Salut à tous !
A la pourvoirie, les petits-déjeuners et les dîners se prennent dans une grande salle de restaurant très jolie, tout en bois (la seule chose qu'on n'aime pas trop dans cette salle, comme dans le reste des autres salles de la pourvoirie, ce sont les trophées de chasse

).
Ce matin, après une bonne nuit de sommeil, on a donc pris la direction de la salle de restaurant pour aller prendre des forces parce qu'après... l'aventure nous attend !
Le sentier du trappeur
Vous vous souvenez de notre trappeuse d'hier, celle qui nous avait fait découvrir l'habitat des castors ? Aujourd'hui, pour notre deuxième matinée à la pourvoirie, elle nous emmène suivre le sentier des trappeurs...
On s'est vite rendus compte qu'à la pourvoirie, quand on veut aller quelque part, il faut souvent prendre un bateau ou un rabaska ! Maintenant, on est rodés... on connaît l'équipement par coeur !
La journée a à peine commencé, et Maman a déjà trouvé une bonne âme pour nous prendre en photo tous les quatre !
On a tous embarqué, et... on a dû ramer ! On va finir par avoir des bras sacrément musclés, à force ! On va pouvoir battre les parents au bras de fer !!!
Les paysages étaient toujours aussi jolis !
Une fois arrivés à quelques encâblures de la pourvoirie, on a amarré les rabaskas, et on a suivi la trappeuse dans la forêt, sur le sentier des trappeurs... Elle a commencé à nous expliquer, avec un accent québécois pas trop dur à comprendre, ce que c'est que le métier de trappeur, et comment il a évolué au fil du temps...
On ne la lâchait pas d'une semelle, notre trappeuse, car on ne voulait pas perdre une miette de ce qu'elle nous racontait !

Elle était super sympa et très intéressante ! Pour tout vous dire, elle ne correspondait pas vraiment à l'image qu'on s'était fait des trappeurs avant de venir ici ! On ne sait pas bien pourquoi, mais on s'était imaginé des gars, grands et gros, barbus et poilus, aux cheveux en bataille, habillés de peaux d'animaux... des genres d'ogres, quoi...
Dans l'ancien temps, les trappeurs étaient des chasseurs qui revendaient les fourrures des animaux qu'ils avaient tués. Maintenant, leur métier a changé parce que les gens n'aiment plus tellement acheter des vêtements en fourrure, et il y a donc moins de demande pour ça... De nos jours, par exemple, l'un des rôles des trappeurs est de sensibiliser les gens à la protection de la faune et de la flore.
On a recroisé la trace des castors ! La trappeuse nous a expliqué qu'en fait, ils font de gros dégâts dans les forêts et sur les cours d'eau...
Parfois, ils parviennent même à détourner le cours des rivières !
Vous savez ce que c'est, un orginal ? Nous, on ne savait pas, avant d'aller au Québec. Un orignal, c'est un élan dans la langue des québécois, c'est à dire un gros animal avec des grands bois sur la tête...
Hé bien, à un moment, la trappeuse nous a dit de nous arrêter : elle venait de trouver une trace d'orignal toute fraîche !

On a regardé autour de nous pour voir si on apercevait l'orignal qui avait laissé cette trace, mais on avait dû lui faire peur en arrivant... il n'était plus là !
Un peu partout, il y avait aussi les restes des repas des chipmunks... Ils ont de la chance, les chipmunks, ils mangent comme des cochons, et apparemment, personne ne les gronde... Si on en mettait autant par terre à la maison quand on mange, on se ferait sacrément gronder, nous !
On est arrivés à un campement de trappeur... On ne peut pas dire que ça soit le grand confort ! Finalement, on se dit qu'on ne va peut-être pas être trappeurs quand on sera plus grand... on préfère dormir dans un lit bien confortable, et avoir la télé, bien sûr !
La trappeuse nous a montré les différents types de pièges qu'utilisent les trappeurs pour piéger des animaux. Ils sont adaptés à l'animal à capturer... en fonction de son point faible ou de ses habitudes de vie.
Comme hier, on a déjeuné à l'aire de pique-nique en pleine nature. Maman était contente de se poser, (pour une fois...

) car il y avait du bon café !
Après le repas, on est repartis, comme on est arrivés, en rabaska...
La pourvoirie nous attendait, sous un ciel assez menaçant !
Le Village Innusit
Une fois arrivés à la pourvoirie, on a pris des affaires pour la nuit... car ce soir, on ne dort pas dans notre chambre d'hôtel, mais dans un campement amérindien !
Et pour rejoindre le campement, on a dû prendre... devinez quoi ? Un bateau !

