Jour 35 – Lundi 20 mai 2019
Au réveil ce matin, disons que la météo… n’est pas au beau fixe

. Plutôt carrément l’inverse même. Il pleut, il y a du brouillard et pas une once de ciel dégagé à l’horizon. Difficile avec une météo pareille de se motiver pour aller randonner, d’autant plus avec tous les accès limités du parc. Encore une fois, je remercie Patty pour son accueil et lui dis que je suis bien contente de pouvoir dormir au chaud et au sec ! Elle me propose d’évaluer la météo cet après-midi pour faire une petite promenade dans les alentours. En attendant, je traînasse un peu dans la maison, puis me décide tout de même à sortir. Je débute par les boutiques souvenirs dans le coin de
Zion. Je n’y achèterai rien, mais y flâner fait passer une partie de la matinée.
En fin de matinée, je décide d’aller emprunter la Kolob Terrace Road, que je reprendrai normalement dans quelques jours si j’obtiens le permis pour faire la fameuse randonnée du Subway

. Au passage, je m’arrête également sur le parking de Fort
Zion, un magasin de souvenir / mini ferme / site photo un peu décoré. J’y vivrai une des plus grosses frayeurs du séjour : alors que je ferme la
voiture, j’ai un moment de doute et me demande où sont les clés. La
voiture est bien fermée, mais l’ai-je moi-même fermée ou s’est-elle verrouillée automatiquement ? Je cherche dans mon sac, dans mes poches, rien… Je vide mon sac sur le parking, je regarde dans la
voiture pour essayer de les apercevoir et toujours rien. Je commence à paniquer, quelle poisse ! Je me vois déjà devoir téléphoner pour qu’on vienne m’aider pour quelque chose de si stupide. Je vérifie une dernière fois dans mon sac, toujours rien, elles n’ont bien sûr pas réapparu miraculeusement. Enfin… ce jusqu’à ce que je me rende compte… qu’elles sont… déjà dans ma main.

J’en rigole maintenant, mais sur le coup, j’en ai tremblé de soulagement pendant plusieurs minutes ! Quel ascenseur émotionnel !

