Jour 9 : dimanche 09/06 - Part 2
On attaque les choses sérieuses. C’est notre premier visuel avec les pools fumantes et les (petits) geysers.
La proximité du lac rend le lieu assez magique.

Quand on sait que les eaux du
Yellowstone se jettent à la fois dans le Pacifique et dans le Golf du Mexique via le Mississippi, on a l'impression que toute cette eau sort de terre à cet endroit
On met environ 3/4h à faire le tour sur le ponton, puis on reprend la route en direction du
Grand Canyon, en s’arrêtant aux différents points de vue en chemin.
Notre premier arrêt est Mud Volcano.

Je suis sûr que certains doivent rêver d’y construire un centre thermal avec bains de boue…
J'ai été agréablement surpris par le site. Je craignais de ne voir que des bulles de boue éclater à la surface, mais le site est bien plus diversifié que ça
C’est au milieu de la balade que mon appareil photo décide de ne prendre aucune photo.
La raison, je viens de remplir les 64 gb de ma carte… Je supprime à la hâte quelques photos inutiles afin de pouvoir finir la balade jusqu’à la
voiture où se trouve ma carte de secours.
On fait ensuite un saut de puce à Sulphur Caldron.
Puis on continue à longer la
Yellowstone River jusqu’à atteindre notre objectif principal, le
Grand Canyon du
Yellowstone.

A chaque fois que je voyais une plaine avec une rivière qui s'écoulait en slalomant au milieu, j'avais envie de m'arrêter pendant des heures
On voulait commencer par le Uncle’s Tom Trail, mais l’accès aux escaliers est fermé.
On avait juste une vue de la première cascade avant le canyon.
On a quand même tourné en rond 45 minutes dans l’espoir de trouver l’escalier.
On reprend donc la
voiture pour se rendre à Artist Point.
Là, ça a été la grosse claque dans la figure !

Magnifique ! Impressionnant surtout ! Un superbe panorama à 180° (même si mon logiciel ne m'a pas permi de le montrer)
Nous prenons ensuite la route vers la face nord, en croisant sur le bord de la route Bob, bison dépressif.
Nous descendons à pied vers le point de vue situé à proximité de Lower Falls, où la vue y est exceptionnelle.

La même en pose longue.

Le voilà notre escalier

Le soleil dans le dos nous donne même droit à un petit arc en ciel.
La remontée était raide en revanche.
On se rend ensuite vers Lockout Point, où on pouvait apercevoir un nid posé au sommet d’un piton.

Certains étaient bien mieux équipés que nous avec des trépieds énormes et des téléobjectifs immenses.
On les a fait à main levée.
On ne s’arrêtera pas aux autres points du vue, et nous prenons la direction de
West Yellowstone en nous arrêtant en chemin à Norris Geyser Basin.
On a pris le grand tour, vers Back Basin, en slalomant au milieu des pools et des geysers.
Un site magnifique

mais le temps commençait à nouveau à se gâter...
De nouveau, la météo s’en mêle avec des averses qui nous tomberont dessus jusqu’à la fin.

Le site est à la fois magnifique et morbide je trouvais. Mère Nature ne laissait pas beaucoup de place à la survie à cet endroit...

Un petit geyser entre en éruption quand on arrive à sa hauteur, où des touristes chinois passent à côté sans y jeter un œil.

