Jour 36 – Mardi 21 mai 2019
Ce matin, réveil matinal, vers 6h30. Je vais dans la cuisine, m’approche des baies vitrées, et je prends peur. Dans le ciel, il y a des taches bleues. Un truc jaune et brillant se trouve à l’horizon, ça fait chaud sur la peau. Qu’est-ce donc ? Plus sérieusement, la vue depuis la terrasse ce matin semble bien prometteuse : le soleil a (enfin) refait son apparition !
Je vous avais bien dit que c'était très bof comme vue
Je suis ultra-motivée pour passer ma dernière journée à l’intérieur du parc, j’ai hâte de pouvoir le découvrir sous les reflets dorés du soleil. Je ne traîne donc pas pour me préparer et j’arrive au parking aux alentours de 8 heures. Je prends directement la navette et m’arrête au départ de la randonnée d’Angel's Landing. Oui, j’ai bien envie de la retenter sous le soleil pour voir la différence !

Je démarre d’un bon pas, je sais maintenant que la montée est moins difficile que ce que je n’imaginais et ne cherche donc pas particulièrement à préserver mes forces. Il y a plus de monde sur le sentier qu’il y a deux jours, mais rien de trop gênant, on ne se marche pas dessus, on retrouve simplement des petits attroupements aux spots photos les plus convoités.
Allez, on la re(fl)ait !
Je n'en suis pas encore lacet
J’arrive en haut des Walter Wiggles quelques minutes plus tard et je suis prise d’une hésitation : à droite, la fameuse montée d’Angel's Landing avec son flot de randonneurs ; à gauche, le sentier de la west rim, quasiment désert. Changement de plan : je tourne à gauche pour découvrir cette partie du parc qui m’est totalement inconnue.

Je n’ai même pas prêté attention à ce trail lors de ma préparation et ne sais donc pas du tout à quoi m’attendre en termes de paysages.
Il ne me suffit que de quelques mètres pour me conforter dans ma décision. C’est tout bonnement magnifique

. Peu de monde (surtout en comparaison à l’autoroute qui se trouve juste en face).
Zion, Zion, ça circule sévère sur l'autoroute
On prend rapidement de la hauteur jusqu’à surplomber Angel's Landing sur lequel on a une magnifique vue, et le paysage s’ouvre d’un coup sur les roches rouges qui font la renommée du parc. Cher
Zion, c’est pour ça que je t’aime.
Petit arrêt sur un plateau rocheux où je fais la connaissance d’un photographe qui shoot en argentique. Il me propose de me prendre en photo dans le paysage, ce n’est pas souvent que j’accepte, mais je me dis que d’immortaliser mon passage à
Zion sous le soleil est une opportunité rare.
Un peu plus loin, ça tombe à pique (nique)
Je suis le sentier, qui se fait de plus en plus désert. Quel bonheur, j’ai l’impression d’avoir
Zion pour moi toute seule !
Je poursuivrai sur quelques kilomètres avant de rebrousser chemin (il faut savoir que le trail va jusqu’à Lava point, localisé dans la partie de Kolob, pour un total de 17 miles en aller simple). Quelques gouttes recommencent à tomber, et cette fois-ci même si ce n’est rien de dramatique, je décide de sortir ma veste de pluie tout de suite, je n’ai pas envie de me retrouver aussi gelée que l’avant-veille.

Heureusement, l’averse ne sera que de très courte durée, laissant derrière elle est sympathique ciel nuageux.
Vue troncué
Dom, un peu pâle
Avant de regagner la partie civilisée du parc, je décide d’escalader un promontoire rocheux, qui m’offrira une des plus belles vues de
Zion à mes yeux.
Quelle vue impreZionnante !
L'attracZion du parc
Piste d'atterrissage angélique
Arbre d'orée
Après être descendue de mon sommet, j'arrive rapidement au pied d’Angel's Landing, qui me fait de l’œil. Il est quasiment midi, j’ai espoir qu’il y ait un peu moins de monde qui n’arrive. Je décide de tenter le coup et me mets dans la file de randonneurs qui montent. Je m’empare de la première chaîne, avant le premier goulot d’étranglement. Je patiente pendant que des randonneurs descendent, impossible de passer dans les deux sens. Certaines personnes bravent le vide et essayent de nous contourner, j’ai un frisson à chaque fois et je croise les doigts pour qu’aucun drame ne se produise. Au bout de quelques minutes d’attente, un homme d’une cinquantaine d’années qui se trouve quelques personnes derrière moi commence à crier sur tout le monde, les sommant d’avancer et de forcer le passage. Il commence à essayer de dépasser, de pousser les gens devant et autour de lui. Cela fait 15 minutes que j’ai démarré l’ascension et j’ai avancé d’environ 3 mètres. Avec les esprits qui s’échauffent juste derrière moi et le fait de devoir jouer avec les endroits où une prise d’accroche est libre, je décide de faire demi-tour. Finalement, malgré les conditions météos non recommandées d’il y a deux jours, je me sentais beaucoup plus en sécurité qu’aujourd’hui. D’ailleurs, malgré toute mon attention sur mes pas, juste avant d’arriver sur le plateau, je glisse sur une plaque sableuse, car il n’était pas possible de se tenir aux chaînes qui n’avaient plus un seul centimètre de disponible

