
Dans l'histoire tumultueuse de l'Ouest, à Buffalo et Deadwood, avons plongé
A Devils Tower et Wind Cave, les croyances ancestrales des amérindiens, avons assimilé
Par l'extermination irraisonnée des bisons, à Tatanka, avons été remués...
Scène 1 : Où l'on joue aux orpailleurs
Arrivés à 11h à Devils Tower, il est 14h lorsque nous quittons le site et prenons la direction des Black Hills du Dakota du Sud, et plus précisément de Deadwood. Nous quittons les terres arides du nord-est du Wyoming et pénétrons dans l'état voisin. Les Black Hills se profilent à l'horizon...

Environ une heure trente après avoir quitté Devils Tower, nous arrivons à Deadwood.

Nous traversons la ville sans nous y arrêter (pour l'instant), car l'après-midi est déjà bien entamé, et j'ai réservé une petite surprise aux enfants, et surtout à Loulou...
Depuis que nous avions vu une émission à la télévision sur la ruée vers l'or, et que Loulou avait rêvé de rejoindre les rangs des chercheurs d'or, j'avais une idée en tête. Cette idée s'était avérée impossible à concrétiser lors de notre roadtrip 2016, mais en faisant mes recherches pour 2017, j'avais réussi à trouver l'endroit où rendre le rêve de Loulou réalité.
Notre destination se trouve un peu après Deadwood, en direction de Lead. Il s'agit de Broken Boot Gold Mine, une ancienne mine d'or désaffectée.

Nous achetons des tickets pour la visite de la mine (4$/enfant, 6$/adulte) ainsi que pour une activité d'orpaillage pour les enfants (8$/personne). Les enfants sont ravis et excités (surtout Loulou !), et espèrent vraiment avoir la chance de trouver de l'or !

Un groupe vient tout juste de partir pour visiter la mine. Le prochain départ ayant lieu d'ici 45 minutes, la charmante dame de l'accueil nous donne deux petites fioles en verre, deux sacs remplis de cailloux, et nous envoie tout d'abord à l'orpaillage (cette activité ayant lieu en continu).
Les enfants doivent verser le contenu de leurs sacs de cailloux dans des sortes d'écuelles en caoutchouc.

Il s'agit ensuite de remplir les écuelles d'eau, de les secouer doucement, et de faire tomber les plus gros cailloux, restés à la surface, dans un énorme bac d'eau.

L'opération est à renouveler jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des petits cailloux au fond de l'écuelle... et alors, comme par miracle, on commence à distinguer de petites poussières d'or !

Il s'agit ensuite de les récupérer délicatement et de les mettre dans la petite fiole.

Lorsque nous sommes arrivés à l'orpaillage, il y avait un peu de monde... Mais Louloutte et Loulou sont d'un naturel très consciencieux et mettent tant de coeur à l'ouvrage que nous finissons par nous retrouver tout seuls avec la jeune femme qui conduit l'activité... Nous finissons donc par avoir droit à un cours particulier !

Une fois les écuelles vidées de leurs cailloux, et les fioles lestées de quelques copeaux d'or, nous rendons le matériel d'orpaillage. Les enfants sont ravis de leur expérience ! Ca faisait longtemps que Loulou rêvait de jouer aux chercheurs d'or et il n'en revient pas d'avoir trouvé de l'or, du vrai !

Nous allons maintenant rejoindre le groupe (j'ai failli dire le troupeau...) qui attend le départ de la prochaine visite guidée. On nous équipe de casques, puis nous pouvons pénétrer dans la mine.

Notre guide nous explique ce que j'avais déjà appris en faisant mes recherches pour mon roadbook, à savoir que la découverte d'or à Deadwood au printemps 1876 y attira une flopée de chercheurs d'or et d'aventuriers en tous genres, pour ce qui fut d'ailleurs l'une des dernières grandes ruées vers l'or du pays. La mine d'or de Broken Boot fut ouverte deux ans après, en 1878, et fut définitivement fermée à l'exploitation quarante ans plus tard, en 1918.
Ce que je ne savais pas, c'est que la mine n'a pas tenu toutes ses promesses en matière d'extraction d'or... En revanche, on y a trouvé de la pyrite de fer (qu'on appelle aussi "l'or des idiots") en quantité. Sachant que ce métal servait à produire de l'acide sulfurique, et que ce dernier était utilisé pour le traitement du "vrai" or, la mine tira au final plus de profits de son "or des idiots" que de son "vrai" or.
Fermée en 1904, la mine rouvrit brièvement en 1917, afin de soutenir l'effort de guerre : l'industrie de l'armement avait alors besoin de quantités importantes de soufre et de fer, deux minéraux dont la mine regorgeait. En 1918, la mine fut définitivement fermée à l'exploitation.
Elle trouva une seconde vie en 1954 lorsqu'un groupe de businessmen de Deadwood décida d'en faire une attraction touristique. Durant les travaux de sécurisation, on découvrit de nombreux objets abandonnés, dont une vieille botte toute abimée : grâce à cette "broken boot", la mine avait trouvé son nom !
Pendant que notre guide nous raconte tout cela en y allant de son lot de grosses blagues bien vaseuses destinées à faire rire le gros du troupeau, nous faisons le tour des sombres couloirs.
Ayant lu Germinal de Zola quelques mois auparavant, je ne peux m'empêcher de me sentir en décalage avec le ton léger du guide, et de faire le lien avec les mineurs de fond. Je repense à ces vies au fond de la mine, à la dangerosité du métier, aux conditions de travail épouvantables, aux coups de grisou, aux accidents fréquents et mortels, et aux conséquences désastreuses d'un tel travail pour la santé...