Mais cette fois, pas besoin de ramer !
On a regardé la pourvoirie s'éloigner petit à petit...
Encore une fois, on a profité des paysages paisibles...
La balade en bateau n'a pas duré très longtemps, et assez vite, nous sommes arrivés en vue du campement amérindien !

De loin, on pouvait même voir des tipis !
Il faut quand même qu'on vous dise qu'on s'attendait un peu à voir des indiens, dans ce campement amérindien (et peut-être même des cowboys !) - bein oui, dans amér
indien, il y a
indien !...
Hé bien, pas du tout !

Quand on a débarqués, on a été accueillis, non pas par des indiens, mais par un trappeur !... Il nous a dit qu'il était responsable du campement. Alors, on n'a pas trop compris comment un trappeur pouvait être reponsable d'un campement amérindien...
Et en plus, contrairement à notre copine la trappeuse, celui-là avait un sacré accent, et il fallait vraiment se concentrer pour comprendre ce qu'il disait !!!
Le trappeur nous a fait faire un petit tour du campement, qui s'appelle en fait le Village Innusit...
On a découvert notre tente, et le trappeur nous a expliqué que pour la nuit, nous allions être sous la protection du grand esprit des loups... C'est lui qui va être chargé de veiller sur nous...
On ne vous cache pas qu'on a eu un peu peur quand on a vu l'intérieur de la tente... Il y avait un foyer au milieu, pour faire du feu, quatre lits de camp avec des draps et une couverture chacun... On s'est demandés comment on allait dormir... Il n'y avait que Maman qui avait l'air toute excitée de la bonne surprise (ou farce !

) qu'elle pensait nous faire !
Le trappeur nous a expliqué que traditionnellement, chez les amérindiens, c'étaient les chefs de famille, donc les hommes, qui étaient chargés de veiller sur le feu pendant la nuit, pour que les femmes et les enfants puissent dormir au chaud... et il a dit à Papa que donc, c'est lui qui aurait cette responsabilité cette nuit !

On ne vous raconte pas la tête qu'il a fait, Papa, quand il a appris ça !
La pêche miraculeuse
Le trappeur nous a laissés nous installer. Ca a été assez rapide, parce que ce n'est pas comme si on avait l'intention d'emménager ici !

Il nous a dit de le rejoindre au bord de l'eau quand on aurait terminé.
Quelques minutes plus tard, on est donc arrivés au point de rendez-vous... et là, le trappeur nous a expliqué que si on voulait manger ce soir, il allait falloir mettre la main à la pâte - ou plutôt, à l'épuisette - et pêcher notre dîner !
Donc, avec les autres gens (ou plutôt, les autres enfants...) qui étaient au campement avec nous, on s'est lancés dans une partie de pêche...
On s'est mis au travail sérieusement !
C'était rigolo, la pêche !
La pêche était plutôt bonne, on a assez vite attrapé plein de petits poissons qu'on mettait dans des seaux remplis d'eau !
Tout le monde s'est activé... Enfin presque tout le monde ! On a trouvé que les grands ne nous aidaient pas beaucoup quand même ! C'était comme si il n'y avait que les enfants qui étaient motivés pour attraper le dîner !
Entre Papa qui papotait avec d'autres parents, et Maman qui était occupée à nous mitrailler, comme d'hab, heureusement qu'on était là pour assurer le repas du soir !!!
A un moment, les parents nous ont même complètement laissé tomber pour aller faire des photos de Maman !!!
Pfff, merci beaucoup ! Heureusement qu'on n'a pas compté sur eux pour le dîner !
Et puis il s'est mis à pleuvoir... et à faire soleil en même temps... et on a eu droit à un arc en ciel !
Magnifique !
Après ça, certains de nos nouveaux copains de pêche ont dû repartir, alors on leur a dit au revoir !
Histoires de trappe
Le soir, on s'est tous réunis dans une grande cabane en bois pour le dîner.
Devinez ce qu'il y avait à manger ???

Des poissons, vous dites, hein ? Hé bien, vous n'y êtes pas du tout !
Les poissons qu'on avait attrapés, le trappeur nous a dit qu'ils étaient trop petits pour être mangés, alors comme ils étaient encore vivants, à frétiller dans leurs seaux d'eau, on les a relâchés !

