Jour 9 - 20 avril 2018 - Fort William > Glasgow
Notre dernier jour complet en Écosse débute avec un très bon petit déjeuner, très fourni; de quoi prendre des forces avant d'entamer cette journée qui nous ramènera à notre point de départ : Glasgow. On retourne d'abord au centre de Fort William pour aller poster nos cartes postales : ça devient une habitude de les poster au dernier moment !
Avant de prendre la route vers le sud, on décide de faire la route de Glen Nevis, qui d'après notre carte Michelin est une route pittoresque : c'est un cul de sac qui passe entre les montagnes de la chaine du Ben Nevis.
Il fait très nuageux, au point qu'on ne verra pas le sommet des montagnes, et particulièrement de la plus haute des îles Britanniques : le Ben Nevis lui-même. Mais même dans ces conditions, c'est déjà un très bel environnement. Quelques moutons broutent sur les bas-côtés de cette route qui serpente au milieu de ces versants impressionnants.

Comme beaucoup d'autres endroits en Écosse, cette région de Fort William et du Ben Nevis mériterait qu'on y passe plusieurs jours.
Au bout de la route, on arrive sur un parking d'où partent plusieurs balades dont une qui mène à Steall Falls, une impressionnante cascade de 120 mètres de haut. Un panneau au début de la randonnée avertit les randonneurs que certains passages sont délicats en raison de pentes abruptes le long du chemin. Nous ne nous y aventurerons pas, étant donné que plusieurs d'entre nous sont sujets au vertige et les conditions ne sont pas idéales. Mais on profite déjà d'une belle rivière à hauteur du parking. Le soleil apparait même pendant quelques minutes pour nous aider à profiter de l'endroit.
On retourne sur nos pas, en empruntant à nouveau cette route d'une dizaine de kilomètres pour retourner à Fort William, avant de se diriger vers la célèbre vallée de Glencoe, qu'on va traverser en sens inverse de l'année dernière. On s'arrête d'abord au Ballachulish Visitor Centre, à l'entrée de la vallée mais sans informations pertinentes, on continue notre chemin. Les nuages sont très bas et donnent déjà un premier aperçu de l'atmosphère si spéciale de cet endroit. On s'arrête à un premier parking pour admirer la vallée dans laquelle on est sur le point de s'engouffrer.
La pluie fait son apparition peu après, lors d'un second arrêt.

Un car de touristes arrive au même moment, mais ils ne resteront pas bien longtemps, ce qui nous permet de profiter à nouveau du calme de l'endroit. Un peu déçue à cause de la météo, qui n'est pas propice aux balades que je m'étais notées pour aujourd'hui, mon humeur s'améliore lorsque quelques rayons de soleil viennent percer les gros nuages noirs : il n'y a rien de mieux pour ajouter un peu de caractère à ce paysage.
On s'arrête un peu plus loin, au parking de la cascade du nom de The Meeting of the Three Waters : la chute d'eau est en effet le point de convergence de trois sources différentes. L'eau au pied de la cascade est d'un bleu turquoise surprenant, qui contraste avec les roches marrons et grises.
Alors qu'on se dirige vers le parking, on remarque que la première
voiture arrêtée au feu tricolore (installé en raison d'une circulation alternée pour cause de travaux), a ses feux de détresse allumés.

La conductrice ouvre la portière et fait signe aux voitures derrière elle de la dépasser. Il semble bien qu'elle soit en panne. On lui demande si elle a besoin d'aide, ce qu'elle accepte volontiers. Elle n'arrive plus à passer la première vitesse pour avancer, la boite de vitesses semble bloquée. Stéphane lui propose d'essayer avant de monter à bord avec son accord (bien évidemment !

). Lorsqu'il se retourne, il remarque qu'il y a deux enfants assis sur le siège arrière !

Ils ne les avaient même pas remarqués. Leur maman leur explique que tout va bien,
"le monsieur essaye de les aider à faire avancer la voiture".

