Le jour filtre de bonne heure au travers des fins rideaux qui essayent, tant bien que mal, d’occulter la fenêtre.
J’ouvre un œil, puis deux, il est 4h30. Merde, le petit dej n’est dispo qu’à partir de 7h00. Je me rendors me semble t-il, mais à 6h00, nous sommes debout, Pascale en profite pour réorganiser les valises, et à 6h50, nous sommes devant l’entrée de la réception qui sert aussi de salle de petit déjeuner. Parlons en de celui-là, continental, minimaliste, il sera vite expédié, j’essayerai de manger un simili pain aux raisins enveloppé dans un sachet plastique. Une demi bouchée, et se sera tout. Totalement immangeable.
Un couple d’Allemands assis à l’autre minuscule table se marre en voyant ma tronche. Nous essayons d’engager la conversation, mais seule la dame parle un peu Anglais. Et puis mon Anglais avec l’accent du Sud-Ouest, et son Anglais avec l’accent,… comment dire, Allemand… ça tourne court.
Chargement de la
voiture, check-out, pour 8h00, nous sommes sur la route qui nous mène à
Joshua Tree. Petit arrêt courses et remplissage de la citrouille qui nous sert de carrosse, ou peut-être l’inverse. C’est qu’aujourd’hui, quelques 250 miles environ nous attendent pour rallier
Las Vegas, et retrouver la famille qui s’est agrandie il y a de cela 9 mois.
Ces 250 miles, passeront comme une lettre à la poste.
De multiples arrêts et 2 randos sont prévus au programme des festivités journalières.
Lors de notre passage hier soir, le visitor center côté Joshua était fermé, alors, ce matin, on y fait un arrêt. Il n’est guère plus grand que celui côté Cottonwood.
Plus loin, nous montrons notre pass America, et pénétrons dans le park.
Quel spectacle… Totalement différent de celui côté sud. Des
Joshua Tree, des petites montagnes de rochers arrondis, le tout sur une palette de couleur allant du sable, marron, beige, gris, vert, et le bleu du ciel. Les arrêts sont multiples, et l’appareil photo crépite.
Petit Joshua deviendra grand.
Ce côté a l’air moins aride que celui côté sud. Ce n’est sûrement qu’une impression. Le tout, est qu’à mes yeux, l’ensemble est plus harmonieux, plus joli.
On s’arrête ensuite sur le parking déjà fourni du Barker Dam, pour y faire le petit trail du même nom.
On s’équipe, et hop, les baroudeurs que nous sommes, s’élancent sur le sentier qui file vers la droite. Ce n’est qu’après au moins 20 kms que l’on s’aperçoit que ce n’est pas le bon sentier ( en fait, je pense que c’est plutôt 200 mètres, mais là, c’est le Jean-Luc exagérateur qui écrit, enfin pas beaucoup quand même, hein, juste un peu).
Nous rebroussons donc chemin, et prenons cette fois-ci, le sentier gauche qui lui est bien balisé.
Elle est tranquille cette rando, mais il y a un peu de monde.
Des cactus en fleur.
Yucca,
Pour finir au Barker Dam, encore en eau à cette saison. Bon, il est moche avec sa rehausse en béton, mais les alentours sont sympas.
Après 1h00, nous sommes de retour de ce petit trail. Juste une mise en jambe pour celui qui nous attend cet aprèm, et qui devrait-être un ton au dessus.
Direction ensuite Keys View.
Je ne vous ai pas parlé de la météo ce matin. Le soleil est là, et le vent aussi, assez fort d’ailleurs, quand à la température, lors de notre départ du
motel elle s’affichait à 13°C.
C’est donc un vent fort qui nous accueille à notre sortie de
voiture à Keys View. La vue sur la vallée et la fameuse faille de San Andreas est bouchée. Avec Pascale, nous croyons que c’est de la brume, mais en lisant un panneau, nous comprenons qu’il n’en ait rien. Ce n’est pas de la brume, c’est un nuage de pollution !!
Cette pollution, produite par
Los Angeles et ses environs, poussée par le vent, vient stagner au dessus de la vallée.
Palm Springs est invisible. Je n’ose imaginer le nombre d’habitants contraints de respirer cela.
