Jour 6 – 14 septembre 2022
Réveil matinal aujourd’hui, avec en ligne de mire le prometteur Lago di Sorapis. Celui-ci était initialement programmé en fin de séjour, car je n’étais pas sûre de pouvoir y emmener ma chienne (et effectivement, elle n’aurait pas fait la rando et ça aurait été bien trop dangereux dans les passages étroits) et me laissais donc la possibilité de la laisser seule à l’appartement puisqu’elle aurait eu le temps d’y prendre ses marques. Finalement, Asha étant bien sagement à la maison chez sa tata, et la météo n’étant prévue ensoleillée que jusqu’à ce jour 13h, je décide de chambouler encore une fois le programme.
J’ai un peu moins d’une heure de route jusqu’au parking. Je passe devant le Lago Misurina avec le jour qui se lève à peine, pas de vent, le reflet de l’
hôtel sur le lac, avec les tons matinaux, est sublime… J’ai été un peu bête de ne pas m’arrêter pour prendre une photo ; vous devrez donc me croire sur parole.
J’arrive au parking en bordure de route vers 7h30. Quelques voitures sont déjà présentes, mais je trouve facilement une place pour me garer. Je démarre la randonnée avec une météo très mitigée, mais au moins, il ne pleut pas.
La première partie de la randonnée est assez facile, en pente douce à travers la forêt. Des chevaux sont présents.
Je suis quasiment seule, c’est appréciable. Il ne fait pas très chaud, le gros sweatshirt et le k-way ne sont pas de trop. Heureusement, la randonnée ça réchauffe.
J’arrive à un premier passage un peu technique, c’est un lit de rivière/chute de mini-cascade avec des éboulis. Rien de trop dangereux, il faut juste repérer le chemin qu’on souhaite emprunter pour ne pas se mouiller les pieds et ne pas glisser sur les roches. Je prends un petit contournement, ce qui fait que lorsque j’arrive de l’autre côté, le sentier principal n’est pas très clair. J’y vais au feeling et retrouve mon chemin au bout de quelques mètres.
Le sentier continue à travers la forêt, un couple me rattrape progressivement. La brume aussi, l’atmosphère est de plus en plus humide et je crains qu’il ne pleuve avant ce début d’après-midi. Pour l’instant, pas question de faire demi-tour, j’attends au moins de voir à quoi ressemble la partie technique de la randonnée afin de prendre une décision.
Les arbres se font un peu plus rares, et j’arrive sur le secteur rocheux. Le couple qui était derrière moi me dépasse, on se salue rapidement au passage. Finalement, on a presque le même rythme et lorsque la partie un peu plus technique arrive, je les rattrape dans les zones de ralentissement. On commence à parler un peu (en anglais), la jeune-femme me demande en rigolant de la rattraper si elle tombe. Je lui réponds que je ne lui promets pas d’y arriver, mais qu’on tombera probablement ensemble si jamais ça venait à arriver. Si l’ascension n’est pas si dangereuse en elle-même (le sentier n'est pas trop étroit, et les passages les plus risqués sont sécurisés avec des chaînes pour se tenir), le fait que la brume ait totalement mouillé les roches rend l’avancée plus difficile, car il faut bien veiller à prendre de bons appuis.
Le brouillard est bien installé, tant et si bien qu’il n’y a pas trop de risque de vertige. On ne voit tout simplement pas en contre-bas ! Lorsque le couple prend un peu d’avance, je les perds de vue en quelques mètres à peine. On croise un second couple, qui va nous laisser passer craignant de nous ralentir. Sympa à eux.
La partie la plus dangereuse à mes yeux sera un passage rocheux d’où s’écoule des filets d’eau, avec le sentier en pente et pas de chaîne pour s’assurer. Je n’ai pas fait trop la fière. Pour le reste, dans le sens de la montée, je trouve que c’est plutôt ok, car même en glissant, on trouve facilement des prises. Je crains un peu plus la descente, mais ce sera une question pour plus tard, lorsqu’il n’y aura plus le choix.
