Egypte, Mars 89 : sur la route des bâtisseurs

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jlm47
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Re: Egypte Mars 89. Sur la route des bâtisseurs.

Message par jlm47 »

Jour 2.

Pourquoi cette journée est-elle si bien ancrée dans ma mémoire ?
Es ce l’odeur des galettes cuitent sur une plaque chaude au petit matin, cette ambiance si particulière de se réveiller aux incantations du Muezzin ?
Je ne saurai l’expliquer.
Je ne suis ici que depuis quelques heures, et déjà ce pays m’envoute.

Nous sommes tous debout de bonne heure.
Pour le petit déjeuner, plusieurs galettes, confiture de figues, et un café à la Turque. Celui-ci fera battre la chamade à mon cœur, tellement il est fort.
Nous n’avons pas trop le temps de trainer. Si tout se passe comme prévu, ce soir nous devrions être à Louxor. En effet, hier soir nous avons mis sur pied un semblant d’itinéraire.
Aujourd’hui nous louons une voiture, on prend la route direction Louxor, on reste sur place 3 nuits, retour au Caire, 1 journée au Caire, et on rentre.

Nous sommes les premiers devant l’agence de location de voiture repérée hier, et dès son ouverture, nous nous y engouffrons.
Nous négocions une Fiat 131 pour 4 jours. Le loueur nous dit que nous n’avons droit qu’à 400 kilomètres. Petit problème, 700 km nous sépare de Louxor !!!
Ben s’approche de moi (Ben est mécano), et me dit doucement :
-Pas de problème, j’ai la solution…
Nous faisons donc affaire, payons notre dû, et prenons la route.

Pour ceux qui ne savent pas à quoi ressemblait une Fiat 131.
Nous avions la même, même couleur, mais pas en aussi bon état.
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Comment vous décrire la conduite au Caire ?
Tout n’est que klaxon, moteurs qui vrombissent, pousse toi de là que je m’y mette… Un vrai plaisir..
Une désorganisation totale, mais bon, ça marche quand même. (A ces quelque mots écrit, je pense à ma co-pilote habituelle, qui pour le coup aurait, je pense, pété un câble).
Nous descendons plein sud sur une route au revêtement de mauvaise qualité, et aux bas-côtés incertain.
L’œil rivé sur le compteur, après 180 km, je me gare, afin que Ben puisse mettre en œuvre son idée. Celle-ci étant de débrancher le câble du compteur kilométrique. Il est relié à la boite de vitesse, et le déconnecter ne devrait pas poser de problème. Sauf que ce couillon de Ben débranche le câble d’embrayage !!!
S’ensuit une franche rigolade…
Il repasse donc sous la voiture, rebranche le câble d’embrayage, et défait celui du compteur. Cette fois ci c’est bon. Nous n’avons plus de compteur kilométrique, mais non plus d’indicateur de vitesse…
Je rigole encore aujourd’hui au souvenir de cette anecdote.
Sur la route, plusieurs checkpoints nous ralentissent. A quoi servent-ils, je ne sais pas, mais ceux qui les tiennent, en nous voyant arriver, nous laisse passer en faisant de grands signes.

C’est à mi-parcours, en arrivant à Assiout, que nous allons rencontrer le peuple Egyptien. Pas celui des lieux touristiques, non, celui pour qui hospitalité veut dire quelque chose.
Nous crevons un pneu de la Fiat en traversant Assiout. Je me gare, nous descendons de la voiture, et là, une multitude d’enfants nous voyant, fonce sur nous en criant. Nous sommes pris au dépourvu, mais ils ne sont pas hostiles, au contraire, bien au contraire.
Ma mémoire d’aujourd’hui me fait écrire qu’ils étaient plusieurs dizaines, sans doute est-ce une exagération, mais ils étaient nombreux. Tous voulaient nous parler, nous toucher.
En voyant notre pneu à plat, ils nous entrainent vers un réparateur non loin de là, qui séance tenante, laisse tout en plan pour nous venir en aide. La réparation ne durera que quelques minutes, mais nous sont proposé à manger et à boire.
Le réparateur a refusé catégoriquement tout argent pour son travail. Nous n’avons pas insisté pour ne pas le froisser.
Et s’est entouré par ces mêmes enfants que nous retournons à la voiture, et reprenons le route.
Le silence dans la voiture en disait long sur l’émotion que l’on venait de ressentir.
Nous arriverons dans la soirée à Louxor, et trouvons un petit hôtel rive droite.
Ce fut une journée émotionnellement très forte, sans doute est-ce pour cela qu’elle est gravée dans ma mémoire.