Et pour le dîner, on a eu tout un tas de choses (on s'est régalés, d'ailleurs !), mais pas de poisson !

On était bien contents, en vrai, parce qu'ils étaient mignons, ces petits poissons, et on n'avait vraiment pas envie de les manger !
Après le repas, le trappeur nous a sorti tout un tas de fourrures d'animaux différents. Il nous a laissé les caresser, certaines étaient très douces !!! Il y avait des fourrures de loup, de castor, de renard, de lapin, d'ours...

Il nous a dit que c'était lui qui avait tué tous ces animaux...

Ca en faisait beaucoup, quand même, des animaux ! On a vraiment trouvé ça triste qu'il en ait tué autant !
Puis, le trappeur a commencé à nous raconter ses histoires de trappe... Il était presque effrayant ce trappeur, avec son doigt qui manquait à l'une de ses mains... Il nous a raconté qu'il l'avait perdu en se battant contre un loup avec une hache... Il était en train de couper du bois dans la forêt quand un loup affamé lui a sauté dessus. Il s'est défendu avec sa hache... et à un moment, elle s'est abattue sur son doigt au lieu de s'abattre sur le loup. Le trappeur s'en est sorti, il a réussi à faire décamper le loup, mais il y avait laissé son doigt...
(Enfin, ça, c'est la version de Maman !

Car en vérité, quand le trappeur était petit, son père lui avait interdit de jouer avec la hache, et bien sûr, notre ami trappeur, qui n'était pas très sage, n'en a fait qu'à sa tête... vous devinez la suite...

)
Le trappeur nous a aussi raconté qu'une fois, il était parti plusieurs jours dans le Grand Nord avec ses chiens. Il a été pris en chasse par une meute de loups affamés qui l'ont suivi pendant plusieurs jours et plusieurs nuits... Il les entendait hurler la nuit. Ses chiens, qui sentaient la présence des loups, étaient très nerveux... Un jour, les loups sont passés à l'attaque et se sont jetés sur ses chiens et lui. Grâce à ses chiens qui ont commencé à se battre avec les loups pour le défendre, le trappeur a pu prendre la fuite. Ses chiens ont fini par le rejoindre petit à petit... Ils étaient tous blessés plus ou moins gravement. Malheureusement, le chien préféré du trappeur manquait à l'appel... Il n'est jamais revenu...
(Oui... bon... c'est à peu près ça... On ne souvient plus de tout. C'est que ça date !
)
Le maître du feu
Quand on est rentrés dans notre tipi pour la nuit, Papa a dû commencer à s'occuper du feu.
Pendant ce temps, on a dû aller faire notre toilette dans une drôle de salle de bain... D'ailleurs, ça n'était pas vraiment une salle de bain, mais plutôt une cabane en rondins, avec des toilettes et un lavabo...
Comme il n'y avait pas de lumière dedans (ni sur le chemin pour y aller, d'ailleurs...), on se demandait bien comment on allait faire !!!

Et là, Maman, toute fière d'elle, a sorti des petites lampes qu'elle a accroché autour de nos têtes comme un bandeau ! Elle a dit que c'était des lampes frontales...
Elle avait vraiment tout prévu, Maman !

C'était très pratique, ces petites lampes, pour voir où on mettait les pieds tout en ayant les mains libres !
Pour tout vous dire, on n'a fait qu'une petite toilette rapide ce soir-là, parce qu'il commençait à faire sacrément frisquet, dehors... et il faisait bien humide aussi, avec la pluie qu'on avait eu en fin de journée !!!
En rentrant de la toilette, on s'est couchés dans nos lits, autour du foyer...
On était bien, là, en famille, dans notre tipi... Et finalement, nos lits étaient très confortables !
Papa nous a dit de nous endormir tranquilles, qu'il allait remplir son rôle d'homme et de chef de famille comme un vrai amérindien, et s'occuper du feu pendant la nuit pour qu'on puisse dormir au chaud...
Et Papa a commencé à veiller sur le feu...
On a eu un peu de mal à s'endormir, ce soir-là... Dehors, on entendait les bruits de la nature... le vent qui soufflait dans les arbres... la pluie qui s'était remise à tomber... les sifflements des oiseaux... les coassements des grenouilles... les cris des animaux...
On a quand même fini par sombrer dans le sommeil...
...quand tout à coup, un hurlement a déchiré la nuit, nous réveillant tous en sursaut...
A+
Loulou et Louloutte