J27: Mont Washington et route vers le Maine
Le compte rendu du 26eme jour de notre roadtrip dans l'Est s'est terminé par une conclusion sur les White Mountains. Conclure était peut-être un peu trop précipité

Car il nous reste un élément important de la région à visiter: le fameux Mont
Washington! Cette montagne est sans aucune doute une des icônes des montagnes blanches

Plus haut sommet du Nord-Est des USA, le mont est également connu pour sa météo extrême. C'est là que les vents les plus rapides du monde ont été enregistrés: 371 kmh

(bon il semblerait que ce record aie depuis lors été battu en Australie mais lors d'une tornade, ce qui n'est pas comparable ... enfin ça c'est la version défendue dans le New Hampshire

). Si nous n'avions pas eu le temps de grimper à son sommet ces 2 derniers jours, il s'avère que nous avons, aujourd'hui, une fenêtre d'opportunité
En effet, le programme du jour est quelque peu léger. L'objectif est en effet de rejoindre Greenville, au bord du lac Moosehead, dans le centre-nord du Maine. Le chemin le plus direct fait 290 kilomètres, mais n'est malheureusement pas le plus dense en termes de lieux d'intérêts

Du coup, lors de la conception du roadbook, nous avons été tiraillés entre faire un détour pour voir des lieux peut-être plus spectaculaire (le lac Rangeley?), ou bien faire un programme allégé. Après analyse des kilométrages de chaque journée, on a décidé d'être sage. Avec 500 kilomètres prévus lors des
J25 et
J26, on avait pas trop envie de tenter le diable
Cela s'avère finalement une très bonne idée car ce matin le temps semble idéal pour une virée en montagne! En nous levant, un peu plus tard qu'à l'accoutumée, la vue sur le Mont
Washington est magnifique

Le ciel est bleu, et les nuages ne couvre que la pointe de son sommet. Avec un peu de chance le temps de monter là-haut, ils seront partis

Et au pire, bah on ira
au dessus des nuages, comme à Chicago
La vue de l'hôtel avec le Mont Washington en toile de fond
En attendant, nous rangeons notre chambre, bouclons nos valises, et partons au rez-de-chaussée (ou comme on dit ici: au premier

), afin de prendre notre petit-déjeuner. Le Mont
Washington est ouvert dès 8h mais on décide de prendre notre temps ...

Une fois terminé, nous flânons un petit peu sur la terrasse de l'
hôtel, et profitons de cette vue sur les montagnes avoisinantes. Vilaine surprise en ouvrant la porte. Si il fait bien bleu, il fait super froid, avec un vent à décorner des longhorns

Heureusement, on est habillé chaudement. On apprécie en tout cas cette vue, et aussi les installations mises à disposition des touristes par notre
hôtel. En été, cela doit être bien agréable de passer une soirée ici
Après un check-out rapide - ici aussi nous avons prépayé -, on se rend à notre
voiture et c'est parti pour le Mont
Washington 
Pour vous dire à quel point l'
hôtel est proche, se rendre en
voiture à l'entrée de la guérite de péage prend ... 1 minute
Petite douche froide néanmoins quand la personne de l'accueil nous informe que le sommet du Mont n'est pas accessible pour le moment

Il fait en fait tout simplement trop froid au sommet et du coup la route est impraticable à cause du gel. Il n'est possible de monter qu'environs 50% du Mont. Il nous demande alors si on souhaite malgré tout y aller ... Je regarde Madame Lorax. On ne sait pas trop quoi faire

Bon allez, oui, soyons fous. De toute façon, on est pas près de revenir dans la région, et puis la vue doit être pas mal quand même

Et comme on ne pourra pas profiter du sommet, nous avons droit à une promotion et ne payons que 50% du prix, soit 17$
On se rapproche du fameux Mont !
Le péage réglé, c'est parti pour la grimpette! Elle commence comme souvent par un court passage sur du plat. Ensuite, ça grimpe avec une augmentation progressive de la pente, jusqu'à devenir vraiment, vraiment pentu. La pente moyenne est en effet de 12%, avec certains passages montant même jusque 18%

Ce n'est pas la première fois qu'on parcourt ce genre de pente (notamment en 2018 avec la
East Portal Road de Black Canyon NP), sauf qu'ici les américains y ont été franco avec les avertissements: après chaque virage il y a un panneau demandant de faire attention et d'économiser ses freins. Ça en devient presque angoissant
Comme souvent, la route est agrémentée de nombreux parkings. Nous décidons cependant de d'abord rejoindre le sommet (enfin pas le vrai sommet, on s'entend