Ca fait froid dans le dos...
Nous finissons par ressortir de la mine, au bout de 30 à 40 minutes qui seront passées vite mais ne m'auront pas fait rire comme la plupart des visiteurs américains. Chéri-chéri, Loulou et Louloutte n'ont pas tout suivi, et je n'ai pas pu assurer l'interprétariat car le guide parlait trop vite pour que j'ai le temps de traduire pour mes ouailles.
Il est quasiment 17h. Nous n'avons pas visité Deadwood qui tient pourtant une place importante dans mon roadbook. Les enfants sont fatigués, et ne sont pas motivés pour une visite de la ville. Nous décidons donc d'aller faire le check-in à notre hôtel, le Blackstone Lodge and Suites, qui se trouve à quelques minutes de route de là, dans la petite ville de Lead.
C'est dans cet hôtel que nous devons faire une rencontre roadtrippesque avec la famille de Sp44 (Stéphanie) qui loge également là ce soir. Nous avions découvert un peu par hasard, en comparant nos trajets sur roadtrippin, que nos chemins se croisaient ici et avions décidé de faire table commune pour le dîner. Depuis le début de leur roadtrip, je suivais d'ailleurs le carnet "live" de Stéphanie, et j'avais donc une bonne idée de ce à quoi ils ressemblaient grâce aux photos du carnet.
Pour en revenir à l'hôtel, il est grand et équipé d'un spa et d'une piscine. Notre chambre est immense... c'est de loin la plus luxueuse que nous ayons eu de tout le séjour ! Et tout ça, pour la modique somme de... 30$ ! Hé oui, ayant bénéficié d'un bon fidélité sur ebookers suite à l'achat de billets d'avion, j'avais réservé une nuit d'hôtel via ce site afin de pouvoir utiliser mon bon d'achat (pour le reste, je suis passée en direct ou via hotels.com)...
Une fois installés dans notre chambre, Chéri-chéri et moi décidons de laisser les enfants s'adonner à leur activité favorite
Une fois descendus dans le hall de l'hôtel, nous tombons nez à nez avec... Stéphanie, son mari Franck et leur trois filles, Laura, et les jumelles Chloé et Camille !
Scène 2 : Où l'on fait le tour des bâtiments historiques de Deadwood
Quelques minutes plus tard, nous voilà arrivés dans le vieux centre ville (Old Town) de Deadwood. La ville se trouve dans une cuvette, au pied de collines. Nous peinons un peu à garer la voiture, mais finissons par trouver une place sur un parking. Non loin de là, nous tombons sur la première curiosité de la visite : une statue de Remington, qui fait partie de la série des Bronco Busters

Nous nous dirigeons vers la rue principale, bordée de somptueux bâtiments historiques.

Nous ne tardons pas à parvenir en vue du Franklin Hotel. Une foule y est amassée. Il sera bientôt 18h, probablement l'heure d'un spectacle de "shootout"...

Nous n'avons pas vus ceux de Jackson et Cody, et Chéri-chéri et moi décidons de zapper également celui-ci. Malgré le monde qui gâche un peu la photo, j'immortalise quand même la façade de l'hôtel, car ce bâtiment est vraiment magnifique !

D'un point de vue architectural, Deadwood est une destination très intéressante et fort photogénique !

Certains bâtiments sont vraiment superbes...

... et leurs détails ne le sont pas moins !

Nous terminons notre tour des bâtiments historiques du vieux centre en passant devant le temple maçonnique.

C'est en ayant le nez en l'air qu'on apprécie le plus les fort beaux bâtiments de Deadwood.
Scène 3 : Où Deadwood, ça veut bien dire "Bois Mort", non ?
En gardant le nez à hauteur d'homme, force est de constater que la ville est une grosse destination touristique, avec tout ce que cela peut impliquer d'un peu surfait.

Il y a pas mal de monde dans les rues de Deadwood. La ville attire beaucoup de touristes, américains en majorité.

