Jour 24 : 22/07/2018
Cette journée est une vraie route d’étape. On a 450 km à faire (5H20 selon Gougueule), une frontière à traverser et pas grand-chose à voir…
Quand j’ai préparé le roadbook, j’ai creusé, creusé pour trouver quelque chose à nous mettre sous la dents mais rien, nib, peau d’zob …
Enfin si… à Saint John : les reversing falls
Explication :
"À cet endroit, un phénomène rare se produit quand les marées de la baie — les plus fortes du monde avec plus seize mètres de marnage — changent la direction de l'écoulement du fleuve pour quelques kilomètres. Au plus fort de la marée, qu'elle soit montante ou descendante, la chute d'eau mesure alors 4,4 mètres1. Cette configuration fait de la cascade une chute d'eau côtière à marée descendante et un courant de marée à marée montante."
On se croirait dans un documentaire "Chasse Pêche et Traditions"
Bon OK c’est pas très clair.
Ce n’est pas un phénomène paranormal non plus
Ce n’est pas reversant (ah ah ) non plus.
Pour faire simple :
Quand la marée monte (donc la mer enfin ou l'océan

), l’eau s’engouffre dans l’ouverture du fleuve.
Le fleuve lui, comme chacun sait, s’écoule vers la mer.
Donc à ce moment-là, la force descendante rencontre la force montante donc ils font une bataille d’eau

. Du coup ça fout un bordel pas possible

et ça fait pleins de tourbillons et de mousse. Et en plus l’eau du fleuve remonte et c’est trop dégaine

.
Bon ça c’est la théorie et c’est une question de timing.
Comme on dit, avant l’heure, c’est pas l’heure, après l’heure c’est plus l’heure (vous pouvez opter aussi pour « Passé le saint passé la fête »

).
Bien évidemment, on n’est pas mais pas du tout sur le timing parfait

… et donc on voit un fleuve qui s’écoule dans la mer avec un pont au-dessus

. Mais ça dégourdit les jambes

.

Bien bien bien.
On en profite pour faire une halte à BK avant de bouffer du bitume.
On croise une JEEP accidenté après avoir percuté une biche…un carnage pour les 2 protagonistes…Triste
Début d’AM, nous sommes à Calais (normal c’est là où on doit passer la frontière entre des anciens français et des nouveaux anglo-saxons…

).
Je prends une photo de la frontière en loucedé limite couchée sous le siège

car y’a plein de panneaux avec écrit « Photos forbidden » (achtung ça rigole pas

).

On se gare pour passer au bureau de l’immigration. Le CHIP’s de service

me demande, avant de laisser la
voiture à la fouille corporelle, d’ouvrir mon sac à main pour voir si je n’ai pas de pistolet

…on est dans l’ambiance, sont pas cools.
On passe au bureau, 50 000 papiers à remplir et après interrogatoire.
Je flippe ma race

… à tel point que je me trompe dans la date de Béthanie

(qui s’en aperçoit et qui me le reprochera régulièrement sur les jours voire les mois à venir…la boulette, #mère indigne…

) , du coup peux pas raturer sinon c’est mort

. Donc re-attente au guichet, mine de cocker désepéré

pour demander un autre formulaire.
Enfin les papiers sont remplis, Poncherello

appelle miss monde pour l’interrogatoire… ah oui mais elle parle pas anglais et j’ai pas le droit de passer la ligne jaune, p

comment va-t-on s’en sortir ? Ah il s’aperçoit de son erreur et m’invite à rejoindre la prunelle d’un de mes 2 yeux

.
Bon on y passe tous.
L’homme me fait quand même le coup de « Où on va déjà ? Et après on passe par où ? »

ben voyons montre lui que tu ne sais même pas où tu vas et où tu dors (ensuqué que tu es

) comme ça tu peux être sûr qu’il va te le mettre le tampon

. T’es tchoutche où quoi, on va se faire pointer…
Bon non au bout de ¾ d’heure (oui quand même

), on reprend la route (longue et monotone comme les sanglots longs des violons de l'automne

).

Enfin, vers 17/18H on arrive au Belle Isle
motel (
motel chaudement recommandé par la famille du Nord qui aime les Denny’s

). C’est sympathique à souhait.
On repart direct faire un tour dans Bar Harbor.
C’est très Nouvelle Angleterre et avec ce brouillard, je reconnais les descriptions de Stéphane Roi (auteur bien connu de La Ligne Verte

)… ambiance angoissante au possible mais je suis sous le charme

.

En rentrant, on s’arrête à une pizzéria, on commande et on emporte pour manger dans la chambre.
Le soir, pendant que les enfants geekent un peu, on va au feu de camp du
motel avec notre bière (pour être raccord avec les bikers déjà installés sans quoi jamais on ne se balade avec de l’alcool

). On discute un peu de nos voyages, des pays… (bon je perds l’homme assez rapidement, qui tombe dans une douce torpeur

… non en fait il comprend pas tout de la conversation alors il lâche prise

).
Au dodo. Demain Acadia nous voilà !
