J 2 : Las Cañadas del Teide et Garachico
Réveil très tôt pour moi ce matin, 6h heure locale (soit 7h en France) : je suis sensible au décalage horaire.
Mon mari se lève plus tard, nous prenons tranquillement notre petit déjeuner et il doit être presque 9h30 quand nous partons de la maison.
Nous n’avons pas pu hier soir prendre de quoi se faire des sandwiches pour pique-niquer : tant pis, on trouvera à manger dans le parc national.
Nous avons réservé mercredi matin la montée au Teide en téléphérique et permis pour la montée à pied jusqu’au sommet. Depuis jours, c’est très aléatoire. Il y a jours, le téléphérique et les sentiers de de randonnées au sommet étaient ouverts. La semaine dernière, c’était variable mais majoritairement fermé en raison de chutes de neige. Nous sommes assez optimistes car le soleil est globalement annoncé cette semaine avec une remontée des températures mais, qui sait ? En tous cas, ce matin, le téléphérique est fermé.
Pas trop grave pour nous car si nous avons prévu d’aller au Teide aujourd’hui, nous n’allons pas monter au sommet mais visiter la zone de La Cañadas del Teide, une zone de la caldeira située à 2.000 mètres d’altitude, pas très loin de la zone d’accès au téléphérique.
Le Parc national du Teide existe depuis 1954.
Le Teide est la 3ème structure volcanique la haute et la plus volumineuse du monde.
Son sommet atteint 3718 mètres, soit le plus haut sommet d’Espagne.
La Caldeira fait 17 kilomètres de diamètre. C’est un grand cratère dont le fond est une sorte de désert : Las Cañadas del Teide.
Le sommet émerge régulièrement d’une mer de nuages qui sépare le parc du reste de l’île : on traverse les nuages par la route pour monter en haut du parc.
Aujourd’hui, pas trop de nuages mais un sommet enneigé : il a beaucoup neigé ces derniers jours.
De la maison, il est possible d’y accéder soit par l’entrée principale de El Portillo, en passant par la Orotava, soit par la route de Santiago del Teide, les deux présentant un trajet d’environ 1h15.
Nous décidons de passer par La Orotava, la route étant réputée très belle, et permettant de s’arrêter au Centre des Visiteurs d’El Portillo pour avoir des infos. Nous passons donc rapidement par la Orotava et accédons à la route qui monte vers le Parc, traversant une belle forêt. Comme nous sommes partis assez tard, nous décidons de ne pas nous arrêter tout de suite aux miradors le long de la route, pensant pouvoir le faire au retour.
Après la traversée de la forêt, le paysage change et devient de plus en plus désertique et rouge (mais également par endroit jaune et vert : certains spots nous rappellent Artist’s palette dans la
Vallée de la Mort).
Nous ne faisons qu’un bref arrêt à El Portillo car il fait très froid : 8 degrés environ et le centre des visiteurs est glacial, pas le courage de regarder la petite expo. Un car vient de s’arrêter et il y a beaucoup de monde à l’accueil, nous fuyons.
Nous poursuivons au milieu de la caldeira, avec à notre droite le pic du Teide tout enneigé et nous finissons par arriver à proximité du Parador de La Cañadas où se trouve également un petit centre des visiteurs, un restaurant et quelques boutiques de souvenirs. C’est surtout le point de départ de la très populaire randonnée de Los Roques de Garcia et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du monde.
Le parking est blindé, les voitures sont garées partout en bord de route et de nombreux véhicules tournent en rond à la recherche d’une place. Mince, nous n’avions pas prévu une telle affluence et nous sommes un peu dépités. Nous tournons pendant un bon quart d’heure avant de voir un groupe de quad partir de leur emplacement ! On se précipite et ouf, c’est bon, nous sommes garés. Nous nous couvrons bien, prenons nos bâtons et malheureusement nous n’avons pas de casse-croute alors qu’il est déjà 11h45 et que la randonnée fait de 1h30 à 2h.
-1 pour l’organisation. Mais on a au moins de l’eau.
Il a beaucoup de monde au point de départ de la randonnée mais en réalité la grande majorité des visiteurs se contente de prendre des photos du haut du Belvédère de la Ruleta avant de repartir. Sur la randonnée, il n’y a pas grand-monde finalement.
Los Roques de Garcia est une randonnée qui tient son nom des grands monolithes de Basalte, situés dans la caldeira de Las Cañadas, à 2135 mètres d’altitude, à 4 km au sud du téléphérique.
Le début du parcours est assez simple, bien tracé, d’abord plat
puis en descente au milieu de restes de coulées de lave jusqu’à atteindre une plaine qui nous a fait penser à Badwater à
Death Valley (mais à plus de 2000 mètres d’altitude au lieu d’être sous le niveau de la mer. Pas de sel bien sûr, mais un paysage désertique assez spécial)
Arrivant dans la vallée, certains pique-niquent au soleil en T-shirts sur des pierres de lave. Les veinards… La faim commence à se manifester. Nous sommes étonnés de voir certains en hauts à bretelles. Certes, le soleil tape, mais il ne fait pas plus de 10-11 degrés. Les variations de températures sont importantes et on reste couverts par peur de prendre froid (ce qui ne m’empêchera pas d’avoir un début de mal de gorge en fin d’après-midi : clim dans l’
avion, shorts hier, 8 degrés ce matin… pas étonnant que nous soyons partis avec un valise pleine de vêtements variés).