Du coup, je ne ferai qu’un tour très rapide du magasin, avant de prendre la route, qui doit être magnifique sous une meilleure météo. Le secteur regorge d’ailleurs de randonnées, moins connues que celle du Subway (dont l’accès est accessible, ouf), mais vu la météo du jour, je ne ferai que des arrêts photos rapides.
Quelques miles après le point de départ de la randonnée du Subway, les paysages changent du tout au tout, puisque la pluie se transforme en… de gros flocons de neige ! La vue est de plus en plus bouchée, mais au moins je pourrai dire que j’ai vu
Zion sous la neige. Fin mai.
Zion on ice
Je pousse encore un peu plus loin, mais bientôt la route n’est plus du tout dégagée, il n’y a que des traces d’autres voitures qui sont passées avant moi. J’ai peur de rester bloquée, car la
voiture n’est pas équipée pour ce type de météo, et que la neige tassée glisse énormément, dans des ornières d’une dizaine de centimètres.
Avant la galère
Je décide de faire demi-tour tant que je le peux encore et de battre en retraite vers la maison de Patty. De toute façon, il n’y a pas grand-chose à faire en intérieur dans le secteur.
Je profite de cette mauvaise météo pour lire, câliner le chien et donner quelques nouvelles en France. En fin d’après-midi, on croit à une accalmie avec Patty et nous décidons d’aller faire une petite promenade dans le coin. On embarque les chiens et elle m’emmène faire une boucle pas loin de chez elle, avec une petite montée prometteuse d’une jolie vue.
Voici Logan (non, pas la voiture, le chien !)
Et... l'autre chien (oui, j'ai oublié son prénom
)
Je rigole, c'est Roxy (ou Roxie, j'ai oublié l'orthographe par contre)
Arrivées en haut, elle est un peu déçue, car les nuages ne rendent pas honneur au panorama. En effet, elle m’indique que les roches que nous avons en face de nous ont habituellement une couleur rouge brûlante qui se réverbère sous les rayons du soleil et elle trouve qu’avec la grisaille la vue reste assez fade. Elle n’est certes pas des plus spectaculaires, mais je la trouve bien dure quand même. En tout cas, je suis réjouie de ce petit tour. Quel bonheur ce doit être d’habiter juste à côté d’un environnement pareil !
La vue ''pas top''
Elle me propose d’écourter cette promenade et de se dépêcher d’aller essayer de trouver notre prochain point d’exploration gardé assez secret avant le retour de la pluie. J’accepte avec plaisir ! Pour cela, nous empruntons la Kolob Terrace road que j’ai prise ce matin, mais nous nous arrêtons rapidement sur le bas-côté. Patty s’est déjà rendue sur les lieux à deux reprises, mais n’est plus tout à fait certaine du chemin, on se lance à la recherche du trésor du jour. J’aime ce côté d’exploration brute, accompagnée d’une locale, à la recherche d’endroits encore préservés. Nous traversons la végétation jusqu’à atteindre une clôture barbelée au travers de laquelle nous passons tant bien que mal (et en aidant les chiens à faire de même, sans qu’ils ne se blessent). Pour le petit, pas de souci, il suffit de le porter par-dessus ou de le faire passer entre deux traits de barbelés. Heureusement, le plus grand est assez agile, et c’est bien Patty et moi-même qui galérons le plus. Nous nous approchons ensuite du bloc rocheux qu’on commence à longer. Patty essaye de se souvenir de l’accès alors que la pluie reprend. On essaye de se faufiler dans des saillies rocheuses, sans succès au départ. Au troisième coup, c’est la bonne ! Après quelques pas dans un petit passage étroit, celui-ci s’ouvre pour dévoiler une magnifique cave rocheuse. Elle m’explique que celle-ci est nommée ‘’Birthing cave’’ et que d’après les histoires locales, c’était un lieu sacré des tribus natives où les femmes venaient mettre leurs enfants au monde. Elle m’explique qu’il y en a plusieurs dans le coin, dont une qui a quelques pétroglyphes et qui est un peu plus impressionnante. J’essaye d’escalader un peu la roche, mais ce n’est pas une mince affaire, car celle-ci est très lisse. Je ne risquerai pas de me casser quelque chose et ne tenterai pas de monter jusque dans la petite alcôve, même si celle-ci me fait de l’œil. Elle me dit qu’assez peu de personnes ne sont au courant de l’existence de ces grottes, et que cela reste jusqu’à ce jour un secret assez bien gardé par les locaux qui connaissent leur localisation. Je suis donc très honorée qu’elle m’y ait emmenée. D’ailleurs, il est vrai que je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations sur celles-ci sur le net.
Par respect pour son partage, j’ai décidé de ne pas indiquer la localisation plus spécifique de la grotte.
Lorsque nous en ressortons quelques minutes plus tard, une rigole commence à se former dans le sable tant la pluie a redoublé de force. En quelques secondes, nous sommes trempées. Elle me demande si c’est ok pour moi de retourner à la
voiture sans essayer de trouver les autres grottes, dont elle se souvient moins bien de la localisation. J’acquiesce, je suis déjà très reconnaissante de ce qu’elle m’a fait découvrir. On cavale un peu sur le retour, même si entre l’eau qui tombe et celle accumulée sur les herbes aussi hautes que mon bassin nous sommes déjà complètement mouillées.
Encore une fois, je retrouve les sad-iments
Nous regagnons la
voiture, heureuses de pouvoir nous installer au sec. Elle met le chauffage à fond, le petit chien vient se coucher sur mes genoux pour essayer de se réchauffer. Désolée petit loup, mais moi aussi, je suis mouillée

.
Sur le chemin du retour, elle me demande si j’ai déjà pensé à venir vivre aux USA, ce qui démarre une sympathique discussion sur les différences entre les USA et la France. Elle me dit qu’elle est très contente d’habiter dans ce coin-là maintenant, et d’avoir son petit cercle d’amis avec qui elle fait régulièrement des sorties (pickelball, randonnée, canyoning, etc.). Je lui dis que je suis impressionnée par sa forme physique (il faut quand même noter qu’elle a quasiment 70 ans et qu’il y a quelques jours, je l’ai rencontrée sur la randonnée des White Domes qui est quand même assez longue et technique).
De retour chez elle, nous vaquons chacune à nos occupations et nous ne nous reverrons quasiment plus de la soirée. Je continue la magnifique série ‘’Our planet’’ sur Netflix avant de m’endormir, en espérant avoir une météo plus clémente le lendemain.
Je vous laisse sur la tant attendue vue depuis la terrasse de Patty. Pas ouf, comme vous pouvez le constater.