On présumait que c’était sans doute pas leur premier jour dans le parc…

Puis un autre, bien plus petit, qui s'est ensuite transformé en siphon où l'eau était littéralement aspirée
On arrive au bout de la boucle, vers Porcelain Basin, quand la pluie recommence à tomber, et on voit alors un gros attroupement. On se dit que ce sont des gens qui photographient le point de vue depuis le belvédère et…. Un ours !!!!!
Non, Deux !
Trois !
Maman Ours et ses deux petits !
C’était le chaos le plus total. Le chinois qui d’habitude se réfugient sous leur parapluie quand il tombe une goutte comme si c’était de l’acide étaient sans protection pour les prendre en photo à tout prix.
Les ours eux de leur côté marchaient tranquillement au milieu des pools, mais cherchaient quand même à fuir cette agitation. Les petits n’avaient pas l’air rassurés.
Les voir au milieu de la vapeur, en plein milieu de ce point de vue magnifique était magique.
Puis ils sont passés derrière l’écran de vapeur, puis plus rien.
La scène avait duré moins d’une minute.
Quand on est arrivé en bas, plus une trace d’ours. Des témoins disaient que la petite famille avait traversé le ponton, où des gens n’étaient qu’à quelques mètres, et étaient partis dans le bois, où certaines personnes ont tentées de les suivre jusqu’à ce qu’un ranger les rappelle fortement à l’ordre.
Quand on regardait les photos le soir, on a opté pour l’option du suicide collectif où, désespérés et acculés par les Zoms, ils se sont jetés dans les pools et se sont liquéfiés.
Maman, on est encerclés, que fait-t-on ? Ne t'inquiète pas, ça va bien se passer, ferme les yeux et saute.
On se remet difficilement de nos émotions. J’en avais presque les larmes aux yeux tellement j’étais content.
J’ai atteint un de mes objectifs du voyage qui était d’en voir. :
Les chinois se ressaisissent et retournent sous leurs parapluies, et la foule se disperse assez rapidement.
On ne fera pas le tour du site car il est déjà 18h et nous devons encore aller jusqu’à
West Yellowstone.
On reprend tranquillement la route où j’ai un mauvais pressentiment sur l’
hôtel réservé ce soir…
Car c’est en arrivant en ville que le sketch du séjour a commencé.
Déjà, je pose les bases :
1er semestre 2018. On a défini les grandes lignes du séjour, ainsi que les dates.
Dès qu’on arrive en juin 2018, je me précipite pour réserver les chambres à Jackson Hole et West Yellowstone car je sais que ça part très vite, et que les chambres à 3 lits sont assez peu nombreuses.
J’avais trouvé via Voyage SNCF le Traveler’s Lodge, qui possédait des chambres de 3 lits.
J’avais réservé sur leur site internet officiel… mais je n’avais jamais reçu de mail automatique de confirmation.
Inquiet, je décidais alors début juillet de les appeler directement par téléphone afin de vérifier qu’ils avaient bien ma réservation. Je compose alors le numéro qui apparaissait sur le site où j’avais réservé… et j’ai droit au message automatique que le numéro demandé n’est plus attribué.
Ah… Pas bon signe ça…
Je cherche via Google et je trouve un autre numéro. Je tente et je tombe sur eux !
S’en suit un dialogue de sourds de 5 bonnes minutes où je demandais s’ils avaient bien reçu ma confirmation pour juin 2019, et avais droit à chaque fois comme réponse avec étonnement (et j’en foutisme) que le mois de juin était déjà passé.
5 minutes à dire « 2019 », « one - nine », « next year » et à essayer de lui faire comprendre, c’est long.
Elle finit enfin par comprendre et me confirme qu’elle voit ma réservation et accepte de m’envoyer par mail une misérable confirmation.
Mais bon, j’avais mon nom, mes dates, mon nombre de lits et mon numéro de réservation, j’étais rassuré
C’est donc en ressassant ce passage dans ma tête en chemin que je me dis que quelque chose va foirer.
On arrive devant l’
hôtel. Je rentre seul dans le lobby.
L’habituel « bonjour, j’ai une réservation », puis je lui donne mon nom.
La personne (que je soupçonne d’être la même dame que j’avais eu au téléphone 11 mois plus tôt) se met à chercher sur son ordinateur, puis au bout de 10 secondes me dit qu’elle ne me trouve pas.
Avec un grand sourire sadique

