lundi 7 août : Lakagígar
Nous nous réveillons naturellement tôt ; après un bon petit déjeuner et un peu de rangement, nous sommes en route dès 8h sur la F206 vers les Lakagígar.
Un petit point historique s’impose : le Laki se trouve au centre d’une chaîne de 130 volcans, dont l’éruption s’est déroulée de juin 1783 à février 1784, le long d’une fissure de 25 km de long. Les quantités de lave et de gaz émis furent astronomiques et le nuage volcanique s’est étendu sur toute l’Europe, provoquant un refroidissement dans tout l’hémisphère nord.
En Islande, le bétail fût décimé et la famine qui s’ensuivit provoqua la disparition de 20% de la population

. L’impact météorologique se traduisit dans le reste de l’Europe et notamment en France, par plusieurs hivers très rigoureux, qui provoquèrent pauvreté et famines, ce qui contribua… à la révolution française.
C’est donc évidemment au cœur de cette gigantesque coulée de lave, la plus grande de la planète (565 km²), actuellement couverte de mousses vertes, que nous progressons ce matin.
Nous arrivons au pied du Laki, que l’on peut gravir. Le temps n’est toujours pas au beau, mais c’est mieux qu’il y a une heure et nous commençons l’ascension. Il est tôt, la cabane des rangers n'est pas encore ouverte et seule une famille gravit le volcan un peu devant nous.
Au sommet, la vue est fantastique sur l’alignement de cratères, avec au loin, le glacier du Vatnajökull ensoleillé.
Tout est couvert de mousses vert fluo : c’est surréaliste.
En redescendant, une "rangerette" est arrivée et vient nous accueillir pour nous expliquer ce qu’il y a à voir dans les environs… et aussi pour nous demander de bien respecter la végétation si fragile.
Suivant ses conseils, nous descendons dans un petit cratère, au creux de la coulée de lave : sympa.
Après cette visite assez complète, les bus 4X4 d'excursion arrivent... alors que nous quittons le site en empruntant la piste F207 qui permet de faire une boucle autour d’une partie de la chaîne de cratères.
Toujours suite aux conseils de la rangerette, nous nous arrêtons au Tjanagigur, un autre cratère qu’elle nous a vivement conseillé d’explorer.
Une petite marche nous conduit vers le cratère, qui n’est pas très haut… mais abrite un superbe petit lac vert émeraude où se reflètent ses parois. Superbe.

Nous restons là longtemps, à le contempler, d'autant que nous sommes seuls.
Le chemin continue vers ce qui fût un cratère plus grand, jusqu’à une source où il faut faire demi-tour (un aménagement est en cours pour pouvoir traverser et continuer sans marcher n’importe où et tout abîmer).
Gros plan sur l’aspect de la lave : c'est très curieux
Nous reprenons la piste en voiture pour traverser désormais des champs de cendre noire où de minuscules fleurs tentent de pousser et où le contraste franc avec les mousses vertes est saisissant :
Après un lac, magnifique, et quelques "beaux" gués, nous pique-niquons près d’une rivière, puis la piste rejoint celle par où nous sommes montés.
Nous rejoignons Klaustur pour un nouveau petit ravitaillement (le réservoir n’est jamais vide, bien sûr, mais par sécurité, nous refaisons le plein chaque fois que nous le pouvons avant de nous ré-engager sur des pistes).
En milieu d’après-midi nous nous engageons sur la F208 sud en direction du nord.
Des terres sont cultivées entre les formations de lave…
Il y a pas mal de monde, puisque c’est l’accès sud au Landmannalaugar. Mais nous n’irons pas jusque là ce soir : nous nous arrêtons pour visiter la faille éruptive d’Eldgjá… enfin, une petite partie puisque celle-ci fait 40 km de long.
Un sentier débute auprès d’un joli lac et se poursuit le long de la faille sur 2 km jusqu’à une jolie cascade. Deux bus d’excursions 4X4 attendent leurs passagers… Mais il est environ 16-17h, donc l’excursion se termine et nous les croisons sur le sentier.
Il y a enfin du soleil et nous arrivons quasi seuls à la cascade Ófærufoss.
On peut grimer un peu le long de la cascade pour une jolie vue un peu en hauteur sur la faille :
Au retour, nous profitons d’un morceau d'arc en ciel… avant que la pluie nous rattrape… hélas…
Nous aurions bien dormi là : parking isolé, calme au bord du lac, avec des toilettes. Mais nous sommes dans le Parc National et l’interdiction de bivouaquer sous quelque forme que ce soit est clairement indiquée. Nous rebroussons donc chemin et trouvons un petit parking tranquille le long de la piste juste avant l’entrée dans le Parc National.
La pluie s’est arrêtée, le ciel s’est dégagé et nous assistons à un superbe lever de pleine lune sur le coup de 23h, avant d’aller dormir.
Bilan de la journée : Encore une journée marquée par des paysages grandioses

… en vert et noir ! La terre est déchiquetée et voilà ce qu’il reste de cette région plus de 2 siècles après la gigantesque éruption des Lakagígar… Au delà de la beauté des lieux, on se sent tout petits… et humbles face à la puissance de la nature.