Nous finissons par arriver au lac. Celui-ci est très beau, même si l’absence de soleil ne permet pas d’en apprécier toute la couleur. La brume donne quand même une ambiance particulière très sympathique.
Le mouvement des nuages étant assez rapide, on reste plusieurs minutes en haut en attendant une possible éclaircie. Pas vraiment de chance, tant pis. Avec l’humidité et le vent, je commence à avoir froid et ne souhaite pas réitérer l’expérience de Seceda il y a quelques jours.
Une mini apparition du soleil pendant quelques secondes :
J’échange encore quelques mots avec le couple – j’apprends qu’ils viennent des US (décidément, ce sont souvent les Américains qui sont les plus avenants). On échange nos adresses mails. Je leur dis que je vais reprendre le départ, voulant descendre avant l’arrivée de la pluie. Eux veulent monter au refuge juste à côté. On se dit donc au revoir – s’ils ne me rattrapent pas dans la descente que je vais sans doute faire à la vitesse de l’escargot.
Je marche précautionneusement sur les roches mouillées, faisant quelques passages sur les fesses et n’hésitant pas à me servir de mes mains pour me tenir. Le reflex est rangé dans le sac à dos pour ne pas prendre de risques. Finalement, ce n’est pas aussi terrible qu’anticipé et la principale difficulté de ralentissement proviendra du nombre de gens que je croise dans le sens de la montée. On ne peut pas se croiser partout, et par endroits ça bouchonne franchement. Je croiserai quelques personnes avec des chiens, honnêtement, je trouve le sentier un peu dangereux quand même surtout en sachant qu’il faut pouvoir se croiser. Un monsieur portera carrément son chien sur certains passages, car celui-ci avait trop peur. Je ne sais pas s’il aura réussi à aller au bout de la rando, car le chien devait bien peser 20-25kg et je ne sais pas comment il aurait pu le porter à certains endroits.
Alors que j’en suis à plus de la moitié de la descente, le ciel commence à se dégager… Les prévisions météorologiques étaient totalement inversées par rapport à la réalité. S’il y avait eu moins de monde, j’aurais peut-être envisagé de remonter, mais pour le coup, je n’en ai aucune envie.
Alors que je regagne la partie boisée la plus aisée de la première moitié de la randonnée, je croise plusieurs personnes qui me demanderont si c’est encore loin et/ou difficile. Certains seront franchement découragés lorsque je leur dirai qu’ils n’en sont pas encore à la moitié, et qu’après ça grimpe plus que ça. J’espère qu’ils seront quand même parvenus au but !
Je repère un ancien bunker que je n’avais pas vu à l’aller (qui aujourd’hui, vu le nombre de mouchoirs au sol, doit être le coin ‘’pause pipi’’ que j’honorerai d’ailleurs).
J’arrive au parking à 11h45. Il est cette fois-ci blindé (il faut dire qu’il est assez petit) et pas mal de voitures ralentissent à la recherche d’une place. Je ferai un ou une heureuse en partant.
Je suis assez fatiguée, je décide donc de reprendre – déjà – la route de retour au AirBnb.
Dans l’après-midi, je me motive à ressortir un peu dans la ville voisine de Brunico, afin de manger quelques boules de glace (quand même !). Elles sont très bonnes et franchement pas chères par rapport à chez nous (de mémoire, 4€50 pour 4 boules). Je fais un petit tour dans le centre-ville. Celui-ci est assez mignon, je pense qu’il aurait pu être sympa d’y manger un soir, mais je n’ai pas trop la motivation de refaire une sortie restau toute seule. Je profite d’être sur place pour faire quelques courses pour les derniers repas, comme ça, je ne serai pas embêtée plus tard.
En fin d’après-midi, je regagne définitivement mon Airbnb et terminerai la soirée avec le désormais traditionnel apéro-lecture-dodo.
Je croise les doigts pour la météo du lendemain.