...Mais tous on s’en fout de la soirée.
On est là, et on a toute la vie...
Alors en
voiture Simone, direction :
Des 3 spots que sont CBN, CBS et
White Pocket, ce dernier est le préféré de Baylie. Elle ne sait pas expliquer pourquoi, peut-être sa couleurs et ses formes…
Bon, ça promet. Déjà que j’ai tombé les yeux à CBS, qu’est ce que ça va être à
White Pocket !!
Après 45 minutes d’une piste encore plus difficile, elle gare le 4x4 sur le parking.
D’autres véhicules sont présents, en plus grand nombre qu’à CBS. Un permis n’est pas encore obligatoire pour venir ici, juste besoin d’un véhicule adapté.
Les nuages, poussés par un vent de plus en plus fort, ont envahis le ciel, et nous obligent à mettre nos polaires.
Puis, nous nous engageons sur le petit chemin.
Ce n’est pas le même spectacle, pas les mêmes roches, ni les mêmes couleurs. Le blanc domine, obligeant, malgré une luminosité moindre, à porter des lunettes de soleil. A moins que ce ne soit le lieu, qui m’éblouit...
Mouai, encore un coin qui me laisse sur le cul.
Totalement différent, plus accessible aussi, on évolue sur des rochers à la dureté incomparable de ceux de CBS. Ils font penser à des morceaux de cerveau avec leurs formes particulières, et par endroit, des artères semblant transporter en flots tumultueux un liquide ocre.
On s’attend à les voir prendre vie ces rochers millénaires, comme autant de bulles remontant à la surface.
Mais non, et leur placidité se découpe en petits monts, en protubérances difformes, en chaos d’arabesques.
Je me suis éloigné du reste du groupe, naviguant en « neurone » libre sur cette étendue de « brain rock » fascinante. Et, je laisse mon imagination s’échapper, astronaute foulant une terre inconnue, prisonnier intemporel de mes divagations.
Je m’aventure dans cette sculpture de volute parfaite, où le vent, s’engouffrant en tourbillon, manque de me faire tomber.
Quelle puissance lui faut-il développer pour façonner inlassablement cette virgule de pierre.
De ce petit promontoire, j’aperçois la troupe en contrebas. Ils sont à côté d’une retenue d’eau, et après être redescendu sur terre, je les rejoins.
Ces retenues d’eau, parfois à même la roche, parfois comme ici ou là, bordée de verdure, étaient utilisées par les fermiers locaux pour abreuver leurs bêtes.
Aujourd’hui, elles ne sont là, et jusqu’à leur dernière goutte, que pour refléter le ciel.
De ce côté du cerveau, d’autre formations sont présentes, et offrent toujours leur aspect tourmenté, l’ocre virant au jaune, et vice versa.
Vue depuis le chemin d’accès.

Imagination débordante.
Rivière ocre.
De rien, naît la vie.
Queue de virgule.
Tourbillon venteux.
La bande des cinq.
Puis vient le temps de rebrousser chemin, et de rejoindre la
voiture.
Avec Baylie, nous discutons photos, intriguée qu’elle est par mon bridge. Plus loin, elle nous fait asseoir au pied de son spot préféré, et me dit de positionner mon appareil au ras de sol pour faire un cliché.
Spot de Baylie.
Sur le chemin du retour, la fatigue de la journée se faisant ressentir, les discussions se font rares. Ou peut-être, sommes nous encore dans nos bulles…
Nous avons rejoint la House Rock Road au niveau de Coral, et avons pris plein Nord, quand Baylie freine fort. Un serpent long comme un jour sans pain est sur la piste.
Pascale descend de la
voiture, et sort son 45 du sac à dos. La déflagration déchire le silence, et nous fait sursauter. Pauvre snake, plus de tête.
Snake sans tête.
Quand je vous disais qu’entre Pascale et les serpents ce n’était pas le grand amour…
Arrivé au parking de
Wire Pass, je scrute la piste et son état. Demain, si on gagne à la loterie de
The Wave, on passera par là Mardi matin.
Les récentes fortes pluies ont endommagé la piste, creusant de profondes ornières, et arrivé au wash de
Buckskin Gulch, celui ci est en eau…
Pas bon, mais alors vraiment pas bon…
Sur la route, la pluie faisant son apparition, je commence à me préparer mentalement au plan B pour les jours à venir.
La route du jour.
Et pour finir, la petite vidéo.
White Pocket.
Formidable n’es ce pas ?
Nous y avons passé 2 h30 en comptant le temps sur le petit chemin d’accès.
1 ou 2 heures de plus seraient les bienvenues pour approfondir la visite, mais y passer une journée entière ne me semble pas nécessaire.
Et puis le site n’est pas encore soumis à l’obtention d’un permis, et même s’il est vraiment difficile d’accès, il y avait un peu de monde, et je n’ai pas eu ce sentiment d’être seul comme à Cottonwood.
White Pocket reste néanmoins un site fabuleux.
A voir et à revoir.
Epilogue.
Cottonwood Cove/
White Pocket.
Alors que nous revenions à la
voiture, Baylie me demanda lequel des 2 sites entre Cottonwood et
White Pocket avait ma préférence.
Elle me retournait la question que je lui avait posée quelques heures auparavant.
Difficile de répondre et d’argumenter. Elle connaît très bien la région, ses moindres recoins, et je suis sûr qu’elle non plus ne sait pas fait un avis au premier coup d’œil.
Je lui réponds alors que les 2 sites visités aujourd’hui sont tout 2 remarquables, mais totalement différents et que j’ai besoin de digérer, de prendre un peu de recul par rapport à cette journée.
Et maintenant, après avoir passé du temps sur les photos, les vidéos, après avoir laissé mûrir mon ressentit, je dirai que ma préférence va au site de Cottonwood Cove.
Sa complexité, sa fragilité, ses formes, ses couleurs…
Mais à chacun son opinion.
Quoi qu’il en soit, ce sera avec plaisir que je retournerai voir les deux.
A+