J11: Samedi 19 Août - Antelope dès le matin (lève toi, l'heure sonnheuuuu - Air connu)
Page - Antelope Canyon - Horseshoe Bend - Monument Valley (Valley Drive)
Ce matin comme disent nos amis rappeurs c'est petit dej à base de Wesh Wesh et de Pôpôpôpô rapport que j'ai trop hâte de la journée qui s'annonce. Antelope et Monument Valley sont probablement deux des sites qui me faisaient le plus tripper en préparant ce voyage (avec Zion et Yosemite,
et Bryce, et Las Vegas,
et Alcatraz....). Du coup on réussit l'exploit d'être en avance ! Un Belly Bubble....(j'ai fait espagnol première langue). On se présente au point de RDV situé à moins d'un quart d'heure de l'hôtel. J'avais réservé le Lower Canyon pour 9H00 mais comme il est 8H30, on nous propose de partir avec le groupe de 8H40. Pour les ceusses qui iront prochainement à Antelope, n'oubliez pas de prévoir un peu de cash (24$ pour nous) pour payer le droit d'entrée sur le territoire Navajo. On se retrouve dans la salle d'attente en compagnie de nombreux autres touristes. Ça fait un peu métro parisien à l'heure de pointe. Finalement, le départ de 8H40 se transforme en 8H55, des groupes sont constitués à l'arrache. Je commence à percevoir chez nos amis Navajos une légère tendance au flottement dans l'organisation (l'avenir nous le confirmera très nettement à Monument Valley). Nous héritons d'un guide qui doit bien manger à la cantine mais dont je n'arrive pas à retenir le prénom. On se dirige vers la plateforme d'attente où un toit de tôle ondulée nous permet d'attendre à l'ombre. Notre groupe est constitué d'une douzaine de candidats au bonheur mais devant l'entrée du canyon c'est le parvis de Lourdes un 15 août. Quelle cohue ! Le guide nous annonce que l'attente peut parfois être de plusieurs heures. Je commence à stresser et à comprendre que la réservation n'engage pas beaucoup le guide à respecter des horaires. Beaucoup de monde, un risque d'attente élevé....j'ai peur qu'Antelope se transforme en déception. Le guide nous rassure toutefois, d'après lui, c'est calme le matin et c'est vraiment la meilleure heure pour venir à Antelope (ben ouais, c'est pour ça qu'on a réservé à cette heure là...trop fort). On se retrouve au milieu des groupes de chinois. On grille une bonne partie de la file par la droite. Nous on suit le chef qu'a du aller au cathé à l'école vu que les derniers seront les premiers... On se retrouve à attendre sous le regard sombre des nombreux groupes qu'on a dépassé dans la file. On est pas loin de prendre deux ou trois mawashi geri (qui je le rappelle n'est pas un coup de pied rotatif mais circulaire). On papote avec le guide qui nous raconte un peu l'histoire d'Antelope. Vu que la majorité de mon groupe est américaine, il parle très vite et j'arrive à saisir l'essentiel au dépend d'une concentration extrême qui m'oblige à un plissement de paupières propice à me confondre par nos co-patienteurs. Je fais causette avec des Texans (yeeeeaah) en attendant notre tour pour entrer.
