JOUR 11 Samedi 12 mai
Ce matin nous quittons Swakopmund assez tôt, Nous n’allons pas très loin en fait, à une quarantaine de kilomètres, pour voir la Moon Valley et les Welwitschias, des plantes dont la durée de vie a été évaluée à 1500 ans pour la plus ancienne. Puis cet après-midi, nous gagnerons un endroit magique, le Spitzkoppe.
Le remplissage des valises est un peu plus long cette fois, car nous avons pas mal déballé pour optimiser leur agencement afin de faciliter la prise des vêtements quand nous campons. Je prends le temps de laisser un petit mot sur le cahier dans lequel les voyageurs donnent leurs impressions sur le logement, et en ce qui nous concerne, nous en sommes très satisfait, il s’est révélé être en plus le moins cher du séjour, à 72€ pour deux nuits…
Nous quittons donc la ville au petit matin pour gagner la Moon Valley. Nous arrivons assez vite sur ce site dont le nom assume une similitude avec le paysage de notre satellite. N’ayant jamais été sur la lune, je ne suis pas formel sur la ressemblance, mais le relief aride ne doit pas être étranger au nom donné à ce lieu. Un sentier permet de cheminer du sommet des collines au creux des vallées. Nous en parcourons une petite partie. Il y a plusieurs points de vue possibles depuis la piste qui longe ce panorama.
C’est cette même piste qui conduit vers le site où l’on peut voir une plante endémique, la Welwitschia Mirabilis.
Cette plante est vraiment bien adaptée à son milieu, tellement bien, qu’elle est en croissance permanente, mais une croissance très lente. Nous commençons à voir quelques spécimens le long de la piste, et nous arrivons à l’exemplaire qui est considérée comme le plus ancien. D’ailleurs pour préserver cet exemplaire, une enceinte grillagée l’entoure. On peut escalader un promontoire qui permet de la voir sous un autre angle. Elle est beaucoup plus grosse que toutes les autres qui sont à proximité. Savoir que cet être vivant est présent dans cet environnement depuis aussi longtemps laisse penseur…
A proximité de ces plantes antédiluviennes, une table placée astucieusement sous une tonnelle nous permet de boire un coup et manger un excellent cookie acheté à Solitaire.
Nous repartons ensuite vers le Spitzkoppe notre prochaine étape. C’est à ce moment-là que le téléphone dans lequel nous avons mis une carte Sim namibienne sonne. Seul tourmaline a le numéro, pour la bonne raison que c’est eux qui nous ont fourni la carte Sim. Je n’ai pas le temps de décrocher, mais je rappelle dans la foulée. Le représentant de Tourmaline m’explique que si je veux, je peux passer dans un garage à Swakopmund qui pourra me changer le fameux fusible de la prise 12V. Il m’indique l’itinéraire pour y aller.
Je n’avais pas prévu de retourner en ville, mais finalement ça ne nous fait pas un gros détour et pouvoir recharger en roulant est tout de même très pratique, qui plus est dans les jours qui viennent où nous n’aurons pas forcément accès à l’électricité facilement.
Nous arrivons donc à Swakopmund vers 12h00, je tourne un peu, comme toujours les indications par téléphone m’avaient paru simples, mais une fois sur le terrain c’est plus compliqué !
Au final, je m’arrête dans une station pour demander, il m’indique le garage qui est 100mètres plus loin…
Lorsque j’arrive, j’explique mon souci au patron, il demande à un employé de faire le changement. Je le regarde faire, en fait je n’étais pas très loin mais la boîte était vraiment bien cachée sous la console passager !
Toute l’opération se passe en 10mn, le garagiste ne me demande aucune compensation et me souhaite bonne route, peut-être s’arrangera-t-il avec le loueur ASCO. Quoiqu’il en soit nous repartons pour Spitzkoppe où nous avions prévu de nous balader un peu au milieu des amoncèlements rocheux… mais finalement le temps de perdu ne modifiera pas vraiment notre programme car nous avions prévu large…
Nous effectuons un arrêt pique-nique au bord de la route, sur une aire prévu à cet effet, c’est loin d’être notre meilleur souvenir d’environnement pour un repas, mais nous commencions à avoir faim et il restait encore trop de route pour attendre de manger une fois arrivés à destination.
Nous arrivons vers 15h00 à Spitzkoppe. Ce site se trouve dans la région d’Erongo au sein du damaraland, il est constitué de plusieurs amoncellements de roches en granit d’origine volcanique, dont les formes originales sculptées par l’érosion en font un lieu incontournable. Le plus haut sommet de cet ensemble dont on distingue la forme caractéristique de loin, culmine tout de même à plus de 1700 mètres de haut et se détache particulièrement dans le paysage plutôt plat des alentours.
En approchant, on peut constater la présence d’habitations, ou plutôt de cabanes qui sont parsemées le long de la piste. Des enfants surgissent pour vendre des bibelots, il ne faut pas être expert pour comprendre que la population autochtone vit dans un grand dénuement.
Le site est exploité par une communauté locale, l’accès est donc payant, mais l’intérêt principal est d’y passer au moins une nuit. Des aires sont aménagées avec le strict minimum, une toilette sèche, une aire pour le barbecue, deux poubelles pour le tri ! Pas d’eau ni électricité…
Depuis peu, des logements en dur sont disponibles mais je ne les ai pas vus.
Les emplacements ne sont pas attribués d’office lors de la réservation, on choisit en arrivant en fonction de ce qui reste, ils sont par ailleurs très éloignés les uns des autres, ce qui en fait aussi le charme.
Nous faisons un premier tour, nous choisissons assez rapidement une aire qui se trouve près d’une arche nommée
Natural Bridges (emplacement n°5).
Ce choix se révèlera être très avec le recul, pas forcément le plus isolé mais idéalement situé pour se balader et profiter des couleurs magnifiques qui se reflètent sur la roche granitique au lever et au coucher de soleil.
L’installation est rapide, nous sortons juste la table et les chaises pliantes, on verra plus tard pour le reste. Nous partons nous promener. Il fait chaud mais c’est supportable. Les formes arrondies de ces énormes masses de roches laissent espérer une ascension facilitée, il faut quand même faire attention, mais ç’est très ludique.
Nous allons nous balader ainsi pendant 2h00 environ à cheminer, sur les promontoires rocheux, à jouer les Sisyphe avec ces énormes sphères de granit.
Nous finissons par l’exploration de Natural bridge qui est juste à côté de notre campement.
des autochtones qui nous surveillent...
Cette proximité nous permettra de venir à plusieurs reprises profiter du site, car on ne se lasse pas de cet endroit…
Un excellent vin blanc sud africain...
Ce soir, une excellente viande accompagnée de patates cuites dans les braises viendrons clôturer une excellente journée.
Nous resterons un moment sous le ciel étoilé dont la lumière nous permet encore de distinguer la silhouette du Spitzkoppe qui se dessine devant nous dans un silence total, un instant de pur plaisir, intemporel, indescriptible mais que nous avons vécu intensément.
Un très très bon souvenir.
Bilan de la journée : le Spitzkoppe, site vraiment incontournable de notre point de vue qui restera un moment fort de notre roadtrip. Concernant la partie Moon Valley et les Welwitschias, je pense qu’il aurait été plus pertinent de faire cette visite en arrivant sur Swakopmund depuis Rostock au lieu de passer par Walvis. Ca nous aurait dégagé du temps pour autre chose, aller jusqu’à cap cross par exemple où séjourne une énorme colonie d’otaries.
et voici la vidéo qui résume cette très belle journée...