Oui, il n'a nullement l'intention de la voler, ni de les kidnapper !

Impossible de la faire avancer cela dit, on décide de l'aider à la garer de côté, sur le parking. Entre pousser la
voiture en marche arrière et faire la circulation, on s'y met tous.
Elle nous explique que ses parents étaient dans la
voiture juste devant elle, et ils ont encore eu le temps de passer avant que le feu ne se mette au rouge. On les voit arriver en sens inverse quelques minutes plus tard. Tous les trois nous remercient chaleureusement de notre aide. On leur souhaite bon courage, avant de reprendre la route : il n'y a rien de plus que l'on puisse faire; ils n'ont pas d'autres choix que d'essayer d'appeler un dépanneur. Si tant est qu'il trouvent un peu de réseau !
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Carte détaillée de la journée
Le parking de Glen Coe Valley View Point offre une vue splendide à 360°. Sur notre droite, les nuages se dissipent pour laisser place à un petit bout de ciel bleu; en face de nous, un rayon de soleil perce aux travers des nuages, tel un spot lumineux qui a choisi de mettre en lumière un point bien précis de la montagne.
On s'arrête évidemment au parking qui offre la vue le plus célèbre de cette vallée : la petite maison blanche devant la montagne du nom de Buachaille Etive Mor. Mon père et moi commençons à marcher sur le chemin qui mène à cette petite maison, car cette fois, je compte bien aller jusqu'au célèbre refuge appartenant à la National Trust for Scotland. Stéphane et ma mère nous rejoignent un peu après.
Il faut passer un petit pont en bois pour continuer notre chemin. L'eau de la rivière est incroyablement claire à travers de laquelle on peut voir une énorme roche rectangulaire rouge. La neige au sommet des montagnes ajoute un petit quelque chose en plus que l'on n'avait pas eu l'occasion d'apprécier l'année précédente. Il faut dire que cette vallée semble magnifique à toutes les saisons et sous tous les angles !
Avant de sortir de Glencoe, on décide de bifurquer vers la droite pour emprunter une route (sans nom) absolument fantastique

, qui s'enfonce dans une petite vallée étroite, jusqu'à Gualachulain : c'est un sans issue.
La route longe la rivière Etive, qui se trouve un peu en contrebas. Au détour d'un virage on remarque une petite construction en bois, tel un cageot suspendu, qui permet de traverser la rivière. Il semble qu'elle soit un peu âgée…

D'ailleurs un panneau interdit de monter à bord, c'est bien trop risqué : elle n'a pas l'air très solide !
La route monte et descend, sillonne la vallée, avec des versants abruptes de chaque côté, et parfois un petit lac en contrebas. On ne croise quasiment personne, ce qui nous permet d'apprécier un calme absolu.
Et puis tout d'un coup, on voit trois chevreuils et cerfs, sur le bord de la route, totalement impassibles.

On s'arrête pour profiter de leur présence. Une autre
voiture passe, avant qu'on ne la voit arriver à nouveau en contre sens un peu après. Le conducteur descend à son tour, en nous faisant un petit signe de la tête comme salutation.

Le silence est de mise dans une situation comme celle-là. On s'approche doucement d'un des chevreuils, pour ne pas l'effrayer. Puis il vient de lui-même à notre rencontre, s'approchant encore plus, curieux comme il est. Il est tellement proche, qu'en tendant mon bras, je pourrais le toucher, mais j'avoue ne plus oser bouger.

Il reste là pendant de longues secondes, à nous regarder, avant de s'éloigner à nouveau.
Un peu plus bas, un cerf broute tranquillement. L'autre photographe s'approche tout doucement. Mais il fait craquer quelques brindilles sous ses pieds et le cerf lève la tête pour regarder autour de lui, avant de partir plus loin.
"Vous l'avez eu ?", me demande le photographe.
Effectivement, grâce à lui j'ai pu l'immortaliser.

