Hello,
J'interviens un peu tard sur ce post, mais j'ai suivi la situation avec attention... avec une pensée très émue pour tous les gens qui se retrouvent démunis, ou ont perdu des proches, dans cette catastophe...
Si l'on fait un petit bilan des courses :
- Good news, au moins quelques Key Deers ont survécu au passage d'Irma
- Les Keys sont dévastées comme attendu.
J'ai des amis en Floride (région de Tampa) qui sont restés barricadés chez eux, et tout le monde va bien. Ils n'ont plus de courant, mais comme beaucoup, un générateur d'électricité leur permet de pallier au manque de "power".
En ce qui me concerne, j'ai déjà pris mes billets d'avion et ne peux pas les changer. J'avais réservé pour 3 nuits dans les keys, 1 près des Everglades, et 3 nuits sur la côte du Gulf. Je vais continuer à suivre la "reconstruction" et envisager une évolution de mon parcours au besoin... Pour Miami et Orlando où j'ai mes autres nuits, je ne suis pas trop inquiète...
Comme le dit pragmatiquement ma "host mother" américaine : "c'est la saison des ouragans, et la région est frappée de plein fouet de temps en temps. Celui-là est un peu [ sic ] plus fort que la plupart, mais au mois de Novembre, on ne se rendra presque plus compte qu'il est passé. Ils sont tellement habitués à ce type d'événements qu'ils construisent en fonction et se remettent rapidement".
Bon, je relativise un peu ses propos, mais je pense que globalement, elle a raison. Les impératifs économiques vont prévaloir et les américains font faire tout ce qui est en leur pouvoir pour remettre la machine touristique en route rapidement.
J'ai vécu le passage de l'ouragan Erin dans l'Alabama en 1995, et je peux vous dire qu'avant l'ouragan, les gens s'affairaient pour protéger ce qui pouvait l'être, et qu'une fois celui-ci passé, tout le monde était à pied d'oeuvre pour nettoyer et reconstuire.
Voici ce j'avais écrit au sujet d'Erin dans mon carnet de 1993 :
De 1993 à 1995 : Flash-forward
lgk31 a écrit : [...]
Deux ou trois jours après mon arrivée, l'ouragan Erin dévasta tout le Sud-Est des Etats-Unis. Cela faisait quelques jours que les habitants suivaient avec angoisse la progression d'Erin sur le Weather Channel. On avait droit à des headlines du style : "Breaking News - Hurricane Erin to Hit Alabama in Next Few Hours".
Je me souviens très bien du jour où Erin déversa sa rage sur la région de Mobile. L'ordre d'évacuation avait été donné. Cet ordre valait principalement pour les gens qui vivaient dans des maison préfabriquées ou dans des mobil-homes. La famille de Brandt, qui vivait dans une maison bien solide, une de ces grandes et belles maisons typiques du Sud, n'avait pas jugé bon d'évacuer. On s'était contenté de clouer des planches de bois aux fenêtres et de mettre à l'abri véhicules et mobilier de jardin.
La façon dont s'expriment les américains quand il parlent des ouragans est assez étonnante. C'est comme si la tempête était dotée une âme et d'une volonté propre. N'importe quel américain du Sud-Est des Etats-Unis est capable de vous raconter moults anecdotes liées à tel ou tel ouragan, et saura en général vous redonner son nom et sa date précise. "When Andrew hit us in 1992..."
Bref, Erin (puisqu'il s'agit d'elle et non d'Andrew), frappa Mobile en plein milieu de la journée.
Je me souviens de ce gros nuage noir qui est arrivé en premier, accompagné de vent, puis de l'obscurité qui s'est faite plus présente, du vent qui s'est durci et renforcé au fil des minutes qui passaient, et enfin du passage soudain de la lumière au noir le plus complet dehors alors qu'il était à peine 15h. Je me souviens que j'étais hypnotisée par le spectacle dehors, ces arbres qui pliaient, toutes ces choses qui volaient, panneaux, affiches, mobilier urbain, bouts de bois... Je me souviens de ces rafales de vents impressionnantes, du vacarme assourdissant dehors... Je me souviens que quand la tempête s'est vraiment renforcée, nous avons dû nous réfugier au sous-sol, endroit le plus sûr de la maison, et que nous avons mis un film. Je me souviens de cette impression que la maison allait s'envoler, de la lumière qui tout à coup s'est éteinte pour nous laisser plongés plusieurs heures dans le noir complet... nous n'avons jamais fini de regarder le film ! Je me souviens du calme après la tempête, presque soudain et incongru, comme si rien n'était arrivé.
Je me souviens que dehors, après le passage d'Erin, c'était la désolation... Un arbre centenaire, énorme, était tombé dans le jardin, et il s'en était fallu de peu qu'il éventre la maison. Tout était sacagé, il y en avait partout, de tout et de n'importe quoi. Un vrai capharnaüm urbain post-apocalyptique !
Je me souviens aussi du calme des gens après la tempête. Blasés, habitués à gérer ce genre d'événement, ils évaluaient tranquillement les dégâts, évacuaient les déchets, nettoyaient ce qui pouvait l'être, reconstruisaient leurs biens et reprenaient leurs vies, en se félicitaient que, finalement, par rapport à Andrew, Erin avait été plus clémente...
La région de Mobile a continué à porter les stygmates de cet ouragan pendant tout mon séjour chez Brandt - et probablement encore longtemps après mon départ.
[...]