, je lui sors alors sous le nez la confirmation qu’elle m’avait envoyé par mail.
Elle passe alors 5 minutes à pianoter. Entre temps les autres m’ont rejoint et je leur fais comprendre que mes craintes étaient justifiées.
Au bout d’un moment, elle lâche un « shit » devant son écran.
Là, on comprend qu’on est mal.
Elle décroche son téléphone et passe un appel pendant 2 minutes.
Quand elle raccroche, elle se tourne vers moi en disant qu’elle ne trouve pas notre réservation, et que toutes les chambres sont prises.
Mais elle a une solution, elle a appelé sa sœur qui gère un
hôtel 3 rues plus loin et nous propose en dépannage une chambre à 4 lits pour le même prix.
Bon ben, pas le choix, on y va.
J’étais bien content de l’avoir appelé l’année précédente car ma réservation reçue lui avait coupé l’herbe sous le pied. Sans ça, on avait aucune preuve et je suis certain qu’elle nous aurait envoyé balader.
On se présente donc à l’
hôtel suivant, le
Yellowstone Country Inn. J’arrive à la réception où une femme était attablé au comptoir (et qui ne ressemblait pas du tout à la réceptionniste précédente soit dit en passant), du rock à fond dans le lobby.
Je lui dis que le Traveler’s Lodge nous envoie.
« Oui, pas de problème ! Je vous édite une facture ? »
Oh que oui j’en veux une !
Elle me sort une facture, même prix que le précédent. Elle se déplace en dansant pour chercher les clés, puis m’indique le chemin jusqu’à la chambre.
Je n’ai compris qu’un mot sur 4. J’avais juste compris (et j’en suis sur à 99%) « other side » et « near garbage ».
De l’autre côté près des ordures.
Bon… Je retourne à la
voiture, on récupère les valises, et on se dirige vers le bout de l’
hôtel où se situe le local à poubelle, et où se trouve un escalier.
Le numéro de clé était le 302. Donc au 2ème étage si on suit la logique américaine.
Et il n’y avait qu’un rdc et un étage dans cet
hôtel.
L’escalier en question ne conduit à l’étage qu’à une unique porte, sans numéro.
On se demande si c’est bien là. Je tente ma chance. Je monte, insert la clé, et la tourne.
La porte s’ouvre.
Nickel. C’est bien la bonne chambre.
On entre alors dans une chambre immense. Entre 60 et 80 m² avec… 5 lits. Avec une deuxième porte à l’autre bout de la pièce.
C'est quand on voit la taille de la valise ouverte qu'on se rend compte de la profondeur de champ.
Avec en plus une belle cuisine et la salle de bain au bout.
Banco !
On a fait une belle affaire au final.
On ne tente pas d’ouvrir la 2ème porte qu’on supposait être une issue de secours.
Je lance l’ordinateur pour transférer mes photos de la carte mémoire pleine, et on va manger pendant ce temps-là.
On rentre vers 21h.
La scène qui suit m’a été rapportée car j’étais sous la douche à ce moment-là.
C’était vers 22h30, quand l’autre porte s’ouvre et qu'un groupe d’espagnols rentre !
« Qu’est ce que vous faites là ?»
« Heu... c’est notre chambre, et vous ? »
« C’est notre chambre »
Et l’autre porte avait un numéro en 2XX, comme indiquée sur leurs clés.
Un des espagnols part chercher la réceptionniste qui arrive comme une furie dans la chambre, pensant avoir affaire à des vagabonds qui avaient forcé la chambre car elle n’avait vu que moi tout à l’heure dans le lobby et elle ne les connaissait pas.
« Bordel vous êtes qui ?! Qu’est-ce que vous faites là ?! Comment vous êtes entré ?! »
« Ben par la porte » que les autres lui répondent.
« Comment ça ?! Quelle porte ?! »
« Celle-là » en désignant la porte qui était en réalité l’issue de secours de cette chambre.
Ils ouvrent la porte et tournent la clé sous ses yeux.
Mon frère alors reprend la clé, se dirige vers le groupe d’espagnols qui attend à l’entrée, et essaye sa clé sur l’autre porte… et qui l’ouvre !
Ça a calmé directement la réceptionniste qui est repartie consternée.
Mon frère tape à la porte de la salle de bain et me disant de me rhabiller fissa.
Je pensais à une alerte incendie vu comment il me pressait. Je sors en serviette, je demande ce qui se passe et on m’expose la situation en 30 secondes.
Puis l’autre porte s’ouvre à nouveau et un espagnol nous dit de ne pas bouger, qu’ils se sont arrangés pour cette nuit.
Je décide alors de m’habiller et je vais voir la réceptionniste avec mon frère.
On fait tout le tour de l’
hôtel pour s’y rendre en cherchant des yeux un numéro en 3XX qu’on aurait raté, en vain.
Quand on rentre à la réception, la réceptionniste de tout à l’heure est au téléphone avec son patron, en train de se prendre une engueulade carabinée.
Elle raccroche et nous dit qu’on a failli lui donner une crise cardiaque.
En fait, d’un côté je n’avais en effet pas du tout compris où se situait notre chambre : à l’opposé des autres… au-dessus de la réception

; mais en plus ils ont réalisé ce soir là que toutes clés ouvraient n’importe quelle chambre de l’
hôtel !
C’est d’ailleurs grâce à ça qu’elle ne nous a pas étripé et qu’elle moins énervée contre nous.
Elle nous laissait la chambre pour cette nuit uniquement, et qu’on devait redéménager le lendemain dans la chambre de 4 lits.
Aucun souci.
On est remonté dans la chambre, avons arrêté le copain qui était déjà en train de tout ranger dans sa valise.
On s’est couché 1h plus tard, assez énervés.
Mais après coup, cet épisode de
West Yellowstone reste mon meilleur souvenir du voyage. Le genre de truc qu’on est pas près d’oublier.
Quelle barre de rire quand on se remémore la scène.