Cette rencontre avec ces cervidés reste une expérience incroyable, un moment fabuleux, tout en silence et en admiration.
On passe ensuite devant Dalness Estate, une maison de vacances, puis Invercharnan qui se résume à deux maisons… avant d'arriver au bout de la route, au Glen Etive Estate Parking, sur les bords du bras de mer Loch Etive. Les versants des montagnes de part et d'autre forment un U, comme symétriques, de chaque côté du loch. Il n'y a pas un bruit, si ce n'est celui du vent qui souffle fort, et de celui laissé par des petites vagues qui viennent se casser contre les rochers et la vase présents sur les bords. Au loin, on voit arriver une grosse averse à laquelle on ne va pas échapper.

On s'abrite quelques minutes dans la
voiture, le temps qu'elle passe, avant de ressortir profiter encore de cet endroit si paisible, hors du temps. Il n'y a absolument personne d'autre que nous.
Il est temps de faire le chemin en sens inverse pour rejoindre l'A82, la grande route qui traverse Glencoe. Mais voilà que cinq ou six chevreuils et cerfs se promènent tranquillement sur la route, avant d'aller brouter sur le bas-côté.

Évidemment, on décide de s'arrêter pour profiter du moment. Ils n'ont pas du tout l'air gênés par notre présence ou le passage de plusieurs voitures.
Tout en se rapprochant de la grande route, on rattrape également la pluie qui était passée plus tôt. Le retour dans la vallée nous réserve encore une belle surprise. Alors qu'on est sur le point de sortir de Glencoe, on aperçoit sur notre gauche un arc-en-ciel, ou plutôt un double arc-en-ciel, dans son intégralité et à quelques mètres à peine du sol. Inimaginable et pourtant, on l'a juste devant les yeux !
Derrière nous, cet endroit nous offre un dernier spectacle avec des nuages sombres et imposants qui restent accrochés aux sommets et plongent la vallée dans le noir, tandis que quelques rayons de soleil éclairent la route que l'on vient d'emprunter.
Cette deuxième visite de Glencoe se sera faite dans des conditions absolument incroyables qui me font tirer cette conclusion (et j'en suis persuadée

) : visiter Glencoe avec un grand ciel bleu ne permet pas de ressentir le réel caractère de cette vallée. C'est cette météo tourmentée, entre éclaircies, gros nuages noirs, brouillard, arc-en ciel et même pluie qui donne tout son charme et son atmosphère à cet endroit.

Je n'aurais pas pu rêver mieux comme conditions ! Ces quatre heures passées à Glencoe ont été un moment absolument extraordinaire. C'est un endroit envoûtant qui ne cesse de vous ramener à lui pour profiter de paysages spectaculaires dans une atmosphère hors du commun.

Glencoe est sans aucun doute dans le Top 3 des lieux à visiter en Écosse.
Je garde cependant l'option du grand ciel bleu pour une prochaine visite

(jamais deux sans trois…) où j'aimerais enfin pouvoir profiter des sentiers de randonnées et monter par le télésiège de la Glencoe Mountain Resort pour prendre de la hauteur et admirer cette vallée d'en haut.
Impossible de descendre vers le sud sans s'arrêter à Loch Ba Viewpoint, qui avait été notre premier gros choc visuel l'année dernière. Cette année encore les nuages couvrent Black Mount, qui porte bien son nom. L'étendue aux alentours est impressionnante : ce sera l'une des dernière fois qu'on pourra profiter d'une étendue aussi peu modifiée par l'Homme.
Loch Tulla Viewpoint est notre dernier arrêt dans cette Écosse si sauvage qu'on aime tant. Petit à petit, on retrouve la civilisation, les villages, châteaux et villes, qui se font de plus en plus nombreux à mesure qu'on gagne le sud.
Un petit détour à Duke's Pass nous offre une des dernières vues de montagnes et de forêts, avec au loin de nombreuses éoliennes. Le soleil est plus présent et va maintenant nous suivre jusqu'au bout du voyage (il était temps…). On retrouve les champs et les petits murs en pierres qui bordent les routes avant de rejoindre le
Courtyard By Marriott Glasgow Airport, qui est juste à côté de l'aéroport. Une promo m'avait permis d'avoir un très bon tarif, ce sera parfait pour passer la nuit avant de prendre le vol tôt demain matin.

