Réveil tranquille ce matin. Finalement, épuisée par mal de crâne de la veille, j’ai décidé de ne pas mettre de réveil ce matin et donc de laisser tomber le lever de soleil à Canyonlands. Vous connaissez le credo : ce sera pour une prochaine fois
Je me prépare un café (après avoir nettoyé la machine à café commune…), me prépare un petit-déjeuner à grignoter en route, et remballe mes affaires.
A 8h00, j’arrive sur le parking de ma première étape du jour, j’ai nommé Little Wild Horse Canyon, que je combinerai avec Bell Canyon. Ces deux slots canyons traversent le San Rafael Reef. Une merveille assez méconnue de l’ouest, cette région possède tout ce que les plus célèbres parcs nationaux ont à offrir : roches rouges, Arches, canyons, grottes, monolithes, pétroglyphes, etc. Parmi eux, les deux canyons que l’on va visiter aujourd’hui. Pour y arriver, c’est simple, il suffit de prendre la Wild Horse road sur 5 miles jusqu’au parking. On commence alors la randonnée par Little Wild Horse Canyon au début du sentier. Le sentier est plutôt bien indiqué si on reste attentifs aux petits panneaux et aux traces de pas.
Arbre à Cadabra

Au départ du parking, on entre dans un canyon assez large, qui ne laisse pas encore deviner l’étroitesse de la suite. Les roches sont baignées dans une douce couleur orangée et sont teintées de stries rosées. Que c’est beau ! Je retrouve avec plaisir les strates de roches, les arbustes solitaires, les alvéoles rocheuses.
Du jaune, du rose, du roux coulent !

Pas de piste de ski, ici, c'est la piste rose !

Le rucher

J’arrive rapidement à la première bifurcation : tout droit, on se rend à Bell Canyon, à droite à son frère Little Wild Horse. En avant, droite !
Je suis adroite

Dès le début du canyon, je croise une famille : une mère avec ses deux filles et leur chien, Franco. On se dépasse à tour de rôle, en fonction de mes arrêts photos et de leur rythme de marche.
Les murs rocheux se referment progressivement, et se font de plus en plus hauts. La température baisse. Je sors mon pull et en profite pour ranger l’appareil photo : par endroits, j’ai besoin de mes deux mains pour escalader quelques éboulis, et de toute façon, j’ai peur de le rayer sur les parois.

Je suis éb(l)oullie par la beauté du canyon

Au bout d’un moment, la femme de la famille et moi-même engageons naturellement la conversation. Elle me dit qu’à chaque fois que je restais un peu trop en arrière, leur chien s’arrêtait comme pour m’attendre parce qu’il ‘’has been looking after me’’. Mon petit cœur fond d’amour, les chiens sont si adorables
Même si le passage dans ce canyon est faisable en solo, c’est rassurant d’être avec d’autres personnes, juste au cas où. Il y a un ou deux passages qui demandent de vraiment escalader, et je me débarrassai de mon sac à dos pour plus de facilité (soit en le posant en hauteur avant de grimper, soit en le passant à un de mes compagnons de voyage).



Mais où suis-je ? C'est le trou noir !

A la sortie de la partie étroite de Little Wild Horse Canyon, toute la famille décide de faire une pause. De mon côté, je leur dis merci de ce moment partagé et continue ma route. Peut-être qu’on se recroisera plus tard (spoiler : non, je ne les reverrai plus). Je regrette un peu de ne pas leur avoir demandé de prendre une photo ensemble (et avec le chien bien sûr). Adieu Franco

Le canyon s’élargit progressivement, et je marche à nouveau au soleil. La température se réchauffe et j’enlève avec bonheur ma couche plus épaisse. Je ressors aussi l’appareil et profite à fond de ce sentiment de solitude. Aucun bruit d’humain, seul le bruissement du vent et le bruit de mes pas sur la terre sèche.



La partie qui sépare les deux canyons est la moins intéressante de la randonnée, le paysage est un peu plus monotone. Ce que l’on devient difficile !!
Monotonie relative

Le Duc de trou


La randonnée sous le soleil est mortelle

Heureusement, certains viennent équipés et survivent !

Il est aux abois

A l’approche de Bell Canyon, on peut voir une ancienne cabane sur le flanc ouest. Celle-ci faisait partie de la mine Cistern. Le paysage semble s’écouler dans les entrailles de la terre, c’est impressionnant.



Logement au calme, pas de vis-à-vis




J’entre enfin dans Bell Canyon, après avoir croisé deux groupes qui font la randonnée en sens inverse. Celui-ci est beaucoup moins étroit que son frère, c’est un bon point pour les personnes claustrophobes. Bizarrement, je m’y sens beaucoup plus minuscule. C’est qu’il en impose avec ses immenses blocs rocheux, les jeux de couleurs et de géométrie. On retrouve tantôt des lignes parallèles, tantôt perpendiculaires, des creux, des virages, des damiers, de la dentelle… On pourrait s’y perdre telle une illusion d’optique.
Échelle de taille humaine

Un vague souvenir de cette randonnée





Plateaux rocheux

C'est pas mal de marche dans (de) telles conditions !







Décorateur d'extérieur, 6 millions d'années d'expérience

Cette randonnée vous est servie sur un plateau doré

Pour les plus sporti(f/ve)s, il y a même un strie-athlons dans le coin

Bien que très peu éloignés, ces deux canyons sont très différents et ont chacun une belle perspective à offrir. Si vous n’avez pas le temps, ou pas l’envie de faire la randonnée en entier, je ne peux que vous conseiller de faire une partie de l’un, avant de faire demi-tour pour goûter à l’autre.
Il est midi lorsque je termine la randonnée et regagne le parking. Il fait bien chaud cette fois-ci. Je prends le temps de bien aérer la voiture en ôtant mes chaussures de marche (pour la chaleur, pas pour l’odeur !!
Je reprends la route pour quelques miles, direction le petit parc voisin de ... ?
