Jour 5 – 20 avril 2019
Petit aparté : la veille, j’ai aussi fait la petite randonnée d’Arch Rock, au départ de Twin Tanks (qui est également le départ/arrivée/étape d’une bien plus longue randonnée, qui se fait sur plusieurs jours). La promenade est sympathique, bien plus qu’Arch Rock en elle-même d’ailleurs, qu’on ne peut pas trop voir depuis le sentier).
La musique du jour (vous comprendrez pourquoi à la fin du post):
Dernier réveil au
motel ce matin après une bonne nuit de sommeil. Je prends mon temps, remballe mes affaires, réorganise le rangement de la
voiture et vais faire le check-out. Là, je me rends compte qu’il y avait du café à disposition le matin, bon tant pis !

Je profite toutefois de la machine à glaçons (enfin, de celle qui marche et pour laquelle il faut attendre son tour) pour remplir ma glacière. Je vais en avoir besoin, car même si nous ne sommes qu’en avril, il va faire chaud aujourd’hui !
Au programme du jour : la suite et fin de
Joshua Tree, puis de la route, de la route, un changement d’état, et encore de la route, pour finalement rejoindre
Kingman.
Je refais bien le plein de la
voiture (d’ailleurs l’essence sera parmi la plus chère du séjour dans ce coin-là) et j’arrive à l’entrée du parc un peu après 8h. Je me décide enfin à m’arrêter pour prendre la photo souvenir, mieux vaut tard que jamais comme on dit.
Je ne m’attarde pas et vais directement au parking de Ryan Mountain. Cette montagne, dont le sommet culmine à 1663m, promet un panorama exceptionnel sur le parc. On peut notamment y observer Wonderland of Rocks, un amas rocheux typique du parc, les montagnes de San Bernardino, le Pinto Basin, les monts San Jacinto et San Gorgonio, ainsi que Lost Horse Mountain. Je suis d’humeur joueuse ce matin et décide de me fixer un petit défi : faire la randonnée sans m’arrêter, et surtout sans regarder les panoramas avant d’être arrivée au sommet.
Du coup, pas de photos de la montée. Je dépasse pas mal de personnes, il faut dire que je croiserai pas mal de couples de retraités ; si à 60 ans et plus j’arrive encore à faire ça, je serai bien contente !
La randonnée reste largement faisable malgré le dénivelé puisqu’elle alterne entre des grosses montées et des parties plus plates qui permettent de bien récupérer. Il y a déjà pas mal de gens qui redescendent, c'est super sympa ils disent tous que la vue au sommet vaut le coup, c'est dur de ne pas "tricher" et de ne pas jeter un œil sur le paysage. L’effort réchauffe, et heureusement, car un vent assez frais souffle ce matin. D’ailleurs, lorsque j’arriverai au sommet, je ne resterai pas aussi longtemps que j’aurais aimé parce qu’il fait carrément froid !
J’arrive au sommet à 9h15, soit après environ une bonne demi-heure de marche.
J’ai une petite pensée pour vous, une fois arrivée en haut.
Je découvre le panorama d’un seul coup, et c’est la claque. Je n’ai même plus l’impression d’être dans le parc tellement c’est - encore une fois - un paysage différent qui s’offre à moi. La vallée rocheuse est bien là, on se rend mieux compte de la topographie du parc d’ici. Je trouve que l’impression est très différente que lorsqu’on est dans la vallée, je ne saurais pas l’expliquer, comme si ce n’était pas ce parc-là que j’avais visité pendant deux jours
La roche posey, ouais ouais
Cône glacé
Cadre photo en bois naturel
Je ne tarde pas, j’ai transpiré et le vent me fait frissonner. En plus, je commence à tomber malade, j’ai le rhume et une toux m’a prise depuis l’arrivée dans le parc 2 jours plus tôt.
Bain de soleil
J’entame la descente, qui bien que plus rapide, est bien plus difficile pour moi… ça tape fort dans les articulations et je sers les dents. Je suis quand même plutôt contente à ce niveau-là, car une semaine avant le départ j’ai enfin fait faire des semelles chez un podologue, et il n’y a pas photo, j’ai nettement moins mal et n’ai même pas besoin de mettre de la crème anti-inflammatoire pour l’instant !
Arrivée en bas, je vais jeter un œil à Indian Cave. Au début, je contourne les roches pour essayer de trouver une alcôve ou quelque chose qui y ressemble, mais en fait la cave en question se trouve vraiment au bord du parking. Je n’y ai pas trouvé un grand intérêt, on ne voit vraiment que des roches noircies par les feux que faisaient les habitants du lieu, je n’ai pas réussi à me plonger ‘’dedans’’ et à vraiment me représenter la vie ici.
