
JOUR 9
LES LAURENTIDES
Il pleut ce matin, comme prévu…
On descend se remplir le ventre au petit dej délicieux de l’hôtel et après avoir bouclé notre valise, on attend dans le hall que notre chauffeur vienne nous récupérer.
Nous allons passer deux jours dans les Laurentides à Saint Hippolyte exactement, au bord du lac Morency.
Il était plus facile et moins onéreux de se faire transporter que de louer une voiture. De plus, ne connaissant pas l’état des routes, j’ai préféré cette solution.
Après plusieurs recherches sur internet mon choix s’est arrêté sur « Authentik Canada » pour l’organisation de ces deux jours. Ils ont dans leur catalogue plusieurs formules, allant de la simple journée de découverte, au raid d’une semaine soit en motoneige soit en chiens de traîneau.
Contact très sympathique avec Émilie qui nous organise ces deux jours aux petits oignons.
« Authentik Canada » n’est qu’une agence de voyage et j’avoue que j’avais une petite appréhension quant à l’organisation des activités et de la nuitée, mais tout c’est vraiment bien déroulé et je les en remercie.
« Aventures plein air », le « sous traitant », s’est occupé de nos activités. Ils sont basés au bord du lac Morency, attenant à l’auberge du lac Morency où nous allons dîner le soir et dormir.
C’est le gérant d’Aventures plein air qui m’a téléphoné la veille au soir pour savoir si on pouvait intervertir les activités à cause de la pluie qui tombe ce matin. Lui et ses employés se sont mis en quatre pour que nous passions un agréable séjour. Un merci très chaleureux.
Un petit mot sur l’Auberge du lac Morency.
Située au bord du lac, elle offre beaucoup d’activités et services. Accueil chaleureux, chambres disséminées dans divers bâtiments, très propres et bien équipées, et surtout un restaurant 4 étoiles à tomber par terre. Le prix du dîner au restaurant étant compris dans le séjour, nous nous sommes régalés.
Donc, nous attendons notre chauffeur, qui pour 8h30 se gare sous le porche du Sofitel.
Nous embarquons dans le van où 3 autres personnes vont elles aussi passer la journée à faire de la motoneige.
Après 1h30 de route, le van se gare devant l’auberge. Il pleut, et le chauffeur nous dit d’aller boire un café à l’auberge et d’attendre un peu que la pluie cesse. Il est prévu qu’elle s’arrête de tomber vers 10h30, nous avons donc 1h00 à tuer.
La météo étant précise, pour 10h30 nous sommes au bureau d’APA, et signons les décharges nécessaires à la conduite des motoneiges. Une empreinte de la carte de crédit au cas ou, et nous allons percevoir les habits grand froid fournis pour la rando. Ils fournissent aussi les cagoules que l’on porte sous le casque (propres bien entendu).
Quand on sort tout équipé, on ressemble à des bibendums, mais même s’il ne gèle pas, il ne fait pas chaud pour autant, et avec la vitesse des engins, ces combinaisons sont nécessaires.
Fred, le guide motoneige pour la journée, nous montre le fonctionnement et les positions à avoir dans les virages, et c’est parti pour un tour de prise en main. « E » conduit avec « A » derrière la première motoneige, alors que Pascale restera derrière moi sur la seconde.
On tourne et on vire sur des chemins d’initiation, et on s’engage sur les pistes réservées aux motoneigistes. Fred devant, « E » et « A » au milieu, et nous en dernier.
Pas trop vite ces premiers kilomètres, 30à 40 km/h maxi.
Puis on arrive au bord d’un lac gelé. Nous arrêtons nos machines et Fred nous explique que nous devons traverser le lac pour rejoindre l’endroit où nous devons manger à midi situé 40 kilomètres plus loin.
Heu … What ? Traverser le lac !!!...40Bornes !!! Et en plus, il est déjà pratiquement midi…
Il comprend très bien nos réticences à traverser le lac avec l’accident qui s’est produit et les morts début Février. Il peut nous proposer un autre itinéraire, mais nous resteront sur le secteur et auront vite fait le tour des pistes.
De plus de la « slush » (neige pleine d’eau) stagne sur le lac, et pour ne pas rester planté, il faut mettre plein gaz.
Moi, je suis partant pour traverser, mais je laisse les filles décider. Fred va faire un tour sur le lac, pour tester et revient nous dire qu’il n’y a pas de problèmes.
Bon alors les filles qu’est ce qu’on fait ?
Ben, on y va…
Le lac.