Notre guide fait le tour des appareils photos et demande si on a besoin d'aide pour les réglages. J'hésite un peu vu que j'avais un peu préparé la chose et que je suis un peu fier (un peu Breton quoi) et puis je me dis, faisons lui confiance. Avec la dextérité d'un ado sur snapchat, il me règle mon réflex à la vitesse de l'éclair et en trois coups de pouces et deux tours de molettes, le bazar est prêt à shooter. Ça me fait le même effet que les championnat du monde de Rubiskub les yeux fermés et les mains dans le dos. Balaise ! Et je ne parle pas de son tour de taille. Par curiosité j'essaye de comprendre ce qu'il a fait. Pour info j'ai un Nikon 3200. Première surprise, il a changé le mode RAW pour passer en JPG (pas convaincu de la pertinence de ce réglage mais bon). Surtout il a réglé la balance des blancs en mode Ombre (et pas nuageux) et aussi modifié le Picture Control sur Saturé. A part ça, je reste sur le mode S (Priorité Vitesse, temps de pause ne dépassant pas 1/20e de secondes). Je ne suis pas un expert, loin s'en faut. J'ai essayé de me cultiver un peu avant de partir même si je manquais cruellement de pratique avant le départ mais il me semble que ces réglages ne sont pas "idiots" et en tout cas les résultats sont plutôt chouettes (enfin moi ça me satisfait mais je le répète, je ne suis pas un expert). Pendant ce temps, les garçons se marrent en voyant une chinoise dans un accoutrement ridicule (chapeau parapluie, vêtement probablement découpé dans une nappe d'un restaurant de Shangaï....) qui n'arrête pas de soûler ce que j'imagine être son mari pour des photos toutes plus ridicules les unes que les autres. Vous vous rappelez la pub avec "Là c'est moi devant le temple du soleil qui ne se couche jamais.....là c'est encore moi devant le temple du soleil qui ne se couche jamais....". Ben, c'est pareil mais en Mandarin. Et vas y que je te demande de me prendre devant l'échelle métallique (vous savez, juste là où le guide dit de ranger ses appareils photos...). Et prends moi de trois quart sud-sud-est.... Ce grand déballage d'autosatisfaction qu'on jetterait bien au tout à l'ego nous occupe en attendant. Spectacle amusant si on est pas le mari photographe qui, lui, rit jaune (elle était facile). En levant la tête, j'aperçois trois panaches de fumée blanche au dessus de la roche orange du canyon. Pour avoir été la veille à Wahweap je sais qu'il s'agit des trois immenses cheminées de ce que j'imagine être une usine à charbon. Prenant mon meilleur accent du Wisconsin, j'ose une blague et demande à notre guide s'il s'agit là d'un "smoke signal", d'un message indien. L'humour est universel, ça le fait bien marrer et il me répond "Exactement. Et là on me signale que c'est bientôt à nous d'entrer".
Effectivement, on avance vers l'entrée du canyon. Nous empruntons enfin l'échelle métallique qui nous fait plonger dans les entrailles orangées d'Antelope. La magie opère immédiatement. Quelle beauté. Au début, certes, on est un peu les uns sur les autres...puis à force de shooter et de s'émerveiller, on arrive à trouver un peu de solitude. Je ne vais pas m'étendre sur cette visite, c'est juste fantastique. Donc à faire absolument. Le Lower Canyon est comme je l'avais lu ici-même. Ludique et photogénique. A certains moments, nous rattrapons un groupe qui nous précède (plus facile à rattraper que le groupe qui nous suit). Le guide indien qui ferme la marche de ce groupe nous prend en sympathie. Il m'indique les meilleurs spot pour shooter. Parfois il me prend même l'appareil des mains, le colle ça et là à la paroi et m'obtient quelques-unes des plus belles prises. M'en fout, comme dans l'autre pub, je dirais "c'est moi qui l'ai fait!". Au bout d'une heure de balade captivante, on ressort un peu abasourdi par ce miracle de la nature. Même les gars qui adopte facilement une blasés-attitude (immunité à l'émerveillement niveau 15) semblent conquis. Bon faut pas trop montrer qu'on est content quand même. J'offre un bon tip à notre guide et on retourne à notre belle voiture (ça y est, je me suis fait à sa couleur originale).
On enchaine directement avec Horseshoe Bend. Nous sommes juste à l'heure par rapport à mon programme et après avoir pris suffisamment d'eau on attaque la courte rando qui nous mène à ce site classique et donc très fréquenté. On arrive vers 10h30 sur place. Il commence à faire bien chaud et il y a pas mal de monde (notamment de nombreux chinois qui font des concours de selfies...).

On parvient rapidement au bord de la falaise où nous attend le Colorado. C'est sublime et pas facile à prendre en photo. On ne traine pas trop sur place étant donné la foule et le soleil, on a envie de quiétude et de fraicheur. On repart vers la voiture (le retour est plus montant que l'aller, même si les distances sont courtes, l'eau n'est vraiment pas du luxe). On retourne vers Page et même si il n'est pas très tard on fait notre traditionnel visite au Subway local pour nous restaurer avant d'attaquer la route qui nous mènera à Monument Valley.Il n'y a que 2h de voiture environ mais il faut y ajouter une heure de décalage horaire en notre défaveur. La rando plus rapide que prévue à Horseshoe Bend nous permet d'avoir un peu d'avance sur le planning ce qui est parfait car je compte faire le Valley Drive de Monument Valley dès aujourd'hui.
