Hello,
En route pour la remontée vers
Yellowstone, mais par des chemins de traverses bien sur
Mardi 4 juillet 2017
Holbrook AZ > Chinle AZ - 238 km - 2h50
« Stone, le monde est stone ♩♪♬♩ »
Le Globetrotter Lodge au 902 West Hopi Drive à
Holbrook est tout simplement fait pour nous ! La chambrette est coquette, la salle de bain au lavabo vernissé de même …
Enfin un peu de France dans la salle du petit déjeuner. Je retrouve ici raffinement et excellence à la française.
Normal : le maître des lieux a trainé ses bottes de cow-boy au cœur de notre belle Provence.
Nous sommes sous le charme ! Petits pots de confiture, vrai beurre et bon pain grillé …
Mais aujourd’hui, pourquoi tous ces drapeaux ? Tout objet est piqué d’un drapeau tricolore américain…
- Why all these flags (drapeaux)
- It’s
Independence day
- Ah ! Ok !
Source externe : Le Jour de l’Indépendance (en anglais : Independence Day ou Fourth of July) est la fête nationale des États-Unis commémorant la Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776, vis-à-vis du Royaume de Grande-Bretagne.
Ce jour est l’occasion de fêtes et de cérémonies célébrant l'histoire du pays, son gouvernement et ses traditions. Se déroulent notamment des feux d'artifice, des défilés (appelés « parades »), des barbecues, des pique-niques, des matchs de baseball, etc.
Seule, la salle du petit déjeuner respectera cette connotation historique.
Ce matin, le
GPS s’emballe ou s’embrouille, il refuse d’obéir ! Que diable, nous n’avons pas toujours eu de
GPS !
Les panneaux indicateurs devraient faire l’affaire !
Seule certitude, nous sommes bien sur la
Route 66 !
La route est désespérément plate, triste et monotone. La ligne d’horizon est quelque fois cassée par le dos d’une vache Navajos, esseulée dans cette immensité d’herbes sèches.
Je me mets à penser à son sort face à un ou plusieurs coyotes … Peuchère, je la plains …
Les belles choses se méritent, il faut accepter les kilomètres. Seuls quelques lointains volcans auréolés de brume réveillent l’œil somnolant. Ici, comme ailleurs, la moindre courbe est signalée par une vingtaine de panneaux.
Les routes des Alpes françaises se moqueraient bien volontiers de la prudence exagérée de leurs consœurs américaines !
Petrified Forest National Park : nous y sommes enfin ! « Stone, le monde est stone ♩♪♬♩ » Ici, mon cœur s’emballe…
Vite ! Sac à dos en bandoulière, gourde et caméscope en main, je gravis marches et sentiers. C’est absolument fabuleux. Combien de millions d’années nous séparent du début de la métamorphose de ces arbres immenses enfouis dans le limon, qui privés d’oxygène et en désespoir de cause, se sont résignés à s’auto statufier ?
Source externe : Les milliers de troncs fossilisés de la forêt pétrifiée datent du trias (environ 200 millions d'années). La région était alors occupée par le delta d'un fleuve sur les rives duquel poussaient des arbres géants. Après leur mort, ils furent enfouis sous des dépôts sédimentaires riches en silice, ce qui favorisa la conservation de leur structure. La silice remplaça lentement la matière végétale et fossilisa les troncs. Progressivement, la région s'enfonça et fut ensevelie sous des strates sédimentaires. Son soulèvement récent, conjugué à l'érosion permit la mise au jour des troncs fossilisés.
La Terre est passionnément généreuse, elle nous offre tant et tant d’œuvres si précieuses, qu’elle mérite admiration et respect. Ces arbres si magnifiquement fossilisés sont les joyaux de l’éternité.
Ils servent à tout, à délimiter les parkings, les sentiers !... Pourquoi pas ! Mais ça me choque !...

Me crie le corbeau !
Zut alors ! Les allées bien aménagées semblent interdire toute intrusion parmi ces arbres vieux comme le monde.