Nous ne restons pas longtemps, et à 11h00, nous décidons de prendre la route vers le dernier visitor center, celui de Twentynine Palms.
C’est le plus grand des trois. j’y achète des graines de Joshua, même si je sais que le climat de la maison ne lui sera certainement pas favorable.
Bon, c’est pas tout, il nous faut tailler la route au travers de cet immense désert de Mojave.
A la sortie de Twentynine, nous empruntons l’Amboy Road, qui avant sa jonction avec la 66 descend pendant des miles en direction d’une grande étendue plate comme une table, et où des usines de production de sel sont installées.
Par moment, les rafales de vents secouent la
voiture, et la poussière soulevée, donne une dimension irréelle au paysage. On s’arrête au niveau de l’usine de production de sel pour tenter quelques clichés. Difficile de garder la stabilité avec ce vent. Je réussirai néanmoins à photographier cette cuve solitaire qui se trouve de l’autre côté de la route.
Ensuite, à la liaison à Amboy,nous bifurquons sur la droite, et les pneus de la Tucson, foulent cette mythique route qu’est la 66.
Pas bien longtemps, quelques miles plus loin, elle est fermée, et oblige de prendre la Kelbaker Road en direction de Kelso. Cela tombe bien, c’est par là que nous allons.
J’avais repéré un site, en bas de Kelso pour faite un trail : Kelso Dunes.
Alors que nous en approchons, nous apercevons un nuage de sable. Le vent, toujours lui, soulève le sable des dunes. Génial !!! Mais ce n’est pas une tempête de sable qui va nous arrêter… On s’engage sur la piste longue de 3 miles et en mauvais état qui mène aux dunes. Un petit parking y est aménagé au bout. Mon intention était donc de faire une rando sur ces dunes, mais il est déjà pratiquement 14h00, et nous décidons de manger. Pas dehors non, dans la
voiture. Après avoir englouti la salade de tomates/ concombre préparée avec amour sur les genoux de Pascale, nous tentons tout de même d’aller faire un tour aux dunes. Plusieurs voitures sont arrivées, et leurs occupants y sont allé. Alors, pourquoi pas nous.
Nous y allons effectivement, par un petit sentier sablonneux, mais n’y restons que 5 minutes, tant le sable vole. Je prends une photo, enfourne l’appareil dans sa protection, et retour à la
voiture.
Nous finirons par le traverser ce nuage de sable, et à Kelso, nous laissons la Kelbaker road pour bifurquer sur la Kelso/ Cima road. A cette jonction, un visitor center est implanté dans une ancienne gare, et son décor extérieur est sympa. Mais il est fermé le mardi et mercredi. Pas de bol.
Ancien mais vraiment ancien bureau de poste.
Prison.
On continue donc notre chemin, le long de la voie ferrée, sur laquelle un train sans fin roule.
Elle est marrante cette route, parsemées de « soft shoulder », elle n’est qu’une succession de bosses, où l’on se retrouve au niveau de la voie ferrée, et de creux, qui, en dessous de la voie, permettent l’écoulement de l’eau en cas de forte précipitation.
Avant d’arriver à Cima, quelques
Joshua Tree apparaissent. Nous entrons de nouveau sur leur territoire. Les premiers d’une forêt, la plus grande de l’Ouest Américain. Quel étrange spectacle que cette forêt qui s’étale à perte de vue.
A Cima, on bifurque à gauche, sur la Cima road, et avant de rattraper l’autoroute qui nous mènera à
Las Vegas, nous nous arrêtons à un petit mémorial consacré aux morts des différentes guerres.
Une croix blanche, fichée sur des rochers au milieu des Joshua.
Nous rejoignons l’autoroute quelques miles plus loin.
Voilà un autre chemin, une autre façon de rallier Josuha à
Las Vegas Ce n’est certes pas la plus rapide, mais certainement la plus intéressante au vu des paysages traversés.
Nous arrivons à LV pour 18h00. Il est temps de retrouver la famille, ma belle sœur, mon frère, et leur petite fille de 9 mois que nous ne connaissons pas encore.
Alors que mon frère nous dit qu’avec les étrangers elle a du mal, elle nous adopte en moins de 5 minutes !!!
Petit bout de chou, adorable...
Et pour finir cette journée, une petite vidéo récapitulatrice.
A+