Cela nous permet aussi de rendre la
voiture dès ce soir et donc de ne pas payer le parking de l'
hôtel. Quant au repas du soir, le McDo fera l'affaire pour se rassasier après une longue journée.
Lorsqu'on arrive chez
Alamo, un employé très sympathique nous accueille.
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"Avez-vous eu l'opportunité de faire le plein ? Merci beaucoup, tout est parfait", dit-il en faisant le tour.
"Thank you guys !"
Étonnant que ce soit lui qui nous remercie. Il prend le temps de nous expliquer clairement les détails du ticket de caisse et que la caution sera rendue dans les deux ou trois jours ouvrables. Il nous demande comment s'est passée notre expérience : parfait, comme d'habitude.
"Content de savoir que vous revenez chez nous," nous dit-il quand on lui explique qu'on a déjà loué plusieurs fois aux États-Unis. Il nous gratifie encore d'un
"safe travel !" avant qu'on ne s'en aille. Le côté commercial et la relation client n'a rien avoir avec chez nous !
On s'emmêle un peu les pinceaux pour revenir à l'
hôtel à pied, mais au moins ça nous permet de découvrir le chemin qu'on empruntera demain matin en sens inverse, et de savoir combien de temps il nous faudra pour nous rendre à l'aéroport.
Jour 10 - 21 avril 2018 - Glasgow > Francfort
C'est une petite nuit qui met fin à notre séjour en Écosse puisque la porte d'embarquement ferme à 7h45 et notre vol est prévu pour 8h15. Le réveil nous tire donc du lit de bonne heure !
On mange quelques gâteaux dans la chambre en guise de petit-déjeuner avant de prendre la route de l'aéroport. Le ciel commence à s'éclaircir, tout est encore bien calme.
On se dirige vers un petit bâtiment adjacent au hall de l'aéroport pour enregistrer les bagages. Le poids indiqué quand on les pose sur le tapis nous fait suer un peu : on était limite !

Heureusement qu'on n'a pas rapporté plus de whisky...
Puis on a le droit à un peu de suspense lors du passage à la sécurité : certains sacs de cabines sont dirigés vers des contrôles plus poussés. Une agent est en train de vérifier le contenu de l'un d'entre eux en sortant tous les petits flacons de la valise. Et elle prend le temps de bien tous les contrôler.

Pendant ce temps, les autres bagages mis de côté sont en attente. On croise les doigts pour que l'un de nos sacs ne passe pas chez elle, parce qu'on risque d'en avoir pour un bon moment !
Finalement, on récupère nos sacs sans problème et on peut se diriger vers la porte d'embarquement. Nos billets comprennent deux bagages en cabine et la priorité à l'embarquement : nous sommes donc parmi les premiers dans la file d'attente, où l'on attend pendant de bien longues minutes dans le couloir.
Finalement, on monte à bord de l'appareil directement depuis la piste avec un peu de retard sur le programme. Mais l'important c'est que le vol retour se fait sans encombre pour un premier voyage en
avion réussi pour les parents. Il faut dire qu'ils ont eu de la chance d'avoir des vols extrêmement calmes !
Une chose est sûre, ils ont été autant conquis que nous par les terres écossaises.

Il faut dire que ce pays et ses paysages envoûtants, si sauvages ne peuvent pas laisser indifférents !
"Jamais deux sans trois" dit-on...

Je pense bien que je n'y échapperai pas.
FIN 