Petit clin d’œil à Phénix.

Bon, on va pas se mentir, c’était super. L’accélérateur à bloc, on file à 80/90km/h sur la glace, dispersant la « slush » de chaque côté de la chenille.
Après la traversée on fait plusieurs arrêts pour admirer les paysages enneigés des Laurentides, on traverse des forêts, des champs de neige et nous arrivons vers 15h30 au relais des motoneigistes pour manger.

Les filles prennent un burger, et moi une espèce de ragoût. Le genre de truc qui te cale l’estomac pendant trois semaines.
1H00 plus tard on prend le chemin du retour.
Avant le départ. La famille bibendum et les motoneiges.

On finit par rejoindre de nouveau le lac que nous devons une nouvelle fois traverser.
Fred nous dit que cela va être plus difficile que le matin, à cause du fort vent latéral qui souffle et de la « slush » plus présente en cette fin d’après midi.
Vue du lac de l’autre côté.

De nouveau, poignée dans le coin, et nous traversons le lac, non sans quelques frayeurs.
Arrivés de l’autre côté, Fred nous félicite. En effet, beaucoup de clients restent plantés au milieu du lac, et il faut faire intervenir toute une logistique pour les sortir de là.
Nous finissons par rentrer à la lumière des engins. Il est 18h30 environ ;
Je vais faire le check in à l‘auberge et Fred nous emmène avec le van à notre chambre.
Alors que nous prenons une douche, « E » reçoit un coup de fil de son boss. Elle sort pour prendre la communication et rentre quelques minutes plus tard les yeux rougis. Les nouvelles ne sont pas bonne. La crise du covid commence à toucher tous les hôtels de Montréal, entraînant des annulations de réservation en cascade. Le taux de remplissage n’est plus que de 14 % et une grande partie du personnel de l’hôtel a été mise à pied. Ne reste ouvert pour l’instant que le bar et le restaurant pour le petit dej des clients. Son boss lui demande de venir bosser le Dimanche, après…
Les choses commencent à bouger au Canada, et après les hésitations du gouvernement, les décisions radicales ne vont pas tarder à tomber.
Mais pour l’instant, nous sommes réunis tout les quatre et allons profiter de la soirée.
Pour 20h00, nous allons au restaurant où nous nous régalons. 2H00 après, nous en sortons et direction la chambre pour dodo.