) et puis de faire les autres arrêts lors de la descente. Nous continuons de grimper jusqu'au moment où ... un camion barre tout simplement la route

Ah ça ils ne font pas les choses à moitié ici! On s'attendait à des barrières, pas un gros camion
Premier contact avec le Mont Washington
Du coup on se gare sur le parking à côté, Chandler Brook Trailhead. Il y a encore de la place. Il faut dire, il est tôt et les gens n'ont peut être pas envie de ne pas pouvoir aller jusqu'en haut

Au vu de tous les avertissements vus sur la route, je propose à Madame Lorax d'aller voir la personne dans le camion afin de demander comment on fait pour mettre le frein moteur dans cette
voiture à boîte automatique

Pendant ce temps-là, elle peut prendre un peu d'avance sur la découverte des lieux
La vue depuis Chandler Brook Trailhead
Le soleil est trompeur car il fait froid
Nous sortons de la
voiture et là ... oulalala !!!! Je disais plus tôt qu'il y avait un vent à décorner des longhorns. Ben ici, c'est un vent à les faire s'envoler

On a rarement vu un truc pareil

Même au
Mont Evans, à 4400m d'altitude, il n'y avait pas autant de vent

Je comprends mieux pourquoi à l'
hôtel mon GSM annonçait une température ressentie de -17° au Mont
Washington ...
Des folliages partout
Je cours alors vers la camionnette, et demande à son chauffeur de m'aider. Il vient voir la
voiture, s'installe au siège conducteur, regarde un peu, et me dit que pour utiliser le frein moteur, il faut passer en mode manuel ... ah ben oui ... tout bête ...

Je ne suis pas très chaud, mais bon on verra bien lors de la descente. Je rejoins alors Madame Lorax qui s'est aventurée sur le trail. J'ai super froid. Je mets mon écharpe sur mon visage, mais malgré ça les rafales de vent gèlent mes extrémités
On voit bien la différence de végétation en fonction de l'altitude ...
Y compris sur le sol, avec le début de la toundra!
Vue d'ensemble de la région
Quand je rejoins Madame Lorax, je constate que je ne suis pas le seul à souffrir en ce lieu hostile

Nous finissons le trail ensemble, et profitons de la vue sur les environs. Nous avons d'une part la toundra alpine qui semble commencer ici. Et d'autre part, la vue sur la vallée et les montagnes environnantes, et les couleurs d'automne. C'est superbe

Mais malheureusement c'est aussi beau que difficile à photographier. Car si on a une écharpe et une veste, on a pas de gants. Et le vent sur les mains nues ... arghh
Départ de la petite randonnée...
... une nouvelle fois sous un soleil froid!
Les montagnes blanches qui sont orangées!
Notez le petit lac au fond de l'image
Du coup on ne s'éternise pas, et après en avoir quand même profité un petit peu, on se rue vers la
voiture. Là le premier réflexe est de mettre le chauffage à fond pour se réchauffer

On se met alors en route, et en quittant notre place, on voit un couple qui arrive en ... décapotable

Là on se dit quand même qu'on est pas tous fait pareil
Des sapins, tout ce qui a de plus traditionnels
Mais derrière la magie du Nord-Est en automne
C'est alors parti pour la descente du Mont
Washington! Elle se fera finalement très facilement. Je n'utiliserai pas le frein moteur. D'une part, je n'ai pas trop envie de m'initier au mode manuel de cette
voiture maintenant

Et d'autre part, ben le freins se reposent naturellement lors de nos arrêts photos aux parkings prévus à cet effet

Au final, tout se passera sans encombre, malgré, à nouveau, l'angoisse des dizaines de panneaux disant qu'on va tous mourir en plongeant dans le vide
Madame Lorax a mitraillé
C'est superbe
Le sommet du Mont Washington ne semble pas si loin !
Et il est bien illuminé
Une fois de retour sur le plancher des longhorns (bon techniquement on ne l'a jamais quitté, mais vous avez compris l'idée

), nous mettons le cap vers le Maine, dernier État de notre périple. Pour cela, nous nous dirigeons d'abord vers le Nord via
la route que nous étions censés emprunter la veille, si ce n'était mon erreur de navigation. Bon pour le coup, on a pas trop de regret, car si elle est plutôt jolie, elle l'est quand même un peu moins que
Franconia Notch 
Nous ne ferons donc pas d'arrêts, mais verrons quand même des curiosités comme on en voit qu'aux USA: d'abord un pick-up tractant une maison