Ce sont les personnages hauts en couleurs qui sont passés par Deadwood à l'époque de la ruée vers l'or qui ont contribué à faire la notoriété de la ville.
Parmi ces personnages, on retriendra en particulier trois noms : Wild Bill Hickok, Jack McCall et Calamity Jane, et deux lieux : le Saloon n°10 et le Mount Moriah Cemetery.
Wild Bill Hickock, véritable légende de l’Ouest américain, était un touche-à-tout : cet excellent tireur, connu pour sa haine farouche des indiens, fut tour à tour scout, convoyeur, soldat, espion, homme de loi, joueur, acteur... Il fut tué, à 39 ans, au Saloon N°10, par Jack McCall, son adversaire aux cartes qui, furieux d’avoir perdu contre lui, l’abattit en lui tirant dans le dos...
Wild Bill fut enterré au Mount Moriah Cemetery de Deadwood.
Que vient faire Calamity Jane dans tout ça, me demanderez-vous ? De son vrai nom Martha Jane Canary, elle fut scout, combattit les indiens et participa au Wild West Show de Buffalo Bill. Elle était connue pour son habitude de porter des vêtements d'homme, ce qui était inhabituel pour les femmes de l'époque ! Malgré son caractère bien trempé et ses nombreux travers (elle était illettrée, alcoolique, et il lui arrivait de se prostituer), c'était une femme au grand coeur qui montrait beaucoup de compassion envers les nécessiteux.
Lorsque Calamity Jane mourut à 51 ans, elle demanda à être enterrée au Mount Moriah Cemetery, près de Wild Bill dont elle avait été longtemps amoureuse et auquel elle racontait avoir été secrètement mariée.
Et c'est ainsi que les noms de Wild Bill Hickok, son assassin Jack McCall, et son amoureuse transie Calamity Jane sont désormais associés pour la postérité, et liés à la ville de Deadwood !
L'un des points de passage obligés de la ville de Deadwood est donc le Saloon n°10 où Wild Bill fut assassiné par McCall...

Pénétrons dans le saloon... Au-dessus du bar, on trouve des statues de cire des trois légendes de Deadwood.

Les murs du saloon sont parsemés de portraits de tous les personnages hauts en couleurs qui ont fait la réputation de la ville... Sur l'assemblage ci-dessous, on retrouve Wild Bill (sur la photo du haut à gauche, il s'agit du moustachu chapeauté dans le en coin bas à droite) et Calamity Jane (photo de droite).

Aujourd'hui, le saloon accueille des gens venus boire un verre... Il y a même une petite scène pour où des groupes doivent se produire, en soirée.

Nous sortons du Saloon n°10... pour nous retrouver quelques mètres plus loin, et sur le trottoir d'en face... devant le Saloon n°10 !

Quelques mètres plus loin, un panneau signale, cette fois-ci, le site où McCall, l'assassin de Wild Bill, fut capturé peu après le meurtre.

Nous pénétrons dans le "vrai" saloon.

Clin d'oeil spécial à mes amis joueurs : cherchez l'anachronisme dans ce monde de brutes...

Dans ce saloon là aussi, on surfe sur le mythe Wild Bill.
Le jeu de cartes que Hickok avait en mains au moment de sa mort est désormais connu sous le nom de "main de l’homme mort".

Je sais que d'autres roadtrippeurs ont apprécié Deadwood. Nous ne pouvons pas en dire autant. Une fois le tour des beaux bâtiments fait, nous avons trouvé le tout manquait un peu d'authenticité, et avons peu apprécié l'exploitation commerciale poussée à l'extrême de la ville et de ses "légendes".
Nous avons vu dans cette destination touristique à l'américaine un mix western de Vegas, les néons en moins, et du Main Street de Disneyland, sans Mickey...
Dans notre esprit, Deadwood a probablement souffert de la comparaison avec Buffalo où nous étions la veille. Cette ville, plus petite, nous a paru plus authentique, moins surfaite. Après, c'est vraiment au niveau du ressenti que cela se situe, et je comprends tout à fait que d'autres personnes puissent apprécier Deadwood !
En ce qui me concerne, je pense que j'attendais beaucoup trop de cette ville. Je ne veux décourager personne d'aller y faire un tour, car comme toujours, le mieux est de se faire sa propre idée !
Notre petit tour de ville terminé, Chéri-chéri et moi retournons à l'hôtel retrouver les enfants. A 19h, nous rejoignons Stéphanie et sa famille dans le hall de l'hôtel et prenons la direction d'un resto à burgers recommandé par le gars de la réception...
Nous investissons deux tables, les enfants d'un côté, les adultes de l'autre.
Entre les filles, le courant passe tout de suite (entre passionnées d'équitation, on se comprend

A l'autre table, Chéri-chéri et moi faisons font plus ample connaissance avec Stéphanie et Franck et partagons nos impressions de voyages... Nous passons un agréable moment ensemble, et décidons de prolonger ce moment le lendemain matin pour une visite commune.

Une fois de retour à l'hôtel, les filles prolongent un peu la soirée en allant à la piscine ensemble.
Puis nous nous endormons tous d'un sommeil réparateur avant de nouvelles aventures... Demain, nous quitterons Deadwood, direction... les Badlands !




