Williams ► Grand Canyon (Arizona)
(98 km)
Lundi 8 septembre
Lever à 6h30, départ à 7h45. Mon chéri se réveille plein de douleurs, le cou, la tête, rien ne va, d'ailleurs ça se ressent sur son caractère.
Quelques piques fusent …
Le ciel est gris et le sol bien détrempé. Il peste à l'idée de voir le Grand Canyon sous la pluie, alors qu'au loin un premier rayon de soleil nous fait de l'œil.
Le verre à moitié vide, c'est son truc !
Ici, la campagne ressemble au plateau du Larzac, à la différence que sur le Larzac, il existe des cedex. Des ribambelles de boites aux lettres typiquement US perchées sur des piquets faits de bric et de broc décorent les carrefours. Le n° 209 côtoie le 1037 et le 1660, dans un joyeux désordre que seul un américain du coin peut comprendre.
Ben oui. Chez nous on appelle cela des Cedex

-"Arrête toi, vite, fais une marche arrière". Perdu dans ses pensées, il n'a rien vu. A 50 m de la route au milieu des pins, un chariot des premiers migrants termine sa vie posé sur un châssis de voiture. Son histoire est certainement passionnante, s'il pouvait la raconter …
Le fameux chariot. Posé sur une vieille carcasse de 4x4 : pas bien vieux les "1ers migrants"

Nous arrivons à l'héliport de Tusayan et observons le manège incessant des hélicoptères. Hubert nous a réservé le vol le plus long, le plus cher, donc le plus beau. Au diable l'avarice !... Il a également demandé les places avant, avec supplément, le poids de chacun de nous étant bien sûr une condition.
Je ne connaîtrai ma place qu'au dernier moment. Ouf ! Je suis devant, entre le pilote et mon mari.
C'est aujourd'hui mon baptême de l'air en hélicoptère. Quelle chance de le faire au dessus de l'une des sept merveilles du monde ! Lentement, nous entrons en lévitation …
Je suis si heureuse …
Ce sera le notre

Quelques secondes en position stable à 2 mètres du sol, puis ce bel engin motorisé prend de l'altitude. Survol rapide d'une grande forêt de conifères, quand soudain, le sol se dérobe.
Les profondeurs abyssales du Colorado dans toutes leurs magnificences nous laissent sans voix. C'est grandiose, gigantesque, géant.
Il n'y a pas de qualificatif assez fort pour donner un sens à notre émotion. Simplement une impression de vide sidéral.
Une des premières images de la découverte du Grand canyon. On reste scotchés. FA-BU-LEUX

Aux eaux boueuses, le Grand Colorado se faufile au gré de ses méandres jusqu'à la rencontre du Petit Colorado aux eaux blanches d'écume.
Curieusement, le résultat de cette rencontre se déclinera en une eau vert émeraude. Je n'oublierai pas la jonction de ces deux rivières, je suis subjuguée, émerveillée. Des millions d'années d'érosion auront été nécessaires à la formation de ce chef-d'œuvre. Par strates, les différentes ocres illuminent ce paysage à couper le souffle. Dans l'habitacle, les appareils photo crépitent.
Taillée en de multiples et sinueuses arabesques, la faille est impressionnante par sa profondeur.
Le versant nord, plus haut, plus boisé est plus sauvage.
Quelques autres vue depuis l'hélico




L'après-midi a été consacré à une marche de 4 heures sur le rim*, endroit accessible à tous, jeunes et vieux.
Rencontre agréable de normands venus comme nous, admirer les fastes de la planète côté Pacifique. J'en ai profité pour leur faire l'éloge de nos Alpes et entre autre des passerelles himalayennes de Treffort en Isère.
Nous sommes surpris par la propreté des parcs, toilettes partout, pas de papiers, sachant qu'ici, les parcs sont presque aussi grands qu'un demi département de chez nous !
Les points de vue n'ont plus de mystère pour nous, nous les avons tous fait ! Enfin presque !...






Le chemin de corniche est ponctué de plaques de bronze fixées au sol, indiquant la progression de l'érosion en millions d'années.
C'était "hier"

Les derniers rayons de soleil que laisse passer un ciel chargé de sombres nuages, suffisent à allumer le feu à tous ces ocres. Les pointes de grès rouge s'illuminent. Nous sommes tous ébahis par tant de beauté. L'effet saisissant est garanti.
Le Grand Canyon sculpté par la force du Colorado prend sa source dans les Montagnes Rocheuses (Mountain Rock) et parcourt 2333 km. A force d'irrigation, il n'arrive plus dans le Golfe du Mexique, il est donc le seul fleuve au monde à ne pas se jeter dans une mer.
Son sommet, vieux de 65 millions d'années, a commencé à se creuser à la fin de l'ère des dinosaures.
L'histoire de ce canyon remonte jusqu'à environ 17 milliards d'années. Mers, tremblements de terre, affaissements ont contribué à sa formation. Une intense activité volcanique provoque d'importantes coulées de lave.
Il résulte du travail spectaculaire de l'érosion dont celle du Colorado qui coule en contrebas.
Le canyon mesure 450 km de long, 1300 à 2000 m de profondeur et sa largeur varie de 5,5 à 30 km.
Il n'est pas le plus profond ni le plus imposant des canyons terrestres.
Ses strates racontent l'histoire du continent nord américain.
De la taille d'une tourterelle, un oiseau bleu azur "volette" dans les pins accrochés en position scabreuse sur les plus hautes strates avant le ciel !
Les condors de Californie et les grands corbeaux, se livrent à un survol dansant au dessus des pentes abruptes du canyon.
L'explication

Le vrai

Après plusieurs heures de marche sur le rim, mon pied opéré n'en peut plus ; retour par la navette.
"Inutile de prétendre avoir compris le Grand Canyon du Colorado en une seule visite, une semaine voire même un mois. Il faut y réfléchir et l'étudier et les études doivent inclure une acquisition lente de la signification et de l'esprit de ces paysages merveilleux"
Clarence Dutton (1841 - 1912)






















