JOUR 17 Vendredi 18 mai
Aujourd’hui c’est une étape de transition qui nous attend. En effet, environ 600km nous attendent pour rejoindre la bande de Caprivi, mais heureusement, cette fois c’est de la route goudronnée sur tout le trajet.
Notre destination est le Mahangu Safari Lodge dans la petite ville de Bagani qui se trouve sur les rives de l’Okavango, ce célèbre fleuve Africain qui est connu pour être l’un des rares fleuves au monde à ne pas déboucher dans une mer ou un océan. Il se déverse dans le delta du même nom dont la plus grande partie est située dans le nord du Botswana.
En règle générale, dans tous les carnets que j’avais pu lire, ceux qui rejoignaient la bande de Caprivi depuis Etosha faisait un stop à Rundu pour y passer la nuit. Cette ville se trouve au 2/3 de la route et il y a des Lodges au bord du fleuve Okavango qui matérialise à cet endroit la frontière avec l’Angola.
Après réflexion, nous avons préféré aller directement à Bagani et y rester deux nuits plutôt que faire une nuit à Rundu et une nuit à Bagani. Nous ne l’avons pas regretté car passer deux nuits au même endroit et somme toute beaucoup plus confortable et par ailleurs le Mahangu Safari Lodge s’est révélé très agréable de par sa situation et les activités proposées.
Mais certains d’entre vous vont me dire : mais qu’est-ce qu’il appelle la bande de caprivi ?
La bande de Caprivi, c’est cet appendice bizarre qui est le résultat d’une négociation à la fin du 19ème siècle entre les empires coloniaux allemand et britannique pour que l’Allemagne puisse avoir accès au fleuve Zambèze et par extension à l’Océan Indien depuis la Namibie. Ce couloir a ensuite été l’objet au 20ème siècle d’affrontement entre les pays frontaliers, et constitue encore aujourd’hui un sujet de tension géopolitique qui s’apaise malgré tout avec le temps.
Quoiqu’il en soit, il n’y a aucun risque désormais à passer par là pour rejoindre le Botswana, d’autant plus que la transformation de cet espace en parc national, permet de voir pas mal d’animaux dans un cadre totalement différent que celui d’Etosha, c’est une autre facette de la Namibie que l’on découvre dans cette région.
Nous quittons Onguma Tamboti Camp à 7h00 après avoir déjeuné, tout rangé et replié la tente. Nous sommes hyper bien rodés !
La route vers Rundu n’est pas vraiment directe puisqu’il faut descendre d’abord dans le Sud-Ouest sur 160km vers la ville de Grootfontein pour ensuite remonter vers Rundu par une quasi ligne droite de 250 km. Ce détour rallonge pas mal le parcours, mais il n’y en a pas d’autre.
(
En regardant mes photos, je me rend compte que je n'ai rien pris de toute la matinée, seulement de la vidéo.)
En montant sur Rundu, le paysage change peu à peu, plus arboré, mais surtout nous constatons que la densité de population augmente considérablement. Beaucoup de petits villages parsemés tout au long de la route, composés de quelques huttes. Nous voyons régulièrement des villageois qui marchent au bord de la route, la plupart du temps avec des bidons pour se ravitailler en eau. La vitesse est limitée à 120km/h, mais il faut être attentif à ces personnes qui parfois ont des animaux avec eux et qui sont susceptibles de traverser à n’importe quel moment. A l’approche des écoles, nous voyons des panneaux qui limitent la vitesse à 90km/h, ce qui nous parait un peu cocasse.
Bref, les abords de cette route constituent une scène de la vie courante Africaine ce qui rend le trajet agréable et varié.
Nous arrivons ainsi dans l’agglomération de Rundu vers 11h00. C’est une ville en pleine effervescence dans laquelle nous entrons, ça bouchonne, ça klaxonne, du monde partout. Je repère la station essence que j’avais enregistrée sur le
GPS et nous faisons le plein. Ensuite, nous nous rendons au SPAR qui se trouve au cœur de la ville, dans laquelle nous sommes les seuls représentants européens. Je trouve une place pour me garer et nous entrons dans le magasin. Nous arrivons à trouver de quoi nous ravitailler même si il y a moins de choix que dans le SPAR de Swakopmund.