Et ensuite un autre pick-up, ne tractant rien cette fois-ci mais avec un grand drapeau confédéré flottant au vent
Retour sur le plancher des longhorns !
On transporte des maisons ici
A hauteur de Gorham, nous mettons le cap vers l'Est, via la US2. Les paysages sont désormais davantage forestiers, mais aux couleurs d'automne bien sur

La route se passe bien. Nous arrivons à la frontière du Maine, que nous passons sans difficulté, quand soudain .... un panneau attire notre attention! La route du sud mène à ... Evans Notch

Alors là, notre sang ne fait qu'un tour! On n'hésite pas une seconde et on l'emprunte à toute vitesse
On traverse la forêt ...
... ou est-ce le jardin de quelqu'un ?
Les feuilles commencent à tomber
Comme je vous l'ai déjà dit, Madame Lorax est écrivaine de profession, et son nom de plume est Evans! Lors du précédent voyage, nous avions ainsi visité le
Mont Evans et
une Evans Street. Cette fois-ci, on ne pouvait donc que visiter
son Notch

Et je dois dire que bien nous en a pris

A nouveau les paysages sont très beaux, avec justement des petites montagnes qui se détachent au loin. Et puis nous feront une petite ballade le long de la Wild River, dans ce qui ressemble beaucoup aux paysages de la
Kancamagus . En plus ici pas l'ombre d'un touriste
Comme un petit air de Kancamagus du côté de Evans Notch ...
... les couleurs sont semblables en tout cas ...
... même si le folliage commence à se terminer!
Après cet intermède, nous reprenons la route. On traverse le village de Gilead, puis on se retrouve dans une forêt dense et déserte pendant une quinzaine de kilomètres. Nous voilà à Bethel, où un stop est prévu
Petite randonnée à Evans Notch
Le pont enjambant la Wild River
Alors Bethel c'est un peu particulier. Cette ville compte 2600 habitants, et n'a l'air de rien du tout. En fait une fois sur place, il y a, comme souvent, une rue principale et quelques rues adjacentes, et puis c'est tout ! Pourtant elle abrite un petit aéroport, ainsi qu'un musée d’État plutôt réputé sur les minéraux et les gemmes. C'est ce dernier musée qui attire notre attention. Madame Lorax est en effet passionnée par les gemmes, et comme c'est sur la route et gratuit, on s'est dit pourquoi pas?
Sur la route de Bethel
Il y a toujours une rivière quelque part ici
... ainsi que des arbres (et un ciel mais ça c'est fort heureux)
Un antiques sur la route ...
... et un peu plus loin une vieille voiture
Et une autre mais abandonnée ce coup-ci (enfin espérons
)
Bon autant le dire de suite, ce sera la déception de la journée:( Pas que le musée ne soit pas bien, mais plutôt qu'on ne sait pas si il l'est! En fait, il était en travaux, et seule une pièce est accessible au public

Du coup, on en aura vite fait le tour, d'autant plus que ce ne sont pas forcément les pièces les plus intéressantes qui y sont exposées (on ne verra d'ailleurs pas le bout de la lune

) Qu'à cela ne tienne: à quelque chose malheur est bon! On en profite pour visiter la ville, et elle est plus qu'agréable

Les allées larges, les musées avec bardage en bois coloré, le soleil ... Il a l'air de faire si bon vivre ici en automne
Bethel
L'architecture est typique!
Halloween approche, les maisons se décorent
Architecture typique et folliage: l'automne dans toute sa splendeur
D'autres bâtiments
Après ce tour bien sympathique, nous reprenons la route. Elle est toujours aussi agréable, particulièrement sous ce temps véritablement estival

L'heure du déjeuner approchant, nous faisons attention à notre environnement, au cas où il y aurait un restaurant intéressant. Mais force est de constater que c'est un peu le désert par ici. A part la forêt il n'y a pas grand chose

Dès lors, quand, un peu avant Rumford, on tombe sur un McDonald's, on n'hésite pas trop. On est pas vraiment fan de la chaîne, mais au moins on n'arrivera pas le ventre vide à notre logement ce soir
A nouveau le long de la route ...
Bon l'expérience culinaire sera très classique, et pas vraiment originale (burger !). Par contre l'expérience client sera quelque peu … singulière disons

L'accueil est sympathique, les tables tout ce qu'il y a de plus traditionnel … mais le lieu étant en dehors des boucles touristiques, les clients sont tous des locaux. Et ici dans le Maine rural, les locaux ont tous l'air d'avoir travaillé toute leur vie dehors, et de pouvoir survivre seul dans la forêt hostile (quitte à affronter des ours à main nues

