Au programme : Oregon Dunes, Taco Bell, route vers Newport (Heceta Beach, Heceta Head Lighthouse, Strawberry Hill Wayside, Neptune State Park), Cape Perpetua Scenic Area
Débriefing
Oui bon, ok : la bruine du début de cette journée 11 n’augure rien de bon pour la suite, mais pas de panique : je vous avais promis la fin du brouillard ; vous l’aurez ! Mais c’est vrai qu’en nous levant ce matin-là, nous nous sommes dits que, comme la veille, nous allions peut-être devoir tirer un trait sur certaines de nos visites. Que nenni ! Nous ne raterons rien, et c’est tant mieux, car avec Cape Perpetua Scenic Area, l’Oregon nous a mis une belle baffe.
Son point de vue en altitude, tout d’abord : exceptionnel. Le vue en plongée directe sur l’océan et le parc en contrebas est époustouflante. Sachez qu’il est possible d’atteindre le sommet du cap à pied, depuis le Visitor Center situé près de la route principale. La pinède y est très belle, comme partout dans la région.
Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est bien sa partie basse. La vidéo prise à l’entrée de Devil’s Churn peine à rendre justice à l’apocalypse sonore dont nous avons été les témoins. Hautes et basses fréquences se rendent coup pour coup ; difficile d’imaginer qu’un simple « trou » puisse produire des sons si puissants. On y entend, incroyable mais vrai, de véritables explosions.
Comme Yellowstone un peu plus tard, Cape Perpetua ne se contente pas de montrer de jolis décors : il vous fait sentir les choses. Formes en mouvement, bruits, odeurs, embruns sur le visage… Tous les sens sont mis à contribution. C’est ce qui place ce type de parc, sinon au-dessus de tous les autres, au moins dans une catégorie à part. Yellowstone fait encore mieux pour une ou deux raisons supplémentaires, mais je développerai le temps voulu.
Entre Bandon et Newport, il n’y a donc pour moi aucun doute : Cape Perpetua Scenic Area fait partie des joyaux à ne manquer sous aucun prétexte.
Comme toujours, la route du littoral aligne les points d’intérêt avec une insolente régularité. Faute de temps, nous nous sommes contentés de nous arrêter sur les petits parkings aménagés le long de la route ; il y aurait toutefois beaucoup à faire en terme d’exploration. Les Oregon Dunes sont sympathiques, mais ne peuvent rivaliser avec la beauté indiscutable de notre guest-star française - et encore moins avec les Great Sand Dunes, si imposantes dans leur écrin montagneux (voir l’épisode 4 de notre circuit de 2016). Pour l’anecdote, j’ai été abordé à l’entrée des dunes par un prestidigitateur d’à peine dix ans qui, en cinq minutes chrono, m’a bluffé grâce à un tour de cartes franchement incroyable. Bon, le pauvre malheureux doit encore être en train de chercher ses cartes dans le sable à l’heure qu’il est (le tour exigeait de ma part que je donne un coup de main violent dans le paquet qu’il me tendait – tu parles, avec le vent qu’il faisait, tout s’est envolé à plus de cent kilomètres à la ronde !), mais il semblait ravi d’avoir réussi son tour « à un Anglais ». Mouais. Je lui aurais bien mis une baffe, à ce morveux.
Tout cela pour dire que nous avons adoré cette onzième et quasiment dernière journée de notre périple côtier. Le jour 12 nous montrera encore quelques beaux exemples de paysages torturés par les vagues, mais pour l’essentiel, on peut le dire : nous faisons nos adieux à l’océan !