Après cette mise en jambes, je reprends la route, direction la partie sud du parc, qui sera une vraie découverte pour moi puisqu'on l'avait totalement zappée en 2017. C’est une trentaine de minutes plus tard que j’arrive au Cholla Cactus Garden Trail.
Là, je découvre une toute autre ambiance, c’est féerique. La chaleur est écrasante, le vent souffle de l’air chaud chargé de poussière, et le soleil transperce la peau avec ses rayons ; pas de doute, je suis bien dans le désert. Je fais connaissance avec les Chollas, ces cactus aux épines acérées qui permettent de protéger les fleurs. Le soleil se reflète sur les fines épines colorées, on hésite entre champ de cactus ou étendue de diamants pour qualifier ce lieu.
Je suis surprise, certains de ces Chollas sont hauts, plus grand que moi (le premier qui dit que ça, ce n’est pas une référence, je lui souhaite de tomber les fesses les premières dans un de ces cactus

).
Un sentier bien aménagé permet de se promener au milieu des cactus.
Qui s'y frotte...
Pique-pocket
Ils ont du piquant eux
Shine bright like a diamon
J’y passerai une vingtaine de minutes, on pourrait y rester plus, mais le paysage ne varie finalement pas tant que ça, et le soleil commence à être trop haut pour les photos. De plus, j’ai encore pas mal de route à faire !
Je reprends la
voiture pour le dernier arrêt prévu dans ce parc : Cottonwood spring oasis. Je m’arrête d’abord au Visitor Center pour tamponner mon roadbook (vu que je n’avais pas acheté le
passeport en 2017, je n’avais pas envie de l’acheter cette année, mais j’ai tamponné les pages de mon roadbook à chaque fois que je le pouvais). J’en profite pour faire la petite promenade à l’arrière, qui permet de voir les différentes espèces de plantes présentes dans le parc. J’y croiserai un humingbird (pas facile à photographier ceux-là, d’ailleurs je n’y suis pas arrivée).
On dira que c'est un effet de flou de chaleur
Quelques minutes plus tard, j’arrive au départ du trail. Décidément, ce parc n'en finit plus de nous surprendre, tant ses différents secteurs offrent des paysages variés
J’avais prévu de faire la boucle, mais au bout d’une quinzaine de minutes de marche, je serai distraite pendant plusieurs minutes…
D’après mes recherches, ce seraient des Common Chuckwalla (ou Sauromalus en français). Je les ai entendus avant de les voir, c’était assez impressionnant d’ailleurs ! Ils se cherchaient du regard pendant plusieurs secondes avant de passer à l’attaque et de rouler/tomber.
Et wallah Chuck
J’ai essayé de faire de plus amples recherches et il y en a un des deux que j’ai identifié comme étant un mâle, celui que l’on voit le mieux sur les photos (les mâles ayant un corps rose rougeâtre à orange, jaune ou gris clair, ainsi qu'une tête, des épaules et des membres noirs).
Néanmoins, pour le second, je me demande si ce n’est pas une femelle : les femelles et les juvéniles ont un corps avec des taches éparses ou des bandes contrastées de lumière et d'obscurité dans les tons de gris ou de jaune. J’ai l’impression qu’elle parait en effet plus tachetée que l’autre… Et peut-être étaient-ils donc en pleine session BDSM. Dire que j’ai arrêté un papa et son fils pour leur montrer ça !
L’heure avançant et le soleil se faisant de plus en plus chaud (on approche les 40 degrés), je décide de faire demi-tour et de laisser tomber la randonnée.
Ensuite, c’est une longue route qui m’attend. Sans doute celle qui m’aura paru la plus longue du roadtrip d’ailleurs, et pourtant ça n’a pas été la plus grande étape niveau kilomètres. Au programme, faire les 322km qui me séparent de
Kingman. Que dire, mis à part qu’il n’y avait franchement pas grand intérêt à la route. Je ne suis pas seule et croise pas mal d’autres voitures, mais à part ça, c’est le désert, le vrai. D’ailleurs, sur 300km, je ne verrai qu’une seule station essence perdue au milieu de nulle part. C’est ça aussi l’immensité des US, et je dois dire que pour la première fois, je me suis sentie oppressée par cette grandeur, sentiment que je n’avais pas eu en 2017. L’anecdote assez drôle est quand j’ai quand même vu pas mal de graffitis (du type moches et pas artistiques, l’équivalence de nos n**** ta m***) sous les ponts. Il faut le vouloir d’aller poser son tag ici.
