En route pour notre 5ème jour plein à NY, avec une Nicole qui a retrouvé sa pleine forme après un bon après-midi de repos
Mercredi 14 septembre
Tempête sur la ville …
Ce matin, le métro nous réserve une surprise.
Non ! Rien à voir avec le métro stalinien de Moscou digne des plus beaux palais. Non ! Beaucoup plus simple et humble celui de New York, porteur d’une grande sensibilité … En effet, de nombreuses mosaïques ornent les murs et délivrent des messages d’humanité et d’authenticité.



Sortis du métro, nous longeons une avenue en pleine mutation, certainement la 34ème.
Tels des chrysalides, de nombreux buildings aux structures métalliques sortent de terre. Les façades s’habillent de verre au même rythme que la construction des étages. Les ascenseurs, précieux collaborateurs, coulissent sur leurs flancs.

Nous contournons ce qui semble être un terminal de métro et donc le début de la High Line. Hum ! Je sens que je vais bien aimer cet endroit et suis fascinée par la frénésie ambiante des grues, du fer, du béton, du verre, le tout animé par un concert de marteaux piqueurs.
Dans une autre vie, je devais être bâtisseuse, j’aime tout ce qui touche à l’édification, ne serais-ce que celle d’un cabanon en pierre !


Le personnel est majoritairement noir et latino. Mais que ferait l’Amérique sans cette population laborieuse ? Soyons certains qu’elle n’aurait pas le même visage !
Cette voie urbaine suspendue de 2,3 km côté ouest de Manhattan est une aubaine pour moi. Enfin un peu de verdure, dont de nombreuses graminées. Tout ce qui se rapproche à la nature, ne peut que sublimer mon séjour.
La High Line en est l’illustration même. Je m’y sens bien et flâne avec bonheur dans cet espace réservé aux millions de visiteurs qui l’arpentent depuis sa création en 2009.
Ici, un rail a définitivement perdu son usage initial. Tordu, courbé, torturé, tel un serpent furieux, il émerge d’une broussaille.

L’art s’est installé avec originalité.

Un personnage vêtu d’un désuet slip kangourou surprend. Je m’approche, le dévisage, lui grattouille l’épaule au cas où il aurait envie de sourire !
Mais non ! C’est bien un vrai faux homo sapiens de cire. Ce pauvret d’une pâleur extrême semble sorti des sous-sols de New York, tant il est famélique. Inlassablement et désespérément il tend les bras … J’ai un sérieux doute quand à sa santé mentale !

La dernière voiturette américaine, relookée par Michelin, sortie des usines de Détroit, ex-haut lieu de la construction automobile !

Plus loin, nous ne résistons pas à la pause sur les marches du théâtre urbain qui offre une vue sur la 10ème avenue. C’est le coin privilégié des badauds !

Impossible de manquer l’incontournable Chelsea market. Donc, nous y allons, mais quelle chaleur ce jour là ! Je me souviens avoir longé les murs à la recherche d’un peu d’ombre.

Les odeurs qui se dégagent de cette ex-biscuiterie ne font que confirmer la bonne adresse. Ce long couloir de 250 mètres est une vraie trouvaille. L’effervescence de ce lieu nous enchante, d’autant que notre promenade matinale nous a creusé l’estomac.
Une odeur d’iode excite nos papilles gustatives. Le Lobster Place temple de la sea food n’attend que nous. Le homard est à des prix exorbitants. Mais attention ! Gare aux dépenses incontrôlées !
Une assiette japonaise remplira aussi bien nos estomacs affamés ! C’est délicieux, je me régale. Cette couleur vert avocat me séduit. Aller hop ! Ah non ! Comme un éléphant de mer, j’éructe, les yeux ravagés par les larmes, je crache, râle, peste, tousse …
Quelle est donc cette épice impitoyable ?
Je me remets enfin de mes émotions et garderai un souvenir piquant de Chelsea Market …
En bon touriste, les yeux rivés sur l’œilleton de l’appareil photo, mon époux clique avec frénésie sur les personnages miniaturisés de Tom Otterness.
Quelle drôle d’idée d’avoir perché ces rigolotes statuettes de bronze bardées de dollars sur les poutres de la station de métro de la 14st ! Même les plus petites choses dans ce grand pays symbolisent la réussite par le dollar.

