J’ai longtemps hésité sur comment commencer cette journée.
Dois-je entrer tout de suite dans le vif du sujet, ou démarrer doucement, monter crescendo, laissant comme à mon habitude le suspense guider mes mots ?
Je préfère la seconde solution, en espérant que vous serez aussi surpris que nous l’avons été.
Drouiibl drouiiibl (bruit du rembobinage) .
Comme d’hab, nous nous réveillons de bonne heure ce matin, après une bonne nuit dans la campagne Californienne. A 7h00 pétante, notre logeur nous apporte le petit dej dans la chambre. Cuisiné par son épouse, il est délicieux et copieux, de plus le café est bon, ce qui ne gâche rien.
Puis, nous bouclons les valises, et commençons à charger la
voiture. Notre logeur nous rejoint pour le check out, et nous discutons de tout et de rien. Il entretient son Français, excellent par ailleurs. Il nous parle de son beau frère qui vit à Libourne (que le monde est petit), qu’ils viennent lui et son épouse régulièrement en France, patati, patata. Mais l’heure tourne, et nous devons prendre la route. Nous avons rendez-vous avec :
25 miles nous séparent de l’entrée du park, le soleil brille aujourd’hui, et le thermomètre affiche 21° à 8h00 du mat.
Vers 9h00, nous nous garons sur le parking du visitor center De King’s canyon. Très bien achalandé (mieux que celui côté Séquoia), nous le dévalisons en partie. Tee-shirt, souvenirs pour toute la famille, etc.
Place ensuite à la découverte d’un autre géant, j’ai nommé Le Général Grant.
Sur le parking, 2 bus scolaires sont garés, laissant présagé une visite encombrée. Mais alors que nous commençons la boucle qui mène au Général, ils déboulent du chemin, montent dans leur bus, et décampent. Enfin seul, ou presque. Quelques autres personnes sont là aussi, et comme elles commencent le trail par la droite, nous, nous commençons par la gauche.
Nous passons d’abord à côté du Fallen Monarch, puis à l’intérieur de ce vieux Séquoia tombé depuis au moins 2 siècles, et dont le tronc creusé permet de le traverser tout en long. Assez surprenant cette sensation d’être « à l’intérieur » d’un géant.
Concile de Séquoia.
Gamlin Cabin, notre arrêt suivant, puis nous arrivons aux pieds de Grant.
Arbre de Noël de la nation Américaine, je le trouve moins impressionnant que le Sherman, mais il en impose tout de même. Une partie de sa base a été victime d’incendie l’année dernière, mais pas de là à ébranler ce colosse.
Allez, c’est pas tout, j’ai prévu une rando tout en bas De King’s canyon, et une trentaine de miles nous en séparent. Nous reprenons donc la route, traversons les restes carbonisés d’une forêt, et entamons la longue descente vers Cedar Grove et plus loin Kanawayers.
Je ne sais pas combien de fois nous nous sommes arrêtés sur les bords de cette route, tant ce King’s canyon est magnifique.
La Kings River dévale en torrent furieux, et nous offre un beau spectacle.
A la hauteur des Grizzli Falls, nous retrouvons le bus scolaire avec tout les jeunes en train de casser la croûte, et nous décidons de nous y arrêter à notre retour.
Quelle est…
-hé Jean-Luc, tant en pas marre de nous bassiner, de nous tenir le bec dans l’eau. Elle arrive quand ta surprise, hein ?
Ok, Ok, vous êtes prêt ?
Pascale, par une intuition toute féminine prend l’appareil photos avec elle. On ne sais jamais si on croise d’autre cervidés ou peut être même un ours.. Ben tient, on va en voir un en train de se laver les crocs au bord du torre…
A ce moment là, la
voiture devant nous pile.
- » P

n, un ours, passe moi l’appareil photo »
Hé oui, un ours se promène nonchalamment sur le bord de la route côté gauche (en plus il respecte le sens de circulation).
Je vous dis pas le nombre de jurons (gentils) qui sortent de ma bouche.
L’ours, avisant la
voiture qui nous précède, bifurque vers elle, ayant sûrement sentit l’odeur des bonnes chips américaines qui s’en dégage. Ni une ni deux, prenant les roues à son capot, elle déguerpit, laissant Mr ou Madame ours ( je ne suis pas allé voir

) comme deux ronds de flanc.
-Hé ho, tu aurais pu m’attendre, impolis va !!
Puis il reprend sa route (toujours du bon côté), et se retrouve à notre hauteur, à quelques 2,50 mètres de nous.
Échaudé par sa première mésaventure, il ne vient pas vers nous, et fouraille le museau par terre, à la recherche de nourriture.
La petite vidéo de notre ami l'ours.
Combien de temps a durée la scène ? Quelques clichés, une petite vidéo (à suivre) d’une trentaine de seconde, et voilà.
Exceptionnel, merveilleux, je ne sais pas comment décrire nos émotions. Une rencontre totalement inattendue. Aujourd’hui encore, lorsque j’y pense, je suis obligé de me pincer pour le croire. Voir un ours, ok, mais d’aussi près…
C’est tout retourné que nous atteignons Cedar Grove, et après réflexion, nous annulons notre rando. Nous sommes sur leur territoire, et nous ne voulons pas prendre le risque d’en croiser un autre. Surtout que nous n’avons pas de répulsif, juste un canif et un magnum 45.
Alors, on se balade dans le
camping, on va au Kings Canyon Lodge, puis nous décidons de manger au bord du torrent sur une table de pique-nique.
Nous posons nos fesses, et un geai de Steller montre son bec. Il quémande quelques miettes, et se montre pressant, mais nous ne céderons pas.
1h00 plus tard, nous reprenons la route, et faisons un arrêt aux Grizzli Falls. Leur débit est important, et la douche d’embruns un peu fraîche, mais elles sont photogéniques, ainsi que le torrent de l’autre côté de la route.
C’est avec regret que nous sortons du park, il nous reste 90 miles à parcourir pour rejoindre Chowchilla et notre
hôtel, le
Days Inn by Wyndham. Nous y arrivons dans la soirée, et dînons au Steakhouse juste à côté.
Minéral x
Végétal x
Animal x
Et la petite vidéo de la journée.
A+