Hello,
Et voilà la suite (J14)
Zion ► Las Vegas (Nevada)
(303 km)
17 septembre
Valley of Fire
A la sortie de Zion, les chariots et carrioles des premiers migrants font une haie d'honneur et sont un clin d'œil aux films de John Wayne.
Tout d'abord, 210 kilomètres dans un désert rouge, tout rouge. La clim s'impose, nous roulons en direction de Valley of Fire State Park.
Nulle autre région ne porte mieux son nom que cet endroit où la température peut monter jusqu'à 46°. Il ne fera aujourd'hui que 41°; C'est bien assez ! Le seul endroit supportable est l'intérieur climatisé de la voiture. C'est le feu partout …
Munis de chapeau, casquette et GPS, nous partons à la rencontre des différentes curiosités géologiques que recense ce coin du désert de Mojave.
Assoiffé, Elephant Rock, autre produit de l'érosion, fouille le sol de sa trompe minérale
Le point de départ se situe sur le parking. (N36° 29' 18", W114° 31' 45"). Forts de cette précieuse info, nous déambulons GPS en main au milieu des rochers à la recherche de ces petites merveilles d'arches. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin !
Des cailloux, encore des cailloux, toujours des cailloux …
Parmi tous ces cailloux, quelques petites arches de 1 mètre de haut attirent notre attention ; Petzel Arch, Mouse's tank, Fire Canyon Arch, Fire Cave … Elles sont mignonnes et défient par leur petite taille leurs grandes sœurs de Arches National Park.
Mouse tank
Piano rock
Un autre site intéressant, celui d'Atlatl Rock. Il expose sur ses parois rocheuses un ensemble de pétroglyphes vieux de quatre mille ans puis à quelques centaines de mètres de là des restes de bois pétrifiés d'une forêt vieille de 225 millions d'années.
Un iguane fait le beau, clic ! Photo !
Le must de cet après-midi sera le site de Fire Wave, (la vague de feu). La Terre semble avoir vomi ses entrailles, tant le lieu est tourmenté. Une vague de lave a déferlé sur les pentes douces du désert avant de se solidifier. C'est grandiose, je suis émerveillée par tant de beauté.
Des milliers d'années auront été nécessaires pour mettre à nu ces veines rouges intenses, blanches et mauves.
Pas un point de vue ne sera oublié, road book est là pour en témoigner !...
Nous quittons ce paysage lunaire, ses chipmunks, et ses 41° pour retrouver la fraîcheur de notre automobile.
Las Vegas, la bouillonnante, la clignotante, la rutilante, la brillante, fondée par les mormons en 1855 et parachutée en plein désert du Névada compte 2 millions d'habitants.
Le principe de rigueur est : "toujours plus grand, toujours plus luxueux".
Cette ville est en perpétuelle mutation. Les casinos sont régulièrement démolis et reconstruits. Elle est également en perpétuelle effervescence, les machines à sous crépitent 24h sur 24.
Las Vegas, capitale mondiale du divertissement et de l'extravagance attire chaque année 40 millions de touristes. L'industrie du spectacle pèse annuellement dix milliards de dollars.
L'artère principale, le Strip de 6,7 kilomètres, récence tous les hôtels, casinos et grandes surfaces commerciales de la ville.
Loin des tumultes du monde, nous avions perdu l'habitude des grandes agglomérations, autoroutes, rocades, 4 voies, 6 voies, pont dessus, dessous … Heureusement le GPS est là pour nous guider.
L'hôtel le Luxor, pyramide de verre noir, trône au 3900S Las Vegas Boulevard. Sur le même trottoir, à quelques dizaines de mètres, le château de Mickey pointe les aiguilles de ses tourelles vers le ciel. Cet enchaînement est très kitch !
La ville n'est que lumière, publicité, néons et couleurs. C'est la démesure.
Un des valets de L'hôtel Luxor vide la voiture de nos bagages, un autre prend les clés et va la garer on ne sait où, un autre monte nos valises dans la chambre. On ne maitrise plus rien !...
Le pourboire s'impose, et en cas d'oubli, il nous est aimablement réclamé. Son usage n'est pratiquement plus de mise en France, hormis Paris, mais quasiment obligatoire outre-Atlantique.
Au 3ème étage, la chambre 3051 fait environ 40m2. Les fenêtres ne s'ouvrent pas, moquette au sol, gros rideaux, j'étouffe !...
La vue donne sur une terrasse où courent de gros tuyaux et sur les montagnes pelées du Névada.
Dans l'entrée de l'hôtel, un sphinx accueille le visiteur. Les machines à sous inondent l'espace. Fasciné par tant de débauche, Hubert en perd sa casquette.
Cet après-midi, mon époux a programmé l'achat de jean's. S'estimant en surcharge pondérale, il a souhaité retrouver une ligne de jeune homme. Un régime draconien et une sous alimentation sur le sol américain auront suffit à le faire fondre comme neige au soleil.
Le GPS semble avoir perdu le Nord, à moins que ce ne soit Hubert ! Effectivement ! une erreur sur le road book (rien n'est parfait) engendre une mauvaise destination … Le temps passe vite, nous reportons cet achat à demain matin.
20h. Propres, endimanchés, nous partons à la découvre de cette ville où tout n'est qu'artifice. Le Strip déploie ses hôtels, casinos, lumières à l'infini, paillettes, strass, pacotilles… Tout brille !
Cette ville nous réconcilie avec la féminité oubliée de l'ouest américain où grands tee-shirts, shorts aux genoux ou pantalons sans forme sont de rigueur. La générosité potelée des américaines est peu compatible avec les exigences de la mode actuelle ; autant tout cacher, à moins que ce ne soit par excès de pudibonderie lié à une quelconque bondieuserie !...
Devront-ils rayer de leur dictionnaire ces deux mots : féminité et séduction ?
A Las Vegas, c'est le choc, pas de retenue, pas de complexe, jupes au ras des fesses sur corps de starlettes, ou cuisseaux grassouillets. Les rondeurs ne choquent pas et ne semblent pas être un handicap à l'emploi.
Belles toilettes et talons aiguilles rivalisent dans ce luxe indécent.
La misère et la drogue s'affichent également sur les corps et visages ravagés.
Le sympathique serveur du restaurant "Bel Ami" nous présente une savoureuse entrecôte et son accompagnement bien de chez nous, un régal ! La clim est excessive, nous ressortons congelés.
Curiosité ! Les deux immeubles volontairement construits en biais, se moquent de la verticalité de leurs voisins ! Je ne sais s'ils existent ailleurs, dans ce cas, il s'agirait de copies, à moins que ce ne soit le fruit d'une pure créativité et le besoin de défier les lois de l'équilibre.
J'aurais certainement plus apprécié Las Vegas, si elle n'avait pas fait de "la copie" sa marque de fabrique. A mon sens, très peu de créativité et je le répète, de la copie à longueur de Strip.
En fait, Las Vegas est une photocopieuse à elle seule.
Je trouve cependant mon bonheur dans les spectacles eau, son et lumière des fontaines de l'hôtel Bellagio.
Elles font danser leurs élégants jets d'eau au rythme des musiques endiablées et de leurs superbes orchestrations. Elles sont un ballet d'élégance, de grâce, et de magie.
Je suis fascinée et si heureuse …
Tous les quarts d'heure, un nouveau spectacle enchante des milliers de spectateurs venus des quatre coins du monde.
Si le bonheur se trouve dans l'éphémère, alors, jouissons-en !...