Nous parviendrons sans difficulté à Monument Valley accompagnés par Jeff Buckley et des californiens de Train qui dans leur premier album très réussi nous conte l’Amérique que l'on visite. En passant, quel dommage que ce groupe soit devenu une machine à cash qui sert une soupe à peine audible pour ado pré-pubaire... Nous voilà en territoire Navajo. Le décor est déjà superbe. On fait notre check-in au View. Je m'étais fait cette petite folie de réserver ici pour profiter du coucher et du lever du soleil sur les buttes et pour optimiser la visite sur une fin d'après-midi et une matinée. C'est, je trouve une bonne formule même si le tarif de l'hôtel pique un peu (265€ et à ce prix là même pas la vue sur mer). Nous retournons vers notre voiture afin de faire le Valley Drive mais avant je fais un tour rapide des guérites sur le parking pour réserver la rando à cheval du lendemain. J'avais noté quelques noms de tour operator qui proposaient cette prestation mais je n'avais pas pris le risque de réserver sur internet. D'après les retours d'expérience, il y a quelques risques que la réservation s'égare et à priori c'est toujours possible de booker au dernier moment. Je trouve rapidement mon bonheur auprès d'une indienne qui rameute pour Roy Black Tour (il figurait sur ma liste des guides à priori sérieux). Elle nous indique notre lieu de rendez-vous pour demain matin à 8h00. Je paye 100$ cash en avance (pour un total de 240$ soit 80$ par tête de cowboys bretons). J'avais choisi la balade d'1h30 car celle d'1h fait un court aller retour alors que la notre nous fera faire le tour d'une mesa. On est OK pour le corral (vous l'avez?) de demain qui est situé sur le parcours du valley drive, nous profiterons donc de notre circuit en SUV pour repérer les lieux et noter le temps nécessaire pour rejoindre le site. Il est donc temps de tester notre Kia dans les conditions difficiles de la Valley Drive. J'enclenche le mode 4x4, Lenny Mc Daniel dans le poste et Here we go. Le temps est au beau fixe et la route en assez bon état y compris au départ, dans la partie la plus pentue. Par la suite, il y aura quelques passages assez rock'n roll où je me féliciterais d'avoir choisi un SUV. L'autosatisfaction c'est quand même le bonheur à la portée de tous. Ceux qui on un coupé sport font moins les malins et vu la tonne de poussière qu'on soulève, je veux pas voir la gueule de leur banquette arrière après le tour de la vallée. Tant pis pour eux. Pour frimer en faisant le tour de la place de la mairie c'est sûr que c'est plus la classe mais là franchement, je préfère largement mon modèle de voiture, y compris avec sa couleur douteuse sur laquelle la poussière orange se remarque à peine.
Le valley drive est vraiment agréable. On mettra environ 2H à le parcourir. Nous rentrons tranquillement pour pouvoir profiter du coucher du soleil. Je l'observe d'abord de notre terrasse, puis de celle du visitor center et je fais également quelques clichés sur la partie arrière de l'hôtel en profitant de la coursive aérienne où pas mal de client sont venus s'assoir pour profiter également du spectacle. Que dire si ce n'est....wahou. C'est vraiment un spectacle féérique. Ayant été élevé aux westerns par mon père qui n'est plus là, c'est même assez émouvant. J'ai un bonne grosse pensée pour lui et pour mon frangin avec qui on dévorait les Sergio Leone (les meilleurs) et autres classiques du genre.
En tout cas, le site et l'ambiance est largement à la hauteur de mes espérances pourtant élevées. Nous irons par la suite diner au restaurant du View où l'on mangera correctement pour un tarif à peine raisonnable. De toute façon, pas trop le choix. Nous ne trainerons pas trop à aller au dodo, j'ai prévu de me lever tôt pour le lever du soleil et notre rendez-vous pour la rando à cheval nous oblige à partir dès 7h30. Évidemment les garçons sont ravis à l'annonce de cette ultime contrainte horaire et c'est avec une émouvante euphorie qu'il me souhaite une bonne nuit en me jurant éternellement leur amour inconditionnel.
Encore une journée fabuleuse où on en aura pris plein les mirettes.
