Bonjour à tous,
Et voilà la suite : notre J16 avec la fameuse "
Vallée de la Mort"
Las Vegas ► Death Valley (Californie)
(384 km)
Vendredi 19 septembre
Départ de
Las Vegas avec une heure de retard ; bien sûr, c'est de ma faute ! (dixit Hubert -->

).
Death Valley : le désert de la Mort sonne mal ; je ne ressens aucun enthousiasme, d'autant que je suis à saturation de cailloux.
Red Rock Canyon à la porte de
Las Vegas ressemble étrangement à un orgue désorganisé. Le contraste des couleurs est étonnant.
Deux héroïques alpinistes harnachés de piolets et cordes font l'ascension de Standstone Quarry.
Une marche d'un kilomètre permet d'avoir un point de vue dominant sur ces montagnes richement décorées de toutes les ocres imaginables ; l'occasion également de faire la connaissance de deux français forts intéressants.
Une photo et hop ! Nous repartons en direction de Parhump, ville sans attrait particulier, réputée pour ses plaisirs charnels.
Nous n'y ferons que le plein de carburant (full up). J'en profite pour demander la direction de
Death Valley. Toute fière de cette nouvelle info, j'explique à Hubert qu'il serait plus court de passer par ici plutôt que par là.
-"pas question, je respecte le road book !
- Ah bon !"
Je me renferme dans ma coquille, motus, bouche cousue, j'ai sommeil et je dors …
Les kilomètres s'étirent et défilent à n'en plus finir.
38°, 39° 40° C'en et trop ! Supporter de telles températures, mais pourquoi ?
Nous longeons d'abord une chaine de montagnes, cols, combes, ravines ; pas de signe de vie, que des cailloux, et encore des cailloux … Quel dépouillement !
Mormon point : on commence à voir un peu de sel
Pas de signe de vie ! Quoique ...
Mon mari sent mon indifférence, je le déçois.
- " mon chéri, tu as décidé de passer par là, alors allons y, ne t'occupe pas de moi !"
Chemin faisant, à mon grand étonnement, un début d'intérêt se manifeste, mais par pure fierté, je ne le montre pas !
La chaine de montagnes s'éloigne au profit d'une vaste vallée vide, vide de vie, vide de sens, tout simplement vide …
Notre trajet est ponctué d'arrêts, car Hubert trouve du sens à photographier le vide !
Le vide, oui, mais pas tant que ça …
Par quelques reliefs de mines d'exploitation de minerais, un brin d'histoire subsiste dans ce désert blanc de sel.
Finalement, je me dis, que le vide a un certain intérêt, celui d'exister !
(Je ris !)
Les chercheurs d'or et d'argent ont laissé des murs esseulés en bordure de la route 178.
Ashfor Mill ruins
Comment avons-nous pu remplir le coffre-fort des Etats, ou garnir les poignets des coquettes en faisant travailler des hommes comme des bêtes de somme, sous une température qui peut monter en juillet jusqu'à 57°C ?
J'imagine que cette
Vallée de la Mort était auparavant un lac tellement bousculé par les caprices de l'écorce terrestre, qu'il a préféré s'évaporer pour laisser ses fonds sécher sous le chaud soleil californien !
Elle est aussi l'un des plus grands parcs nationaux. Son altitude varie entre -86 mètres au dessous du niveau de la mer à Badwater et 3336 mètres au sommet du Panamint Range.
Situé au nord du désert des Mojaves, le parc est constitué de deux vallées principales Death Valley et Panamint Valley. Il est séparé de l'océan Pacifique par cinq chaînes de montagne qui assèchent complètement les entrées d'air océaniques pourtant initialement chargées d'humidité. En partie, de ce fait, la Vallée de la Mort détient le record de chaleur absolu à 56,7°C officiellement mesuré le 13 juillet en 1913 à Furnace Creek. La plus haute température enregistrée au sol est de 93,9°C à Furnace Creek le 15 juillet 1972.
C'est justement ici que nous allons dormir ce soir !
La Vallée de la Mort est riche en minéraux divers dont le borax exploité pendant longtemps par une société minière pour être utilisé dans la production de savon ainsi que dans l'industrie verrière.
Dans les années 1880, le produit fini, raffiné était expédié depuis la vallée dans des chariots tirés par un attelage de 18 mules et deux chevaux.
Ce parc est sensiblement à la même latitude que Cadix en Espagne ou le sud de la Sicile. Sa taille est supérieure à celle de la région Ile de France.
