dimanche 6 août : piste F210
Nous nous réveillons sous une petite pluie comme quasiment tous les matins et quittons le camping vers 9 h pour une journée "piste" : ayant finalement investi dans un gros 4x4, on s’est dit qu’il fallait en profiter pour explorer des pistes moins courues et moins faciles. Nous voilà donc partis sur la F210, qui traverse le sud du massif du Fjallabak d’ouest en est.
Le début est roulant et traverse des champs de lave noire avec quelques mousses vertes le long des cours d’eau.
Nous sommes seuls.
Après une cinquantaine de kilomètres, le décor change peu à peu : de la végétation apparaît ainsi que des cascades au loin et les premiers gués. C’est très beau.
Après un gué un peu plus important que les autres, la piste emprunte carrément le lit de la rivière pour contourner une avancée rocheuse. C’est juste dans ce lit de rivière que nous croisons un autre véhicule (vu que ce passage contourne l'avancée rocheuse, nous ne pouvions pas le voir avant de nous engager et lui non plus) ! Surprenant, mais en fait, ça passe très bien ! Nous traverserons vraiment cette rivière plus loin, dans une large vallée où elle s’étale en de multiples bras. C’est impressionnant mais finalement pas difficile.
La piste s’élève et on commence à apercevoir le glacier de l’Eyjafjallajökull au sud
Puis elle redescend au bord d’un lac où se reflète une montagne verte. Nous arrivons au refuge d’Álftavatn. C’est magnifique !
À partir de là, nous côtoyons sur quelques kilomètres de nombreux randonneurs qui font (quasi à la queue leu leu

) le trek de Landmannalaugar à Þórsmörk en 4 jours. Nous arrivons à un nouveau gué caillouteux et assez imposant, mais finalement pas si profond. Les randonneurs ont malgré tout un pont de bois sacrément haut au dessus de la rivière pour traverser : on devine que ce cours d’eau est loin d’être toujours aussi "tranquille" !
La piste quitte le sentier de randonnée pour s’élever sur des roches arrondies et grisâtres.
Nous pique-niquons là, face au glacier.
Après ce passage délicat, nous roulons sur une étendue noire et plate, immense, impressionnante avec les montagnes colorées au nord et le glacier Mýrdalsjökull au sud. C’est encore une fois absolument superbe... Nous sommes toujours tout seuls. On adore !
Le clou du spectacle se dresse soudain devant nous : un cône quasi parfait, vert vif, posé sur l’étendue noire, j’ai nommé le volcan Mælifell.
Nous le contournons par le sud pour poursuivre dans ce décor jusqu’au gros gué de la Hólmsá. La rivière est large et se traverse en deux temps. Il y a du débit, mais raisonnablement : nous nous y engageons confiants ; le deuxième bras est plus profond et quand même assez large, mais encore une fois, le Toyota fait le job. Nous serons plus impressionnés un peu plus tard en voyant un véhicule plus petit faire cette traversée !
Juste après la Hólmsá, une piste sur la gauche monte sur un promontoire, d’où débute une petite rando. Nous passons par un point haut d’où la vue sur Mælifell est splendide avec un bras de la Hólmsá devant et le glacier en fond :
Le sentier redescend pour suivre le cours d’une rivière jusqu’à l’intérieur du petit cratère de Rauðibotn avec son petit lac.
Nous traversons le petit déversoir du lac dans le cours d’eau, que nous longeons encore un peu jusqu'à un beau et grand lac à l'eau turquoise avant de grimper à vue au sommet du cratère.
Il plouvine et il y a beaucoup de vent, mais encore une fois, la vue est magnifique sur les environs avec le beau lac bleu turquoise et sur Mælifell au loin.
Le petit lac en contrebas est niché dans un écrin de mousses vert fluo

...
Et une croûte de lave ourle les bords du volcan.
Nous redescendons sur le petit promontoire d’où l’on voit bien la Hólmsá avec le gué que nous avons franchi tout à l’heure (de droite à gauche pour nous) ; une voiture y est engagée.

Heu… c’était si profond que ça !?
Pendant toute cette balade, nous étions seuls et l’endroit est magnifique ! Vraiment chouette !
Nous finissons de parcourir la F210 vers un retour progressif à la civilisation en passant devant quelques fermes isolées, puis LA route N1.
Nous arrivons à Kirkjubæjarklaustur (= Klaustur pour un peu de simplicité !) où nous avons prévu de dormir. Nous nous ré-approvisionnons en essence et victuailles en prévision des jours à venir, mais il n’est pas tard et il fait grand jour.
Nous décidons donc de commencer la route vers le Lakagígar (= Laki pour un peu de simplicité !), prévu pour le lendemain.
Nous nous arrêtons à la gorge de Fjaðrargljúfur (pensant que peut-être le parking pourrait nous accueillir pour la nuit) : c’est blindé de monde en cette fin d’après-midi (cet endroit est accessible en voiture 2X4) et le parking est interdit la nuit aux camping-cars et campers. Nous visitons quand même les différents points de vue et c’est vrai que c’est très joli.
Nous nous engageons ensuite vraiment sur la piste F206 vers le nord.
L’idée est d’avancer un peu et de trouver un coin pour poser le camper "discrètement" et bivouaquer. À une vingtaine de km, après deux gués dont un vraiment gros, une bifurcation conduit à la cascade de Fagrifoss.
Nous faisons une petite balade aux alentours et quelques photos de cette jolie cascade (Fagrifoss veut justement dire Jolie cascade).
Il est 20h, nous sommes seuls, le parking est isolé et équipé d’une toilette sèche : nous levons le toit du camper et nous installons pour notre première nuit hors camping.
Bilan de la journée : la F210 est une très belle piste, peu empruntée, qu'il est conseillé de faire d'ouest vers l'est pour la beauté crescendo des paysages. Par beau temps, ça doit être fabuleux... Par contre, nous avons eu de la chance pour les gués qui étaient tous "facilement" praticables (certains peuvent être infranchissables, notamment en début de saison). Nous avons beaucoup aimé notre balade au Rauðibotn ; il y a possibilité de la rallonger en longeant le lac bleu turquoise, mais la météo n'était vraiment pas favorable