Fiction

Personne. Presque aucun véhicule. Les rues de Toronto sont vides. Même pour l’accès à l’aéroport nous n’avons pas été contrôlés. Sean a allumé la radio et on a compris. Une radio d’info américaine expliquait comment l’Europe essayait de faire face à l’épidémie qui en seulement 2 jours avait déferlée. Tout le monde vivait cloîtré, tout les magasins étaient dévalisés, l’armée tenait les plus grandes villes et avait ordre de faire feu sur quiconque ne respectait pas le cloisonnement. Les autorités complètement dépassées reprenait peu à peu le contrôle, mais butaient sur le manque d’information concernant ce nouveau virus dévastateur. D’où venait-il ? Comment se transmettait il ? Comment le combattre ? Toutes ces questions restaient sans réponse. Tous les laboratoires travaillaient d’arrache-pied pour trouver un remède. Un premier cas était apparu au Québec, près de Montréal. Un autre à New-York, un homme qui revenait de Russie était devenu fou après son passage à la douane et avait été abattu. La psychose avait envahi l’Amérique du Nord, entraînant avec elle la peur de tout et de tous.
Janet se tourne vers moi.
-Pourquoi on part sans l’antidote ?
-Parce qu’il n’est pas tout a fait prêt et nous ne pouvons pas rester ici.
-Je ne comprends pas, pourquoi on ne peut pas rester ? C’est parce que tu as tué 2 hommes ?
-Non, répondit Sean, c’est parce que Miller veut son sang.
Elle a comprit de suite .
-Et quand Miller aura trouvé le sérum il…
-Oui Janet, moi le premier et vous ensuite.
-Mais le virus est déjà là, il faut faire quelque chose. Nous sommes les seuls à savoir.
-Nous ne sommes pas les seuls à savoir. Les russes savent et mon vieux pote « l’organisation » sait. On revient dans 2 jours, mais avant, on fait le ménage.
Le Piper vole plein gaz au dessus du lac Ontario. Dans le cockpit, plus personne ne parle. Qu’allons nous trouver en arrivant ? A l’arrière Sean prépare de quoi se défendre. Fusil d’assaut, armes de poing, couteaux. Il demande à Janet de le rejoindre.
-Tu sais te servir d’une arme ?
-Non… Je ne sais pas.
-Et d’un pistolet. Ce n’est pas compliqué…
-Non plus… Je sais qu’il faut appuyer sur la détente, mais je ne sais pas comment on met des balles.
-Les balles elles y sont dedans. Tu n’as qu’à armer la culasse… Comme ça, tu vois.
-J’ai compris Sean, mais...
-Alors, tu resteras avec moi quand on sera à Montréal. Le danger peut venir de n’importe où.
-Venez vous asseoir dans vos sièges, on arrive, dis-je.
Je fais un tour au dessus de l’ancienne piste militaire avant de poser le Piper. Un autre avion est là en bout de piste tout près du hangar.
-Sean, un comité de réception nous attend en bas. Je pense que tu as choisi ton camp, mais…
-J’ai choisi, tu le sais bien…
J’aligne l’avion en bout de piste, les roues du Piper touche le tarmac et je roule le plus loin possible pour me rapprocher du F150. Il est caché sous les arbres à environ 100 mètres de l’appareil, mais je ne le vois pas. Il va falloir être prudent, très prudent.
Je coupe les moteurs.
-Janet, prends la boite en plastique avec l’éprouvette d’antidote et mets là dans le sac. Tu gardes le sac toujours avec toi. Tu vas attendre dans l’avion que je te fasse signe de me rejoindre au pick-up.
-D’accord…
-Sean, toi tu te postes près de l’avion. Si jamais ça merde, tu prends les commandes et vous filez tout les deux sans m’attendre. Je me démerderai. Je vais chercher la bagnole.
-Prends ça, je t’ai mis deux chargeurs de 30 en plus. Et avec 2 Beretta 45 t’en a assez ?
Il pense à tout Sean.
-Ça devrai suffire…
Avec Sean on descend de l’appareil. Il se poste devant, le regard et son arme pointés sur le hangar.
De mon côté, je marche rapidement vers le F150. Je ne suis plus très loin et je vois une autre voiture devant le pick-up, l’empêchant de partir. Merde, c’est quoi ce merdier. J’avance arme en joue. J’arrive à cinq mètres et j’aperçois le canon d’un fusil posé sur le toit de la voiture.
-Salut Jielm, pile poil à l’heure… Comme toujours.
Il est là cet enfoiré. Il attendait son heure tapi dans l’ombre mon vieux pote ‘l’organisation ».
-Un petit coup de fil de Miller je suppose.
-Perspicace… Baisse ton arme… Miller m’a dit qu’il n’avait que 4 éprouvettes… T’en as gardé une au cas ou ?… Je t’ai dit de baisser ton arme.
