J7 : 7 août – Les Dieux du stade
Je me sens beaucoup mieux au réveil. Plus de trace de l’insolation, si c’était bien ça.
Pour autant, je sens que le reste de la troupe n’est pas très motivé pour faire un crochet vers les gorges de Lousios qui impliquerait quatre heures de route de montagne. La petite partie de route de montagne que nous avons faite en revenant de Messène n’a pas laissé le meilleur des souvenirs.
Nous décidons donc de zapper Lousios, seul regret pour moi de tout le voyage.
En y repensant, nous n’aurons pas d’autre fail pendant le reste des vacances !
Du coup, il faut changer un peu le programme car si nous partons dès ce matin à Olympie, nous allons y arriver aux heures les plus chaudes de la fin de matinée et notre chambre d’
hôtel ne sera pas libre.
Nous avons constaté que notre airBNB est indiqué comme devant être libéré… avant 23h ??
Nous contactons notre hôte qui nous indique qu’il n’y a pas vraiment d’horaire de départ et nous demandons s’il est possible de ne partir qu’après le déjeuner. Il est OK, super !
Nous décidons donc de rester une matinée de plus sur le secteur de la baie de Navarin et nous retournons donc… chez Nestor, pour changer !
Après avoir trainé un peu pour le petit déjeuner, nous nous dirigeons vers le Palais de Nestor, situé à une quinzaine de minutes de notre logement.
Le Palais de Nestor fut construit au 14ième avant JC, pour le compte du souverain achéen Nestor.
Ce site est le troisième plus grand site mycénien du Péloponnèse après Mycènes et Tirynthe.
Il ne reste que les bases du palais mais le site est très bien mis en valeur avec un escalier et une passerelle qui permet de le voir par au-dessus et une canopée pour le recouvrir.
On note la salle du trône,
des celliers, une salle de bain avec baignoire, des salles de garde…
La visite est assez courte mais vaut bien les 6 € d’entrée.
Sur le site, des Tholos sont également visibles, plus petits que ceux de Mycènes.
Après cette jolie et intéressante visite, nous retournons à l’appartement pour déjeuner et finir les bagages avant de prendre la route pour Olympie.
La route est assez monotone. Beaucoup de circulation et nous somme surpris de voir les bords de route assez sales. Rien à voir avec l’Argoline où les routes étaient très propres.
Mis à part le bord de mer, le paysage est moins joli dans cette région, plus plat, avec plus de villes modernes assez quelconques.
Nous arrivons vers Olympie vers 15h de mémoire.
Notre
hôtel, le Bacchus, propose à la fois des chambres d’
hôtel et des studios familiaux. Nous avons loué un studio, comprenant un lit double et deux lits simples, une grande douche et une kitchenette.
L’
hôtel offre également une jolie piscine
et le restaurant de l’
hôtel est bien noté. Son tarif (99,50 € pour 4 avec petits déjeuners inclus) et sa proximité du site d’Olympie (10mn en
voiture du village voisin) en font un bon plan pour une étape d’une nuit. C’est la seule fois du voyage où nous avons pris une chambre familiale.
Nous nous installons à l’
hôtel et faisons une petite pause (sieste pour certains) avant de nous diriger vers le site d’Olympie. Initialement, nous étions supposés arriver le soir et visiter Olympie demain matin et nous avons donc une demi-journée d’avance sur l’emploi du temps. Avec un peu de chance, comme à Epidaure, la fin d‘après-midi sera agréable avec moins de monde…
Olympie n’était pas une ville mais un immense complexe religieux regroupant temples, bâtiments sportifs et bâtiments administratifs et où se trouvait l’immense statue Chryséléphantine (en or et ivoire) de Zeus, haute de 13 mètres, et qui faisait partie des 7 Merveilles du Monde.
Le site d’Olympie a été découvert vers 1720, fouillé à partir de 1766 par les Anglais, de 1829 par les français et 1875 par les Allemands. Le site fait toujours l’objet de fouilles.
Olympie est surtout connue pour les Jeux Olympiques, qui faisaient partie des jeux panhelléniques.
Les Jeux panhelléniques sont des fêtes à caractère religieux célébrées en Grèce en l'honneur des Dieux, dans toutes les régions de Grèce. Ce sont des concours athlétiques réservés au départ à l'aristocratie. A partir du Vème siècle avant JC, d'autres disciplines culturelles se sont ajoutées aux épreuves athlétiques, puis les athlètes sont devenus des professionnels.