J’arrive à
Kingman vers 16h et je prends mon temps pour faire le centre historique de la ville. Je me mets un peu dans l’ambiance
Route 66, c’est sympa.
La célèbre locomotive qui a parcouru plus de 4 millions de km avant de prendre sa « retraite » et être considérée comme monument historique, en 1957. Avec une vitesse de pointe de 160km/h, elle fonctionnait à la vapeur (d’abord au charbon, puis au mazout).
Elle est tout'tchou
C'est moi le King, man
L’
hôtel Brunswick est le premier bâtiment de 3 étages construit en pierre de Tufa.
Petit fun fact sur
Kingman : en 1992 Pamela Anderson aurait fait un photoshoot pour Playboy dans la ville et aurait dû écrire une lettre d’excuse à un homme qui s’est plaint de l’image que ça renvoyait.
Bonne surprise, il y a un rassemblement de voitures anciennes restaurées. Ça brille, c’est beau, j’adore ! Je ne m’attarde toutefois pas, car je ne me sens pas trop à l’aise. On sent que ce sont des passionnés qui sont présents et je dénote pas mal en étant une jeune toute seule avec son appareil photo. Je précise que personne ne m’a fait de réflexion ou autre, c’était uniquement mon ressenti personnel. D’ailleurs, j’ai envie de prendre cette opportunité pour souligner que même en étant une femme seule, je ne me suis pas sentie en danger depuis le début du roadtrip. Là où je sais qu’en France je me serais déjà fait emmer*** plus d’une fois, aux USA les gens sont globalement bien plus respectueux.
Little Red ... ah non,
voiture pour gens musclés et for(d)s
En avoir sous le capot
Le légendaire
A 17h, je reprends la
voiture car j’ai encore un petit bout de route à faire. J’avais réservé un spot de
camping via AirBnb pour la nuit. J’avais quand même demandé avant à l’hôtesse si le
camping était bien accessible en
voiture normale ou s’il fallait un SUV. Elle m’avait assurée que tout était ok, qu’avec sa BMW non SUV elle y passait sans problème et que la piste n’était que sur ‘’two blocks’’. Comment vous dire qu’on n’a pas eu la même définition de ‘’sans problème’’...
Je commence sur la
Route 66, pas de souci, elle n’est peut-être pas toujours bien entretenue, mais ça reste une route. Je bifurque sur une piste, il y a du sable, des graviers et des trous, mais ça reste faisable en roulant doucement. Au fur et à mesure, ça se dégrade, devant moi je ne distingue quasiment plus de piste, c’est de la végétation et surtout, des cailloux qui se font de plus en plus gros.
Bon, je m’arrête et vérifie les coordonnées
GPS, c’est bien ça. Je regarde la carte et vois que je peux accéder au
camping par l’autre côté et décide donc de faire demi-tour, en me disant que j’ai dû prendre le mauvais sens. Je croise des habitants qui me regardent bizarrement, ben oui, eux, ils sont en 4*4 et doivent bien se demander ce que je fais là avec ma petite
voiture.
Au début de cette seconde tentative, je me retrouve à nouveau sur une piste roulante, je suis confiante. Sauf que… ça devient rapidement la même histoire. J’ai vérifié sur mon
GPS, et sur google map, pas d’autre alternative possible et il me reste plus d’un kilomètre à faire avant l’arrivée.
Je croise des ânes sauvages, qui eux aussi doivent se demander ce que je fais là. L’état de la piste, ou plutôt devrais-je dire sentier à ce stade-là, ne semble pas s’améliorer et je décide de laisser tomber.
(la piste qu'on voit là, c'est avant que ça ne commence à se dégrader)
Cette fois-ci, et contrairement à
Joshua Tree trois jours plus tôt, je relativise. Mieux vaut prendre un
motel et dépenser quelques dollars supplémentaires plutôt que de risquer de casser la
voiture et de me retrouver avec plusieurs centaines de dollars de dépannage et encore plus de réparation.
Je booke donc rapidement un
motel à
Kingman East. Je découvre d’ailleurs que la ville est beaucoup plus grande que je ne le pensais ! J’arrive une petite demi-heure plus tard au
motel, check-in sans encombre, je prends possession de ma très grande chambre (avec mon propre micro-onde cette fois-ci), demain matin j’aurai droit au petit-déjeuner inclus !