Notre parcours de la journée.
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Pas de photos de cette journée.
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Jean-luc
Mandarina
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Re: Egypte, Mars 89 : sur la route des bâtisseurs

Message par Mandarina »

Toujours aussi sympa la suite :) Hehe malin le Ben, c'est l'aventure votre periple :super:
C'est sur que la croisiere a cote c'est tout de suite moins fun :clin:
:content: pour les pyramides !!
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Lorax
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Re: Egypte, Mars 89 : sur la route des bâtisseurs

Message par Lorax »

Ah ah débrancher le cable ^^
C'était quand même une autre époque.

J'imagine bien que cela devait être une sacrée journée niveau émotion!
En tout cas le récit fait bien retranscrire une ambiance.
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jlm47
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Re: Egypte, Mars 89 : sur la route des bâtisseurs

Message par jlm47 »

Mandarina a écrit : 13 avr. 2018, 23:16 Toujours aussi sympa la suite :) Hehe malin le Ben, c'est l'aventure votre periple :super:
C'est sur que la croisiere a cote c'est tout de suite moins fun :clin:
:content: pour les pyramides !!
He oui, le plus petit, mais aussi le plus malin. :diable:

Lorax a écrit : 14 avr. 2018, 07:46 Ah ah débrancher le cable ^^
C'était quand même une autre époque.

J'imagine bien que cela devait être une sacrée journée niveau émotion!
En tout cas le récit fait bien retranscrire une ambiance.
En effet je ne crois pas que sur les voitures d'aujourd'hui on pourrai le faire.
Niveau émotion, nous avons fait le plein ce jour là. :ange:

valerie49 a écrit : 14 avr. 2018, 10:12 Ah oui c’est vraiment l’aventure !!
J’adore l’histoire du câble débranché !!! :lol:

Ouai, une sacré histoire!! :mdr:

La suite arrive......
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jlm47
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Re: Egypte, Mars 89 : sur la route des bâtisseurs

Message par jlm47 »

Jour 3.

Après une visite rapide du centre de Louxor, nous récupérons la voiture pour passer sur la rive gauche du Nil, pour aller y voir les différentes merveilles qui s’y trouvent.
Il nous faut prendre de nouveau un bac pour traverser. (Il existe maintenant un pont plus au sud de Louxor)
C’est la cohue sur le quai d’embarquement. Le bac étant encore de l’autre côté, nous en profitons pour faire quelques photos.

Le quai d'embarquement des bateaux de croisière.
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Un bateau de croisière.
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Bric à brac.
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Patron?
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Le bac de passage.
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Il fait déjà très chaud ce jour-là.
A notre tour nous traversons, et nous n’avons fait que quelques centaines de mètres que déjà nous sommes dans l’ambiance.
Les Colosses de Memnon nous accueillent, du haut de leur imposante stature. Ils marquent l’entrée du désert, et sont à l’époque au bord de la seule route qui mène aux différentes vallées.
Leurs pierres abimées par les affres du temps, conservent tout de même une certaine finesse, et en les voyant, ils semblent flotter sur le sable.

Colosse, mais pas d'argile.
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Nous poursuivons notre route, puis tournons sur droite pour nous rendre à la Vallée Des Rois.
De multiples habitations sont disséminées partout dans le désert. Certaines sont bâties de briques de terre séchée au soleil, d’autres sont creusées directement dans le flanc de la montagne. Nous croiserons aussi nombre de vestiges, dans lesquels à notre étonnement des familles vivaient.

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Plus loin, nous laissons le temple de la Reine Hatshepsut sur gauche (nous y reviendrons plus tard), et filons vers la Vallée des Rois et ses tombeaux.
Nous sommes en Mars, et la chaleur nous accable au fond de cette vallée encaissée. Je n’ose imaginer la fournaise en plein été.
Le site est saisissant. Les tombeaux sont éparpillés Certain sont fermés (dont peut-être le plus beau, celui de Séthi 1er, le père de Ramsès 2). Il faut parfois prendre une volée d’escalier pour y accéder, parfois descendre dans les entrailles de la montagne.
Quels incroyables talents avaient ces architectes, tailleurs, graveurs de hiéroglyphes, peintres. Le travail colossal que devait demander certain tombeaux me subjugue. Le labeur d’une vie.
Certes, tous ne sont pas remarquables, mais la visite nous prendra plusieurs heures.
Il était, et j’espère qu’il est toujours interdit de prendre des photos à l’intérieur des tombeaux. A l’entrée de chaque tombeau, des gardes chiourmes veillent au grain.

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Dans l’après- midi, nous gravirons la montagne par un petit sentier qui partait du parking. Je me souviens d’une ascension assez difficile sur un chemin raide et escarpé. Mais une fois en haut quelle vue !! Nous apercevons le Nil et la ligne de démarcation entre la zone cultivée et le désert. Quelques ânes nous accueillent, ils sont tous harnachés de sacoches, mais personnes ne les surveillent !!

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En nous approchant du bord de la falaise, en contre-bas, nous voyons le temple de la Reine Hatshepsut, notre prochaine étape de la journée.

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