Une fois en bas, il faut remonter. C’est assez rude. J’avais hésité à prendre les bâtons de randonnée dans la valise mais ils nous ont été bien utiles à Los Roques et on se dit que si on parvient à monter au téléphérique mercredi, ils serviront également. J’ai également mis en option une belle randonnée qui grimpe fort dans l’Anaga pour samedi…
On ne traîne pas trop dans la remontée, motivés par la faim, mais purée, c’est pas facile ! On sent l’hiver passé sans trop faire de sport…
Je précise qu’il existe plein de belles randonnées dans le parc, très accessibles et notamment le sentier de Samara, boucle de 2h30 à 3h00 sur la route ouest du parc.
Sur le site internet du parc, il est possible d’accéder au guide numérique avec le détail de toutes les randonnées.
Il est 13h15 quand nous parvenons au sommet. Nous avons donc mis 1h30, ce qui est assez rapide.
Bien essoufflés, nous nous dirigeons vers le centre d’accueil. Il y a une petite cafétéria avec des plats chauds, cela ira parfaitement.
Nous commandons des sortes de sandwiches chauds avec de la viande hachée et des frites et des fromages blancs aux céréales et fruits. Nous voilà requinqués.
Il est 14h environ. Gros coup de barre, et plutôt envie de faire la sieste mais si nous rentrons maintenant, nous n’aurons pas le courage de ressortir avant la tombée de la nuit.
Le roadbook n’avait pas défini de programme précis pour cet après-midi. Mon mari n’est pas trop motivé pour faire la route de Masca. Nous tenterons notre chance demain au retour de Los Gigantes.
Nous décidons de reprendre la route de Santiago del Teide et de nous rendre dans la petite ville de Garachico pour visiter le tout petit centre historique et le charco. C’est parti.
Du coup, pour repartir nous reprenons la route de Santiago… qui nous plait beaucoup plus que celle d’El Portillo.
Par cette route, nous pouvons observer le pico Viejo situé à côté du Teide et la route passe au milieu d’une ancienne coulée de lave de 1798 au niveau de Las Narices. La route est sympa, moins de virages, plus aride, mais très intéressante. On se dit qu’on reprendra celle-là pour venir au téléphérique mercredi.
Nous repassons à Santiago, moins animé que dimanche après-midi mais nous croisons beaucoup de randonneurs.
Nous nous garons très facilement à Garachico vers 16h30 et nous repérons l’emplacement pour demain car nous avons réservé un super restaurant pour la Saint-Valentin à Garachico.
Petite parenthèse historique
3ème ville coloniale de l’île, Garachico fut fondée en 1496 par Cristobal de Ponte, un banquier génois qui aidé les Rois Catholiques à financer la conquête de Ténérife et reçu en récompense des terres du roi d’Espagne en 1507. Garachico devint rapidement une des cités portuaires plus actives de Ténérife. On exportait alors sucre de canne, rhum, bananes, vins et fruits et légumes divers. Elle alimentait tous les bateaux en partance pour le Nouveau Monde qui faisaient une dernière escale avant la grande traversée.
Malheureusement, en 1706, l'éruption du volcan Trebejo fit disparaitre la totalité de la ville sous d'énormes coulées de lave, que l'on peut encore voir aujourd'hui sur le bord de mer. L'éruption n’a pas fait de victimes, la plupart des gens étaient aux champs, et la population restante ayant pu évacuer la ville. La ville a été totalement engloutie par la lave, exceptée une des portes de la ville, encore debout aujourd'hui, encastrée entre deux coulées de lave.
Puerto de la Cruz profita de la disparition de sa concurrente pour s'établir comme axe principal pour le commerce maritime.
La ville fut reconstruite sur l'emplacement même de l'ancienne.
Nous commençons notre visite par El Caletón : une piscine naturelle aménagée avec des promenades au milieu des coulées de lave de la ville. Il est possible de s’y baigner mais en cette période l’accès est totalement fermé.
Pour s’en approcher, il faut entrer boire un verre dans le bar/ restaurant voisin où nous nous laissons tenter par une rafraîchissante sangria, bien méritée après notre marche de ce matin. Quelques touristes ont bravé l’interdit et on enjambé les barrières pour aller faire des photos mais on se contentera de photos de loin.
Après ce petit apéro, nous nous rendons au bout de la rue au Castillon San Miguel, château du XVIème siècle détruit dans un incendie au XVIIème siècle et reconstruit au XVIIIème qui abrite un petit musée.
Nous entrons ensuite dans le vieux Garachico vers une petite place, où se trouve, dans un parc en contrebas, la Puerta de la Terra ( Porte de la Terre), vieille porte du XVIIème siècle, unique vestige de la ville détruite par l’éruption volcanique de 1706.
Un peu plus loin, la jolie place de la Libertad, entourée de palais du XVIIIème siècle, créée après l’éruption avec, en son centre, un petit kiosque, que nous retrouverons dans d’autres villes coloniales.
Dernier arrêt vers l’ancien couvent
San Francisco, fermé à notre venue qui abrite des petits musées.
Cette ville a un charme indéniable. C’est celle qui nous a le plus plu des villes coloniales, bien que le plus petite, et nous avons regretté de n’avoir pas l’occasion d’y revenir pour visiter les musées.
On recommande.
Il faut cependant rentrer car la journée a été bien remplie et comme c’est lundi, nous allons faire les courses au Lidl situé tout près de la Finca.
Demain, on oublie les volcans et les déserts, nous partons en mer.