Les quatre grands Jeux panhelléniques sont :
• les Jeux olympiques à Olympie ;
• les Jeux pythiques à Delphes ;
• les Jeux isthmiques à Corinthe ;
• les Jeux néméens d'abord à Némée.
Il n'y avait donc pas de notion de record : seul le vainqueur avait droit aux honneurs, il n'y avait pas de podium pour le second ou le troisième. Excepté la course de char, toutes les épreuves dites gymniques se pratiquaient nu et les jeux étaient réservés aux hommes.
Originellement tenus à Olympie, dans la Grèce antique du VIII° siècle avant JC. au Ve siècle après JC., les Jeux sont rénovés par le baron français Pierre de Coubertin en 1894 lorsqu’il fonde le Comité international olympique (CIO). Depuis lors, le CIO est devenu l’organisation gouvernant le mouvement olympique dont la structure et les décisions sont définies par la Charte olympique.
Les premiers Jeux olympiques modernes se déroulent en 1896 à Athènes et l'instauration des Jeux olympiques d'hiver date de 1924 à Chamonix.
Le marathon a été créé à l’occasion des Jeux Olympiques d’Athènes de 1896 pour commémorer la légende du messager grec Philippidès qui aurait parcouru la distance de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire contre les Perses en 490 avant JC. L’épreuve se courait jusqu’en 1921 sur une distance non fixée d’environ 40 km avant que l’Association Internationale des Fédérations d’Athlétisme n’en fixe la distance.
Dès que nous arrivons, nous réalisons que le site est immense, et assez touristique. Le parking aménagé et le chemin balisé vers l’entrée témoignent d’une grande activité touristique.
A l’entrée, nous payons notre dû : 12 € par adulte pour le site et le Musée. Toujours gratuit pour les enfants.
Le sol est mouillé, il a plu récemment et le ciel reste très sombre. Il tonne au loin… J’espère que nous n’allons pas nous prendre un orage. Les enfants soupirent : lorsqu’ils étaient venus à Olympie il y a quelques années, ils avaient visité le site sous la pluie et là (et ce sera la seule fois des vacances !) le temps est gris et orageux. Décidément, Olympie ne leur porte pas chance !
Nous entrons sur le site en croisant les doigts : pourvu que nous puissions voir l’essentiel avant la pluie.
Nous longeons tout d’abord le gymnase et son palestre
avant d’approcher du Philippéion devant le Temple d’Héra, que nous visiterons en dernier.
Nous passons sans trop nous attarder devant l’atelier de Phidias, qui aurait construit la statue de Zeus Chryséléphantine, puis l’église byzantine et le Léonidaion, grande auberge destinée à accueillir les hôtes de marque
Nous nous approchons des restes du Temple de Zeus, dont ne subsistent que d’énormes morceaux de colonnes. Il ne reste pas grand-chose mais les blocs permettent d’avoir une idée de la grandeur du temple.
Nous apercevons une famille de français avec des sortes de grosses lunettes qui regardent en l’air et… nous rentrent dedans. Ils s’arrêtent pour s’excuser et nous en profitons pour leur demander ce que sont ces lunettes. Ce sont des masques de réalité virtuelle !
C’est une activité nouvelle à Olympie. Ces masques ne sont pas loués à l’entrée du site mais par une société privée dans la ville même d’Olympie.
Ils nous font essayer et … C’EST FANTASTIQUE !! Le masque nous permet de voir une reconstitution du temple de Zeus, d’y entrer et d’admirer la statue de Zeus Chryséléphantine comme si on y était. Lorsqu’on tourne la tête, on peut voir les autres temples, les rues d’Olympie. C’est super bien fait !
extrait de leur site :
Tellement bien que nous avons hésité à revenir visiter le site une deuxième fois le lendemain en louant les casques.
L’agence qui propose ceci s’appelle « Olympia Back in time » : il faut réserver les lunettes VR sur le site, environ 20 € par personne. Nous ne connaissions pas ce principe mais cela nous a emballé et je recommande vivement de tenter l’expérience. Le site étant fortement détruit, la réalité virtuelle aide beaucoup à se représenter les temples tels qu’ils étaient.
Nous poursuivons la visite vers le portique d’Echo dont l’usage et le fonctionnement demeurent assez mystérieux mais dont on dit qu’il répétait 7 fois la voix.