Maintenant, il ne reste plus qu’à trouver un endroit pour déjeuner. J’ai vu qu’il y avait un KFC tout neuf dans l’avenue principale. Je n’ai jamais mangé dans cette chaine de restaurant car je ne suis pas très friand de la panure autour de la chair de poulet, mais bon il faut bien une première fois.
Au final, je prendrai un hamburger qui se révèlera correcte.
Nous quittons Rundu sur les coups de 12h30, il ne nous reste plus que 200km environ pour atteindre notre Lodge. En sortie de la ville, nous passerons devant des Townships qui désignent dans cette partie de l’Afrique des zones urbaines pauvres plus communément appelées bidonville en Europe.
Ça roule bien et nous allons arriver au Mahangu Safari Lodge vers 14h30. Un chemin qui traverse une étendue d’eau sur lequel il n’y a pas moyen de se croiser permet d’accéder au Lodge.
Nous nous présentons à l’accueil pour le check in et nous donnons nos vouchers. Nous avons réservé deux nuits, la première en Lodge et la seconde dans la partie
camping, car au moment de la réservation, Tourmaline nous avait indiqué qu’il n’y avait plus de place en Lodge pour la deuxième nuit. A notre grand et agréablement étonnement, on nous demande si cela nous intéresse de garder notre chambre pour les deux nuits, je fais semblant de réfléchir mais pas trop quand même et nous acceptons volontiers. D’autant qu’une croisière sur l’Okavango avec petit-déjeuner à bord est offert pour les résidents logeant au moins deux nuits d’affilé.
J’en profite pour réserver un game drive pour le lendemain après-midi dans le parc national de Mudumu et une croisière au coucher de soleil sur l’Okanvango pour la fin d’après-midi. Cela nous laisse le temps de nous installer tranquillement.
La chambre est grande et propre, le Lodge est situé sur les rives du fleuve, on y trouve une piscine traditionnelle, et une piscine aménagée dans le fleuve. Il y a également un grand bar avec une terrasse sur laquelle sont servis les repas avec vue sur l’Okavango. Nous nous régalons du bon moment que nous allons passer dans ce merveilleux endroit !
Nous avons rendez-vous à 17h00, deux couples d’allemands vont nous accompagner. Ils sont très sympathiques. Cette croisière va se révéler un grand moment de notre voyage, (Il faut dire qu’il y en a eu tellement !) les couleurs, la lumière de cette fin de journée, le décor, les animaux : nous sommes émerveillés de vivre ce moment où nous avons cette impression qu’il n’y a plus rien d’autre, juste cet instant magique…
Le conducteur du bateau très compétant et fin connaisseur des lieux repère les animaux et nous les montre, il coupe alors son moteur pour s’en approcher dans un silence qui ne laisse échapper que les bruits des habitants du fleuves. Nous verrons, plusieurs fois des hippopotames, des éléphants venir s’abreuver sur la berge, des oiseaux, un jeune crocodile.
Nous regarderons le soleil se coucher, puis nous rentrerons au Lodge au bout d’une heure et demi que nous n’aurons pas vu passer.
Il fait encore jour lorsque nous arrivons. Le temps de retourner dans notre chambre pour lancer les sauvegardes des photos, consulter internet, puis nous irons dîner. Nous aurons un très bon repas, accompagné par les bruits des hippopotames tout près.
Voici une autre journée qui se termine dans un cadre totalement différent que ce que nous avons connu jusque-là. Le Mahangu Safari lodge est vraiment très bien situé avec un bon rapport qualité prix, environ 80€/pers, petit déjeuner et diner compris, et la croisière sur l’Okavango nous a couté à peu près 15€/pers.
Demain, une autre belle journée s’annonce, mais nous prenons le temps de savourer celle qui vient de s’écouler…
Comme d'habitude, la vidéo qui résume cette belle journée,