La conscience étant un juge impitoyable et la bonne conscience une richesse inestimable, avec autorité, j’interdis à mon mari de ramasser le moindre petit caillou de bois pétrifié. C’est ainsi et pas autrement, (j’ai envie de rire car un peu d’autorité à son encontre lui sied parfaitement. Chacun son tour !)
D’autant que les rangers cachés dans les collines environnantes veillent et nous observent à la jumelle !...
Giant Logs Trail, Crystal Forest Trail, Jasper Forest, Agate Bridge me laissent de délicieux souvenirs, tant j’étais heureuse parmi ces vieillards momifiés, puis déshabillés par l’érosion.
Certains ont encore l'aspect du bois. Impressionnant. Ceux là je suis allé les toucher pour verifier que c'était bien de la pierre
Et toujours, partout
Blue Mesa. Quel bonheur de vagabonder au sein de ces montagnettes grises, bleues, mauves et blanches, dont les fonds de gorges sont joliment décorés de troncs pétrifiés !
Blue Mesa est un bijou d’architecture, un tableau de couleurs si bien agencées par strates régulières que nous en restons pantois.
Newspaper Rock est un parchemin de pierre où les civilisations anciennes ont gravé leur quotidien ou leurs croyances …
Une calandre de
voiture des années 60 et une vieille carcasse des années 20 matérialisent la fin provisoire de la
Route 66, coupée par l’autoroute. Elle reprendra sa course un peu plus loin : n’oublions pas qu’elle nous restera fidèle jusqu’à
Santa Monica, la porte de
Los Angeles.
Les points de vue de
Painted Desert, comme Pintado Point, Chinde Point, Kachina Point et Tawa Point offrent un chatoyant panel de couleurs dominé par un rouge arrogant un peu trop présent ! (ce qui veut dire que je suis saturée de rouge !)
Canyon De Chelly.
Ici aussi, l’eau, le vent, les caprices des plaques tectoniques ont façonné ce lieu en un site grandiose, remarquable et dangereux par ses vertigineuses falaises à pic, proches des abîmes.
Malgré tout, un piton rocheux, Spider Rock (le rocher de l’araignée), fier comme Artaban, en a décidé autrement, il a su résister aux forces terrestres et s’est imposé avec autorité au sein de ce canyon d’où remonte un air chaud.
Il me fascine, je clique sur toutes les facettes accessibles à mon appareil.
Le coucher de soleil lui donne une force féroce, toujours prête à en découdre avec cette fatale érosion.
Après plusieurs points de vue, nous nous garons sur un promontoire qui cache de véritables merveilles.
Je suis émue et troublée par cette pauvre famille de Navajos ou Hopi, dont le mari a les yeux rougis par l’alcool. Tandis que la mère en haillons berce son bébé, la fillette d’environ 8 ans présente une écuelle de lait à son toutou famélique.
Bien sûr, cette scène préparée pour attendrir le touriste n’en est pas moins l’expression de la misère. Je glisse un billet dans la main de cette jolie petite brunette, mais cette scène me laissera un goût amer, celui de l’injustice
Majestueux condors …
Face Rock Overlook, Slide House Overlook, White House Overlook, Junction Overlook et Tsegi Overlook offrent des vues plongeantes sur les habitations Pueblos.
Ces deux petons semblent dater d’une autre ère …
Un dernier clin d’œil …
- Quelle journée ! Tu as faim ?
- Bien sûr, et toi ?
- Ce resto, le Dennys me semble pas mal … Qu’en penses-tu ?
Ce sera : deux escalopes de poulet sur un lit de pommes de terre et brocoli, le tout caramélisé. Excellent ! On commence à se faire au « tout sucré » !
Sur du long terme, (une quarantaine d’années), l’industrie du sucre, aura réussi à convaincre les américains que consommer du sucre était bon pour la santé. Le résultat est que 38% d’entre eux sont obèses.
Pas très flatteur tout ça !...
