Bonjour à tous,
Voilà notre J21, 1er jour complet à San Francisco
San Francisco
Mercredi 24 septembre
Cette matinée est réservée à la visite des beaux quartiers de San Francisco, aux maisons victoriennes, très bourgeoises, fleurons de cette grande ville plus européenne qu'américaine.
Construites au milieu du 19ème siècle, les Six Painted Ladies aux couleurs tendres rivalisent de charme.
Celle de Janis Joplin est également un bijou d'architecture.
Ma façade préférée est celle de Piedmont Boutique au 1452 Haigt street où une paire de jambes en résine, bas résille et talons aiguille, s'expose au 1er étage à la vue des passants. Son fessier rebondi, l'empêche de s'extraire de l'appartement.
Cette création artistique, insolite est troublante, mais aussi très amusante.
Mais aussi, pas très loin, un vieux cinéma
Un jeune paumé assis sur le trottoir, a trouvé l'endroit idéal pour faire la manche ; il attend le généreux donateur qui lui permettra de manger, ou d'acheter "le chichon" qui lui manque. Il est beau, typé sud américain. Son regard doux, mais déjà marqué par la drogue, m'attriste.
-" do you want schoes ?"
Son visage s'illumine et devient interrogateur. Mon accent le surprend, je ne suis pas sûre qu'il ait compris ma question. Je lui montre alors une paire de chaussures de randonnée neuves trop petites pour nous. D'un geste rapide, il enlève ses chaussures trouées et se rechausse immédiatement.
-"thank you very much, thank you"
Je lui glisse quelques dollars supplémentaires et n'oublierai pas ce beau regard noir, plein de reconnaissance.
Nous nous dirigeons vers le Golden Gate Park.
La Japanese Tea Garden est une merveille de l'art topiaire. La taille en nuage me passionne, je prends de nombreuses photos. J'aimerais tant savoir pratiquer cet art …
Bison Paddock récence sept bisons dans un parc, c'est tout !
Bon. Ok. Ce n'est pas Yellowstone.
Plus loin un passionné de modélisme fait évoluer son tanker sur le lac et retient l'attention des promeneurs.
Baker Beach est un endroit adorable ; à droite le Golden Gate rouge sang s'étire jusqu'aux monts de Sausalito. Ce premier contact avec l'océan me réjouit. Hubert ne peut éviter une vague un peu plus agressive que les précédentes et se retrouve dans l'eau jusqu'à mi-mollet. Grands rires !...
Et ce sera notre 1ère approche du Golden gate
Affamée, je dévore deux pommes, une banane, deux biscuits.
Vite, toujours vite, nous partons à l'assaut du Golden Gate Bridge et sommes tout guillerets à l'idée de traverser ce pont mythique à vélo.
Alors : les engins d'enfer seront ces deux là
Réglage de la selle, et deux tours de parking pour se faire à notre nouveau moyen de locomotion.
C'est parti ! J'ai du mal à manœuvrer ce lourd vélo de location sans cale-pied. Après 200 mètres de piste, nous attaquons la côte. Ah ! L'horreur, j'ai perdu l'habitude. Impossible de monter cette foutue côte, sans poser le pied à terre.
Je rouspète et maudis celui qui a eu l'idée de passer par là. Lui, monte sans difficulté et se moque gentiment de moi.
-" je te croyais meilleure cycliste" me dit-il;
Vexée, je réponds :
- je n'ai jamais eu la prétention d'être bonne cycliste, d'autant que je ne suis plus montée sur un vélo depuis une quinzaine d'années".
Quelques virages, montées et descentes et nous arrivons enfin sur la piste cyclable du Golden Gate. Elle longe les voies réservées aux véhicules. Le bruit est infernal. Bien que partiellement balayée par le vent frais de l'océan, la pollution est difficilement supportable. Cyclistes et promeneurs se frôlent et s'évitent tant bien que mal.
A force d'insistance, je commence à maitriser cet engin de malheur ! Il me résiste moins, c'est quand même moi qui commande, oui ou non ?
Nombreux arrêts photos. Hubert est loin derrière. Je retrouve enfin le bonheur des deux roues. Je suis heureuse.
Pfff ! Faut bien qu'il y en ait un qui s'arrête pour les prendre les photos
Le Bay Bridge : nous sommes passés dessus hier
Alcatraz : nous irons demain
Et demain nous verrons ses collègues, bien plus bruyants
A partir de Vista Point, nous commentons nos impressions d'européens peu aguerris au gigantisme.
Commencé en 1933, le Golden Gate a été achevé en 1937, et a été longtemps le plus long pont du monde. D'une longueur de 2737 mètres, sa portée principale est de 1280 mètres.
De 27 mètres de large et de 230 mètres de hauteur, cet ouvrage d'art fait partie des sept merveilles du monde moderne.
Descendre à Sausalito, riche banlieue de San Francisco est grisant. Mon massif et gros vélo a soudainement des ailes.
Les houses boats (maisons sur l'eau) chatoyantes, bien amarrées nous enchantent, mais attention ! Ce sont les plus mal placées en cas de séisme dû aux caprices de la faille San Andréas.
Au départ : sous le soleil
Et en quelques minutes la brume tombe
Il y en a des petites biscornues
Des plus grosses plus classiques
Et des vraiment énormes, pour un "boat"
Légèrement mouillés par le crachin, nous rebroussons chemin. Le retour ne se ferra pas en ferry, mais tout simplement à vélo. Youpi ! Je suis aux anges ; un deuxième passage sur le Golden Gate me remplit de joie.
Progressivement, le brouillard envahit la baie. Un tanker et un hélicoptère passent sous le pont. Clic, photo !
Nous empruntons cette fois, la voie opposée du pont, il fait froid, mais je suis immensément heureuse. La combinaison du brouillard, du soleil et du vent a marqué nos visages. C'est le bonheur !...
En partant vers Twin Peaks nous passerons devant le Palace of the Arts
Enième coucher de soleil sur la colline de Twin Peaks.
La ville flamboie de mille paillettes ; tel un collier de diamants, le Bay Bridge orne l'entrée de San Francisco. Le spectacle est magnifique, grandiose.
Dans un anglais très approximatif, je demande à un américain où se trouve exactement la faille de San Andréas.
-"Here" me dit-il en me montrant ses pieds.
Je suis horrifiée, elle passe sous nos pieds !
Le manteau terrestre est peu épais à cet endroit là. Je comprends mieux le sort que réserve la faille aux fragiles marinas.
Dix jours avant notre arrivée, un tremblement de terre de magnitude 6.1 dont l'épicentre se trouvait entre San Francisco et Sacremento a plongé plusieurs milliers d'habitants dans l'obscurité. Les vitres ont volé en éclats et une centaine de personnes ont été blessées.
Heureusement, je n'ai pas eu connaissance de cette info avant de partir !
J'aurais alors choisi les îles grecques !
Pour la deuxième nuit, nous retrouvons à contrecœur le peu de confort de l'hôtel Powell. La moquette est sale, les rideaux de même.
- "bonne nuit ma chérie
- bonne nuit mon chéri"
Pour terminer, le message philosophique japonais : restez zen
