, ce qui a fini de nous achever. Mentalement, on ne s'y attendait pas
On finit par arriver à Myrtle Falls. La boucle est bouclée. Les bouteilles d’eau sont quasi-vides.

On arrive à 16h55 au Paradise Inn.
On était vidés. Entre le trail de Dege Peak le matin et le Skyline Trail l’après-midi, on avait attaqué fort notre périple. Peut-être même trop fort.
Je n'avais même pas la motivation de faire un tour des différents points de vue présents dans le coin.
Direction la boutique où on était allé le midi pour acheter un truc à grignoter et surtout à boire. On avait repéré tantôt une tireuse à bière locale qu’on rêvait d’essayer depuis 2 heures.
Je rentre dans la boutique à 16h58. Il y a une dizaine de personnes devant moi.
Soudain, à 17h00 tapante, une des deux employées se plante devant la porte d’entrée et annonce à voix haute qu’ils ferment pour 1h de pause et nous demande de sortir.
Un client dans la file leur dit qu’ils étaient entrés avant 17h00. Peu importe qu’elle lui répond, vous lâchez vos emplettes, vous sortez et vous revenez dans une heure.
Et devant mes yeux effarés, tout le monde s’est exécuté docilement.
Déshydraté et en hypoglycémie comme j’étais, je n’ai pas bougé d’un centimètre, en la fixant du regard.

Si elle me forçait à partir, je sortais sans payer avec ce que j’avais dans les mains. Mais avec la tronche que je tirais, elle a compris que je ne sortirais pas.
J’arrive devant la caisse et je demande 2 bières.
Ah non on n’en sert plus à cette heure.
J’ai pris 2 pepsi… Et en sortant, elle changeait l’heure de la réouverture sur le panneau en marquant 18h05.
Une honte...
Là aussi j’ignore si ce système est mis en place pour éviter que les employés ne démissionnent, mais c’est un sacré manque de respect pour les clients. Faire un roulement avec une personne en pause à tour de rôle n’est pas possible ??
On s’est affalés dans un fauteuil du hall massif de l’
hôtel. Même si je ne bois jamais de sodas, le sucre nous a fait du bien.
On monte déposer nos sacs dans la chambre, où on remarque en rentrant que la chambre n’a pas été faite.
Au prix qu’on payait, on trouvait ça scandaleux.
On a laissé la porte de la chambre grande ouverte pendant 1h pour que ça fasse courant d’air avec les entrées du lodge. Et bien on a mieux aéré en 1h de cette façon qu’en une journée avec leur ventilateur.
On descend manger un peu après 18h00.
On était tellement affamés qu’on a cédé sur le burger à 25 $.
Notre serveur nous a fait marrer. Il a tout de suite remarqué qu’on était étrangers mais n’arrivait pas à déceler d’où on venait. A un moment, en pensant avoir trouver, il nous lâche un « Gracias ».
Puis voyant notre réaction nous demande d’où on est.
« Ah je ne connais pas la France, mais j’ai été en Autriche. Il y a bien une frontière commune entre la France et l’Autriche ? »
Ah les américains et la géographie…
J’ai hésité à lui sortir que oui, autant que l’Etat de
Washington avec la
Californie ; mais mon frère a été plus rapide pour lui dire que ça avait été le cas, mais uniquement entre 39 et 45, mais qu’aujourd’hui il y avait la Suisse au milieu.
Heureusement, il avait le sens de l’humour et l’a bien pris.
Les burgers étaient… passables. On avait bon espoir quand on nous avait demandé la cuisson des steaks… mais ils étaient quand même trop cuits par rapport à la cuisson demandée. Et ce que j’avais pris pour une tomate cerise piquée sur le burger était en fait un piment que j’ai croqué à pleine dent…
On a profité que tout le monde mangeait pour aller prendre une douche.
On a déposé les armes à même pas 21h.