Il mesure 170 kms de long sur 25 à 30 kms de large. Le relief est constitué d'une succession presque parallèle de chaines de montagnes.
Nous atteignons le niveau le plus bas -86 mètres à Badwater. De nombreux touristes se risquent sur une plage de sel. A cet instant, mon souhait majeur serait d'avoir un chapeau réfrigéré !
Et pourtant : il y a de l'eau
Par cette chaleur intense, nous ne pouvons manger dehors. Un frugal repas de fruits et de chips se fera au son du moteur et le la clim.
Cet immense lit de sel n'est pas uniforme ; quelques flaques d'eau résistent ça et là. Plus loin, le sable domine, mais très vite, le sel blanchit l'horizon et ressemble à un champ récemment labouré. Il s'agit de Devil's Golf Course (le terrain de golf du diable).
En s'évaporant, le lac a laissé la place à une vaste étendue de boue dans laquelle le sel s'est cristallisé.
Sur les hauteurs de
Death Valley, une route sinueuse à sens unique permet d'admirer de très beaux paysages comme Artist's Palette où la roche chargée de divers métaux prend des couleurs allant du rouge au vert émeraude en passant par le blanc, l'orange, le bleu cobalt.
Les vues de la route montant à Artist palett
Et enfin, Artist palett
Et sur la route en repartant d'Artist palett
Nous reprenons la 178 sur quelques miles, et ensuite la CA190. Une petite route à droite est prévue au roadbook : la Twenty Mule Team canyon.
Dans un sommeil comateux, je ne peux voir le paysage, parait-il superbe. Je suis ballotée, trimbalée et me réveille au sommet d'une butte, complètement ensuquée et prise d'une forte migraine. En fait, elle ne m'a pas quittée depuis notre arrivée à
Los Angeles.
Quelques gorgées d'eau et je reprends mes esprits !...
La curiosité me fait oublier ma mauvaise humeur matinale.
Sur la Twenty
Mule Canyon
Dante View à 1600 mètres d'altitude offre une vue imprenable sur la
Vallée de la Mort ; Badwater est tout en bas, perdu au milieu d'une mer de sel toute en nuances. Les dépôts blancs correspondent à des dépôts de sel de l'ancien Lac Manly.
J'apprécie avec délice ce petit air frais que procure l'altitude.
Quelques pas sur la crête de Dante's View et un long moment de méditation m'ont laissé un souvenir inoubliable à la mesure de ce spectacle désertique provisoirement figé.
Nous sommes arrivés de là-bas, tout en bas : Badwater
Et demain nous repartirons par là, jusqu'au fond
L'après-midi s'étire, il est temps d'assister au coucher de soleil à Zabriskie Point à une demi-heure d'ici.
Munie de mon carnet de notes, je monte sur ce point de vue, certainement le plus beau du parc.
Comme ailleurs, les passionnés attendent que le soleil fasse son œuvre.
Blottie au pied d'un muret, stylo en main, je rédige ...
Je suis maintenant très satisfaite de cette journée, qu'à tort, j'appréhendais tant et contemple ce site qui me rappelle ma Drôme Provençale. Une succession de marnes s'entrelacent et s'organisent afin de rejoindre sans encombre les fonds de vallées.
L'endroit est volcanique, la lave granuleuse a jailli des sommets et s'est répandue sur des sols de sable fin.
Le coucher de soleil accentue les contrastes, les ombres s'affirment, tout devient rouge, les minutes passent, et progressivement la lumière perd de son intensité jusqu'à disparaître. Zabriskie Point plonge dans une nuit aux cent millions d'étoiles. Il est 18h30 et toujours 38°C …
Et au soleil couchant, les couleurs flambent
Et enfin, le long de la route, tout près de Zabriskie
Nous rejoignons notre
hôtel à
Furnace Creek au cœur de
Death Valley.
Furnace Creek (le ruisseau de la fournaise) est un ensemble de bâtiments situés au milieu de la
Vallée de la Mort près de Zabriskie Point. Il s'agit d'un Visitor Center, d'un poste à essence, de deux
hôtels et d'un bureau de poste, le tout dans une oasis artificielle.
Un bon repas, deux lits de 1m60 et la clim au maximum nous permettront de passer une bonne nuit.
PS : j'ai mis un peu plus de photos car malgré tout ce que l'on peut en dire
Death Valley et superbe. J'avais vraiment envie de la faire découvrir et aimer