. Heureusement que j’étais déjà sur une partie assez large, aucun regret de ne pas être allée plus haut. Derrière moi, le cinquantenaire aboie toujours ses ordres, je me serais sentie bien inconfortable en l’ayant dans mon dos.
Je redescends les lacets, sans cascades aujourd’hui. J’ai pris des photos juste pour prouver qu’elles n’existent normalement pas.
Arrivée en bas, je reprends la navette jusqu’au Visitor Center et je m’installe sur un banc pour manger un sandwich. Prochaine étape, m’enquérir de la situation météorologique pour la randonnée du Subway, et potentiellement acheter le permis si celle-ci semble faisable. J’ai en effet été tirée au sort pour la seconde mise en vente il y a quelques jours et je peux donc potentiellement obtenir le sésame. La ranger présente me dit qu’elle ne peut pas me refuser le permis, mais que pour l’instant, c’est 50/50 niveau météo, et elle me dit que le niveau d’eau est assez important et surtout que celle-ci est très froide. Je décide de l’acheter et d’aviser le lendemain, au pire les quelques dollars ‘’perdus’’ seront un don pour le parc.
La météo se gâte à nouveau, une journée de soleil complète dans le parc aurait été trop choquante sans doute, et je décide de ne pas m’aventurer sur de trop grosses randonnées, j’en ai assez d’être mouillée.
Je reprends donc la navette en sens inverse, jusqu’à Weeping rock, une petite alcôve ayant son propre rideau de pluie fine à son entrée. Si celui-ci est régulièrement asséché à cette période de l’année, aucune crainte pour moi, l’eau est bien présente ! D’ailleurs, il y fait très frais

. Je ne resterai pas longtemps, car pas mal de personnes vont et viennent. Au croisement avec la randonnée d’East Rim trail, qui mène entre autres à Observation point, le triste panneau annonçant la fermeture du trail me serre un peu le cœur. Sur le côté, il y a également un panneau interdisant l’accès à Weeping Rock pour cause de glace… J’imagine qu’il sert de temps en temps ces jours-ci.
A gauche, ça s'aZionbrit
Je reprends la navette, qui est d’ailleurs la même que celle que je viens de prendre et qui refait le chemin en sens inverse, jusqu’au
Zion Lodge. Heureusement que je choisis de m’arrêter ici, avec des infrastructures couvertes, car en moins de deux minutes une énorme tempête de vent et de pluie s’abat sur la zone.

Tout le monde se précipite à l’intérieur, c’est impressionnant de voir le déchaînement des éléments si rapide. On se rend compte que lorsque nous sommes dans la vallée, on tarde à voir les nuages arriver, et que le vent est beaucoup plus puissant emprisonné entre les falaises rocheuses. Il suffira d’une quinzaine de minute pour que la tempête disparaisse, aussi vite qu’elle n’était apparue, ne laissant derrière elle que le souvenir de son passage avec l’herbe trempée et les petites feuilles parsemées un peu partout.
Je ne m’en vais pas loin, puisque je me contente de traverser la route pour faire la partie accessible d’Emerald Pools trail (celui-ci étant partiellement fermé). Au départ du trail, je fais une rencontre assez mignonne que j’immortalise rapidement.
Le trail est sympathique et se fait facilement (d’ailleurs, je ne veux pas dire de bêtises, mais il me semble que l’accès à la lower pool est accessible aux personnes à mobilité réduite). Je reste sur place quelques minutes, le temps pour plusieurs personnes de me demander de les prendre en photo… je suis la seule sur place à me contorsionner avec mon appareil pour prendre des clichés, j’imagine que ça leur donne l’impression que je sais ce que je fais.
Le fameux rid'eau
Le trail est fermé après cette première pool et je rebrousse donc chemin, sous la pluie qui recommence.
Il est 16 h 30, avec déjà l’impression que le soleil se couche. Etant satisfaite de ma journée, et voulant quitter le parc sur une bonne impression, je décide de rentrer et de ne pas tenter une dernière randonnée qui aurait de fortes chances de se finir sous la pluie. En plus, je compte bien être en forme pour la grosse randonnée du lendemain, en espérant qu’elle sera faisable.