). Nous à côté, on a l'air de vrais pied-tendres perdus sans leur téléphone portable

Bon je force évidemment le trait, mais il y a un peu de ça
Quelque part dans le Maine ...
Une fois le repas pris, on se remet en route, direction Skowhegan, à une heure de là. Skowhegan est probablement la plus grande ville du coin (8000 habitants tout de même !) et est, à nouveau, un arrêt opportuniste. J'y ai en effet repéré une curiosité comme on ne trouve qu'aux USA : la plus grande statue ... d'indien du monde

Comme
le plus grand tiroir du monde de Burlington, ça n'a aucun intérêt (d'ailleurs on ne fera même pas de photo

). Mais bon c'est sur le chemin, et puis ça permet de faire un petit tour dans un centre ville très différent de celui de Bethel (la part belle est à la brique ici !).
Skowhegan
La dernière étape de la route:love:
C'est alors parti pour la dernière étape du voyage, la route jusque Greenville au bord du lac Moosehead. Et pour rejoindre cette dernière ville, fini les fameuses highways américaines plus ou moins droites! Place désormais aux routes régionales. Dans l'absolu pas de changement, car ce sont toujours des 2 bandes bien entretenues (quoique les marquages sont parfois manquants). La différence c'est que pour aller à Greenville il va falloir bifurquer un nombre inhabituel de fois au regard des standards du pays. Et plus on bifurque plus on a l'impression d'aller au bout du monde, l'Amérique rurale est remplacée par l'Amérique rurale profonde
Un antiques patriote au bord de la route
On a envie de tout acheter non?
A l'intérieur
Les paysages sont en tout cas toujours aussi bluffant

Le Maine ne semble être qu'une immense forêt aux multiples couleurs, parsemées ci et là de lacs

Je sais que dit comme cela, on dirait toujours le même décors depuis plusieurs journées, mais la forêt est différente du fait de la présence d'autres essences d'arbres, ainsi que d'un folliage plus mature. De même, ici les reliefs sont plus plats. L'ensemble donne donc une impression de diversité, que, dans tous les cas on adore
Depuis la voiture
Un des nombreux lacs du Maine
Feuilles rouges vives !
Nous arrivons à Greenville vers 17h, ce qui n'est finalement pas si tôt que ça compte tendu du programme léger de la journée! J'ai même envie de dire qu'il était temps d'arriver, car ici, au Nord, le soleil se couche à … 17h50

Pour cette raison, et aussi car c'est prévu au programme du lendemain, nous ne nous arrêterons pas à Greenville, et irons directement à notre logement du jour: le Blair Hill Inn
Comme son nom l'indique, le Blair Hill Inn se situe sur une colline (Hill). Elle surplombe donc Greenville, et surtout le lac Moosehead. C'est ce dernier point qui nous a attiré puisque certaines chambres ont vue sur le lac

Si on ajoute à cela les magnifiques photos des chambres sur leur site internet, on a eu un petit coup de cœur lorsqu'on a trouvé cet établissement … avant d'être échaudé par le prix: 400€ la nuit

Comme pour d'autres
hôtels de ce roadtrip, on a hésité, chercher pour d'autres logements, mais on revenait systématiquement sur le Blair Hill Inn. Du coup, on a craqué, notamment face aux arguments désormais surannés du style "on ne reviendra pas dans la région", "on ne vit qu'une fois", etc.
Ben finalement, ce sera pour le mieux car déjà vu l'année 2021, on a eu raison d'en profiter

Et puis, sur le moment, on adoré ce logement! Notre chambre était magnifique, les hôtes accueillants, et puis la vue, je crois qu'on ne peut pas s'en lasser
D'ailleurs ce soir là, nous ne sortirons plus de notre chambre

Nous mangerons sur le pouce le soir, et puis profiterons du lieu pour nous reposer

Nous essayerons également de nous coucher assez tôt, car le lendemain nous devons nous lever beaucoup plus tôt qu'à l'accoutumée
Ainsi se termine la 27eme journée (déjà!) de ce roadtrip! C'est une journée que nous avions volontairement voulu plus légère, notamment pour contrebalancer la visite des White Mountains qui s'annonçait intense. Au final, ce fut une bonne idée, car bien que légère sur le papier, la route accompagnée de nombreux arrêts nous a pris pas mal de temps! Et en termes de découvertes, ce fut bien sympa

En gros, cette journée de transition fut parfaite
Le salon du Blair Hill Inn
La terrasse
Notre chambre ...
... et notre vue