-Tu peux rêver « vieux ». Je t’ai en point de mire.
-Et moi je t’explose la tête avant que tu bouges le petit doigt.
Pour une fois il a raison mon vieux pote, je serai mort avant d’avoir bougé.
-… C’est quoi cet autre avion, dis-je ?
-Des Russes… Ils sont arrivés juste après moi. J’en ai compté cinq.
-La dernière fois que j’ai vu un Russe, il était infecté.
-Je sais pas, ceux là avaient l’air normal.
-Putain, faut qu’on se barre d’ici « vieux », s’ils nous voient…
-Donne moi l’antidote et chacun de son côté on se tire. Tu pourras toujours retourner à Toronto pour en chercher d’autres.
J’entends Sean qui m’appelle.
-JIELM, qu’est ce que tu fous ?
-Je suis en compagnie de qui tu sais… Dis à Janet de venir avec le sac.
-Tu vas pas lui refiler l’antidote ?
-Discutes pas, on a pas le temps.
-C’est un bon gars Sean, qu’il me dit « l’organisation ». Pas aussi bon que toi et surtout pas aussi fidèle, mais un bon gars.
-Fermes ta gueule « vieux ».
Janet descend de l’avion avec à ses côté Sean. Ils sont à moitié chemin quand les Russes sortent du hangar.5 gars se précipitent sur eux. 5 fous.
Sean se met en rempart devant Janet, il lâche une rafale dans un Russe, mais celui ci continue sa course vers eux. Je le met en joue et tire, sa tête explose au moment où il saute sur Sean.
Je crie :
-LA TETE, VISE LA TETE.
Trois Russes viennent vers moi, ils ont dû m’entendre gueuler. Je tire, mais j’en loupe deux, l’autre malgré 3 balles, continue. Mon vieux pote aussi tire, et le touche à la tête, il finit par s’écrouler.
Je jette un coup d’œil vers Janet. Elle est prise de panique et court dans ma direction. Un des Russes qui venait vers nous infléchi sa route et se rapproche d’elle.
-SEAN, REGARDE JANET.
Sean tourne la tête, mais il se bat pratiquement en corps en corps avec 1 fou. Il a lâché son arme et ne se sert que d’un couteau, esquivant les assauts avec souplesse. Il se plie, roule sur le côté, se relève et saute sur le dos du Russe. Il plante son couteau à la base du cou et fait une rotation avec le poignet. Le gars s’étale, mort avant d’avoir touché le sol. Sean se relève de nouveau et court vers Janet. Moi, j’avance et j’allume le Russe qui se dirige vers elle mais il est trop loin, et mes balles ne l’arrêtent pas.
Janet crie quand d’un coup de poing il la projette en avant. Elle lâche le sac et tombe sur le tarmac. L’autre est sur elle lui infligeant coup sur coup sur ses avant bras qu’elle a en protection. Je ne suis plus qu’à quelques mètres et de nouveau je tire. Il tombe sur le dos, mais se relève comme un ressort. Sean qui arrive en courant se jette dans ses jambes et l’immobilise un instant. Je colle mon arme sur sa tête et tire.
J’entends gueuler du côté des voitures, « l’organisation » se bat lui aussi contre le dernier Russe. Mais il ne fait plus le poids, il titube en essayant de s’éloigner des voitures. Aux cris du Russe il se retourne et avec son arme de poing tire, encore et encore.
-Sean, occupe toi de Janet, porte la jusqu’à la voiture et prends le sac.
De nouveau je cours pour aider mon vieux pote. Il a touché le gars aux jambes, ralentissant sa course, mais il avance encore. Je suis sur lui, je sors un Beretta, lui colle dans la bouche et appuie sur la détente.
Je me tourne vers « l’organisation ». Il me montre sa main gauche que le gars lui a mordue, et fait la moue.
-Je crois que je suis infecté à mon tour, qu’il me dit, j’ai combien de temps avant que…
-2 jours…
Sean arrive en portant Janet et la pose par terre. Il se défait du sac qu’il met derrière lui.
Janet est blessée. Les coups de la brute ont marqué ses avant bras et des égratignures profondes laissent échapper du sang.
-Merde, elle doit être infectée elle aussi, dit Sean. On devrait lui injecter l’antidote.
-Pas avant que le virus ne se soit déclaré, cela ne servirait à rien.
-On doit attendre qu’elle….
-On doit attendre 2 jours oui…
Le bruit d’un moteur et des pneus qui glissent sur la glace nous font lever la tête. Une voiture passe en trombe à côté de nous. A son bord « l’organisation », il file sur la piste en direction de la sortie.
Je me lève, avance de quelques pas et met en joue pour essayer de le stopper, mais déjà la voiture tourne et disparaît.
Sean me rejoint.
-J’ai une autre mauvaise nouvelle, il a pris le sac.









