-JOUR 11-
Partie 1
9.00 am
Sur la route
Entre
Kanab et LV.
L’effaceur roulait depuis 1h00. Il avait le sourire. La mise au point de sa vengeance lui avait pris 8 ans, et aujourd’hui l’heure allait sonner. Les roadtrippeurs allaient payer, Pascale allait y passer, et cet abruti de Jean-Luc n’aurait plus que les larmes de son corps.
« Ha, ha, ha, je l’ai bien promené celui-là, un gentil toutou. »
En arrivant à LV, il récupérerait pascale, l’emmènerait dans le désert, et ce coup-ci, ne raterait pas sa cible, car même si c’était Jean-Luc qui l’avait arrêté, Pascale était la responsable. 8 ans à moisir au fond d’un trou. Enfin, elle allait payer.
Pourtant, depuis 1 jour, quelque chose le tracassait, et lui vrillait l’esprit. Un grain de sable ? Non, tout se passait comme prévu. Tout ? Ouais, tou… Non, justement, pas tout. Le voilà se grain de sable. Le jour où Jean-Luc lui a demandé une preuve de vie. Merde, j’ai dû foirer quelque part.
Le déclic…
Merde, merde, merde, je suis passé en direct pour envoyer la photo de Pascale à Freemont Street, MERDE. Peut-être n’y a-t-il pas pensé !! Non, pas lui…
Le sourire disparut, et une semelle de plomb s’abattit sur l’accélérateur.
11.00 am
Las Vegas
Quelque part.
Pascale entendit la porte claquer, des pas rapides, et un semblant de juron. Il était de retour, et ne semblait pas de bonne humeur. Sa tâche s’annonçait plus ardue. La porte métallique claqua à son tour, puis plus rien. Au bout de quelque minutes, elle entendit glisser l’obstacle qui entravait sa porte. Assise sur le lit, elle l’attendait. Les verrous sautèrent, la poignée commença sa lente rotation, et la porte s’ouvrit. D’abord très lentement, puis brutalement.
L’effaceur se tenait 2 mètres derrière l’ouverture, son flingue à bout de main, le bras tendu.
- Alors, tu t’es bien amusée ces derniers jours ?
Il avança jusqu’à se retrouver dans l’entrebâillement de la porte. Impassible et concentrée, Pascale le regardait d’un regard froid. Elle savait qu’elle n’aurait qu’une chance. Après....
- Avance vers moi, on va faire une petite balade tous les deux. LENTEMENT, ne m’oblige pas à te tuer tout de suite.
Il avait donc bien l’intention de la liquider.
Elle avança les bras le long du corps, dans sa main gauche recourbée, le pic qu’elle s’était confectionné. A
1 mètre de lui, elle s’arrêta, ne le quittant pas des yeux.
-Tourne-toi, que je t’attache les mains, sinon…
-Sinon quoi, tu ne tireras pas, les voisins entendraient et appelleraient les flics…
Il savait qu’elle avait raison, il ne pouvait pas tirer sans ameuter le voisinage. Et puis ce regard, ce regard qui l’hypnotisait. Il ne pouvait pas s’en défaire, et ne vit pas le bras droit de Pascale partir en direction de sa main armée. Le choc lui fit lâcher son flingue, et le laissa sans réaction. Elle déploya ensuite son bras gauche, le pic en avant. Un réflexe le fit se déplacer, et le pic se planta dans son épaule et buta contre un os, lui arrachant un cri de douleur. Il la repoussa, mais déjà son pied partait en avant, direction le bas-ventre, mais il esquiva en reculant et perdit l’équilibre. Il se récupéra, et courut vers la cuisine pour trouver une arme, mais Pascale était déjà sur lui. Le pic lui frôla le visage. Entraînée par sa vitesse, Pascale trébucha à son tour, et fit un roulé boulé dans la cuisine.
Comment avait-il fait pour éviter le coup? Il ne se posa pas longtemps la question. Il ne lui restait qu’une option. Devant cette furie, prendre la fuite.
Il fonça à travers la maison, franchit la porte d’entrée, s’engouffra dans le pick-up, et disparut après une marche arrière qui laissa de la gomme au sol.
Pascale s’était relevée, prit un couteau, et s’élança à son tour à la poursuite de l’effaceur. Mais il avait filé. Elle ne vit que l’arrière de la
voiture s’engager sur la route. La tension baissa d’un cran. Elle avait réussi à le mettre en fuite, et surtout à le blesser.
Elle devait alerter Jean-Luc, et trouver un téléphone. Mais avant, elle voulait s’assurer qu’elle avait raison. Elle rentra dans la maison, et se dirigea vers la porte métallique. Une serrure à code la condamnait. Après un instant de réflexion elle tapa -0309- et le verrou se débloqua. Trop prévisible pensa-t-elle. La date de son arrestation. Dans l’antre de l’effaceur, ronronnait encore une dizaine d’ordinateurs. Les écrans étaient tous éteints, et il faisait froid. En allumant un moniteur, elle comprit qu’elle ne s’était pas trompée.