
Laurence.
Très intéressante ta journée sur
Devils Tower.
Me faut-il être harnaché de la sorte ?
Baudrier, mousquetons, cordes, piolet,
Qu’il est léger ce barda que je porte,
Pour commencer cette ascension, enfin m’élever.
A ces questions qui arrivent par cohorte,
Puis-je pour l’instant une réponse apporté ?
Serais-je capable d’absorber ces sensations fortes ?
Suis-je de ceux que rien n’effraie ?
Résisterais-je à la fatigue au bout de l’effort ?
Sinon à moi-même, qu’ai-je à prouver ?
Au pied de ce mur, colosse de pierre,
Une fois en haut, serais-je plus fier ?
Comme pour tout, le premier pas est le plus dur,
Livré à toi-même, juste un filin qui t’assure,
Du bout des doigts, jusqu’à la pointe des pieds,
Ne compter que sur ton corps pour te hisser,
Faire abstraction de la verticalité, du vide,
Lié ta confiance à celui qui te retient, te guide,
La chute ? Quand elle survient, toujours abrupte,
Elle amène ton esprit à la rupture, sensation brute,
Ne pas y penser, ne faire que grimper,
Piton après piton, sécuriser et avancer.
Et lorsque au bout, à ce sommet atteint,
Je me pencherai, mesurant le chemin,
De cet effort remis, qu’aurais-je retenu, appris,
Que l’homme sur l’animal à l’avantage de l’instinct de survie,
A t’-il servi à me faire prendre conscience,
Que sans surpassement, entraide et confiance,
Rien ne bouge, personne n’avance.
Elle rend aussi certain besoin bien futile,
L’escalade, cette école de l’utile.
J'ai bien aimé aussi celle de Deadwood.
Me revoilà au fond de mon trou,
Pour une nouvelle journée de labeur,
Avec un pic, une lampe de faible lueur,
Bravant cette invisible et inévitable peur,
Celle qui te fait frissonner, malgré la chaleur,
Je sais que ce soir je finirais sur les genoux.
Pendant que d’autre s’élèvent, moi je m’enterre,
Je n’ai trouvé que ce moyen pour que ma vie prospère,
Elle n’est liée qu’à de petits cailloux, de la poussière,
Alors pour survivre, du matin au soir,
J’use ma vie, cloitré dans le noir,
Arrachant la terre pour cet indicible espoir,
Celui de n’en trouver qu’une, même petite,
Au bout du tunnel, enfin une pépite,
Pour cela, je donnerai ma vie, je donne mon corps,
Je ne suis que chercheur d’or.
Voilà retard rattrapé.
A+
Jean-luc