Nombreux sont les messages communiqués par les petits bonshommes de Tom Otterness.





Notre balade new yorkaise se poursuit dans les beaux quartiers aux immeubles bas et maisons victoriennes de Chelsea, Greenwich villages, Union Square.



Presque vrais






Le Flatiron Building de forme triangulaire est unique en son genre. Du haut de ses 87 mètres, il abrite 22 étages qu’il offre au soleil couchant. Le dégagement de Madison Square lui donne belle allure.


Eataly sera l’occasion de déguster un excellent café, le seul digne de ce nom durant notre séjour.
Au cœur de Madison Square trône une sculpture de Martin Puryear, un ersatz d’éléphant, le Big Bling. Je suis étonnée par cette carapace de bois et grillage, surmontée d’une manille dorée.
Le taureau m’avait fort impressionnée, la citrouille également, l’éléphant, lui, me laisse sans voix. Il est sécurisant et apaisant, j’adore!...

L’art public de New York est des plus inventifs et véhicule toute une foule de questionnements. A nous d’interpréter la pensée des créateurs.
Dans l’Union Square, un salut très respectueux aux statues des deux grands présidents des Etats Unis : Abraham Lincoln et Georges Washington …

Nous retrouvons nos amis Claude et Sylvie pour la visite de l’Empire State Building. Sortis du métro, alors que nous ne l’avions pas vu venir, un orage s’abat sur Manhattan. Vite, tous à l’abri !
En un saut de puce, nous voilà propulsés au sommet de ce gratte-ciel de style art déco, haut de 381 mètres et de 102 étages. L’ESB est à New York ce que la tour Eiffel est à Paris, c’est dire !... Il est considéré comme l’une des sept merveilles du monde moderne.
Dans le hall d’entrée

La ville s’assombrit, la tempête fait rage, nous sommes obligés d’attendre que les éléments se calment.

Voir la Skyline sous la pluie, pourquoi pas ! Surtout lorsque un rayon de soleil fait une intrusion spontanée et imprévisible et vient flirter sur l’arête du Flatiron.


Un magnifique arc en ciel se dessine et fend l’horizon pour enfin s’évanouir au pied du 432 Park avenue. Ce building haut de 426 mètres n’a aucun charme, et pourtant, son dernier étage a été vendu 95 millions de dollars. Ses habitants jouissent d’une vue imprenable sur Central Park, c’est le prix à payer !
Bientôt un deuxième arc-en-ciel viendra l’auréoler. La température baisse brutalement, le vent se déchaine, je suis frigorifiée. Entre ombres et lumières, New York dévoile tous ses charmes.








Là bas, tout en bas, en « zoomant », je reconnais Big Bling, très sagement assis sur le gazon feutré de Madison Square. C’est mon chouchou !

Cependant, maintes réflexions me viennent à l’esprit.
Pour la touriste que je suis, bien sûr, la ville est intéressante, mais comment vivent les habitants qui occupent les 30 premiers étages, sans vue, sans le bénéfice de la gratuité de quelques rayons de soleil pour venir éclairer leur journée de travail
Non, je ne les envie pas. New York a beau être la ville de la culture, de la science, de l’innovation, de la finance, elle ne me séduit pas assez, je n’y vivrais pas.
Les éléments se calment, le soleil réapparait et nous laisse voir New York, une dernière fois avant de disparaître pour une longue nuit automnale. Au même rythme, la ville s’habille de millions de paillettes.
La Crysler Tower revêt une robe de soirée.
La féerie urbaine va crescendo et se reflète de part et d’autre dans l’Hudson River et l’Est River.
C’est du grand art !...




Retour en bas

Après un banal repas, nous regagnons notre « deux pièces » à Harlem.
Bonne nuit !