Devant ce portique étaient exposées les statues des tricheurs que ceux-ci étaient obligés de faire ériger à leurs frais afin d’étaler leur déshonneur aux yeux de tous…
Enfin, nous passons le passage couvert de 32 mètres (Kripté) qui menait les athlètes et les juges au célèbre stade d’Olympie.
Le stade lui-même fait 213 mètres de long mais la piste elle-même, dont le départ et l’arrivée sont marquées par des dalles de marbre, mesurait 192,27 mètres soit 600 « pieds d’Olympie », l’unité de mesure locale.
Les gradins, dont il ne reste rien, pouvaient accueillir 40.000 spectateurs.
De même qu’il est de tradition à Epidaure de pousser la chansonnette au milieu de la scène, impossible d’échapper à une petite course sur la piste du stade d’Olympie.
Mon mari et mon fils se mettent en place sur la ligne de départ pendant que je filme avec ma fille.
Chacun fait un peu le malin, se vante…
Puis, 3,2,1 c’est le départ. Les garçons s’élancent … mais au bout d’une vingtaine de mètres, c’est le drame : Claquage de la cuisse pour mon mari.
Par respect, je ne vous montre pas la vidéo.
Honnêtement, on était morts de rire, jusqu’à ce qu’on voit qu’il s‘était réellement fait mal…
Mon fils a continué à courir jusqu’u bout avant de voir que son père s’était arrêté.
Et voilà comment le Dieu du Stade a terminé la visite d’Olympie en boitant.
Nous passons devant le Nymphée d’Hérode Atticus
avant de rejoindre le temple d’Hera aperçu en arrivant. Il s’agit du plus ancien temple dorique du Péloponnèse (600 avant JC) et a servi de modèle à tous les temples grecs édifiés par la suite.
Devant le temple se trouve l’autel d’Hera, toujours utilisée aujourd’hui pour allumer la flamme olympique.
Finalement, nous avons échappé à l’orage et le soleil revient doucement quand nous entrons au Musée d’archéologique d’Olympie, situé un peu plus loin, de l’autre côté d’une grande esplanade.
C’est vraiment un très beau musée qui mérite la visite comprise dans le billet.
Les premières salles exposent des statuettes votives, des casques, des vases.
Des acrotères en terre cuite qui se trouvaient au niveau de la terrasse des Trésors, au-dessus du stade.
Enfin, la Niké, magnifique statue de la Victoire, qui s’élevait sur une colonne devant le temple de Zeus.
L’Hermès de Praxitèle, qui provenait du temple d’Héra…
Le taureau de Marbre dédié à Zeus…
Et enfin, les frontons du temple de Zeus : à l’est, Zeus supervisant les préparatifs d’une course de chars et à l’ouest le combat des Lapithes et des Centaures…
Les Dieux de l’Olympe aussi semblent accros au portable…
En sortant, nous découvrons un petit café/ pâtisserie avec quelques tables en terrasse.
Nous commandons des gâteaux sans avoir vérifié le prix avant : grosse erreur ! Le goûter va nous couter le prix d’un resto !!
Bien repus et le portefeuille allégé, nous rentrons à l’
hôtel.
Les enfants préfèrent rester profiter du wifi dans la chambre pendant que mon mari et moi partons faire un tour à la piscine de l’
hôtel.
Nous nous baignons et nous installons dans les chaises longues face à la vallée pour attendre le coucher du soleil, qui sera cependant occulté par les nuages encore présents.
Nous discutons avec des français (il n’y a que des français partout !) qui nous précisent que nous avons eu de la chance car ils sont arrivés à Olympie hier et aujourd’hui il a plu pratiquement toute la journée. Ils ont un circuit assez proche du nôtre mais sans le sud. Par contre, à la demande de leurs filles ados, ils font des escales de 2 ou 3 jours à chaque fois. Ils se rendent également dans la région de Delphes demain mais logeront dans la petite station balnéaire de Galaxidi.
Nous profitons une bonne heure de la piscine avant de rentrer nous doucher et nous changer pour aller diner au restaurant de l’
hôtel.
Nous restons dans les classiques : brochettes, grillades et veau mijoté. Les plats sont bons, bien qu’assez classiques, et les tarifs très raisonnables.
Bien fatigués, nous rentrons nous coucher dans notre chambre familiale (dont un en boitant).
